Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

CR L'Appel de Cthulhu : Arkham Connection (06)

Publié le par Nébal

CR L'Appel de Cthulhu : Arkham Connection (06)

Sixième séance de la campagne de L’Appel de Cthulhu maîtrisée par Cervooo. Vous trouverez les premiers comptes rendus ici, et la séance précédente .

 

Tous les joueurs étaient présents : le bootlegger Clive, l’homme de main Johnny « La Brique », la flingueuse Moira (absente cependant en fin de partie), le perceur de coffres Patrick, et ma « Classy » Tess, maître-chanteuse.

 

O’Bannion, tout sourire jusqu’alors, se fait soudain plus solennel, et, avant de nous inviter à nous asseoir avec lui, tape du poing sur le comptoir du Paddy’s pour attirer l’attention : il dit qu’il règlera personnelement toutes les dépenses de soin des victimes, et oubliera par ailleurs leurs éventuelles dettes mineures (en plus d’autres petits gestes : par exemple, il fait engager Dee, une proche des victimes, par Dennis, le patron du Paddy’s). Il joue de la fierté irlandaise, dans un discours très politicien, magnétique par ailleurs, néanmoins sincère a priori. Il explique qu’il va voir Potrello en terrain neutre dès ce soir pour obtenir les noms des responsables, mais qu’il n’a certainement pas l’intention de déclarer la guerre – ce qui serait stupide ; par contre, il entend bien doubler les « patrouilles » comme les « guetteurs », et ne cache pas qu’il se méfie globalement des « tronches de lasagnes » ; d’où cette ligne de conduite globale : si un Rital nous provoque, on l’envoie à l’hosto ; si un Rital nous agresse, on le fume. Pour ce qui est des responsables, c’est encore autre chose – et il sort de sa poche un as de trèfle…

 

Il nous invite ensuite à nous attabler avec lui. Il doit commencer par la « discipline », et s’adresse à Patrick : il apprécie son sang chaud, alors, malgré son incartade EN PUBLIC (il insiste plusieurs fois) contre son bras droit, il ne va pas le punir (en public ?). « C’était ton joker, tu ne l’as plus… » Il nous dit par ailleurs à tous de ne pas user inconsidérément de son nom pour faire pression… Il se tourne alors vers moi, observant ma joue rougie par la gifle de Big Eddie, et me demande quel est mon péché mignon ; je suis un peu interloquée, mais finis par dire que j’apprécie un bon champagne… Big Eddie m’en enverra une caisse en guise d’excuses. Mais, quant à son bras droit, il précise que, tant qu’il ne trouve pas mieux, on fera avec… Patrick lui demande si cela va au point de laisser le gorille partir en croisade ; mais O’Bannion répond que non, et qu’il va lui expliquer certaines choses. Par ailleurs, il précise que, s’il avait été là, il lui aurait broyé la main pour m’avoir giflée… La question de la discipline étant réglée, il passe à nos différentes missions. Il nous félicite pour notre « belle prise » en alcool, tout en regrettant que le bateau ait disparu… Qu’en est-il du tueur à l’as de pique ? Il remarque que nous l’avons croisé plusieurs fois… et insiste : à ce qu’on lui a dit, ça saigne, donc ça se tue. Il note par ailleurs qu’il s’en prend autant aux Irlandais qu’aux Italiens – ce qui, pour lui, « sent le troisième joueur »… Mais c’est surtout Templesmith qui l’intéresse ; je lui dis que ça avance – lentement, mais ça avance : j’ai fouiné dans son passé, activé mes réseaux, fait du repérage du côté de sa résidence… Il insiste : il ne veut pas qu’on le blesse, mais veut tout savoir sur lui. Clive le rassure à ce sujet, et O’Bannion lui donne une tape amicale dans le dos… avant de lui demander comment ça se passe avec les fils de Mama ; Clive lui répond que l’un d’entre eux n’est pas éduqué et n’a pas de valeurs… O’Bannion lui rappelle qu’il a fait une promesse à Mama, qui est morte pour lui ; il entend rester relativement neutre, mais relève que Clive a braqué Franklin… C’est à eux de gérer ça. Puis O’Bannion s’en va en voiture – il ne reste plus grand monde au Paddy’s, même si les traces de l’assaut ne manquent pas…

 

Nous sommes en début de soirée. Je dis à Clive ce que j’ai repéré à la résidence Templesmith, où il envisage de se rendre à son tour. « La Brique », blessé, va au Paradis des Toutous, pour y être soigné par le vétérinaire, Baker, qui stérilise sa plaie par balle. J’ai moi aussi besoin de soins, mais préfère me rendre auprès de Lewis Garden, un étudiant en médecine à l’Université Miskatonic – le gardien du campus, occupé, ne me voit pas, ce qui m’évite de payer le pot-de-vin habituel ; l’étudiant me soigne et me donne une pommade pour accélérer la guérison.

 

Clive, Moira et Patrick pensent qu’il faut prévenir Irene Connelly, la mère de Bridget, qu’elle est en danger, et se rendent donc chez elle. Mais, à l’extérieur de leur résidence, des voisins se sont rassemblés, très secoués par ce fait-divers atroce : une petite fille qui abat son père… Les voisins se montrent méfiants à leur égard, leur demandent qui ils sont et ce qu’ils veulent ; Clive biaise, et obtient quelques confidences sur le comportement anormal de Bridget ces derniers temps – ils parlent d’insultes, de doigts d’honneur… Quand ils avaient voulu en parler à Irene, elle s’était mise aussitôt à pleurer… La mère de Bridget est maintenant internée à l’asile. Il vaut mieux ne pas s’attarder sur place dans ces conditions…

 

« La Brique » donne un bonus au vétérinaire… mais a tout juste de quoi régler, après ce qu’il a donné à Franklin. Il prend un taxi (du Trèfle – le chauffeur le connaît et lui fait une fleur, comme il ne peut pas payer pour le moment) pour retrouver Franklin à l’hôtel où il l’a installé ; il demande au taxi de l’attendre un instant et se rend au troisième étage… mais remarque en chemin que des résidents sont intrigués par des bruits en provenant. Franklin est en train de tabasser un type au sol ; dans la pièce, une jeune femme métisse l’encourage, et Franklin, à chaque nouveau coup, répète : « Tu ne bats pas les filles ! » La métisse s’en va quand « La Brique » entre dans l’appartement ; ce qui désole Franklin, qui comptait bien se la faire, et gratuitement en plus (le type au sol frappait les femmes de petite vertu comme elle…). Franklin fait les poches de sa victime, et partage avec « La Brique » ; ce dernier lui dit d’en rester là et de laisser le type ; mais Franklin lui dit qu’il a vu son visage, et qu’il est noir… « La Brique » confirme qu’il faut laisser tomber. Il embarque Franklin, et ils tombent sur Trevor, en bas.

 

Pour Clive, ce n’est pas forcément une bonne idée d’aller à l’asile : Irene Connelly doit y être en sécurité, et de toute façon sédatée… Il va se faire soigner à son tour, accompagné de Moira et Patrick – à la ferme des Tulliver où officie le Docteur East (très froid…). En chemin, ils remarquent une sorte de clignement mauve au loin – mais c’est très fugace, et ils n’en savent pas davantage.

 

Je me rends chez Carol et Abbey – la première m’accueille et se montre très chaleureuse ; elle me demande si j’ai fait ce qu’il fallait, et je lui confirme que c’est réglé (mais Abbey savait de toute façon, je le comprends très vite). En plus de Carol et Abbey, il y a une troisième femme de ménage, Coleen. Abbey demande à me parler en privé dès qu’elle me voit – elle n’est pas affolée, mais gênée, avalant sa salive… Je la suis dans la cuisine. Elle a donc appris pour Beekman, et me remercie d’avoir tenu ma promesse – je lui dis que je tiens toujours mes promesses… Mais, à l’évidence, elle culpabilise quant à son sort ; je la rassure, insistant sur le fait qu’elle est innocente, et que l’on commet toutes des bêtises, et lui assure enfin que Beekman était dangereux – il l’avait déjà battue, mais était parti pour faire bien pire encore… Elle me remercie sincèrement. Nous retournons auprès des autres (qui me servent un whisky-tonic !, bien tassé). Coleen a des renseignements pour moi ; elle a une cousine qui bossait pour les Petersen, à Boston, et qui y avait surpris une discussion il y a un an environ de cela, les familles ayant souhaité organiser un rendez-vous galant entre Diane Petersen et Hippolyte Templesmith – qui était encore extrêmement timide à l’époque. Maintenant, toutefois, il sort énormément, fréquentant les endroits les plus classe, toujours présent aux meilleures soirées – par ailleurs, il est notoire qu’il organise chez lui de beaux afters, en petit comité. Dans un autre domaine, Coleen a elle aussi été virée de chez les Newell à cause d’un vol dont elle était innocente, comme Carol ; en fait, elles suspectent Todd Newell d’être responsable de ces divers vols, et de faire ensuite porter le chapeau aux femmes de ménage… Todd, par ailleurs, est homosexuel – elles en ont la certitude, pour avoir entrevu des rencontres prolongées dans la chambre du jeune homme… Son amant est un membre de l’équipe d’athlétisme de l’Université.

 

Trevor rejoint donc « La Brique » et Franklin ; ce dernier est un peu nerveux, mais son frère parfaitement nonchalant. Ils se prennent dans les bras. Franklin demande à Trevor s’il s’est « tapé la Tess », et Trevor répond : « T’es trop con, c’est pas pour ça… » Franklin demande à « La Brique » s’il a du boulot pour eux deux… Mais rien pour le moment. En attendant, Franklin continue de se la jouer racaille, et fait notamment peur au gardien de l’hôtel ; « La Brique » lui dit une fois de plus de se calmer… Puis Trevor lui confie, un peu hésitant, qu’il a cru entendre des bruits dans ma bibliothèque, provenant des livres… « La Brique » se précipite aussitôt chez moi (seul).

 

Clive, Moira et Patrick se rendent dans le quartier extérieur où se trouve la résidence Templesmith. Il y a de la lumière dans toutes les maisons – volets ouverts, fenêtres fermées. Patrick se gare dans un coin tranquille, un peu à l’écart. Clive cherche alors une planque à l’abri des regards pour surveiller la résidence Templesmith… mais le résultat est catastrophique : il tombe pile sur une voiture de police, des flics appelés pour surveiller le coin en raison d’allées et venues suspectes ! Ils sont pris dans la lumière, avec deux flics qui les tiennent en joue et un troisième qui s’avance pour leur parler. Les policiers disent être là pour éviter les tentatives de cambriolage… et réclament un pot-de-vin : 10$ chacun, 15 pour Clive qui fait le malin… Ils payent tous. Les flics les raccompagnent pour s’assurer qu’ils sortent bien du quartier, et notent la plaque d’immatriculation de Patrick.

 

Celui-ci, par ailleurs, est profondément marqué par la vision du gros rat à visage humain ; il se souvient des traces de rongeurs dans la chambre de Bridget et aimerait y retourner… « discrètement ». Clive, pour sa part, préfère ne pas s’en mêler davantage après leur récent échec cuisant ; ses poches sont par ailleurs vides, et il a bien besoin de se remplumer… Ils conviennent d’un rendez-vous demain matin, chez moi. Clive quitte Moira et Patrick, qui restent ensemble et vont manger quelque part.

 

Je demande à mes amies si Templesmith doit se rendre quelque part ce soir ; ce n’est a priori pas le cas, mais il y a demain un gala de charité, pour la rénovation de l’hôpital public, et il est fort probable qu’il s’y trouve avec tout le gratin (le maire, les conseillers municipaux O’Bannion et Potrello…). Je papote un peu avec elles, poliment, puis me prépare à m’en aller. Carol m’accompagne à la sortie, me demande si je peux leur trouver du boulot… Je lui dis que je vais voir ce que je peux faire.

 

Je retourne chez moi, et découvre « La Brique » qui fouille devant ma maison… Il me rapporte ce que Trevor lui a dit à propos des bruits dans la bibliothèque. Je m’empresse d’ouvrir, et « La Brique » se précipite à l’intérieur. Il voit un livre tomber des rayonnages ; il entre prudemment dans la pièce, constate qu’il y a d’autres livres par terre, en désordre ; je le suis, aux aguets. « La Brique » repère des traces de rongeurs, de la crasse, du sang séché derrière les rayonnages, et qui coule plus ou moins en dessous. Il glisse sa main derrière les livres, sent le poids de la tablette ; il me demande si je tiens à mes livres, et oui, beaucoup… Je l’aide à dégager les rayonnages… et ressens une vive douleur à ma main gauche : une morsure de rat… Je décale les livres pour dégager la vue, et nous voyons un gros rat à tête humaine, qui descend aussitôt des étagères et file vers un angle. « La Brique » parvient à le frapper ; la créature émet un couinement, mi rongeur, mi humain… La forme fait brusquement demi-tour, détale vers l’autre côté de la bibliothèque ; on distingue des couinements mêlés de mots dans un langage inconnu (peut-être distingue-t-on le prénom « Kristen » ?). J’essaye de planter le rat, mais échoue… La bestiole sort de la bibliothèque, file dans un angle de la pièce… et disparaît d’un seul coup. « La Brique » confirme que la tablette est toujours là, avec maintenant des traces de rongeurs.

 

Clive s’est rendu dans le « petit Chinatown », en quête d’opium. Il y mange vite fait. Il aimerait embaucher quelqu’un pour surveiller la résidence Templesmith, mais ce n’est pas vraiment l’endroit – peut-être devrait-il dénicher un adolescent volontaire au Paddy’s ou au Art’s Billard ? Dans l’immédiat, il reconnaît Seth, un métis « chinois », installé devant une boutique de tatouages – c’est un de ses fournisseurs. Il lui dit qu’il a besoin de se remplumer, évoque ses soucis avec les flics… ce qui fait un peu flipper Seth, mais Clive le rassure aussitôt. Seth lui parle quand même des soucis des Irlandais… Clive biaise, et lui demande s’il y a eu des assassinats dans la communauté chinoise ; l’autre répond qu’il est bien curieux, et que ce ne sont pas ses affaires : il n’a rien à lui raconter. Mais se montre d’autant plus soupçonneux… Clive n’insiste pas. Seth lui fournit de l’opium, après une négociation guère profitable… Clive se consacre dès lors à son trafic (et manque de peu de se faire choper par l’incorruptible Harrigan, dans une zone surveillée qu’il ne pourra donc plus utiliser pendant un moment).

 

Patrick et Moira se rendent chez les Connelly. Ils se garent à une bonne distance. Mais ils ne se montrent pas du tout discrets, et sont pris en flagrant-délit par des voisins quand Patrick fait la courte-échelle à Moira… Ils essayent alors de baratiner, mais, dans leur situation, ne se montrent pas plus convaincants… Un des hommes dehors appelle sa femme, lui dit de prévenir les flics, et les deux hommes se rapprochent des malfaiteurs… Patrick dégaine alors son arme et les braque : « Fini de rigoler ! » Les deux hommes reculent lentement… et Patrick mentionne O’Bannion ; un des deux hommes comprend ce que ça signifie, mais l’autre est perplexe (« O’Bannion ? Le conseiller municipal ? »). Patrick en rajoute, menaçant de faire sauter leur baraque si les flics font chier… Les deux hommes s’éloignent, intimidés… et Patrick et Moira reprennent là où ils en étaient. Patrick parvient à crocheter la porte de la maison des Connelly, et tous deux pénètrent à l’intérieur. Patrick retourne dans la chambre de Bridget ; les traces de rats sont toujours là, mais les lèvres mutilées ont disparu. Il glisse la main dans le trou de souris qu’il avait repéré lors de sa précédente visite, mais il n’y a rien… Ils fouillent les autres pièces, notamment en quête de semblables trous ; ils en repèrent un, similaire, dans le bureau où est mort le père de Bridget, mais sans plus de résultats. Patrick revient alors dans la chambre de Bridget. Sa fouille minutieuse lui permet de dénicher des dessins de la fillette, bien cachés ; on y voit des gens du voisinage, mais qu’elle imagine dépecés, brûlés vifs, ce genre de choses ; c’est d’une cruauté joyeuse, il y a tout autour des visages souriants ; sur un des dessins, on reconnaît clairement Bridget, joviale, avec Mortimer sur son épaule… De son côté, Moira n’a pour l’heure trouvé qu’un emballage de bonbon ; elle cherche un ustensile pour soulever les lattes du parquet aux abords du trou de souris, mais ça ne donne rien de plus. Ils entendent alors toquer à la porte : « Police ! » Puis : « Patrick, Moira, arrêtez vos conneries… » Ce sont des flics, « de la maison », mais qui ne les laisseront pas poursuivre pour autant, bien au contraire : « Vous avez gagné une nuit en taule. Vous en causerez avec votre ʺconseiller municipalʺ… » Patrick essaye de baratiner, parle même de « dératisation », mais les flics ne l’écoutent pas… Moira – qui s’était emparée des dessins de Bridget et les avait glissés dans son sac – se laisse faire, Patrick aussi, mais il heurte « malencontreusement » le toit de la voiture de police quand on le pousse à l’intérieur. Bis : « Oh ! Pardon… Tu en causeras à ton ʺconseiller municipalʺ… » Tous deux passent le reste de la nuit dans une cellule pourrie, aux côtés d’ivrognes et d’une prostituée…

 

Chez moi, « La Brique » et moi fouillons les angles et derrière les rayonnages, sans rien trouver de spécial ; un livre « d’occultisme » (ou du moins consacré à des mythes et légendes), a visiblement été parcouru, des empreintes montrent que les pages ont été tournées… Nous rangeons la pierre dans mon petit coffre-fort, et envisageons de nous procurer de la mort aux rats le lendemain. Nous mangeons, en nous demandant ce que nous ferons d’autre par la suite… J’hésitais à retourner du côté de chez Templesmith, mais crains de me griller pour le gala du lendemain, où j’envisage de me rendre, et décide donc de m’abstenir… Trevor arrive chez moi. Il flippe pour Todd Newell – il ne lui reste plus que deux jours pour l’admission à l’Université… Faut-il qu’il s’en occupe lui-même ? Je lui dis que non, je m’en charge – il vaut mieux éviter de l’impliquer davantage…

 

Clive rentre chez lui, au Guardian’s ; il remarque au rez-de-chaussée qu’une pétition a été lancée par des résidents, visant à exclure de l’immeuble les Afro-américains… Il parle brièvement au concierge, puis va se reposer. Demain, il prendre sa voiture pour se rendre chez moi (puisque celle de Patrick est compromise ; il faudrait peut-être voler une plaque pour cette dernière, ou trouver autrement à la maquiller).

 

« La Brique » reste chez moi à surveiller la pierre (il veut passer d’abord chercher Franklin pour l’assister, mais ce dernier préfère ne pas mettre les pieds chez moi), tandis que je me rends au Art’s Billard, dans l’idée d’en apprendre davantage sur Todd Newell. L’endroit est assez bondé – des jeunes gens, souvent copine sous le bras, qui discutent politique, etc. Je cherche un endroit où seraient exposées des coupes, des coupures de journaux sur la vie sportive du campus… Et j’ai beaucoup de chance : non seulement je peux trouver une photo de groupe récente où apparaît Todd Newell, mais je me rends compte qu’il est ici, dans une alcôve plus ou moins « VIP », avec trois garçons et trois filles, d’allure très BCBG ! Ils discutent notamment de sa dernière médaille, avec emphase… Je lui adresse quelques sourires et clins d’œil, mais il ne me prête pas attention. J’attends qu’il soit seul… Vers minuit moins le quart, les employés commencent à faire sortir les clients. Todd Newell fait partie des derniers à rester ; je sors et guette son passage. Je l’accoste enfin, disant que je veux lui parler en privé, en laissant passer des allusions qui l’incitent à demander à sa « copine » d’attendre un peu plus loin ; celle-ci s’énerve, me voyant plus ou moins en rivale quand bien même plus âgée, et trouvant le comportement de son compagnon bien cavalier… Il s’énerve et se montre bien vite insultant, lui ordonnant de se casser, en rajoutant pour la peine qu’elle est de toute façon un mauvais coup… Elle s’en va, outrée et peinée. Je dis alors à Newell que je connais bien ses activités les plus douteuses : les vols dont il fait porter le chapeau aux femmes de ménage (plusieurs fois ; je lui dis que je n’en ai absolument rien à faire qu’il vole son père, mais que je ne veux pas que d’autres payent pour ce qu’il fait), et je lui ordonne aussi d’arrêter de chercher des noises à Trevor. Il est furieux, et me demande qui m’a appris tout ça ; je lui réponds qu’il n’a aucune idée du nombre de gens qui ne peuvent pas le blairer, et ça le calme un peu… Je lui fais clairement peur ; au moment où il commence à se montrer menaçant, je lui dis en outre que je le sais homosexuel, et pourrais le prouver le cas échéant ; il me dit, haineux, qu’il n’est pas n’importe qui, que son père le défendra, mais je lui démontre que son père ne fera rien pour lui si ces accusations venaient à être connues – et, sans en dire davantage, je lui laisse comprendre que j’ai moi aussi dans mes contacts des gens « qui ne sont pas n’importe qui », qu’il n’a surtout pas envie de rencontrer, et qui n’auraient aucun problème de conscience à m’appuyer si jamais. Effrayé et honteux, il me jure enfin qu’il arrêtera « de faire chier le nègre » ainsi que les femmes de ménage employées par sa famille ; je lui souhaite une bonne nuit… Je le vois s’installer dans sa voiture et sangloter au volant ; je fais un tour du pâté de maisons puis rentre chez moi.

 

J’y retrouve « La Brique »… qui s’est endormi et effondré sur une table basse, cassant mon service en porcelaine. Je le réveille, je ne suis pas contente… Je lui demande d’abord de payer, mais il met en avant qu’il m’a rendu un service, et nous convenons tacitement de nous en tenir là. J’ouvre le coffre, à tout hasard : la pierre s’y trouve toujours. Je prends mon tour de garde …

 

Clive, chez lui, entend le bruit de sa porte d’appartement qui s’ouvre… Il s’approche discrètement, repère des bruits de pas légers qui s’en vont dans le couloir ; sa porte a bel et bien été crochetée. Il vérifie que rien n’a été volé, et tombe sur un papier portant l’inscription « cado », avec une cartouche de fusil à pompe dessus…

 

Patrick et Moira sortent de cellule au matin. Big Eddie est là, qui serre la main aux flics… Il arrête Patrick quand il sort, et se montre très menaçant quoique sibyllin : « Qu’est-ce qu’on fait aux traîtres, au pays, déjà ? » Patrick lui dit sèchement qu’ils en parleront plus tard… Moira lui fait signe de la boucler. Ils quittent le commissariat après qu’on leur a remis leurs affaires, et que Big Eddie leur a parlé du gala auquel va assister Templesmith ce soir : O’Bannion veut qu’on fouille sa maison pendant son absence ; et Big Eddie n’en a rien à foutre si certains d’entre nous ont été grillés…

 

Clive, chez lui, veut renforcer sa porte, et tout de suite ! Avec notamment une serrure complexe – il compte en outre se procurer un chien de garde (un berger allemand, qu’il appellera Killer)… « La Brique » est sorti de chez moi pour se procurer du poison et des pièges à rats (trois – ou quatre ? Un dans le coffre, les autres dans les angles) ; il croise Clive devant une animalerie, qui lui demande qui était chez moi, et où était Franklin ; il lui dit qu’il a reçu une menace (sans montrer la cartouche), et qu’il pense que ça vient du jeune Noir… « La Brique » l’a-t-il armé ? Oui, avec notamment un fusil à pompe… Clive s’en va, tandis que « La Brique » passe chez lui ; il remarque la pétition mais s’en moque complètement ; Franklin est dans son appartement, il le réveille, et lui demande de lui montrer son fusil et ses cartouches…

 

Tous me rejoignent chez moi, au fur et à mesure, dans la matinée (Moira, très éprouvée, arrivera plus tard – elle m’avait cependant envoyé un coursier pour nous expliquer les ordres concernant Templesmith). Patrick arrive le premier, vers 11h, bien reposé (il était repassé chez lui après être sorti de cellule). Trevor est également là, et je lui dis que son problème est réglé. « La Brique » arrive ensuite, avec Franklin cette fois (qui parle avec son frère). Clive arrive à son tour. « La Brique », d’emblée, dit à Clive et Franklin d’arrêter leurs chamailleries à la con, et qu’il ne veut pas travailler avec des gens prêts à se tirer une balle dans le dos. Je leur dis qu’on a du boulot, et déjà assez compliqué comme ça… Clive dit que c’est bien le problème : il n’a pas confiance – et « La Brique » n’a pas à le menacer. Trevor reste stoïque, mais exhibe parfois un petit sourire (qui m’inquiète…). « La Brique » ne compte pas épiloguer, il a dit ce qu’il avait à dire. Clive semble clairement sur le départ. Nous essayons tant bien que mal de l’en dissuader. Je lui dis qu’il ne peut pas se permettre le luxe de quitter le groupe, et de contrevenir ainsi aux instructions d’O’Bannion, qui lui demandera des comptes… Mais il ne veut décidément pas bosser avec Franklin (et Trevor aussi, du coup). Patrick lui glisse discrètement qu’il ne les apprécie pas davantage, mais qu’il faut faire avec pour le moment. Franklin envisage de calmer le jeu si Clive retire ce qu’il a dit sur sa mère… mais Trevor remet de l’huile sur le feu : « S’il flingue mon frère, je le flingue… » Clive s’en va en claquant la porte, l’ambiance est on ne peut plus pesante… Patrick le suit rapidement, pour l’intercepter avant qu’il ne monte dans sa voiture – son départ le plonge dans l’embarras… À l’intérieur, « La Brique » et moi essayons de faire la part des choses, et disposons les pièges et la mort aux rats – outre la gêne quant au départ de Clive, nous sommes tous les deux un peu étonnés par l’attitude de Trevor… C’est alors que Moira nous rejoint (qui croise Clive et Patrick en pleine discussion dehors). On lui explique la situation…

 

Que faire ? Au départ, je comptais me rendre au gala auquel va assister Templesmith (pour l’approcher « socialement », et faire une diversion le cas échéant), mais les instructions semblent claires, il vaut visiblement mieux que je vienne avec les autres pour visiter sa maison en son absence… Il y aura cependant des gardes dans la demeure (au-delà de la seule guérite repérée par Clive), sans même parler des oies, que je suppose cependant être cantonnées près de l’entrée, et donc contournables. Trevor nous confirme que ce sont de très bons animaux de garde, y compris la nuit… J’en profite, n’y tenant plus : je veux parler à Trevor en privé de ce qui s’est passé, et lui dis que j’ai l’impression qu’il me paye bien mal des services que je lui ai rendus… Il me répond qu’il s’est engagé à protéger son frère, c’est tout… Et ses menaces sont plus ou moins réelles – mais je lui dis qu’il ne vaut mieux pas en faire si on n’est pas prêt à aller jusqu’au bout, surtout dans notre milieu… Il me dit qu’il comprend bien son intérêt – et je lui glisse que, de sa part, j’apprécierais que ce ne soit pas qu’une question d’intérêt…

 

Patrick et Clive reviennent enfin. Franklin est un brin méfiant, Trevor toujours stoïque… « La Brique » serre la main à Clive ; puis il dit à Franklin et Trevor qu’il n’a pas de travail à leur confier pour le moment, et qu’ils peuvent disposer. Franklin hésite, mais, au passage, tend enfin une main franche à Clive, qui la serre mollement…

 

Que faire avant de nous rendre chez Templesmith ? Nous faisons le tour des pistes. La quête d’informations concernant Mike Sargent et le mystérieux « 6X » nous conduirait à Innsmouth, mais nous n’avons clairement pas le temps de nous y rendre (d’autant que nous n’avons pas idée du temps qu’il nous faudra passer sur place). Pour ce qui est de l’entourage de Templesmith, j’ai deux adresses à creuser, celles de ses parents et des Petersen, mais les deux sont à Boston – même problème, du coup. Restent les livres : il pourrait être intéressant d’identifier l’étudiant du nom de Mortimer, et d’en apprendre davantage sur le mathématicien et astronome Andrew Stuart, mais comment ? Stanley, à la Bibliothèque, s’occupe déjà du livre que je lui ai confié, et je ne dispose pas de contacts infinis là-bas – d’autant que déléguer, en l’espèce, pourrait s’avérer plus ou moins efficace. On envisage de demander à Trevor de se renseigner, mais on abandonne cette idée – tout récemment inscrit, il vaut mieux que le jeune Noir ne fasse pas de vagues… Clive dit à Patrick de changer ou maquiller sa plaque d’immatriculation, et on reste là pour le moment…

 

(Une note cependant, une précision concernant la porte donnant dans le vide à la demeure de Templesmith : la porte a bien été refaite, pour en faire une authentique œuvre d’art, mais, avant, elle était déjà là ; seulement, elle ne donnait pas dans le vide, mais sur une partie du bâtiment qui s’est écroulée.)

 

À suivre…

Commenter cet article