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Vampire : The Masquerade : Bloodlines

Publié le par Nébal

Vampire : The Masquerade : Bloodlines

Vampire : The Masquerade : Bloodlines

 

Vampire : La Mascarade est à n’en pas douter un monument du jeu de rôle, aux côtés de Donjons & Dragons et de L’Appel de Cthulhu. Ce jeu de « l’art du conteur », le premier du « Monde des Ténèbres », à l’esthétique gothique-punk, s’est rapidement imposé comme un classique, et a connu bien des déclinaisons (j’y ai beaucoup joué pour ma part, et c'est même probablement le jeu de rôle que j'ai le plus pratiqué : Camarilla, Sabbat, Âge des Ténèbres, Vampires d’Orient… mais je n’ai plus suivi ensuite, avec les Requiem et compagnie), et, succès oblige, des produits dérivés, comme des romans (très mauvais pour ce que j’ai pu en lire), un jeu de cartes à collectionner, et même le meilleur du genre à mon sens (Jyhad, vite renommé Vampire : The Eternal Struggle), et, en toute logique – c’était inévitable – des jeux vidéos.

 

Le premier, sauf erreur, était Vampire : La Mascarade : Rédemption… et c’était une terrible déception. Le jeu, pour être agréable à l’œil, était néanmoins beaucoup trop orienté action, et, de ce que j’en ai joué (fort peu, certes), il ne consistait qu’en une succession de bastons chiantes à mourir. Autant dire qu’on était loin de l’ambiance du jeu de rôle sur table : rien n’interdit, certes, de l’envisager comme une bourrinade, mais à mon sens l’intérêt est ailleurs, tout de même, et j’en ai toujours eu une perception avant tout sociale et politique (qui n’est pas la seule envisageable, hein, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit).

 

Et puis est sorti Vampire : The Masquerade : Bloodlines, qui a reçu un bien meilleur écho ; quelques camarades qui y avaient joué à l’époque m’en avaient vanté les mérites – bien loin de l’opus précédent –, tout en regrettant que le jeu soit bourré de bugs. Mais, pour je ne sais quelle raison, je n’y ai pas joué alors… et le temps a passé.

 

Ce n’est que tout récemment, quand j’ai eu envie de me refaire un peu de jeux vidéo après une longue interruption, que je me le suis enfin procuré (avec dix ans de retard, quoi : oui, j’arrive un peu après la bataille…). Je l’ai patché à mort (avec du non officiel : la communauté autour du jeu reste étonnament active après tout ce temps), et ça n’a pas tout à fait suffi (il reste quelques bugs très pénibles, et j’en ai même eu un qui m’a bloqué dans une des quêtes principales, près du début, que je n’ai pu contourner qu’en usant d’un code console…). Mais je m’y suis lancé, donc.

 

L’amateur du jeu de rôle ne peut qu’être séduit par la création de personnage, qui, pour être simplifiée, renvoit directement au jeu originel. On en retrouve peu ou prou la fiche, avec les aptitudes et compétences, déterminant par association des actions bien particulières – des jets de dés, en somme. On peut choisir parmi les sept clans de base de la Camarilla, chacun disposant de disciplines spécifiques et ayant des avantages et des inconvénients garantissant des options de jeu variées.

 

Pour ma part – et même si le questionnaire permettant de décider du clan m’incitait à jouer un Malkavien… –, j’ai finalement décidé de revenir à mes bases en incarnant un Ventrue. Trois disciplines, donc : Domination, Force d’âme et Présence. Impossibilité de se nourrir sur des rats, risque de vomir si l’on se nourrit sur des clochards ou des prostituées. En contrepartie, facilités sociales et politiques. J’y ai rajouté un trait, « bonne éducation », augmentant mes compétences intellectuelles mais m’empêchant d’avoir de trop gros scores en Intimidation et Domination. Un personnage plutôt axé social et politique, donc, avec de quoi encaisser un minimum. Cela dit, je tenterais bien des approches différentes un de ces jours, comme un Malkavien (donc ; paraît qu’il y a des options de dialogues rigolotes), de la brute Gangrel ou Brujah, ou – mais là j’ai peur que ce soit bien rude, du fait des contraintes inhérentes au clan – un Nosferatu forcé de se dissimuler en permanence.

 

Nous sommes à Los Angeles. Le jeu commence très classiquement par l’Étreinte… qui se finit mal pour notre Sire, exécuté pour avoir enfanté illégalement. Le Prince, un Ventrue nommé Lacroix, nous laisse cependant la vie (enfin, la non-vie…) sauve. Suit une sorte de tutoriel, où un certain Jack nous apprend les ficelles du jeu lors d’un assaut du Sabbat. On est ensuite lâché dans notre refuge de Santa Monica, sans connaître grand-chose de la société vampirique, et roulez, jeunesse…

 

Le monde de Bloodlines n’est pas aussi vaste que celui d’un Elder Scrolls ou d’un Fallout. C’est un environnement urbain, construit pour l’essentiel autour de quatre petits quartiers (Santa Monica, le seul accessible au début, puis, dans l’ordre d’apparition, Downtown, Hollywood et Chinatown), que l’on joint en taxi ; il y a cependant quelques zones en dehors, accessibles pour des quêtes uniquement. Cependant, malgré cette restriction, le jeu est très riche, et on a beaucoup, beaucoup de choses à faire, sans s’en tenir aux seules quêtes principales. Il y a en fait tout un réseau de quêtes entrelacées, pas excessivement linéaires du coup.

 

Et, surtout, il y a bien des moyens différents d’en venir à bout. C’est une chose qui m’a extrêmement plu dans ce jeu : pendant un bon moment, on peut presque toujours se passer du combat, en jouant au social ou à la furtivité (il y a d’ailleurs des missions d’infiltration, dont je ne sais pas trop comment il est possible de les gérer sans Dissimulation ou Domination…). Hélas, ce n’est pas vrai jusqu’au bout : vers la fin, la difficulté augmente radicalement d’un seul coup, et on se retrouve confronté à des bastons surréalistes et à mon sens ennuyeuses ; un aveu, du coup : pour la fin, j’ai triché – eh oui –, mon personnage n’étant de toute évidence pas calibré pour vaincre lors de ces interminables combats…

 

Ce défaut se devait d’être mentionné. Pourtant, il ne m’empêche pas de considérer Bloodlines comme un excellent jeu de rôle PC, et probablement un des tout meilleurs. Car son gros atout est l’ambiance, et celle-ci est formidable. C’est en effet une excellente adaptation du jeu de rôle sur table, qui sait user au mieux de ses poncifs, que l’amateur retrouvera avec un grand plaisir : Camarilla pourrie, Sabbat violent, Anarchs naïfs, Indépendants imprévisibles, Sang-Clair paumés, goules à exploiter, sont tous de la partie, et on peut même y ajouter des Kuei-Jin ; les chasseurs et le loup-garou s’imposaient, comme de juste, mais on a aussi droit à un fantôme, ce genre de choses… Et, bien sûr, il y a un tombeau antique ; il contient forcément un Antédiluvien, hein ? Quoi d’autre ?

 

Le « Monde des Ténèbres » y est concret, palpable, et, de la musique aux décors, il conserve bien son cachet gothique-punk. Il faut y ajouter, bien sûr, des personnages très chouettes, à la forte personnalité, et joliment interprétés, avec des dialogues réjouissants (qui changent selon plein de paramètres : aux répliques de base, on peut en ajouter qui tentent la persuasion, la séduction ou l’intimidation, ou encore user de disciplines comme Domination ou Présence ; l’humanité, qui fluctue en fonction des saletés commises par le personnage, joue semble-t-il également un rôle).

 

L’univers est aussi extrêmement concret du fait d’un quotidien palpable, passant par plein de petits détails bien vus ; de la consultation de mails ou de sa boîte aux lettres au visionnage de la télévision en passant – bien sûr – par la chasse – avec en outre l’obligation de respecter la Mascarade dans la plupart des zones, afin de garder le secret sur l’existence des vampires… On appréhende ainsi au jour le jour (enfin, à la nuit la nuit…) la non-vie d’un jeune vampire, qui n’est donc pas uniquement un pion dans un monde qui le dépasse, où les Mathusalems tirent les ficelles au mépris de toute considération morale.

 

Pour toutes ces raisons, et en dépit des ennuyeuses quêtes finales (bien trop dures par ailleurs) et des bugs pénibles que des années de patch n’ont pu éliminer, Vampire : The Masquerade : Bloodlines m’a fait l’effet d’un excellent jeu de rôle PC, et d’une adaptation brillante.

 

 

Maintenant, j’aurais bien envie de refaire du jeu de rôle sur table, tiens… Pfff…

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