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L'Œil de la Nuit, t. 3 : Le Druide Noir, de Lehman, Gess & Delf

Publié le par Nébal

L'Œil de la Nuit, t. 3 : Le Druide Noir, de Lehman, Gess & Delf

LEHMAN, GESS & DELF, L'Œil de la Nuit, t. 3. Le Druide Noir, [s.l.], Delcourt, 2015, 95 p.

 

... Et donc, dans la foulée du chouette tome 2, voici le troisième tome de L'Œil de la Nuit, intitulé Le Druide Noir. Troisième et semble-t-il dernier, hélas, d'après ce que j'ai pu lire ici ou là... On a dit par ailleurs que la série n'avait pas vraiment trouvé son public, je ne sais pas ce qu'il en est au juste. Ce que je sais, c'est que, si cela doit se vérifier, c'est vraiment dommage, tant cette série se montrait sympathique, et avait mis en place au fil des albums un riche matériau ne demandant qu'à être développé ultérieurement – ce troisième tome ne fait d'ailleurs pas exception, qui introduit encore des pistes intéressantes.

 

Je ne vais pas revenir ici sur la trame de fond de la série – après tout, je viens de le faire dans mon compte rendu des Grandes Profondeurs – et vais tâcher d'aller un peu plus vite à l'essentiel. Théo Sinclair est donc devenu, à sa manière, un super-héros, et accepte volontiers les responsabilités qui vont avec ce statut hors-normes. Il sait, notamment, qu'il a des dettes, ainsi à l'égard du docteur Al-Mansour, qui s'était montré d'une aide déterminante dans le premier tome (et dont Théo Sinclair avait depuis récupéré le stratogyre) ; mais le médium avait sombré dans la catalepsie suite à un assaut psychique du fakir fou Ardavena. Prêt à partir pour l'Inde, notre héros se rend cependant tout d'abord, sur les conseils de ses amis au Gouvernement et dans l'administration (et pas les moindres...), auprès du Sâr Dubnotal ; le Grand Psychagogue se trouve cependant en Irak (ce qui ne prohibe pas toute conversation...), et a du pain sur la planche dans sa vallée maudite (où on le voit jouer des flingues, ce qui m'a quelque peu surpris...) ; ceci étant, après que Théo Sinclair a pris soin de neutraliser un démon tout droit sorti de l'épopée de Gilgamesh, mais qui s'était retrouvé à semer la zone à Saint-Sulpice, une vague complicité s'établit entre les deux héros.

 

Mais c'est sur une autre affaire que l'Œil de la Nuit sera pourtant amené à travailler – impliquant, là encore, une fouille archéologique qui n'aurait jamais dû se produire, libérant un mal ancestral représentant une terrible menace pour la ville-lumière et pour le monde au-delà... Un jeune amateur d'occultisme, engagé depuis sa moins tendre enfance dans une lutte darwinienne l'opposant à son frère jumeau, a eu la mauvaise idée de fouiner dans un tumulus oublié, et il en résulte la libération du terrible Druide Noir – le dernier à avoir pratiqué les sacrifices humains à Lutèce. Le Druide s'empare régulièrement du corps même du jeune Charles, et s'apprête à semer le chaos dans sa soif de vengeance contre l'Empire romain dominant toujours la Gaule...

 

Si le Sâr Dubnotal pressera ultérieurement Théo Sinclair de s'intéresser à cette menace, c'est cependant via le personnage d'Hermine d'Albury, la charmante et énergique cousine de Charles, que notre héros entendra tout d'abord parler de l'affaire – les deux se sont rencontrés aux bureaux du Sâr Dubnotal absent... Or Hermine est un assez joli personnage – un partenaire féminin de choix, charismatique et souvent drôle, dont la passion des bolides réserve quelques scènes sympathiques (et Gess lui a conféré, une fois n'est pas coutume, un adorable minois qui la singularise d'autant plus).

 

Le Druide Noir, par ailleurs, est un méchant d'une certaine classe – et quand sa possession bouleverse les traits mêmes de Charles, il devient une figure horrifique des plus correcte.

 

Plus que jamais, l'action est menée à tambour battant, au travers de fils rouges ténus mais bien réels et de coïncidences amusantes, qui nuisent peut-être à l'unité du volume – un brin artificielle ? – mais sans gâcher en rien le plaisir du lecteur. Et la fin est vraiment chouette.

 

En fin de compte, s'il y a bien des regrets lorsque l'on tourne la dernière page, c'est à l'idée qu'il n'y aura jamais de suite... Or il reste plein de choses en plan – ne serait-ce que l'affrontement avec Ardavena, qui était pourtant censé, à en croire les premières pages, être au cœur de cet épisode-ci, et que l'on pouvait attendre, d'une certaine manière, depuis Ami du Mystère... Mais tant d'autres choses, aussi ! Sans doute y aurait-il de quoi faire avec le secret du domestique Marco, par exemple – pour s'en tenir à un élément introduit ici ; ou avec la momie martienne révélée dans le premier tome par Camille Flammarion ! J'en oublie...

 

Vraiment, vraiment dommage que ça s'arrête là, donc... Mais en l'état, la série, quand bien même trop courte, constitue donc un divertissement de choix, à même de ravir les amateurs de proto-science-fiction comme de comics de super-héros.

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