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CR Imperium : la Maison Ptolémée (08)

Publié le par Nébal

CR Imperium : la Maison Ptolémée (08)

Huitième séance de la chronique d’Imperium.

 

Vous trouverez les éléments concernant la Maison Ptolémée ici, et le compte rendu de la première séance . La séance précédente se trouve ici.

 

Tous les joueurs étaient présents : le jeune siridar-baron Ipuwer, sa sœur aînée Németh, le Conseiller Mentat Hanibast Set, l’Assassin (Maître sous couverture de Troubadour) Bermyl, ainsi que le Docteur Suk, Vat Aills.

 

Vat Aills se trouve à Cair-el-Muluk, où il continue de travailler sur les documents récupérés sur le marché franc de Khepri. Il flaire une piste, mais qui ne débouche pas pour le moment sur des noms concrets, il faut creuser davantage ; il remarque cependant, à l’occasion, tout un luxe de précautions, que ne semblent pas justifier les cargaisons en cause… Il fait son rapport à Hanibast (actuellement auprès d’Ipuwer, sur le Continent Interdit), puis s’entretient avec Bermyl (lequel se trouve à Heliopolis) ; l’Assassin pourrait bénéficier des connaissances du Docteur Suk, dans la mesure où il poursuit la piste du trafic d’organes ; il compte infiltrer la Maison Mineure Nahab, en se faisant passer pour un client potentiel ; les deux hommes envisagent la possibilité d’infiltrer également Vat, mais abandonnent bien vite cette idée : le Docteur Suk est en tant que tel bien trop facile à identifier… Vat se rend cependant à Heliopolis, accompagné de son serviteur Armin Modarai – Bermyl et lui conviennent d’un protocole pour se retrouver sans trop éveiller la suspicion.

 

Bermyl continue donc de fureter du côté des Nahab. Il ne s’y prend pas forcément au mieux, toutefois, perd du temps avant de trouver à s’adresser aux bonnes personnes, mais sa couverture tient le choc… Il obtient, pour bientôt, un rendez-vous avec la mystérieuse Akela (dont lui avait parlé Si-Mouth lors de son interrogatoire), mais comprend que le délai avant d’accéder à la trafiquante s’explique sans doute par une surveillance accrue le concernant, et agit en conséquence – il devient dès lors risqué d’interagir avec les « officiels » de la Maison Ptolémée, aussi se replie-t-il sur un hôtel relativement rupin, où il prépare sa rencontre avec Vat Aills, en mettant l’accent sur la discrétion.

 

Németh est toujours à Nar-el-Abid ; après s’être entretenue avec sa mère, Dame Loredana, retirée auprès de ses sœurs du Bene Gesserit, elle va voir la Révérende-Mère Quibailah Amari, vieille femme loquace et active – qui se méfie un peu de la jeune femme, depuis longtemps, tout en ayant bien conscience qu’elle est quelque peu rentrée dans le rang et que son statut de première conseillère de son frère Ipuwer a sans doute changé la donne sur bien des points (et notamment son rapport, autrefois tendu, au Bene Gesserit ?). Németh ne connaît pas la « cuisine interne » de l’ordre (et notamment de la Missionaria Protectiva), mais elle subodore une action essentielle du Bene Gesserit en matière religieuse (et se montre même relativement paranoïaque à cet égard…). La conversation porte notamment sur l’identification de Németh à Isis ; la Révérende-Mère, narquoise, lui demande si ça ne lui plait pas, au fond… Quant à savoir si tout doit être imbriqué dans un « grand complot », c’est encore autre chose… Quibailah Amari questionne par ailleurs la dévotion de Németh, parfois douteuse par le passé… Elle veut bien, cependant (au moins à titre personnel), venir en aide à la Maison Ptolémée dans cette affaire – en s’étonnant ouvertement que les services de renseignement de la Maison ne se soient pas davantage intéressés aux rumeurs concernant le retour des morts (et pas seulement de Namerta) à Cair-el-Muluk, et à ceux qui les propagent ; elle avance qu’il pourrait être intéressant de s’entretenir, le cas échéant, avec un de ces morts censément revenus, ou du moins sa famille et son entourage : elle évoque ainsi « le Vieux Radames », qui avait la réputation d’être un sage de son vivant (du moins dans son environnement local, ce n’était en rien une personnalité de Gebnout IV), et qui, dit-on, le serait plus encore depuis sa résurrection… Quibailah Amari ne dit rien concernant ses sources, mais elle n’exclut pas d’aider à nouveau Németh et la Maison Ptolémée dans cette affaire, dès lors que leurs arrangements pourraient être mutuellement profitables…

 

Ipuwer, décidément, se plait bien dans cette expédition loin de Cair-el-Muluk et de ses obligations de siridar… Dans l’immédiat, il a par ailleurs une tâche importante à accomplir : assisté par son Conseiller Mentat Hanibast Set, il prend personnellement en charge l’interrogatoire de Taa – la mystérieuse femme entre deux âges qu’il a rencontrée au retour de sa partie de chasse. Il examine au passage l’arme qu’avait laissé tomber l’inconnue : c’est un sabre de facture ancienne, avec sans doute quelque chose d’ostentatoire avant tout – ce n’est pas une chose très utile au combat… L’interrogatoire est ambigu, sans doute à certains égard parce que Taa manque étrangement d’informations à confier, ne sachant finalement même pas ce qu’il en est des origines de son propre ordre, voire de son fonctionnement : elle le répète à plusieurs reprises, au fil des siècles, le secret est devenu sa propre justification… Et c’est bien ce qui la met mal à l’aise : elle sait qu’elle aurait dû faire connaître la présence de l’ordre à la Maison Ptolémée ou au clergé du Culte officiel, à l’occasion des étranges événements qui se sont produits environ deux ans plus tôt… mais n’avait pu s’y résoudre. Elle explique que son ordre est composé de cinquante femmes, ni plus ni moins (les rangs, le cas échéant, sont complétés dans la plus grande discrétion en enlevant des jeunes femmes dans les plus retirés des villages fluviaux – ce qui n’inquiète pas outre-mesure sur place, cela n’arrive que rarement et personne n’a jamais établi de lien entre ces divers crimes, vite relégués dans la catégorie des inévitables faits-divers –, et en les fanatisant par la suite pour qu’elles oublient toute considération ne relevant pas de leur mission d’entretien du Mausolée des Ptolémée et de nettoyage périodique de la baie où s’entassent les bateaux des morts). Or, il y a deux ans de cela, elle n’a pu que constater que son ordre ne pouvait faire le poids face aux « profanateurs »… Elle parle d’une troupe bien coordonnée de 500 femmes au moins – et c’est bien pourquoi elle n’a pas ordonné d’assaut, ce qui aurait été un suicide inutile… Gênée, elle avoue par ailleurs avoir été décontenancée, voire effrayée, par un élément étrange : ces 500 femmes se ressemblaient toutes… Hanibast Set ne lui soumet pas le portrait-robot de Druhr, afin de ne pas l’influencer, mais la description que livre spontanément Taa colle parfaitement. Ces inconnues se sont donc livrées à une importante activité dans la baie – elles ont complètement vidé un bateau des morts, un de ces grands cargos réservés aux plus pauvres des défunts ; elles se sont donc également rendues au Mausolée, mais n’ont pillé qu’une seule tombe – celle de Namerta (mais cela, Taa et ses sœurs ne s’en sont rendu compte qu’après leur départ, le Mausolée leur étant auparavant inaccessible). Taa explique en outre que la troupe était arrivée, par ornithoptères, de l’ouest, et y a disparu à nouveau une fois sa tâche achevée… Elle confesse cependant avoir croisé d’autres personnes sur cette terre censément interdite, notamment ces dernières années (ce qui l’inquiétait, même si elle n’a donc pas pris l’initiative de se « révéler »…) ; Ipuwer et Hanibast comprennent bientôt qu’elle parle cette fois des Atonistes de la Terre Pure, dans leur Pèlerinage Perpétuel… Ipuwer dit que les choses vont désormais changer, mais ne se montre pas défavorable, ou encore moins hostile, à ce que Taa et ses sœurs ont fait (ou n’ont pas fait…), quand bien même celle-ci est dévorée par la honte et le sentiment d’échec ; il suppose néanmoins que les historiens et les clercs de Gebnout IV ne manqueront pas de s’intéresser à leur communauté secrète… Mais Hanibast lui suggère de ne rien en dire pour le moment, et le siridar-baron approuve. Sur place, ils comptent cependant en apprendre davantage – questionnant déjà Taa sur une éventuelle sœur plus âgée, qui pourrait servir de « mémoire » à l’ordre… mais Taa revient à nouveau à cette constante : le secret de l’ordre est devenu au fil des siècles sa propre justification, et, au fond, personne ici ne sait rien de l’histoire de leur petite communauté… Hanibast, fort de ces nouveaux éléments, décide de rentrer à Cair-el-Muluk – après avoir visité l’abri souterrain des sœurs, d’une grande discrétion, où elles abritent en outre leurs engins de chantier servant à l’entretient de la baie (c’est le genre d’endroit que l’on ne peut trouver que si l’on sait un minimum ce que l’on cherche). Il envisage d’interroger à nouveau les Atonistes de la Terre Pure, et notamment Thema Tena, par exemple quant à l’existence, encore maintenant, d’un contingent caché en plein cœur du Continent Interdit (les données satellites de la Guilde pouvant là encore se montrer fort utiles). Le Conseiller Mentat, par ailleurs, comprend très bien, dès lors, que la recherche de Druhr n’a plus vraiment de sens, et qu’on ne la coincera pas à l’astroport… Ipuwer en est bien conscient lui aussi. Hanibast envoie un rapport à Németh, et un autre à destination de Bermyl à Heliopolis (mais celui-ci n’y a pas accès pour le moment, puisque sa couverture actuelle lui interdit d’avoir des contacts avec des « officiels » de la Maison Ptolémée), et rentre au palais.

 

Bermyl et Vat avaient convenu d’un point de ralliement secret, à tout hasard (l’hôtel où loge Bermyl étant très probablement surveillé, du moins dans l’immédiat), et se décident pour une petite gargote que l’Assassin connaît bien et sait fiable. Tous deux s’entretiennent sur la stratégie à adopter face aux Nahab – Bermyl cherchant notamment à savoir ce qu’il pourrait demander au juste de manière crédible… a fortiori en prenant en compte le « trouble » exprimé par Si-Mouth à l’idée d’un trafic de cadavres ou du moins d’organes. L’idée est que l’Assassin se fasse passer pour un riche bourgeois de Nar-el-Abid, désireux de trouver à n’importe quel prix un organe à greffer sur son fils malade (ils se décident pour des yeux ; ils envisagent un moment de faire passer Armin Modarai pour le fils de Bermyl, et donc de le faire passer pour aveugle, mais laissent finalement tomber cette idée un peu trop tordue : Bermyl entend garder les coudées franches… Armin Modarai, le cas échéant, pourrait simplement passer pour un domestique). L’Assassin, par ailleurs, exprime ses doutes : peut-être la trop grande focalisation sur le trafic d’organes risque-t-elle en fait de les empêcher d’accéder aux informations les plus essentielles… Quoi qu’il en soit, le Docteur Suk lui apprend tout ce dont il a besoin pour se montrer convaincant en la matière.

 

Németh cherche des informations éventuelles sur le Vieux Radames à Nar-el-Abid, mais ne trouve rien dans les bibliothèques, et suppose qu’il en ira de même à Cair-el-Muluk : le personnage n’a probablement rien d’un « notable », en effet. Cela relève sans doute des services de Bermyl – Németh lui envoie donc une note à ce sujet (qu’il ne peut pas consulter dans l’immédiat), et rentre au palais (elle y arrive en même temps qu’Hanibast – qui envisage cependant de se rendre au plus tôt à Heliopolis, pour s’entretenir avec Thema Tena et ses Atonistes des découvertes effectuées sur le Continent Interdit).

 

Ipuwer reste un peu plus longtemps sur le Continent Interdit, au moins un jour de plus. Il se partage entre ses fonctions officielles (l’organisation des troupes sur place, notamment)… et ses pulsions irrépressibles qui l’incitent à chercher de la « chair fraiche » parmi les sœurs – mais celles-ci sont toutes tétanisées, voire terrifiées, par sa seule présence, ce qui ne lui facilite pas vraiment la tâche… Il a envisagé de ramener Taa avec lui à Cair-el-Muluk, mais suppose qu’il vaut mieux rester discret à cet égard. Il visite cependant longuement l’abri des sœurs, en s’échinant à donner la meilleure image, jouant sur sa supériorité naturelle (mais bienveillante et rassurante le cas échéant) et sur leur fanatisme. Taa accepte, quand bien même gênée et honteuse, de servir d’ « interface » entre le siridar et ses sœurs : elle sait que sa mission a nécessairement changé… Ipuwer fait aussi en sorte que les soldats qui l’ont accompagné prennent à leur charge l’interrogatoire des autres sœurs, mais ils ne se montrent guère compétents pour cela, d'autant que les instructions du siridar-baron n'étaient pas des plus claires...

 

Bermyl a bien soigné sa couverture, sous tous ses aspects, et se rend donc seul à son rendez-vous avec Akela (sans micro non plus, au cas où – on peut de toute façon supposer que son entretien sera protégé par un cône de silence). Akela est une femme dans la cinquantaine, le teint basané, qui l’accueille avec un grand sourire commercial, se montrant particulièrement affable et désireuse de se rendre utile. Elle laisse entendre, mais sans forcer le trait ni « dire les choses » à proprement parler, que l’organe devra être « prélevé à la source »… et qu’il faudra donc tuer quelqu’un. Bermyl le comprend bien, mais n’a aucun scrupule d’ordre éthique à cet égard (pas plus lui-même que sa couverture, d’ailleurs). Elle lui dit en outre que « son fils » devra disparaître quelque temps… Une fois qu’ils se sont mis d’accord sur ces préliminaires, elle se montre très commerçante et serviable, l’interrogeant sur la couleur désirée des yeux (bruns clair, noisette), ce genre de choses (et demandant aussi une photo de « son fils » à Bermyl – qui n’en a pas sur lui… mais pourra lui en fournir une le lendemain). Ils conviennent ainsi d’un nouveau rendez-vous, Bermyl cherchant même à attirer Akela à son hôtel… mais celle-ci refuse bien entendu, tout sourire : ce sera au client de revenir chez elle…

 

Németh, à Cair-el-Muluk, poursuit ses recherches sur le Veux Radames dans les documents dont dispose la bibliothèque du palais ; elle ne trouve guère qu’une nécrologie, confirmant que le Vieux Radames était mort il y a un peu plus de deux ans, et que son corps avait entrepris le rituel de la Grande Fête d’Osiris à bord d’un gros bateau des morts, de ceux destinés aux plus pauvres – le vieillard ne laissait qu’une fille derrière lui, du nom de Ta-ei. Elle retrouve Hanibast, et fait le point avec lui, évoquant notamment les suggestions de Quibailah Amari – elle est convaincue que l’avis du Bene Gesserit doit être pris en considération, et engage Hanibast à travailler dans ce sens, avec Bermyl probablement (une enquête sur le terrain est bien davantage dans les attributions du Maître-Assassin). Le Conseiller Mentat récapitule les éléments acquis. Il sait que Namerta était relativement populaire – et, comme souvent, qu’il l’est probablement plus encore depuis son décès (l’incompétence notoire de son successeur Ipuwer en rajoutant une couche)… Le Conseiller Mentat comprend dès lors l’intérêt de le « ressusciter », ou du moins de propager des rumeurs dans ce sens ; mais pourquoi ramener à la vie des individus aussi insignifiants que le Vieux Radames dont parle le Bene Gesserit ? Et comment l’ordre est-il au courant, d’ailleurs ? Il manque d’éléments pour livrer une réflexion sûre à cet égard, mais effectue néanmoins une intégration cognitive : il en déduit que le retour d’inconnus ne relève pas totalement du hasard – si les individus en eux-mêmes sont de peu d’importance, l’effet de masse a sans doute eu pour objectif de préparer le retour de Namerta (les Ptolémée ont eu vent de toutes ces rumeurs dans un laps de temps assez court, mais cela ne signifie pas que tout s’est produit absolument en même temps – en y réfléchissant, c’est même probablement tout le contraire)… Németh ordonne aux services secrets de Bermyl (ou Kibuz…) d’enquêter sur le Vieux Radames et sur d’autres cas similaires : il s’agit maintenant, autant que de désigner nommément des individus « ressuscités », de déterminer l’ordre de grandeur du phénomène, et de le dater ; enfin, il faut trouver qui a commencé à propager ces rumeurs…

 

À suivre…

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