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CR Imperium : la Maison Ptolémée (00)

Publié le par Nébal

(Illustration de Khelren.)

(Illustration de Khelren.)

Bon, j’avais eu l’occasion de l’évoquer à quelques reprises : on s’est lancé dans une campagne d’Imperium, le jeu de rôle basé sur l’univers du « cycle de Dune » de Frank Herbert. Je vais tâcher d’en publier ici les comptes rendus au fur et à mesure. Avant, cependant, il me faut vous communiquer les divers documents élaborés en collaboration avec les joueurs, concernant le profil de la Maison noble dont ils font partie, la Maison Ptolémée (attention, c’est assez long…).

 

RESSOURCES ET ETHOS

 

RESSOURCES


Influence 3

[Définition à venir]

 

Guerre 2

Les effectifs militaires réguliers de la Maison Ptolémée sont très limités : on compte seulement deux légions de troupes ordinaires, plus ou moins bien formées, et une de soldats d'élite (affectés notamment à la garde du Palais et du Sanctuaire d'Osiris à Cair-el-Muluk, et au marché franc de la lune de Khepri). Il y a en outre un certain flou dans les attributions de chaque légion, notamment dans la distinction des affaires proprement militaires et de celles relevant de la police (brutale et notoirement corrompue). La Maison évite de faire appel aux troupes mercenaires des Maisons Sebek et (surtout) Arat, mais n'a parfois pas le choix. Seuls les grands centres urbains des vallées fluviales se voient affecter des troupes en permanence ; les zones désertiques sont largement hors de contrôle, tant le déploiement de troupes conséquentes y est coûteux. La relative souplesse du commandement ainsi qu'un bon équipement notamment en matière de transports légers peuvent néanmoins l'autoriser à l'occasion.

 

Prospérité 4

La Maison Ptolémée se situe au carrefour de nombreuses routes commerciales interstellaires ; elle a su attirer marchands et acheteurs en grand nombre et l'on dit que tout peut s'acheter sur leur fief. Aucun contrôle n'est effectué, la Maison ayant toujours vanté sa neutralité en ce sens ; on murmure que des produits ou technologies défiant les lois impériales peuvent être échangés dans des libres-marchés, mais la Maison Ptolémée se protège via des arguties juridiques ou d'autres méthodes permettant de rendre acceptable ce qui ne devrait pas l'être. Les contrebandiers sont en tout cas légion et la Maison Ptolémée tient avec une grande intelligence le délicat rôle de magnat criminel. Enfin, sur un plan peut-être plus anecdotique, la Maison exporte sa bière de Gebnout IV, assez renommée, ainsi que la drogue zha.

 

Prestige 2

La Maison Ptolémée, sans être à proprement parler récente – son histoire s'étend sur plusieurs millénaires –, ne peut pas remonter jusqu'aux origines de l'Imperium, la bataille de Corrino ou l'avènement de la Guilde. Elle a beau revendiquer une prestigieuse ascendance remontant à l’Égypte antique de la vieille Terre, et plus particulièrement aux pharaons hellénistiques qui lui ont donné son nom, celle-ci est comme de juste impossible à démontrer, et les observateurs extérieurs s'arrêtent le plus souvent au seul constat d'une Maison mineure élevée tardivement à la noblesse, après une crise qui ne lui faisait pas forcément honneur. Et on se demande si elle le méritait bien... L'implication de la Maison Ptolémée dans une enrichissante contrebande, impliquant plus qu'à son tour des technologies au mieux douteuses au regard des interdits du Jihad Butlérien, n'arrange bien évidemment rien à cette image, et le goût de la Maison pour le faste, la débauche, et l'étalage de ses richesses, achève d'en faire aux yeux des grandes Maisons nobles une dynastie de parvenus profondément vulgaires. La culture religieuse de Gebnout IV, quand bien même elle s'exprime elle aussi par des fêtes démonstratives comme celle d'Osiris à Cair-el-Muluk, en donne une image un peu plus fréquentable, et la propagande de la Maison est orientée en ce sens - mais la forte consommation de drogue zha qui y est souvent associée inverse presque aussitôt la tendance. Enfin, le nouveau siridar-baron, le jeune Ipuwer, s'il est admiré comme étant une des meilleures lames de l'Imperium, est cependant d'une incompétence politique notoire qui achève de décrédibiliser la Maison aux yeux des puissances du Landsraad.

 

Intrigue 3

La sauvegarde des intérêts commerciaux sur Gebnout IV constitue un enjeu majeur pour les Ptolémée ; c'est la raison pour laquelle ils ont toujours chercher à éviter les conflits ouverts, leur préférant des stratégies d'intimidation reposant sur l'espionnage. Officiellement, la Maison Ptolémée n'a donc aucun ennemi, et entretient des relations cordiales avec toutes les autres Maisons nobles, ce qui ne l'a pas empêchée de se lancer dans de véritables Guerres des Assassins lorsque cela s'est avéré nécessaire. Ainsi, lorsque plusieurs Maisons rivales (comme les Kenric) ont cherché à discréditer les Ptolémée auprès de la CHOM et du Landsraad, prétextant des activités illégales de contrebande, le précédent siridar-baron, Namerta, a dû s'employer afin d'éliminer les témoins trop gênants avant l'audience...


Niveau Technologique 4

La Maison Ptolémée s'est spécialisée depuis des générations dans l'adaptation aux normes butlériennes et le trafic d'innovations technologiques issues des mondes et maisons périphériques. Elle gère continuellement un volume important de brevets et de produits dont la nature ou les spécificités sont souvent en marge – sinon en contradiction pure et simple – avec les commandements de la Bible Catholique Orange et du Jihad Butlérien. Ce trafic à haut risque suscite d'importantes contreparties financières mais aussi et surtout matérielles, la Maison se servant des technologies qui transitent par son fief en les adaptant le cas échéant. Il en découle ce Niveau Technologique relativement élevé, qui, sans être toujours à la pointe de l'innovation, est cependant à jour et bénéficie d'adaptations fructueuses. La contrebande de biens de haute technologie passe notamment par le marché franc de la lune de Khepri, louée par la Maison Ptolémée à la Guilde des Navigateurs, qui y multiplie les affaires avec la Maison mineure Soris.


ETHOS

Culture

La Maison Ptolémée, desservie par sa contrebande et son rapport ambigu à l'égard des interdits du Jihad Butlérien, tente d'améliorer son image en insistant sur sa culture – où la religion tient une grande place. Si les gigantesques festivités presque quotidiennes qu'elle prise par-dessus tout peuvent donner une vague image de vulgarité aux yeux des grandes Maisons nobles plus austères, elles participent cependant de la gloire de la Maison, ne serait-ce qu'en attirant l'attention. Par ailleurs, elle subventionne nombre d'artistes, dans tous les domaines, pour donner à ces festivités un cachet unique. La Maison est ainsi en équilibre perpétuel entre un progressisme technologique qui pourrait lui nuire aux yeux des autres, et un certain traditionalisme religieux – peut-être seulement de façade ? – qui redore son blason en s'appuyant sur les arts.

 

Gloire

Les Ptolémée ont bien quelque chose de parvenus, qui saute aux yeux dans le faste qu'ils déploient sans cesse. Cela peut leur donner une image vulgaire, mais nombreux sont ceux qui s'avèrent en fait émerveillés par les spectacles colossaux mis en scène par la Maison, quelque part entre célébrations religieuses démonstratives, tranchant sur l'austérité des sectes les plus dures, et grandes manifestations totalitaires stupéfiant les spectateurs par leur ampleur et leur mégalomanie. La Maison sait qu'elle souffre d'une image plutôt médiocre, mais, plutôt que de se retourner sur un comportement plus classiquement admiré, au risque de se perdre sans convaincre pour autant, elle préfère faire d'une faiblesse une force en jouant le jeu du faste. Et cela fonctionne de mieux en mieux...

 

Profit
La Maison Ptolémée est à bien des égards une maison marchande. Gebnout IV faisant office de carrefour entre des liaisons interstellaires essentielles, elle est un lieu de passage incontournable, et propice aux bonnes affaires. La contrebande caractéristique de la Maison, avec la bénédiction d'une Guilde complice, lui apporte des revenus confortables – a fortiori quand elle porte sur des technologies avancées difficiles à se procurer ailleurs que sur la lune de Khepri, et plus ou moins maquillées pour être adaptées au dogme sévère du Jihad Butlérien. Par ailleurs, son agriculture florissante – entre autres à base d'OGM – assure non seulement son autosuffisance alimentaire, mais lui permet aussi d'exporter des produits de luxe assez renommés dans les autres systèmes, telles la drogue zha ou encore sa célèbre bière.

 

HISTOIRE DE LA MAISON

 

4205 : la Maison mineure marchande Ptolémée (qui portait à l'époque un autre nom qu'elle s'est empressée de faire disparaître, même s'il en reste nécessairement des traces) se soulève, avec le soutien des Maisons mineures Menkara et Sebek, contre la Maison Ramsides de Gebnout IV. Elle parvient à la vaincre sans grandes difficultés – les Ramsides vieillissants avaient perdu de leur pouvoir dans tous les domaines, et on a vu leur remplacement par la Maison Ptolémée comme une bonne chose.

 

4327 : le siridar-baron Omari réorganise l'économie de Gebnout IV. Il entre en contact avec la Guilde pour lui suggérer le développement d'une contrebande qui leur serait bénéfique à tous deux. La Guilde ne s'engage pas encore dans cette voie, mais accepte – contre services et rémunérations – de fermer les yeux. Le serviteur d'Omari, Nahab, se voit récompenser de sa finesse dans la réorganisation économique de la planète par la création de la Maison mineure à son nom.

 

4456 : la Maison Ptolémée se lance dans la contrebande de technologies douteuses au regard des interdits du Jihad Butlérien. La Guilde commence à se montrer plus volontariste dans la coopération avec la Maison Ptolémée.

 

4482 : la Maison Ptolémée loue la lune de Khepri à la Guilde, et elles y établissent conjointement un marché franc destinée au trafic de hautes technologies. La Maison mineure Soris est créée afin de servir d'interface entre les deux puissances.

 

5004 : la rivalité commerciale entre les Maisons Ptolémée et Kenric débouche sur une longue Guerre des Assassins qui fait bien des dégâts de part et d'autre.

 

5195 : la Maison Kenric tente de transformer l'affrontement avec la Maison Ptolémée en un conflit militaire ouvert, mais se voit imposer des conditions tellement drastiques par la Guilde des Navigateurs pour transporter ses troupes qu'elle n'a d'autre choix que d'abandonner cette idée.

 

5202 : la Maison Kenric, paralysée par la Guilde et consciente que la Guerre des Assassins engagée contre la Maison Ptolémée ne produit rien de positif, décide d'y mettre un terme, et son adversaire fait bientôt de même. C'est le début d'une longue « paix armée » entre les deux Maisons, guerre froide qui se réchauffe de temps à autre, mais jamais à une telle ampleur.

 

5709 : achèvement du Grand Palais de Cair-el-Muluk, où s'installe désormais la cour du siridar-baron. Heliopolis reste cependant la capitale administrative qu'elle a toujours été.

 

6308 : une affaire mineure devant le Landsraad implique la Maison Ptolémée, accusée d'entretenir des liens interdits avec Ix et Richèse. La Maison Wikkheiser vole à son secours – sans avoir pourtant grand-chose à y gagner, son intervention est purement idéologique –, et les accusations sont bientôt abandonnées. Il n'y a pas d'alliance à proprement parler entre les deux Maisons, mais elles se soutiennent mutuellement à l'occasion.

 

6724 : achèvement de la construction du Sanctuaire d'Osiris à Cair-el-Muluk. Le clergé hésite quelque temps sur sa position quant à cette délocalisation de son Culte, mais accepte somme toute assez vite le fait accompli – brodant des légendes opportunes pour justifier l'existence à Cair-el-Muluk de ce nouveau lieu saint. La Fête d'Osiris en découlera logiquement, qui est la plus importante festivité religieuse de Gebnout IV.

 

7017 : premier rapprochement entre les Maisons Ptolémée et Ophelion. Il en découlera une alliance de fait jusqu'à l'époque contemporaine.

 

8481 : le grand sculpteur Jhad'al Zhin achève le Cube de Quaa'jhar à Memnon. S'ensuivent des festivités d'une ampleur démentielle, jamais vue dans la ville, et qui sera rarement atteinte à nouveau par la suite, en dépit des efforts incessants de la Maison Ptolémée dans ce sens.

 

9947 : le Landsraad et la CHOM multiplient les accusations à l'encontre de la Maison Ptolémée – qui viole les interdits du Jihad Butlérien et tolère voire organise une contrebande endémique qui, outre son caractère insaisissable et potentiellement dangereux, prive la CHOM de revenus conséquents. Débute alors une série de procès qui dureront quatorze ans, et permettront à l'avocat Abaalisaba, au service des Ptolémée, de briller et de faire toute la démonstration de son talent oratoire et sophistique.

 

9960 : accession au trône impérial de Rauvard Kalus IV, l'Empereur actuel (il meurt en 10 002).

 

9961 : fin des grands procès intentés à la Maison Ptolémée, qui s'en tire indemne après avoir graissé quelques pattes et discrètement éliminé quelques adversaires gênants, avec la complicité de la Guilde. Abaalisaba, qui s'est montré si efficace devant les tribunaux, est récompensé par le siridar-baron Namerta, qui élève sa famille au rang de Maison mineure Set-en-isi.

 

9965 : mort du siridar-baron Namerta – Bermyl échoue de justesse à empêcher le chercheur-tueur de l'abattre, mais parvient à capturer l'assassin ; Elihot Kibuz ayant failli à sa tâche, il ne conserve plus son poste de Maître Assassin qu'à titre honorifique, c'est en fait Bermyl qui en remplit les fonctions. Le fils de Namerta, Ipuwer – pas marié et sans héritier –, lui succède, et devient siridar-baron de la Maison Ptolémée, malgré son incompétence politique notoire, et la préférence exprimée par le défunt baron pour sa fille Németh. L'épouse de Namerta et mère d'Ipuwer et Németh, Dame Loredana, se retire auprès du Bene Gesserit local.

 

9967 : début de la campagne.

 

FIEF PLANÉTAIRE : GEBNOUT IV

 

Le Fief planétaire de la Maison Ptolémée est depuis ses origines la planète Gebnout IV, située au carrefour de nombreuses routes interstellaires, ce qui justifie pour une bonne part sa puissance économique. Les long-courriers de la Guilde y font régulièrement escale. La rumeur dit que l’on peut trouver, acheter ou vendre n’importe quoi sur Gebnout IV… y compris des biens (et notamment des technologies) normalement interdits. La Maison Ptolémée s’en défend avec plus ou moins d’habileté. Elle est néanmoins partie prenante, avec la bénédiction de la Guilde, à l’intense activité de contrebande caractéristique de la planète.


CARACTÉRISTIQUES

Périmètre : 38 025 km

Masse : 4,8685 x 1024 kg

Gravité : 9,37 m/s2

Pression atmosphérique : 135 972 Pa

Superficie : 479 x 106 km2

Nombre de satellites : deux :

  • Khepri, loué par la Maison Ptolémée à la Guilde des Navigateurs, est un marché franc accueillant l'essentiel de la contrebande de biens de haute technologie, parfois en délicatesse avec les interdits du Jihad Butlérien ; la Maison mineure Soris constitue l'interface entre la Guilde et la Maison Ptolémée.
  • Safiya, une plus petite lune inhabitée.

Durée du jour : 0,97625938 d

Température moyenne : 25 °C


GÉOGRAPHIE PHYSIQUE

Gebnout IV est une planète largement désertique, même si d'une manière bien différente et incomparablement moins rigoureuse qu'Arrakis. Elle emprunte en fait délibérément ses traits à l'ancienne Égypte, et cultive à cet égard soigneusement son image.

Les conditions climatiques de la planète sont en effet gérées par les satellites de la Guilde, qui maintiennent un écosystème correspondant pleinement à la représentation que se font les indigènes de ce qu'avait pu être l’Égypte antique. Le climat est aride et chaud, néanmoins supportable, et autorise une culture intensive sur les berges des fleuves nourriciers – manipulés au fil des siècles afin de devenir autant d'ersatz du Nil, des cataractes aux deltas, et soumis régulièrement à des crues, parfois dévastatrices, pourtant accueillies globalement comme des bienfaits divins, assurant la fertilité des sols – et ce quand bien même la Maison Ptolémée s'est beaucoup intéressée aux OGM, moins exigeants sur le plan climatique, et qui achèvent d'assurer son autosuffisance alimentaire.

Les vallées fluviales abritent la quasi-totalité de la population de Gebnout IV, et sont florissantes tout au long de l'année – avec un pic de productivité après les crues. Outre les végétaux destinés à l'alimentation, on y cultive aussi la drogue zha, ou encore des céréales aux fins de production d'une bière appréciée dans de nombreux systèmes de l'Imperium, deux produits d'exportation non négligeables. Les élevages, nombreux, s'éloignent un peu plus des fleuves, tout en restant dans une ceinture verte assez large, avec quelques transhumances dans les herbages de montagne les plus proches et les moins rigoureux.

Plus loin, cependant, Gebnout IV devient beaucoup plus difficile à vivre. La majeure partie de ses terres émergées est constituée de déserts, généralement rocailleux, et parsemés de massifs montagneux, certains connaissant une forte activité volcanique – et on y trouve en outre des zones aux radiations mortelles. Ces terres n'ont quasiment pas d'habitants – quelques rares tribus de primitifs (généralement volontaires) ici ou là... Le comportement des Atonistes de la Terre Pure engagés dans leur pèlerinage éternel vers l'Ouest Perpétuel, et qui franchissent donc délibérément ces zones ne serait-ce qu'à titre temporaire, est encore une autre question – mais il entre en contradiction avec les traditions religieuses du Culte Épiphanique du Loa-Osiris, officiel et autrement plus prégnant, lequel envisage la majeure partie de ces terres inhabitées – et notamment le grand continent à l'ouest de Cair-el-Muluk – comme une zone interdite, terre des dieux et des morts.

Enfin, il faut évoquer l'importance des océans de la planète, qui, à l'instar des fleuves, remplissent un rôle religieux essentiel tout en facilitant les échanges entre les différentes zones urbaines ; ils sont par ailleurs soumis à des marées largement contrôlées par l'ingénierie climatique guildienne, qui s'intéresse aussi à leur salinité.

 

FAUNE ET FLORE

De nombreuses espèces animales et végétales ont été acclimatées au fil des millénaires à l'écosystème bien particulier de Gebnout IV. Si l'on ne trouve comme de juste que bien peu de vie dans les déserts rocailleux, les vallées fluviales comme les océans abritent par contre une faune et une flore importantes.

 

On n'y trouve cependant guère de spécificités locales : la plupart des animaux sont donc importés – le bétail notamment, mais aussi quelques animaux domestiques comme les inévitables chats, ou encore d'autres espèces en théorie sauvages mais « améliorées » par les ingénieurs génétiques de la Maison Ptolémée (ou ceux avec qui elle entretient des contacts sur d'autres mondes plus ou moins fréquentables...) pour ne plus présenter le moindre danger pour l'homme, et cependant incarner des archétypes ayant souvent une connotation religieuse, des serpents aux éléphants en passant par les lions. On trouve enfin comme partout ou presque des insectes à foison, tandis que les fleuves et les océans sont riches de poissons de toutes sortes, et les cieux d'oiseaux en tous genres.

 

On ne trouve guère d'espèces animales vraiment particulières à la planète. Un xéno-zoologiste pourrait éventuellement s'intéresser aux tureis, félins d'une intelligence étonnante et d'une taille intermédiaire entre les chats et les lions – la Maison Ptolémée en entretient un nombre assez conséquent, essentiellement dans le Grand Palais de Cair-el-Muluk. La possession de semblables animaux est vécue comme un privilège, qui doit être accordé par le siridar-baron en personne, ce qui est comme de juste assez rare.

 

La situation des végétaux est globalement comparable. Les plantes les plus communes ont été acclimatées depuis des millénaires aux conditions de vie de Gebnout IV, essentiellement dans les vallées fluviales. Plus récemment – même si cela remonte quand même à des siècles –, la Maison Ptolémée s'est engagée dans de complexes et fructueuses recherches en matière d'OGM, mais il ne s'agit à nouveau, la plupart du temps, que d'adaptations de végétaux bien connus par ailleurs.

 

La principale spécificité en matière de flore est sans doute la plante zha (ou zharat maediana), qui pousse très bien sur Gebnout IV ; si elle était au départ adaptée au biotope marécageux des berges fluviales et plus encore des deltas, on la cultive maintenant partout. On en tire une drogue très appréciée, au-delà même de la seule Gebnout IV. Prise à haute dose, elle plonge le consommateur dans une stase proche de la mort – une overdose pouvant par ailleurs tuer... À plus petites doses, elle procure une sensation de calme, voire de mollesse, s’accompagnant de brèves et sporadiques déconnexions de nature psychédélique. Elle est assez prisée dans nombre de mondes proches, du fait de son accoutumance très réduite et d’effets de manque assez négligeables. Sur Gebnout IV, en lien avec le Culte Épiphanique du Loa-Osiris, la drogue prend des aspects rituels. Certains tentent la mithridatisation pour absorber des doses toujours plus fortes, qui peuvent entraîner des symptômes comme l’indifférence au monde réel, la morbidité ou le mutisme ; tout dépend du sujet, mais les grands consommateurs s’exposent à des transes hypnotiques intempestives. Le commerce de la drogue est presque intégralement dans les mains de la Maison mineure Menkara.

 

URBANISATION

On trouve des zones urbanisées tout le long des principaux fleuves de Gebnout IV, allant du petit village à la ville de taille moyenne. Quatre agglomérations, cependant, sont d'une taille bien autrement supérieure, qui justifie qu'on en traite en détail.


Cair-el-Muluk

Si l'administration centrale se trouve à Heliopolis – et ce depuis l'époque antérieure à l'ascension de la Maison Ptolémée au statut de Maison régnante de Gebnout IV –, le centre politique de la planète se situe cependant à Cair-el-Muluk, où les siridars-barons successifs ont construit leur « Versailles ».

 

La ville s'étend sur une île entière et abrite près de quatre millions d'habitants. Ceux-ci sont quelque peu entassés les uns sur les autres, offrant un contraste saisissant avec les grandioses monuments et autres bâtiments officiels très aérés témoignant de la prospérité de la Maison Ptolémée.

 

C'est ici que l'on trouve le Grand Palais, résidence principale du siridar-baron et de sa cour, une monumentale construction qui s'étend sur des kilomètres à la ronde, et qui comprend en son sein d'innombrables parcs et même des zones boisées – peu ou prou le seul ersatz de forêts que connaisse la planète. Construit avec minutie, et sans cesse agrandi et embelli au fil des siècles, le Grand Palais est une demeure à la hauteur des ambitions de la Maison Ptolémée, et une illustration pour le moins criante de sa tendance à faire étalage de ses richesses – au risque de basculer de la grâce monumentale à la vulgarité toute d'épate des bourgeois qu'ils étaient à l'origine – et, à en croire les mauvaises langues, qu'ils sont toujours à l'heure actuelle.

 

L'autre grand monument de Cair-el-Muluk est le Sanctuaire d'Osiris, lieu saint du Culte Épiphanique du Loa-Osiris ; si celui-ci voit avant tout en Nar-el-Abid sa principale ville sainte, il a néanmoins cautionné après quelque temps d'hésitation la volonté de la Maison noble de rapprocher le culte de son pouvoir via ce sanctuaire – quitte à tordre un peu les principes essentiels du Culte et les légendes afférentes. Le Sanctuaire, à l'architecture mégalomane, ainsi dans ses nombreuses pyramides à degrés, est aujourd'hui un haut lieu touristique, en plus d'être le centre de la célèbre Fête d'Osiris, une fois l'an, qui voit les habitants de Gebnout IV suffisamment riches pour cela embarquer leurs morts sur des bateaux de taille et de luxe variés, à destination du continent interdit pointant à l'ouest de l'île, zone interdite, terre des dieux et des morts.

 

En dehors de ces incroyables bâtiments somptuaires, Cair-el-Muluk abrite également un important marché – le deuxième le plus important de Gebnout IV après celui d'Heliopolis – où l'on trouve à peu près tout et n'importe quoi, pour peu que l'on veuille bien se donner la peine de chercher.

 

Le port, tout près, garantit un approvisionnement régulier – notamment en biens comestibles : la surface entière de l'île étant accaparée par la ville, Cair-el-Muluk ne peut pourvoir elle-même à sa subsistance.

 

En guise de précaution, la Maison Ptolémée a fait bâtir d'immenses greniers afin d'éviter toute famine – mais elle y a comme de juste un accès prioritaire.


Heliopolis

C'est de tout temps, non seulement la ville la plus peuplée de Gebnout IV (on y compte six millions et demi d'habitants), mais aussi et surtout la capitale administrative de la planète – le déménagement de la cour du siridar-baron à Cair-el-Muluk n'a rien changé à cet égard. Des transports aériens incessants relient les deux villes, ce qui, avec bien sûr le réseau de communications à distance développé par la Maison Ptolémée, garantit une bonne gestion politique et économique du fief planétaire en dépit de cette division géographique, aux motifs somptuaires.

 

Les principales casernes de Gebnout IV se trouvent à Heliopolis, et les légionnaires sortent régulièrement dans les rues de la ville pour rappeler aux éventuels citoyens mécontents tant leur présence que leur puissance (relative). On y trouve par ailleurs les casernes de la Maison mineure Sebek.

 

Au-delà, la majeure partie des services publics de Gebnout IV ont ici leur siège, dans quelque domaine que ce soit.

 

L'architecture y est moins monumentale et plus fonctionnelle qu'à Cair-el-Muluk ou Memnon – ce qui traduit bien l'approche toute différente de la politique qui caractérise les fonctionnaires omniprésents à Heliopolis.

 

Ainsi qu'on s'en doute, la corruption est ici endémique, et la Maison Ptolémée a parfois du mal à gérer cet aspect, en le contenant par exemple à des proportions supportables. Mais cela va de pair avec la richesse presque étouffante de la ville, carrefour des affaires en tout genre : on y trouve non seulement le plus grand marché de la planète, mais aussi son port le plus florissant, et surtout le principal spatioport de Gebnout IV, aux proportions démentes, et qui connaît un trafic constant : les long-courriers de la Guilde, en orbite, disposent leurs innombrables vaisseaux d'interface, faisant le lien entre la planète et son orbite – et notamment la lune de Khepri, marché franc spécialisé dans les technologies les plus pointues... et douteuses.

 

Enfin, au début de la campagne, Thema Tena et ses fidèles atonistes de la Terre Pure retrouvent cette ville, qui avait été leur point de départ, après plusieurs années d’errance vers l’Ouest Perpétuel. Il en résulte une situation quelque peu étrange, faite de communion joviale, mais aussi de tensions potentiellement explosives avec le clergé du Culte Épiphanique du Loa-Osiris, certes moins implanté ici qu'à Cair-el-Muluk et a fortiori Nar-el-Abid, suffisamment présent cependant pour faire entendre sa voix stigmatisant l'hérésie...

 

Memnon

Si la politique et l'économie ont pour principaux centres Cair-el-Muluk et Heliopolis, la vie culturelle est l'apanage de Memnon – ou, plus exactement, la vie culturelle non religieuse (en matière de spiritualité, c'est bien Nar-el-Abid qui l'emporte).

 

Cela suffit cependant à faire toute la singularité de Memnon, qui est à la fois, des quatre principaux centres urbains, le moins peuplé (un million et demi d'habitants seulement), mais aussi et pourtant celui qui s'étend sur la plus grande superficie.

 

La ville a indéniablement son cachet et, si l'architecture monumentale de Cair-el-Muluk a quelque chose de dégoulinant d'excès, là où celle de Nar-el-Abid étonne par sa relative austérité, Memnon quant à elle fait preuve d'un sens de l'équilibre et du bon goût, qui en fait de très loin la plus belle ville de la planète, et potentiellement une des plus belles de tout l'Imperium.

 

Les arts y sont omniprésents, quels qu'ils soient. Et si l'on y trouve plus de monuments à la ronde que partout ailleurs sur la planète, ceux-ci parviennent à être à la fois intimidants et esthétiques, entretenant un équilibre délicat entre beauté, majesté et fonctionnalité.

 

Il serait sans doute trop long d'énumérer les merveilles de Memnon... Des Pyramides de l'Ouest au Champ des Pierres Rhomboïdales, on ne les compte plus, et toutes attirent davantage le regard et séduisent l’œil plus que la précédente et moins que la suivante. Un des plus beaux exemples de l'art memnonite est probablement le fameux Cube de Quaa'jhar du grand sculpteur Jhad'al Zhin, bâti il y a 1500 ans environ : c'est un cube de granit dont la diagonale fait exactement 314,1592653 m ; Jhad'al Zhin disait qu'il « n'avait besoin que de deux dimensions de plus pour effectuer le plus précisément de l'univers connu la quadrature du cercle » ; cette masse est maintenue en rotation perpétuelle à cent mètres du sol par un procédé unique dérivé du champ Holtzman, inventé par Jhad'al Zhin ; l'objet est situé au centre des quatre Osiris (un pour chaque point cardinal), statues du dieu en marbre de vingt mètres de hauteur, qui contiennent la machinerie électromagnétique holtzmanienne permettant de le faire tourner et de récupérer l'énergie de ce mouvement pour recharger les batteries du champ ; Jhad'al Zhin n'a jamais livré le secret de son procédé, et le cube n'est toujours pas tombé – personne n'oserait briser une statue d'Osiris pour en connaitre le secret, ce serait un blasphème terrible, et la population, très attachée à cette installation, lyncherait l'indélicat... La coutume populaire dit que l’énergie de ce « mouvement perpétuel » vient des festivités permanentes alentour.

 

Les touristes sont innombrables à s'émerveiller de la parfaite harmonie de la ville-œuvre-d'art, qu'ils soient originaires de Gebnout IV ou voyagent à travers l'Imperium en quête de beauté ; et comme ils dépensent à tours de bras, la ville affiche une prospérité sans égale, d'autant que sa situation lui permet, bien mieux qu'aux autres centres urbains de la planète, d'assurer sa subsistance avec un excédent source de profits considérables.

 

La ville, dès lors, se ressent quelque peu de son caractère d'œuvre vivante : elle est un important centre intellectuel, rivalisant avec Nar-el-Abid, et bien autrement riche d'idées nouvelles voire révolutionnaires. S'il est un endroit sur Gebnout IV qui abrite des intellectuels, et notamment d'ardents techno-progressistes aux lisières de l'hérésie, c'est à n'en pas douter celui-ci. Rien d'étonnant, dès lors, si le Sentier de l'Eau y rencontre un certain écho – notamment dans l'Université memnonite.

 

Enfin, les Memnonites sont plus volontiers attirés par les religions nouvelles, exactement pour les mêmes raisons ; on ne s'étonnera donc guère d'y voir le centre intellectuel de la déviation résurrectionniste du Culte Épiphanique du Loa-Osiris – et, dans une moindre mesure, de la branche minoritaire qui voue un culte à Isis.

 

Nar-el-Abid

C'est la plus vieille ville de Gebnout IV, et son architecture en témoigne - bien plus austère qu'ailleurs, même si elle n'est bien sûr pas avare de monuments, comme il sied à une ville sainte. C'est en effet le principal centre spirituel de Gebnout IV, où règne sans partage le Culte Épiphanique du Loa-Osiris (dans sa forme la plus orthodoxe).

 

Les premiers colons, il y a bien des millénaires de cela, y ont créé une utopie étrange, empruntant aux conditions de vie et à la mythologie de l’Égypte antique pour les remettre au goût du jour. Ils en sont venus à prétendre que c'était là la véritable Égypte, celle de la vieille Terre n'étant qu'une copie. À les en croire, c'est donc ici qu'a véritablement vécu Osiris, le juge des morts, c'est ici qu'il a été démembré par le perfide Set et reconstruit par la douce Isis... Cette croyance étonnante reste très vivace, en dépit de son absurdité apparente : la foi épiphanique ne s'embarrasse guère de rationalité... et ce même si la Maison Ptolémée a su, au fil des millénaires, la faire évoluer pour en obtenir un soutien inconditionnel, sans pour autant subir les désastreux effets secondaires, d'intolérance et d'inquisition, souvent associés aux cultes officiels.

 

La ville abrite aujourd'hui trois millions deux cent mille habitants. En dépit des dîmes que ne manque pas de prélever le Culte auprès des pèlerins de la planète entière qui viennent y faire leurs dévotions, Nar-el-Abid est probablement bien moins riche que les trois autres grands centres urbains de Gebnout IV. Ce qui semble parfaitement convenir aux croyants, lesquels se sont toujours montrés un peu frileux face aux ambitions somptuaires des bâtisseurs de la Maison Ptolémée : ils ont construit bien des monuments impressionnants, mais les fidèles leur préfèrent les vieux bâtiments, parfois un brin délabrés, qui abritent le Culte depuis des millénaires, comme témoignant bien plus sincèrement de la véracité de leur foi.

 

Reste cependant une particularité à noter : il y a bel et bien, à Nar-el-Abid, un quartier qui accumule les profits, et c'est celui qui est intégralement tenu par la Maison mineure Menkara, laquelle est bien plus puissante qu'elle n'en donne l'impression ; sa spécialisation dans le négoce cultuel en fait un acteur de poids dans la vie de la cité, et un outil indispensable d'observation et de contrôle du Culte, afin de prévenir tout mouvement intempestif qui pourrait être suscité par un prophète de mauvais augure.

 

Aussi la déviation résurrectionniste du Culte officiel, si elle n'est pas inconnue à Nar-el-Abid, y demeure-t-elle assez rare, et il en va de même pour la branche adorant Isis. Les autorités s'inquiètent bien davantage des actions de la Maison Arat, qu'elles surveillent de près...

 

On y trouve par ailleurs la Maison des Sœurs du Bene Gesserit pour Gebnout IV.

 

RELATIONS EXTÉRIEURES

 

L'EMPEREUR ET LA MAISON CORRINO

L'Empereur actuel est Rauvard Kalus IV (9960-10 002).

 

L'Empire se méfie quelque peu des Ptolémée, du fait de leur jeu dangereux avec les interdits du Jihad Butlérien et de leur pratique de la contrebande, le privant d'importants revenus.

 

Le Trône impérial, qui a bien conscience du rôle de la Guilde dans cette histoire, ne s'est pas encore engagé dans la voie de la condamnation officielle, laissant faire le Landsraad et surtout la CHOM – directement affectée par la contrebande endémique sur Gebnout IV.

 

LE LANDSRAAD

Le Landsraad dans son ensemble, si l'on excepte les récents procès intentés conjointement avec la CHOM, n'a jamais eu de politique bien déterminée à l'égard de la Maison Ptolémée. Sans doute y a-t-il un fond de méfiance ou de scepticisme, mais l'assemblée n'est pas une zone de conflit. Les Maisons nobles prises indépendamment, par contre, ont parfois leur mot à dire...

 

La Maison Delambre

Les liens entre les deux Maisons sont encore limités, voire inexistants, mais la curiosité d'Ipuwer, pourtant formé à la Maison Ophelion, pour le style de duel Delambre, pourrait à terme quelque peu changer la donne – Ipuwer semble en tout cas avoir cette ambition, ainsi qu'en témoigne la venue d'un Maître d'Armes Delambre sur Gebnout IV, même s'il n'est pas dit qu'il pourra la concrétiser au-delà, lui qui se montre si incompétent sur le plan politique, et laisse en général plutôt les décisions à sa sœur Németh et au Conseiller Mentat Hanibast Set.

 

La Maison Kenric

La Maison Ptolémée et la Maison Kenric sont au mieux en délicatesse. Leur profil assez similaire, qui en fait clairement des marchands avant tout, implique une certaine rivalité. Les deux Maisons ont connu jadis une très longue Guerre des Assassins, qui a failli dégénérer en conflit militaire ouvert, mais l'intervention de la Guilde a permis d'éviter cette évolution. Depuis, les deux Maisons sont dans une « paix armée », guerre froide qui se réchauffe quelque peu à l'occasion, mais sans jamais atteindre à une ampleur similaire. Récemment, le passage de Bermyl d'une Maison à l'autre n'a rien arrangé, d'autant qu'il compromettait des complots des Kenric. Le lien essentiel qui demeure entre les deux Maisons réside probablement dans la personne de Gilf Tehuti, qui reste une relation de Bermyl, mais son statut est ambigu – il est en partie responsable de la situation actuelle et, s'il tente de remonter dans l'estime des Kenric et jouit toujours de sa place à la CHOM, on s'en méfie tout de même – le comte Neklos au premier chef, qui rumine bien des imprécations et plans d'action hostiles à la Maison Ptolémée.

 

La Maison Ophelion

Les liens entre la Maison Ophelion et la Maison Ptolémée sont importants, et remontent à une époque lointaine. Pour la période récente, on notera simplement que Dame Loredana, l'épouse du précédent siridar-baron Namerta, et la mère d'Ipuwer et de Németh, était une Ophelion en plus d'être une Sœur du Bene Gesserit ; Németh a épousé un Ophelion, même si les choses se sont mal passées et ont pu chambouler les relations entre les Maisons ; Ipuwer a cependant étudié l'art du duel auprès des meilleurs maîtres de la Maison Ophelion, même s'il a ces dernières années fait preuve d'intérêt ou du moins de curiosité pour le style Delambre ; enfin, sur un plan plus anecdotique, Bermyl a un temps été impliqué dans une intrigue visant à nuire à la Maison Ophelion (mais il appartenait alors à la Maison Kenric). La situation est incertaine, mais la Maison Ophelion a été un précieux allié de la Maison Ptolémée, laquelle fera tout pour perpétuer cette situation, en gommant le cas échéant les éléments de dissension potentiels, et en mettant en avant les précieux avantages commerciaux qu'en retire la Maison Ophelion – dont le comte Trevell VIII est bien conscient.

 

La Maison Wikkheiser

Les deux Maisons se ressemblent en ce qu'elles prisent également la technologie éventuellement interdite par le Jihad Butlérien – même si à un degré moindre pour les Ptolémée, qui n'ont pas les connaissances en la matière des Wikkheiser et sont de toute façon avant tout motivés par le profit, là où les Wikkheiser sont d'ardents techno-progressistes et réformistes. Mais cette proximité débouche à l'occasion sur des alliances de circonstance dont les deux Maisons n'ont jamais eu à se plaindre, bien au contraire.

 

LA CHOM

De toutes les grandes institutions politiques et économiques de l'Imperium, c'est à n'en pas douter la CHOM qui se montre la plus hostile à la Maison Ptolémée.

 

La contrebande systématique et largement notoire sur Gebnout IV prive la CHOM d'importants revenus, elle en est consciente et ne peut accepter une telle entorse à son monopole.

 

Elle a tenté bien des mesures de rétorsion à l'encontre de la Maison Ptolémée, mais a la plupart du temps manqué de soutien officiel dans cette entreprise (à l'exception des récents procès intentés en vain à la Maison Ptolémée avec la collaboration du Landsraad, et de l'approbation discrète et occasionnelle de la Maison Kenric, surtout ces dernières années), là où la Maison Ptolémée bénéficie à l'évidence de la bienveillance voire de la complicité de la toute-puissante Guilde des Navigateurs.

 

La CHOM n'a cependant pas dit son dernier mot...

 

LA GUILDE DES NAVIGATEURS

Le pouvoir de la Guilde des Navigateurs est sans pareil dans tout l'Imperium – même si personne ne le dit, on sait qu'elle est au-dessus de la juridiction de l'Empereur, qui ne peut régner qu'autant que les long-courriers de la Guilde veulent bien replier l'espace pour rapprocher les mondes.

 

La Maison Ptolémée en est parfaitement consciente et a cultivé la bienveillance, puis l'amitié, puis la complicité de la Guilde depuis des millénaires. Elle loue depuis fort longtemps la lune de Khepri à la Guilde, où elles entretiennent d'un commun accord un marché franc d'une utilité capitale, plus ou moins spécialisé dans les produits de haute technologie, éventuellement douteux au regard des interdits du Jihad Butlérien, mais maquillés, adaptés, légitimés par les astucieux serviteurs de la Maison, juristes comme techniciens.

 

La Guilde en retire un profit incomparable, et trouve peut-être une certaine satisfaction à empiéter ainsi sur les plates-bandes de la CHOM – encore qu'elle soit par nature au-dessus de ce genre de mesquineries...

 

La Guilde est le meilleur allié de la Maison Ptolémée, mais cette amitié doit être entretenue à grands frais – la Guilde étant incomparablement plus puissante que la Maison Ptolémée, elle n'a pas les mêmes intérêts que cette dernière à perpétuer ce lien (à vrai dire, sans le soutien de la Guilde, la Maison Ptolémée serait probablement perdue ; le contraire n'est certainement pas vrai...).

 

Pour le moment, le rapport est toutefois au beau fixe, et le représentant de la Guilde sur Gebnout IV, Iapetus Baris, fréquente assidument la cour de Cair-el-Muluk quand il ne supervise pas directement les opérations commerciales sur Khepri.

 

LE BENE GESSERIT

[Définition à venir]

 

LE BENE TLEILAX

Officiellement, comme de juste, la Maison Ptolémée n'entretient aucun lien avec le Bene Tleilax, pas plus qu'avec Ix ou Richèse.

 

Même si elle se montre audacieuse à l'égard des interdits du Jihad Butlérien, elle ne compte certainement pas adopter une philosophie techno-progressiste sulfureuse : seul le profit l'intéresse.

 

La Maison n'est en principe pas directement compromise avec le Bene Tleilax. Pourtant, des liens existent forcément, expliquant l'apparition sur le marché franc de Khepri de biens technologiques inconnus par ailleurs... Ils passent probablement par un tel nombre d'intermédiaires que le lien entre les deux, pour être existant, n'en est moins extrêmement ténu – suffisamment semble-t-il pour protéger la Maison Ptolémée (les récents procès intentés par le Landsraad et la CHOM en ont témoigné) ; mais fouiller systématiquement dans les dossiers de ses subordonnés et des Maisons mineures de Gebnout IV pourrait apporter son lot de surprises... Là encore, en outre, la Guilde des Navigateurs joue forcément un certain rôle.

 

FORCES ARMÉES ET SÉCURITÉ

 

Les forces armées régulières se partagent entre deux légions de soldats ordinaires (60 000 hommes) et une légion de soldats d’élite (15 000 hommes), lesquelles sont complétées le cas échéant par les mercenaires des Maisons mineures Sebek et Arat.

 

Les effectifs de la garde du Palais et de celle du Sanctuaire d’Osiris à Cair-el-Muluk, d’une loyauté indéfectible, sont triés sur le volet au sein de la légion d’élite, qui fournit également le contingent protégeant, conjointement avec les forces de la Guilde, le marché franc de la lune de Khepri.

 

La sécurité du palais, bien sûr, est assurée en parallèle et en bonne entente par les effectifs du Renseignement et les assassins de la Maison Ptolémée, en principe sous le commandement d’Elihot Kibuz, dans les faits aux ordres de Bermyl.

 

La police, quant à elle, est assurée par des effectifs détachés des légions ordinaires – parfois avec un certain flou pouvant compromettre la réussite des opérations…

 

De manière générale, les légions ordinaires bénéficient d’un bon matériel – notamment en matière de transports légers, permettant un déploiement rapide des troupes afin de réprimer toute sédition dans l’œuf –, mais leur formation est plus aléatoire, et leur nombre incertain.

 

Les troupes tiennent essentiellement les centres urbains et les vallées fluviales qui les abritent, avec une plus forte concentration dans les bâtiments institutionnels – politiques, religieux, commerciaux comme le spatioport d’Heliopolis –, équipés de boucliers de bâtiments.

 

Les zones plus désertiques – qu’il s’agisse de celles censément « interdites » pour un motif religieux, ou d’autres simplement inhabitées du fait de la rigueur des conditions de vie – échappent largement à leur emprise ; il est bien entendu impossible d’y maintenir des troupes permanentes, et le déploiement ponctuel de forces conséquentes reste délicat et coûteux – probablement trop pour qu’on le justifie, même si la relative souplesse du commandement, associée à la célérité des transports de troupes, pourrait le cas échéant l’autoriser.

 

Le général Kiya Soter est le commandant en chef des armées de la Maison Ptolémée. Issu d’une branche cadette, et promu à ce poste récemment par le précédent siridar-baron, Namerta, il est peu corrompu et relativement efficace, notamment en ce qu’il sait faire avec ses effectifs insuffisants et insuffisamment formés. Il évite de faire appel aux Maisons mineures mercenaires, en lesquelles il n’a pas confiance.

 

Sous ses ordres, deux officiers sont à distinguer : d’une part, le général Bekenamen, qui dirige la légion d’élite, et tout particulièrement la garde du palais à Cair-el-Muluk ; homme froid et sévère, en poste depuis plusieurs décennies, ce cousin des Ptolémée est un officier compétent, même si ses effectifs très limités ne lui laissent guère de marge de manœuvre – et il râle souvent à ce sujet, a fortiori depuis que Kiya Soter, qu’il n’apprécie guère et juge avec un certain mépris, s’est vu attribuer le commandement en chef.

 

D’autre part, Apries Auletes est le chef de la police – et c’est pour le moins gênant, tant ce grand consommateur de zha se montre corrompu, et presque ouvertement lié à la Maison mineure Nahab, au-delà du contrôle exercé par la Maison Ptolémée. Il en a notoirement facilité les affaires en bien des occasions ; peut-être même est-il intervenu dans les tensions récentes opposant la Maison Nahab et ses rivales, les Maisons Soris et Menkara – son camp ne faisant dans ce cas aucun doute. Il peut néanmoins se montrer efficace pour réprimer brutalement toute sédition avec ses effectifs fluctuants, et c’est sans doute ce qui explique qu’il soit toujours à ce poste.

 

Les capacités militaires limitées de la Maison Ptolémée l’amènent parfois à recourir, bon gré mal gré, à des troupes mercenaires. Celles de la Maison Sebek, plutôt bien formées, peuvent à l’occasion remplacer sans trop de perte les effectifs réguliers ordinaires. Celles de la Maison Arat sont bien différentes : ces « guerriers saints » affichant une indépendance supposée, à la manière d’un ordre de moines-soldats lié au Culte Épiphanique du Loa-Osiris, inspirent peu de confiance au commandement en chef – qui ne peut cependant nier leur efficacité à l’occasion, mais l’impression demeure que le remède qu’ils peuvent constituer à l’occasion pourrait être pire que le mal qu’ils combattent.

 

MAISONS MINEURES

 

MAISONS MARCHANDES


Maison Abdamelek (dirigeant : Sudi)

Maison mineure classique, qui sert plus ou moins de façade – c’est elle qu’on met en avant face aux représentants de l’Empereur et de la CHOM.

 

En théorie, c’est la plus puissante des Maisons mineures de Gebnout IV, et elle affiche un luxe constant, au mépris du bon goût, dans une débauche de faste, à l’image de la Maison Ptolémée qu’elle a toujours soutenue ; dans les faits, quiconque connaît un tant soit peu les réalités politiques et économiques de Gebnout IV comprend très bien que, là aussi, la façade ne correspond en rien à la réalité… Sudi Abdamelek est un pantin aux mains de la Maison Ptolémée – quand bien même un ami proche d'Ipuwer –, et n’a que le pouvoir qu’elle veut bien lui accorder. Il s’en contente, tant le faste seul importe à ses yeux.

 

Maison Nahab (dirigeant : Ngozi)

Maison mineure totalement engagée dans les activités de contrebande, et qui fait office de mandataire de la Maison Ptolémée pour toutes les activités délictueuses sur Gebnout IV.

 

Ngozi est ainsi le maître de la pègre de la planète. Il contrôle la plupart des activités criminelles classiques (racket, prostitution, jeu, drogue, etc.), et la police est peu ou prou à ses ordres ; mais l’essentiel des considérables revenus de la Maison mineure provient bel et bien de la contrebande, sous toutes ses formes – et avec la bénédiction de la Guilde des Navigateurs (représentée sur Gebnout IV par Iapetus Baris) –, même s’il doit faire avec les Maisons mineures Soris et Menkara, plus spécialisées.

 

Il y a d’ailleurs régulièrement des tensions entre les différentes Maisons mineures contrebandières, pour le moment contenues par l’intervention directe de la Maison Ptolémée et de la Guilde…

 

Ngozi n’a par contre que faire des prétentions de la Maison Abdamelek : le vrai pouvoir seul l’intéresse, pas les signes extérieurs de richesse dès lors qu’ils ne sont fondés sur rien…

 

Maison Soris (dirigeant : Ra-en-ka)

Maison mineure impliquée dans la contrebande, spécialisée dans les produits de haute technologie. Elle effectue une bonne part de ses transactions sur la lune de Khepri, louée par la Maison Ptolémée à la Guilde des Navigateurs, marché franc accueillant l'essentiel de la contrebande en la matière, parfois en délicatesse avec les interdits du Jihad Butlérien.

 

Ra-en-ka est un chef subtil et intelligent, d’une grande culture et d’une grande curiosité, qui sait jongler entre obligations et privilèges pour assurer la sécurité et un confortable chiffre d’affaires à sa Maison.

 

Sous la pression de Ngozi Nahab, il s’est toutefois vu contraint de se rapprocher de la Maison mineure Menkara.

 

Maison Menkara (dirigeante : Soti)

Encore une Maison mineure vouée à la contrebande, mais nettement moins puissante que les deux autres… en apparence tout du moins.

Il faut dire que son activité est très particulière, lui conférant une situation bien étrange : à l’opposé de la Maison Soris, la Maison Menkara se spécialise dans les trafics ne nécessitant peu ou prou aucune technologie, en l’occurrence des objets cultuels en tous genres – œuvres d’art, reliques (vraies ou fausses), éléments consommables de rituels sacrés (comme la drogue zha), autres objets de culte (comme les onéreux bateaux de la fête d'Osiris)…

 

Impliquée par nature dans les affaires religieuses de Gebnout IV, la Maison mineure Menkara constitue un bon outil d’observation et de pression sur les cultes de la planète ; si sa situation bien particulière la rend quasi inexistante sur le plan interstellaire, elle a un poids certain dans les affaires intérieures, et contrôle un quartier entier de Nar-el-Abid.

 

Récemment, elle a dû se rapprocher de la Maison mineure Soris afin de faire front commun contre les ambitions de Ngozi Nahab.

 

MAISONS DIPLOMATES

 

Maison Set-en-isi (dirigeant : Abaalisaba)

Abaalisaba est un fameux juriste, célèbre aux quatre coins de Gebnout IV et même au-delà. Il a régulièrement servi, et avec une grande efficacité, les intérêts de la Maison Ptolémée, tant au regard des affaires intérieures qu’auprès de la CHOM ou encore de la Guilde des Navigateurs.

 

Diplomate rusé à la langue d’une précision rare, il a été récompensé de ses bons et loyaux services par le précédent siridar-baron Namerta, qui a élevé sa famille au rang de Maison mineure – très probablement afin d’acheter son silence sur quelques sujets délicats parfaitement connus et maîtrisés par l’avocat, l’éliminer n’étant guère une option… La loyauté d’Abaalisaba semble ne faire aucun doute, mais on n’est jamais trop prudent, après tout…

 

La Maison Set-en-isi est ainsi la plus récente des Maisons mineures de Gebnout IV ; elle manque encore un peu d’assise, mais l’intelligence et l’astuce d’Abaalisaba font des merveilles, et elle se taille bien vite une place essentielle.

 

Au cœur des complexes affaires diplomatiques de la Maison Ptolémée, la jeune Maison Set-en-isi, seule dans son domaine si crucial, est devenue incontournable… et certains se demandent si la générosité du précédent siridar-baron était vraiment bienvenue.

 

MAISONS MERCENAIRES

 

Maison Sebek (dirigeant : Seken-en-ra)

La Maison Ptolémée, ne brillant guère sur le plan militaire, a régulièrement besoin de faire appel à des mercenaires. La Maison Sebek, fort ancienne et basée à Heliopolis, y pourvoit le plus souvent. Ses troupes n’ont pas grand-chose à envier aux troupes régulières de la Maison – mais sont comme de juste dépassées par les légions d’élite du général Bekenamen.

 

Seken-en-ra est bien plus intéressé par l’argent que par la gloire. C’est étrangement ce qui fait de lui un officier d’une loyauté à toute épreuve envers la Maison Ptolémée : celle-ci peut se permettre de le payer, au prix fort, et il ne doute pas que ce sera toujours le cas. Aussi n’hésite-t-il pas à engager ses troupes dans des opérations de maintien de l’ordre parfois brutales, sans s’embarrasser de considérations morales malvenues.

 

Les soldats des Sebek méprisent ouvertement la Maison Arat, à la formation bien inférieure, et aux prétentions philosophico-religieuses qu’ils jugent imbéciles : à l’instar de leur jeune chef Seken-en-ra, ils considèrent que ces « belles idées » n’ont rien à voir avec la guerre et le métier de soldat.

 

Maison Arat (dirigeante : Bahiti)

La Maison Arat est singulière à bien des égards, et n’a à vrai dire pas grand-chose à voir avec la vaste majorité des Maisons mercenaires. Elle ne se considère d’ailleurs certainement pas comme telle : la Maison Arat, qu’on se le dise, est un ordre indépendant de « moines-soldats » (et de moniales, d’ailleurs : elle ne fait pas de distinction entre les sexes, et est dirigée par une femme).

 

Ces fanatiques dévoués à la cause du Culte Épiphanique du Loa-Osiris ne bénéficient certainement pas d’une formation aussi complète que celle des troupes de la Maison Sebek, sans même parler des forces régulières de la Maison Ptolémée. Leur « enthousiasme » homicide en fait cependant un groupe à ne pas négliger.

 

La Maison Ptolémée n’y a qu’occasionnellement recours. D’aucuns dans la Maison Arat aimeraient se voir reconnaître un rôle de « police religieuse », et notamment sa jeune dirigeante Bahiti, mais la Maison Ptolémée, bien consciente des dérapages qu’un tel statut pourrait occasionner, s’y est toujours refusée (elle entend observer une relative neutralité à l’égard des différentes sectes de Gebnout IV, même si le Culte Épiphanique du Loa-Osiris a un statut de religion officielle).

 

RELIGION

 

Culte Épiphanique du Loa-Osiris

C'est la religion officielle de Gebnout IV et de la Maison Ptolémée (qui reste cependant tolérante à l'égard des autres sectes) ; sa ville sainte est Nar-el-Abid, mais le Sanctuaire d'Osiris à Cair-el-Muluk joue un grand rôle dans les rites, d'inhumation notamment.

 

C’est une sorte de syncrétisme entre la religion égyptienne antique (encore que son polythéisme ne soit que de façade) et quelques éléments de vaudou, focalisé sur la figure du pharaon mort et ressuscité Osiris, juge des défunts. Du coup, le Culte entretient une relation ambiguë avec l’idée même de mort.

 

Certaines cérémonies essentielles du Culte impliquent les grands déserts rocheux de l’immense zone dite « interdite » : ce sont des lieux sacrés, servant notamment à l’initiation et à l’inhumation. Le passage des Atonistes de la Terre Pure par ces régions particulières dans leur pèlerinage vers l'Ouest Perpétuel suscite parfois des tensions avec les adeptes du Culte Épiphanique du Loa-Osiris.

 

Depuis quelques années, le Culte a connu une vague inflexion, pas forcément très orthodoxe aux yeux des fidèles habituels mais pas encore déclarée hérétique par ses autorités (notamment le Grand Prêtre Suphis Mer-sen-aki), qui met l’accent sur la résurrection par quelque moyen que ce soit : la mort est jugée désirable, car procurant une épiphanie à la rencontre d’Osiris, mais les vrais fidèles trouvent alors le moyen de revenir parmi les vivants pour leur communiquer la sagesse du pharaon mort et ressuscité, en empruntant ses attributs.

 

Une autre branche minoritaire, mais moins redoutée, est apparue au fil des siècles, qui s'intéresse à la figure d'Isis comme alternative et complément nécessaire d'Osiris.

 

La drogue zha (dont le commerce est intégralement aux mains de la Maison mineure Menkara) joue un rôle non négligeable dans les cérémonies du Culte, et ses plus hauts dignitaires ont souvent joué le jeu de la mithridatisation pour en absorber des doses toujours plus fortes, leur permettant d'entrapercevoir la sagesse du Juge des Morts – c'est vrai dans le courant orthodoxe autant que dans la branche déviante.

 

La célèbre fête d'Osiris a lieu une fois l'an à Cair-el-Muluk. Mourir ce jour-là est proscrit et entraîne une forme d'excommunication – d'où, chaque année, des dissimulations de décès qui tiennent quelque peu de la farce grotesque... Lors de la cérémonie essentielle, le jour même de la fête – mais elle est précédée par des festivités grandiloquentes durant tout une semaine de licence –, on charge les morts dans des bateaux – des barques-cercueils personnalisées des plus riches aux immenses arches dans lesquelles s'entassent les cadavres des plus pauvres –, que l'on envoie ensuite vers le continent interdit, terre sacrée des dieux et des morts. Les places sont chères, et donnent lieu à un commerce très lucratif – forcément aux mains, là encore, de la Maison mineure Menkara.

 

Le Culte bénéficie du soutien inconditionnel des « moines-soldats » de la Maison mineure Arat.

 

Atonisme de la Terre Pure

C'est un culte monothéiste mélangeant l’hérésie d’Akhenaton à des éléments empruntés à l’amidisme japonais.

 

Il en résulte une religion « populaire », pacifiste, écologiste et anti-technologique (au point d’en être réactionnaire), qui a débouché sur un exode des fidèles vers l’Ouest Perpétuel : ils sont devenus nomades, et empruntent jour après jour la route de l’Ouest en révérant le soleil et en invitant les populations qu’ils croisent à abandonner leurs richesses et autres biens matériels – leurs résidences au premier chef, mais aussi les objets d’une technologie supérieure à NT 1 – pour participer du Voyage Sans Fin et se baigner dans la lumière extatique du Dieu solaire unique.

 

Le passage des Atonistes de la Terre Pure par les régions « interdites » des immenses déserts rocheux, dans leur pèlerinage vers l'Ouest Perpétuel, suscite parfois des tensions avec les adeptes du Culte Épiphanique du Loa-Osiris.

 

Cette religion n’est pas organisée, et entièrement dépourvue de clergé ; ses « chefs » ne le sont que de manière informelle et temporaire, généralement en raison de leurs capacités d’orateurs et de la pureté de leur train de vie – au début de la campagne, le plus célèbre de ces meneurs est une vieille femme joviale, Thema Tena (sa migration vient d’atteindre une nouvelle fois Heliopolis, d’où elle était partie il y a plusieurs années de cela).

 

Évangile des Cataractes

C'est une religion mineure essentiellement animiste, qui vénère les fleuves de Gebnout IV, porteurs de vie.

 

On distingue cependant deux courants, en fait on ne peut plus opposés...

 

L’Évangile Antique entend protéger l’écosystème, et notamment les cours d’eau, contre toute tentative malvenue de les détourner ou pire encore ; cette dimension écologiste explique les relations cordiales entretenues par ce courant avec l’Atonisme de la Terre Pure.

 

L’autre courant, le Sentier de l’Eau, est par contre engagé dans divers projets de terraformation visant à glorifier le rôle essentiel de l’eau, celle des fleuves et celle des mers, afin d’assurer sa domination, l’amenant ainsi à bouleverser l’écosystème de Gebnout IV ; seul ce courant a pu produire dans les dernières années une personnalité « religieuse » (ou philosophique ?) notable, Ai Anku, femme scientifique, farouche et charismatique techno-progressiste.

 

 

Voilà, voilà… La campagne débute ici.

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