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Akira, t. 2, de Katsuhiro Ōtomo

Publié le par Nébal

Akira, t. 2, de Katsuhiro Ōtomo

ŌTOMO (Katsuhiro), Akira, t. 2, original artwork reversed for the French edition, traduction de Sylvain Chollet, Grenoble, Glénat, [1985, 1999] 2016, 301 p.

 

Poursuite de ma redécouverte d’Akira, la cultissime BD de Katsuhiro Ōtomo, dans de meilleures conditions (le noir et blanc, essentiellement).

 

Oui, « de » meilleures conditions, mais pas « les » meilleures conditions : c’est ballot, mais Glénat a annoncé il y a peu la parution prochaine d’une intégrale avec nouvelle traduction et (surtout ?) sens de lecture original – celle que j’attendais depuis un bail, puis ai eu marre d’attendre, donc.

 

Bon, ben, tant pis, hein, trop tard…

 

Adonc, je vous avais déjà dit tout le bien que je pensais du premier tome. Il s’agissait alors d’une relecture – j’avais, à l’époque, dévoré encore et encore cette partie de la BD (qui s’étendait sur les deux premiers volumes de l’édition colorisée). Ce n’est pas le cas pour ce deuxième tome, correspondant pile poil à un des importants creux de ma première lecture : je n’avais encore rien lu de tout ça, et étais tout particulièrement avide de découvrir la bête.

 

Et je dois avouer avoir été surpris – pas forcément déçu, hein, même si peut-être un tout petit peu – par l’action frénétique de ces 300 pages. On n’y souffle jamais ou presque – à cet égard on est très loin du premier tome qui, pour déborder d’action, d’un dynamisme incroyable, savait régulièrement faire quelques pauses, fort utiles pour poser l’univers et les personnages. Cette fois, non : on court, on se bat, on utilise des flingues improbables, on souffre, ET ON GUEULE TOUT LE TEMPS.

 

L’action – puisque c’est bien de cela qu’il s’agit, donc – se déroule pour l’essentiel en deux lieux seulement. Enfin, si l’on évacue quelques à-côtés de la « Résistance », et surtout les quelques pages du début, façon prologue, dans lesquelles Tetsuo Shima, ou « Numéro 41 » si vous préférez (pas lui…), accepte l’offre du Colonel de rejoindre le centre de recherches militaire où, parallèlement à l’étude du cas improbable qu’il constitue, on le fournira abondamment en drogues. Kaneda et Kei y sont par ailleurs capturés, et emmenés peu ou prou au même endroit… La situation dégénère cependant bien vite, quand Kei fait preuve d’un talent martial inattendu (on l’aide un peu…) et tente de s’évader avec Kaneda (qui fait un peu plus encore guignol dans ces pages, du coup) ; tandis que Tetsuo, rongé par la curiosité autant que par la mégalomanie, compte bien n’en faire qu’à sa tête, ce petit con…

 

Ces personnages se croiseront et se perdront de vue à plusieurs reprises, d’abord au sein du centre de recherches – où les gamins aux traits de petits vieux constitueront bon gré mal gré un lien inévitable, propice cependant aux affrontements les plus violents –, ensuite sur le site militaire secret des Olympiades (là où a eu lieu l’explosion nucléaire de 1982…), qui abrite dans ses entrailles le toujours aussi mystérieux Akira… qui fera enfin son apparition, lourde d’incertitudes sinon de menaces quant à l’avenir à très court terme.

 

Dans un site comme dans l’autre, BANG BANG YIHAAAAA HEY KA-BOOM. Ça n’arrête quasiment jamais, au point que c’en est presque épuisant. Pas totalement pourtant : une fois de plus, le graphisme époustouflant de dynamisme et on ne peut plus cinématographique abreuve le lecteur avide de merveilles innombrables à chaque case ou presque ; au risque de me répéter, je ne crois pas avoir jamais lu de BD où l’action soit si bien rendue – bien loin du relatif statisme qu’on pourrait croire de rigueur dans ces images par essence fixes, le mouvement est permanent, et évoque déjà, avec quelque avance, la perfection technique du dessin animé qui en sera plus tard tiré. Peut-être, à l’occasion, se perd-on quelque peu dans la compréhension de l’action, tant tout va vite, très vite, peut-être trop vite (je me demande si l’inversion des planches, ici, ne se montre pas particulièrement dommageable…) ; mais, globalement, sa fluidité est exemplaire, et son rendu unique. En fin de compte, on dévore, et on en redemande.

 

J’étais tout spécialement curieux d’y découvrir des événements ou personnages que je ne connaissais jusqu’à présent qu’au travers de leur apparition dans des épisodes ultérieurs, ou même uniquement dans le dessin animé. Ainsi, par exemple, de la relation entre Kei et Kiyoko (autrement plus explosive ici, cela dit), du fusil laser expérimental, plus encore du laser orbital… ou, dans un autre registre, la brève apparition (déjà ?) de la mystérieuse Miyako (que j’appelle encore Lady…), liée au toujours mystérieux lui aussi Nezu, même si l’on ne sait pas vraiment en quoi et pourquoi pour le moment.

 

Le résultat tient de l’explosion (nucléaire, forcément), quand bien même « contrôlée », tant ça pète de partout, mais tout autant de la course de fond, excluant violemment le moindre répit ; j’ai vraiment le sentiment de n’avoir jamais rien lu de tel, y compris auprès de mes chères tapettes en collant de la Marvel et compagnie – pourtant prédestinées pour ce genre de choses, non ? Ōtomo, ici, c’est un peu le McTiernan du manga : le maître ultime de l’action, qui redéfinit le genre en même temps qu’il l’accomplit, par la suite souvent imité mais jamais ô grand jamais égalé ; un auteur indéniable à sa manière brutale.

 

Je poursuivrai prochainement la lecture, bien sûr – et, si j’espère malgré tout que le rythme s’y montrera moins frénétique, j’ai hâte : c’est qu’on s’approche de la partie « Akira, Empereur du Chaos », par laquelle j’ai découvert la BD, et qui reste une date monumentale dans l’exploration du genre post-apocalyptique…

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