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CR L'Appel de Cthulhu : Arkham Connection (20)

Publié le par Nébal

CR L'Appel de Cthulhu : Arkham Connection (20)

Vingtième séance de la campagne de L’Appel de Cthulhu maîtrisée par Cervooo, dans la pègre irlandaise d’Arkham. Vous trouverez les premiers comptes rendus ici, et la séance précédente .

 

Les joueurs incarnant Michael Bosworth (ainsi que Clive Donnelly dans le « spin-off », pas joué cette fois) et Leah McNamara étaient absents. Les PJ présents étaient donc Dwayne, l’avocat Chris Botti, et ma « Classy » Tess McClure, maître-chanteuse.

 

[Dwayne : Danny O’Bannion, Dr East/Herbert West] Nous avons choisi de profiter d’une bonne nuit de sommeil, et nous réveillons à la ferme de Danny O’Bannion vers 8 ou 9h du matin. Dwayne a lavé la voiture que lui avait laissé le Dr East en échange de la sienne – en la nettoyant, il a repéré dans l’espace au-dessus du pneu arrière-droit une petite planque avec une paroi coulissante : à l’intérieur se trouve une seringue vide ; l’espace pourrait en contenir deux ou trois, éventuellement un chargeur ou une flasque…

 

[Dwayne, Tess : Jerry, Jamie] À l’intérieur, nous entendons un grand choc dans la cuisine de l’autre corps de bâtiment, attribué aux gardes – comme quelque chose de pesant qui s’effondre. Dwayne s’y rend aussitôt, et trouve Jerry affalé par terre : il a de nouveau fait une crise de narcolepsie. J’aide Dwayne à le déplacer sur un canapé. Jamie arrive ensuite, qui le cherchait pour des travaux d’entretien ; ayant vu ce qui s’est produit, il nous remercie assez chaleureusement, avant d’aller chercher des sels pour ranimer le simplet. Il est content que ce soit nous qui l’ayons trouvé ; les gardes, ça ne serait pas leur genre de lui venir en aide, bien au contraire – ils auraient plutôt cherché à en profiter… Je le crois volontiers.

 

[Dwayne, Tess : Stanley ; Michael Bosworth] Dwayne suppose qu’il serait bien temps de retourner voir Stanley, le bibliothécaire que nous retenons en otage, et je l’approuve (depuis ma dernière visite, il n’avait vu que Michael, une fois). Nous montons à l’étage, et Dwayne ouvre la porte (pas gardée) de la chambre de Stanley, ce qui réveille ce dernier – il porte les mêmes vêtements depuis plusieurs jours, et sent fort… Il est inquiet en nous voyant, moi tout particulièrement, mais nous supplie d’emblée de lui donner à manger. Je lui dis que je vais m’en occuper, et qu’il ferait bien de prendre une douche en attendant… Il répond qu’il n’avait pas osé chercher où se laver, de crainte qu’on s’en prenne à lui, mais Dwayne le conduit à la salle de bain.

 

[Dwayne : Michael Bosworth ; Stanley] Pendant que Stanley se lave, Dwayne fouille sa chambre (après avoir demandé à Michael de surveiller la porte de la salle de bain) – il avait constaté qu’un des draps avait été déchiré à mains nues… Sous le canapé, il remarque un bout de tissu déchiré qui dépasse – en tirant dessus, il voit qu’il s’agit d’un assemblage de divers tissus, noués de sorte à faire une échelle de fortune. Il entend aussi quelque chose de métallique teinter à l’intérieur – et y trouve une vieille dague dorée. Il range tout cela, mais éloigne le couteau de l'endroit où il avait été dissimulé.

 

[Chris, Tess/« La Rouge » : Margaret Hoover, Anna-Marie Reis, Charles Reis, Stanley, Kempton, Hippolyte Templesmith, Carlysle, Diane Pedersen, Meredith Johnson, Scott Johnson, Kristen Johnson, Luigi Potrello, Hardwycke, Alexis Raney, Balthazar Wagner, Leonard Border, Kelly Gillian] Au rez-de-chaussée, Chris lit les journaux du matin : l’éditorial de la Gazette d’Arkham en date d’aujourd’hui (19 décembre) est consacré à « La Rouge » (autrement dit moi…), et accompagné d’une « vision d’artiste » très exagérée et saturée de symboles (les ongles sont peu ou prou des griffes, la silhouette sensuelle évoque un succube, j’ai même de petites cornes qui s’extraient tout juste de ma chevelure rousse, tandis que le dessin de mes pieds évoque à sa manière des sabots… J’arbore aussi de nombreux bijoux, dont des bagues évoquant une empoisonneuse, ou une Lucrèce Borgia…). L’article en lui-même est très remonté contre les criminels issus de la fange des quartiers populaires… Un autre papier porte sur Margaret Hoover, qui a rallié à sa cause tant Anna-Marie Reis (la mère de Charles Reis) que la mère de Stanley, enfin celle du médecin-légiste Kempton, disparu tout récemment. Un autre article évoque l’enterrement, aujourd’hui, à Boston, des parents de Hippolyte Templesmith ; on connaît aussi maintenant la date de son gala à Boston : il aura lieu deux jours avant Noël. J’avais déjà réfléchi aux noms des invités, histoire de voir si nous pourrions en profiter : il y a les Carlysle, les Pedersen (j’ai peut-être de quoi les faire chanter, avec les photos inconvenantes de Diane que j’avais trouvées chez Templesmith), les Johnson (qu’en est-il de leur fille Kristen ?), Luigi Potrello, les Hardwycke en provenance du Pays de Galles, Alexis Raney (doyen de l’Université Miskatonic), Balthazar Wagner (directeur de l’asile d’Arkham)… Dans un autre domaine, mais toujours lié à Templesmith, on évoque l’usine de Miska-Tonic !, dont la construction est achevée, et qui va maintenant recruter des ouvriers. Enfin, un dernier article évoque les travaux de réparation du réservoir de la Lande Foudroyée, financés par l’inévitable Templesmith, « pour pallier aux insuffisances du maire » ; l’article, rédigé par Leonard Border, qu’on a connu bien plus inspiré (notamment quand il travaillait avec sa collègue Kelly Gillian ?), sonne « facile » et ouvertement orienté – par exemple dans son évocation saugrenue de ce que le feu d’artifices donné par Templesmith pour les enfants orphelins d’Arkham serait visible de ce site…

 

[Tess, Dwayne : Stanley, Michael Bosworth] J’ai préparé le petit déjeuner de Stanley et lui monte le plateau. Dwayne va toquer à la porte de la salle de bain pour le lui signaler – et Michael s’en va aussitôt. Stanley répond angoissé : « Entendu ! Entendu ! » Peu après, le bruit de la douche cesse, et nous entendons Stanley s’essuyer puis se vêtir. Il sort enfin de la salle de bain – il est surpris de me voir dans la posture d’une souriante domestique, ça le met mal à l’aise : il me craint plus que jamais… Il me demande si Michael nous avait bien transmis son désir de parler à sa mère, ou du moins de la rassurer ; je lui réponds : « Nous allons nous en occuper, Monsieur. » Ce « Monsieur » le perturbe plus encore… Il prend place à son bureau, où je dispose son plateau devant lui – je reste juste derrière lui, comme une domestique, sans un mot. D’un ton geignard, il nous assure qu’il ne peut pas traduire davantage Magie véritable : ce qui reste est en aklo, il ne connaît pas cette langue – à supposer que cela en soit vraiment une et non un canular… Il ne peut donc plus nous rendre service, il faut le laisser s’en aller, sa mère est si inquiète… Je pose alors les manuscrits que nous n’avions pas étudié à côté de lui – mais, là encore, c’est de l’aklo, il ne peut rien faire ! Je m’empare alors de tous les autres livres que nous avons rassemblés, et les pose en face de lui, toujours sans un mot… Il me regarde un instant, baisse aussitôt les yeux, bredouille un début de question mais s’interrompt bien vite. Je lui demande : « Monsieur, avez-vous un message que vous souhaiteriez transmettre à votre mère ? » D’un ton paniqué, il dit que le mieux serait qu’il lui parle lui-même… Dwayne dit, conciliant, que Stanley a été « réglo » jusque-là : ça ne devrait pas poser de problème… Mais il se met à fouiller dans la chambre de Stanley – et ce dernier couine malgré lui… Il propose d’écrire quelque chose, que nous transmettrions à sa mère, et j’opine de la tête, Dwayne de même sans interrompre sa fouille. Notre présence torture visiblement Stanley… et plus encore quand Dwayne regarde sous le canapé ; Stanley, qui ne parvient plus à respirer, essaye de jeter un œil à Dwayne, discrètement, mais sa panique est palpable. Dwayne fait l’innocent : « Qu’est-ce que… » Il extrait la « corde » de sous le canapé. Je regarde ce qu’il a trouvé. Dwayne demande à Stanley : « Qu’est-ce que vous vouliez faire avec ça, vous en aller ? » Coincé, Stanley, sans un mot, essaye de plonger là où il avait dissimulé son couteau – mais Dwayne l’avait caché ailleurs… Il s’en empare et le lui montre : « C’est ça que vous cherchiez ? Vous l’avez trouvé où ? Vous comptiez en faire quoi ? » Stanley, au fond du seau, essaye de jouer à l’impertinent : « Et vous, qu’est-ce que vous en feriez ? » Dwayne : « Je pourrais planter votre main ? » Un coupe-papier trainait sur le bureau, et Stanley tente alors de se jeter dessus. Mais Dwayne le déstabilise et renverse la table tandis que je lui donne un coup de genou dans le dos (mais nous avions ôté les livres, le petit déjeuner ne se répand pas dessus…). Stanley avale lourdement sa salive. Dwayne constate même qu’il se pisse dessus… Le bibliothécaire ne sait plus comment réagir, et ça se lit sur son visage, tantôt blafard, tantôt sanguin. Puis il lâche : « Allez-y ! Tuez-moi ! Vous ne savez faire que ça ! De toute façon, je ne vous sers plus à rien, hein ? » Mais, s’il joue le dur, je sais que c’est du baratin : il est intérieurement effondré…

 

[Chris : Leah] Chris, au rez-de-chaussée, a entendu notre bruit à l’étage ; il dit à Leah qu’il va voir ce qui se passe.

 

[Dwayne, Tess : Stanley] Stanley essaye de maintenir son regard fixe dans les yeux de Dwayne, difficilement... Je me contente de rester derrière lui, pose un temps ma main sur son épaule, il s’en débarrasse en se secouant, je pose mon autre main sur son autre épaule… Il dit que je ne parviendrai pas à le manipuler avec ma perfidie ! Dwayne s’empare de la main de Stanley, qu’il pose sur le bureau : « Vous n’avez toujours pas répondu à mes questions… Où avez-vous trouvé ce couteau ? Que comptiez-vous en faire ? » Il promène le couteau entre les doigts écartés de Stanley

 

[Chris, Dwayne, Tess : Stanley] Chris arrive à ce moment. Stanley le regarde… et appelle à l’aide : « Ils sont fous ! » Dwayne lui recommande de ne pas trop bouger, il pourrait le blesser avec le couteau, sur une maladresse… Chris demande à Stanley : « Besoin d’un avocat ? » Ce qui ne le rassure pas… Chris s’approche, nonchalant : « Eh bien, eh bien, que se passe-t-il ? » Stanley est faible et paniqué, mais pas idiot : il ne rentre pas dans le jeu de l’avocat. Il chuchote entre deux pleurs qu’il a trouvé le couteau dans une chambre inoccupée depuis plusieurs jours. Dwayne s’étonne de ce qu’il se promène ainsi dans les chambres… Chris demande qui était supposé le garder, et je lui explique que les nouveaux gardes, récalcitrants, n’ont pas fait leur travail – c’était une véritable incitation à commettre des bêtises pour le pauvre Stanley… Mais celui-ci me désigne : « Elle est folle ! » Chris me dit : « Tiens ! Justement ! Il y a un article dans le journal qui devrait t’intéresser, Tess, on t’y voit ! » Puis il revient à Stanley : que fait-il là ? Je dis à Chris que nous n’avions pas d’autre moyen de bénéficier de son assistance et de sa compétence… A-t-il fait du bon travail ? Oui, j’en suis certaine – mais peut-être pourrait-il en faire encore plus ? Chris considère, dans ce cas, qu’il a toutes les raisons de poursuivre son travail ici… Il suggère de lui monter une bonne bouteille et de lui accorder un peu de repos. Stanley, abattu : « Vous êtes fous, vous êtes tous fous… » Chris : « Mais non, je suis avocat ! » Dwayne plante violemment le couteau sur la table, juste à côté des doigts de Stanley : « Sans cet esclandre, tu aurais pu sortir… » Mais il n’est pas dit que Stanley l’a entendu : le choc l'a fait s’évanouir… Chris me demande si j’en attends vraiment encore quelque chose ; je dis que c’est possible, mais sans garantie. Dwayne avance que, de toute façon, il en sait trop pour partir… Ayant eu des soucis avec les gardes, Dwayne et moi suggérons à Chris de s’occuper d’aller leur parler pour en obtenir la surveillance de Stanley.

 

[Chris : Michael Bosworth ; Stanley, « Classy » Tess McClure, Danny O’Bannion] Chris descend donc voir les gardes, qui sont en train de se servir un Irish coffee. Il demande s’il peut se joindre à eux. Un garde, sarcastique, répond : « C’est pour les Irlandais… » Mais Chris l’assure qu’il n’y a pas d’Italien plus irlandais que lui dans tout le pays ! Il parle ensuite de la situation avec Stanley – sans surveillance, il a fouiné dans les chambres, trouvé une arme, préparé une évasion… Comme ils ne sont pas méchants, Chris suggère de lui monter une bouteille, et éventuellement d’en profiter un peu… Les gardiens ne le regardent même pas ; ils sourient parfois – l’un d’entre eux lâche que ce n’est pas de la bouteille qu’ils aimeraient profiter : « C’est un protégé de la rousse, hein ? » « Profiter » de moi, selon Chris, s’annonce délicat… Il ne va rien leur cacher : la situation est compliquée, pour nous, pour Danny… Il ne faudrait pas qu’elle se complique encore davantage… Par contre, tout le monde en bénéficierait s’ils s’impliquaient plus dans leur travail, notamment en surveillant Stanley ! Les gardes rechignent toujours : « Et puis le torcher, tant qu’à faire ? » Ils ne le surveilleront que si O’Bannion le leur ordonne. Le ton monte un peu quand Chris leur demande s’ils comptent déranger O’Bannion pour ce genre d’instructions ; s’adressant à celui qui lui a répondu en dernier : « Tu comptes demander un truc pareil à O’Bannion ? Tu le connais ? Tu crois que je ne le connais pas, peut-être ? » Le garde lui demande ce qu’ils auraient à y gagner. Chris lui répond que nous aurions tous à y gagner : Stanley rassemble des informations sur un type qui fait chier O’Bannion – si son travail aboutit, Danny récompensera tout le monde avec bien plus que des bonnes bouteilles… Les gardes se rendent enfin aux raisons de Chris : ils surveilleront Stanley, mais pas question de jouer les domestiques ! Chris choisit une bonne bouteille de whisky sur les recommandations de Michael, et ils remontent.

 

[Dwayne, Tess, Chris : Stanley ; Johnny « La Brique », « Classy » Tess McClure/« La Rouge »] Dwayne attrape Stanley, le traine et le balance dans la douche. Je le suis, lui demande ce qu’il a trouvé au juste : il s’agissait du couteau de « La Brique », dont les effets n’avaient été réclamés par personne… Dwayne asperge Stanley à l’eau froide, ce qui le réveille : « Maintenant, plus de conneries, tu vas dans ton bureau et tu bosses. » Stanley fond en larmes… Nous le laissons tandis que Chris remonte avec sa bouteille. Dwayne conserve le couteau et descend les draps. Chris dépose la bouteille sur le bureau, que Stanley a piteusement rejoint : « Pitié, j’en ai assez subi pour aujourd’hui ! » Chris se veut rassurant : « Mais non, rien à craindre ! C’est simplement qu’une promesse est une promesse : voici la bouteille, et quelqu’un va venir vous tenir compagnie… Je suis avocat, j’aide les gens ; là, d’une certaine manière, j’ai obtenu comme une remise de peine… Mais je ne suis pas Dieu : en cas de nouveau souci, je ne pourrai probablement pas faire grand-chose… » Stanley lui murmure qu’il ne pense pas pouvoir jamais en réchapper… Chris l’assure que non, mais il poursuit : il n’a pas le choix, de toute façon… Il fixe la bouteille du regard, demande un tire-bouchon – Chris va en chercher un, et ouvre lui-même la bouteille. Puis : « Laissez-moi tranquille… ». Chris s’en va quand arrive le garde ; il lui dit qu’il s’agit seulement d’empêcher Stanley de sortir ou de tenter des choses en douce ; s’il fait bien son boulot, ça lui sera profitable, et à tout le monde aussi. Le garde est monté avec de la lecture, le journal avec mon dessin ; peut-être ne savait-il pas qui était représenté ainsi, mais Chris le lui dit, et le garde répond qu’il aimerait bien rencontrer des succubes comme ça…

 

[Tess/« La Rouge », Dwayne : Leah McNamara] Je prends soin de changer d’apparence – en m’éloignant autant que possible de la « vision d’artiste » de la Gazette d’Arkham : je deviens une blonde angélique, un peu à la manière de Leah. Dwayne aussi modifie son apparence : il use de bandages, à la manière de l’Homme invisible…

 

[Dwayne, Tess, Chris : Leah McNamara, Michael Bosworth ; Orson Wynn, Leonard Border, Hippolyte Templesmith, Diane Pedersen] Dwayne appelle son contact pour savoir si la poudre qu’il lui avait laissée a été examinée, mais ça ne répond pas. De mon côté, je trouve le nom de l’illustrateur qui m’a représentée en succube : c’est un certain Orson Wynn, et, un jour, je lui proposerais bien d’illustrer d’après nature… En lisant le journal, je constate moi aussi le style « soupe » de l’article de Leonard Border (l’allusion au feu d’artifices m’étonne – simple anecdote pour louer encore une fois Templesmith ?). Chris avait proposé d’aller voir Margaret Hoover avec Leah et Michael (Dwayne leur lâche « sa » voiture, à regret – il vient de la laver…) ; je dis par ailleurs qu’il faut voir quelles sont nos options pour le gala de Templesmith : j’ai peut-être quelque chose sur les Pedersen et leur fille Diane ; ils sont en principe à Manhattan, je ne sais rien de plus à leur propos ; je vais peut-être d’abord travailler là-dessus – par exemple aux archives des journaux (Gazette d’Arkham, Arkham Advertiser, bottin mondain si possible) ; il pourrait y avoir d’autres éléments ailleurs, comme à l’Université Miskatonic, ou dans les archives juridiques (j’en parle à Chris avant qu’il s’en aille). Dwayne décide de m’accompagner – mais je redoute que ses bandages attirent l’attention plus qu’autre chose… Je lui propose de le « relooker ».

 

[Chris : Leah McNamara, Michael Bosworth ; Margaret Hoover, Hippolyte Templesmith, Charles Reis, Anna-Marie Reis] Chris, Leah et Michael arrivent dans le quartier bourgeois où réside Margaret Hoover. Le soutien de cette dernière à Hippolyte Templesmith est illustré par des panneaux de propagande électorale. Sur la boîte aux lettres, son nom est complété par une étiquette au nom de l’Association d’Aide aux Disparus d’Arkham. Chris dit à Michael de rester pour surveiller la voiture. Il dit à Leah qu’elle jouera le rôle d’une cousine de Charles Reis, et lui de son époux, et qu’ils reviennent tout juste de chez Anna-Marie Reis : ils vont voir Margaret Hoover pour retrouver leur cher Charles. Leah fait la moue : à chaque fois, dans ce genre de circonstances, il se trouve quelqu’un pour incarner son homme… Chris : « Tiens ? Bon, tu viens ? »

 

[Tess, Dwayne : Leonard Border] Je m’occupe de grimer Dwayne, en teignant ses cheveux en noir, et en appliquant un léger maquillage autour des yeux… mais je dérape un peu (décidément !). Je parviens à obtenir ce que je souhaitais, mais ça me demande davantage de temps. Pour le reste, Dwayne a son imperméable, une écharpe, un chapeau très banal… Nous nous rendons aux bureaux de la Gazette d’Arkham (où écrit d’ailleurs Border), mais arrivons vers 12h30, et l’accès au public est fermé jusqu’à 14h.

 

[Chris : Leah McNamara, Margaret Hoover ; Charles Reis, Anna-Marie Reis, Hippolyte Templesmith] Chris va sonner, et une voix féminine dans la quarantaine lui répond ; il se présente sous son nom de Chris Botti, accompagné de son épouse, et souhaitant s’entretenir avec Mme Hoover de la disparition de leur parent Charles Reis. La voix répond que, s’agissant d’une disparition, il vaut mieux qu’ils s’adressent à la maîtresse de maison. Chris demande discrètement à Leah si elle sait pleurer – c’est bien le cas… Puis, quand une voix féminine plus âgée s’enquiert des raisons de leur présence, il explique qu’ils viennent de chez la mère de Charles ReisMme Hoover serait-elle susceptible de les aider ? Ce nom de « Charles Reis » lui dit quelque chose, ils ne sont pas les premiers à lui en parler… Elle les invite à entrer – elle comptait déjeuner, mais peut bien se permettre ce petit sacrifice ! Un gardien les salue, ouvre le portail, et désigne l’entrée de la maison. Ils sont accueillis par une vieille dame digne ; Leah joue l’émotive, mais sans excès… Margaret Hoover se montre disponible et serviable, comprenant cette réaction bien humaine. Elle les conduit dans un salon où une domestique a d’ores et déjà servi le thé. Chris dit à Leah : « Tu vois ? Mme Hoover peut nous aider, j’ai un bon sentiment… » Margaret Hoover s’installe dans un fauteuil, elle avait déjà sorti une fiche manuscrite au nom de Charles Reis (souligné) ; elle confirme que sa mère lui en avait déjà parlé. Chris répond que c’est elle qui leur a donné cette adresse. Rien de tel que la famille, rien de tel ! Margaret Hoover revient sur le dossier, sans en dire plus que ce que nous avions appris chez Anna-Marie Reis. Elle félicite par ailleurs Chris et Leah pour leur courage : « C’est un métis, tout le monde ne s’en serait pas occupé… » Mais Chris insiste : la famille, la famille avant tout ! Leah émet quelques sanglots – mais, cette fois, elle surjoue un peu trop… Margaret Hoover l’a-t-elle perçu ? Elle paraît gênée, en tout cas – et demande à une domestique d’accompagner la jeune femme à la salle de bain pour qu’elle se reprenne. Une fois Leah partie, Margaret Hoover lâche à Chris : « Votre épouse semble avoir du mal à se tenir en société… Je comprends l’épanchement dans ces circonstances, mais… » Chris l'assure qu’il partage son point de vue ; mais ces histoires de disparition ont tellement affecté sa jeune épouse… Lui sait se tenir, du moins. Il félicite Margaret Hoover et Hippolyte Templesmith pour leur engagement citoyen : ils peuvent compter sur son soutien électoral, et même financier ! Ses propos séduisent visiblement Margaret Hoover, qui arbore un sourire radieux devant ces propos flatteurs… mais, à un moment, elle s’interrompt comme si elle avait ressenti une petite douleur à la bouche – des aphtes, peut-être ? Après quoi, sur un ton de conspiration, elle évoque le silence des autorités – un silence coupable, complice ? Personne n’en parle ! Des dizaines, peut-être des centaines de disparitions, dont des enfants, et personne n’en parle ! Chris n’ose pas s’engager plus avant dans ce sens, mais concède que les allégations de Margaret Hoover l’interpellent, effectivement… Peut-être, oui, y a-t-il des complices parmi tous ces politiciens… Raison de plus pour la soutenir elle, ainsi que Hippolyte Templesmith ! Leah revient, s’excuse, joue un peu la gêne.

 

[Tess, Dwayne : Robert, Leonard Border ; Hippolyte Templesmith, Kelly Gillian] Je cherche des restaurants où les journalistes auraient leurs habitudes. J’en trouve deux non loin, et entre dans le plus « populaire » (relativement ; mais c’est le plus fréquenté). Je m’avance, faisant comme si je cherchais une table, pour prendre le pouls de la salle et écouter les conversations. Une serveuse nous rejoint, et nous guide jusqu’à une table pour deux (le restaurant est plein, autrement). Parmi les conversations, je relève notamment des sortes de vannes : les journalistes se taquinent en comptant leurs fautes d’orthographe – celui qui en a le plus (un certain « Robert ») devra payer la note… La serveuse nous demande ce que nous désirons, je réponds aussitôt le plat du jour, et de même pour Dwayne. Nombre des discussions portent sur Hippolyte TemplesmithDwayne se montre plus précis que moi : il repère une table non loin où un type d’allure un peu plus fortunée que les autres (le rédacteur en chef, ou du moins un cadre haut placé dans la hiérarchie de la Gazette d’Arkham ?) s’entretient avec un certain « Leonard » (bien identifié comme étant Leonard Border), lui disant que « des fois, il faut lécher des culs »… Mais il se montre bientôt plus précis : « Les gens commencent à se rendre compte que tu leur sers de la soupe… J’ai déjà dû virer Kelly, faut que je te vire toi aussi ? » Il sermonne son subordonné, comme s’il faisait la leçon à un adolescent – et c’est bien la réaction de Leonard Border, qui chipote dans son plat sans vraiment y toucher : « Ouais, ouais… » On nous sert notre ragout de mouton – honnête et d’un prix correct. La serveuse nous demande si on a nos cartes de presse, pour la réduction ; je lui réponds : « Pas encore… mais peut-être bientôt ? » Je joue la journaliste en quête d’emploi, et prospectant la Gazette d’Arkham. La serveuse croit m’avoir déjà vue quelque part… mais non. Que je ne lui pique pas sa place, en tout cas ! Et elle se rend auprès d’un autre client. Dwayne m’indique la conversation qu’il a épiée. J’y prête davantage attention, mais sans grand succès ; l’oreille de Dwayne est décidément plus sensible : il entend le patron dire à Border qu’il pourrait bien être un des rares journalistes à assister au gala de Templesmith… Veut-il vraiment laisser passer une occasion pareille ? Auquel cas il faudrait trouver un autre journaliste… Puis nous repérons un homme assis seul à une table, à cinq ou six mètres de nous, qui semble nous regarder – me regarder, plus précisément. Il baisse les yeux sur son livre quand il comprend que nous l’avons repéré, en jouant le naturel – mais il m’observait, clairement. Dwayne croit l’avoir déjà vu au Garage Hammer, au volant d’une voiture se rendant directement à l’arrière – sans doute n’est-ce pas quelqu’un de « totalement honnête »…

 

[Chris : Margaret Hoover, Leah McNamara ; Charles Reis, Anna-Marie Reis, Hippolyte Templesmith] Margaret Hoover demande à Chris et Leah s’ils ont des éléments supplémentaires à apporter. Chris lui rétorque qu’ils espéraient justement obtenir ici des éléments supplémentaires, même s’ils sont bien sûr disposés à l’aider… Chris lance quelques éléments concernant Charles Reis, employé modèle à l’asile, ce genre de choses – mais Margaret Hoover sait déjà tout ça. Sa mère n’en a pas forcément dit beaucoup plus… Mais ils souhaitent aider. Margaret Hoover leur tend alors une pétition déjà bien remplie (elle en est au 57e feuillet) ; ils peuvent déjà l’aider en ceci : il s’agit d’exiger des réponses de la part du maire, à propos des enquêtes portant sur les disparitions. Chris signe immédiatement, et tend la pétition à Leah, qui fait de même. Ils évoquent aussi la possibilité d’une donation ; Chris y est tout à fait disposé, et notamment en ce qui concerne le soutien à Hippolyte TemplesmithMargaret croit beaucoup en lui : « Il est l’homme qu’il nous faut ! » Chris laisse entendre qu’il est un homme riche, prêt à faire donation conséquente pour financer la campagne de l’homme providentiel. Margaret Hoover s’étonne de ne pas connaître une fortune pareille – elle n’a jamais entendu ce nom de « Botti » ; mais Chris explique qu’il n’y a rien d’étonnant à cela : ils viennent de Chicago. Margaret Hoover, en tout cas, est touchée par la bienveillance de son interlocuteur ; elle évoque le prochain gala : les places sont très limitées… Elle ne peut pas promettre de les faire entrer, mais va néanmoins faire son possible pour qu’ils puissent exprimer au mieux leur soutien. Elle leur demande une adresse et un numéro de téléphone pour les contacter le cas échéant. Après quoi Chris et Leah s’en vont : « Dieu vous protège, vous et monsieur Templesmith ! »

 

[Tess/« La Rouge », Dwayne : Sidney Morrison, Leonard Border, Gareth Francavilla ; Goody Fowler, Hippolyte Templesmith] Je me souviens du nom du rédacteur en chef de la Gazette d’Arkham : c’est Sidney Morrison. Peut-être est-ce celui qui sermonne Leonard Border ? Mais le type qui m’observait s’est levé et est passé à côté de moi ; il a fait comme s’il avait trébuché, stratagème pour laisser tomber un bout de papier plié, que Dwayne a ramassé discrètement. Il porte ce message : « Je sais qui vous êtes. Si vous me permettez d’interviewer « La Rouge », pas de souci ; sinon, j’appelle les flics… Rendez-vous dans la ruelle derrière le restaurant. » Nous payons, laissons un bon pourboire, et Dwayne se rend à l’endroit indiqué, je lui emboîte le pas. J’entends un sifflement en provenance d’une minuscule cour donnant sur une autre ruelle un peu plus loin ; je m’y rends, arborant un grand sourire. L’homme s’est abrité dans un coin ; il n’a pas l’air inquiet à proprement parler, mais sur le qui-vive : il est conscient de la situation et sait que nous ne sommes pas des enfants de chœur… Il tient un carnet de note avec un stylo dans sa main droite, mais a glissé sa main gauche dans la poche intérieure de sa veste, où une bosse semble indiquer la présence d’une arme. Il me dit tout de go qu’il veut une interview et/ou une photographie. Je lui dis qu’une photographie ne m’arrangerait guère… mais il faut croire que je suis une célébrité de toute façon : je suis donc le croquemitaine du moment ! Il me demande aussitôt si ce qu’on raconte est vrai, que je serais une descendante de Goody Fowler… Bien sûr que non, c’est ridicule. Mais nous n’en sommes pas encore à l’interview : négocions ! Après tout, qu’est-ce qui me dit qu’il dispose toujours d’un moyen de pression sur moi ? Il ne contactera de toute évidence pas les flics depuis cette ruelle perdue… Il ne répond pas vraiment – mais dégage l’image d’un journaliste un peu « cracra », qui n’hésitera pas à plonger dans la merde s’il le faut – motivation toute personnelle : il entend faire un journalisme auquel les gens ne s’attendent pas, il y croit ! Mais, pour cela, il lui faut filouter, et il s’en est déjà sorti à plusieurs reprises… Mais quel serait mon intérêt à accepter cette interview ? Dire la vérité… Je sais que mon illustration a quelque chose de romantique, mais il m’en faut plus… Et qu’est-ce qui l’intéresse tant chez « La Rouge » ? Je serais un cas assez unique – et on raconte nombre de choses incroyables sur moi : le meurtre des parents de Hippolyte Templesmith, des enlèvements d’enfants, des actes de cannibalisme … Je lui repose la question en m’approchant de lui, toujours souriante : qu’est-ce que j’y gagnerais ? L’opportunité de raconter ma véritable histoire : c’est ça, le journalisme ! J’ai du mal à croire qu’il soit aussi naïf… Mais je le laisse poser quelques questions : Est-ce vrai que je suis née dans la pauvreté ? Oui. Ai-je ensorcelé mon fiancé, comme on le prétend, et notamment ses parents ? Non… Quels étaient mes rapports avec mes beaux-parents ? Très mauvais… Aimais-je sincèrement leur fils ? Je lui adresse un regard noir et appuyé… et m’approche à nouveau. Il n’a semble-t-il pas vraiment peur ; il m’envisage certes comme un monstre, mais essentiellement élégant, romantique – une vampire… À moi de lui poser des questions ! Quel est son nom ? GarethGareth comment ? Gareth Francavilla. Pour qui travaille-t-il ? La plupart des journaux de la ville, en freelance... Croit-il vraiment qu’un journal d’Arkham ou d’ailleurs serait prêt à publier la « confession » d’une tueuse vampirique ? Oui : ma réputation, à l’en croire, ne laisse aucun doute à ce sujet – il s’agirait bien de choquer le bourgeois, au moins en partie, mais la valeur du scoop l’autoriserait à être publié dans un journal autrement bien plus frileux… Je m’avance encore. D’un ton pince-sans-rire, il me demande si je vais le dévorer – je lui dis que je n’en sais encore rien… Ce sera selon ma fantaisie du moment ! Il reprend ses questions : est-ce que j’ai déjà tué ? Oui. Est-ce que j’aime ça ? Non – ou pas forcément… Ai-je souvent tué ? Eh bien, ces derniers temps… Pourquoi ai-je tué les parents de Hippolyte Templesmith ? Je ne lui réponds pas ; c’est à nouveau à moi de lui poser des questions : que sait-il sur Templesmith, justement ? Pas grand-chose, semble-t-il – rien de plus que ce que tout le monde dit à propos de la dernière coqueluche d’Arkham… Et si je lui disais la vérité ? Si je lui montrais que c’est lui, le cannibale de l’histoire, et que ce pervers est derrière bon nombre des disparitions affectant la ville, que cet homme providentiel, toujours là au bon moment pour profiter de tout, est un véritable sadique, se livrant aux pires des exactions dans des souterrains cauchemardesques ? Serait-il prêt à publier malgré tout ? Oui – si je peux prouver ce que j’avance. C’est possible… mais je m’approche encore de lui : bien évidemment, si ça se trouve, je suis bel et bien aussi dangereuse et cruelle qu’on le prétend, et je pourrais m’en prendre à lui immédiatement, sans que personne ne le sache …

 

[Chris, Leah, Michael : Danny O’Bannion, Fran Sandowski, Moira] Chris, Leah et Michael rentrent à la ferme de Danny O’Bannion. Ils y trouvent un message de Fran : le Art’s Billard a rouvert ; elle y a vu des gens qui lui ont parlé d’ « amis d’amis » qui se seraient rendus de nuit sur l’île d’Arkham, au milieu du Miskatonic, et en auraient été « jetés » ; on aurait dit à la police qu’il y avait là-bas une terrible odeur de poisson… Chris tend le mot à Leah et Michael – il jetterait bien un coup d’œil là-bas, les autres sont disposés à le suivre. Ont-ils un bateau ? Moira en avait un – elle avait semble-t-il des enfants, qui en auraient hérité… Mais il est toujours possible d’en louer un au port.

 

[Tess/« La Rouge », Dwayne : Gareth Francavilla ; Hippolyte Templesmith, Goody Fowler, Kelly Gillian, Sidney Morrison] Je suis disposée à poursuivre l’interview – mais ailleurs : l’endroit n’est pas très approprié, et Gareth ne va certainement pas pouvoir tirer mon portrait dans des conditions pareilles… Cette fois, il a peur ; il accepte en définitive, mais contre la promesse d’une photographie. D’accord… Mais maintenant, qu’il n’ait pas le temps de préparer une quelconque entourloupe. Je dis être prête à le suivre chez lui – il loge dans une pension assez sordide : il est à la dèche et change tout le temps de logis… En sortant de la cour pour retourner à la voiture, nous le voyons adresser un geste à quelqu’un derrière une fenêtre – oui, il avait pris des précautions… Moi aussi : Dwayne va prendre le volant, tourner dans Arkham, et nous poursuivrons l’interview dans la voiture – je monte à l’arrière, à côté de Gareth. Il me redemande pourquoi j’ai tué les parents de Hippolyte Templesmith ; je lui réponds qu’il n’y avait aucune intention de ma part, et qu’ils n’ont été que la victime des circonstances. Mais il devrait plutôt se demander ce que moi, venant d’Arkham, je pouvais bien faire bien là-bas, à Boston, dans cette riche demeure très sécurisée, digne de la meilleure société… Il note que j’évoque régulièrement et avec dédain la « bonne société » ; d’où me vient cette haine ? Il n’y a pas grand-chose de très original à en dire : imaginez la vie d’une jeune femme d’origine irlandaise et de très basse extraction… Il revient sur mon ancêtre supposée, la sorcière Goody Fowler, et me demande si c’est bien du flan – bien sûr que c'en est… Quelle est la dernière personne que j’ai tuée ? Et comment ? J’hésite… et suppose enfin que c’était probablement le policier qui m’avait tiré dessus quand je sortais du registre de l’état civil – j’ai riposté et l’ai gravement blessé au ventre, ça avait l’air douloureux… Mais Gareth me dit que le policier n’est en fait pas mort – ce qui soulage énormément ma conscience ! Mais j’en ai assez de ce petit jeu des questions-réponses, et me mets à tout lâcher concernant Templesmith : de sa demeure aux protections surprenantes, aux horreurs qu’elle abrite – je cite des noms de disparus, parle de torture, de cannibalisme, d’autres perversions tout aussi horribles… Cette fois, Gareth, qui prend note, intervient de lui-même : tout cela lui fait penser à des choses ayant plus ou moins fuité concernant la journaliste Kelly Gillian, qui aurait reçu des menaces de mort avant d’être contrainte à la démission… Je lui dis que j’aimerais beaucoup m’entretenir avec elle (ce qu’il ne note pas). Puis il réfléchit à d’autres questions. Puis-je lui montrer des preuves ? Je ne les ai pas sur moi, mais s’il est prêt à nous suivre… Nous pourrions convenir d’un « terrain neutre » dans les bas quartiers – nous nous y rendons. Il prépare son appareil photo : il souhaite faire un portrait de moi, et un autre cliché en pied ; bien évidemment, il faut que j’enlève ma perruque… J’adopte une pose neutre et un regard tout aussi neutre. Gareth prend ses photos… puis, un peu nerveux, demande si on en est arrivé au moment où on le tue ; à moins qu’on ne le ramène chez lui ? Mais j’aimerais poursuivre un tout petit peu la conversation – qu’il me parle, par exemple, de Kelly Gillian : c’était une collègue de Leonard Border, et elle faisait partie des rares gens qui n’étaient pas sous la coupe de Hippolyte Templesmith ; ça lui évoque quelque chose ? Oui : elle aussi est irlandaise… Je lui demande s’il croit que les gènes seuls, ou la couleur des cheveux, pourraient expliquer tout cela… Passons. A-t-il une préférence pour le journal où il publiera l’article et les photographies ? Je ne doute pas qu’il négociera une exclusivité juteuse… Mais Sidney Morrison, le rédacteur en chef de la Gazette d’Arkham est visiblement très pro-Templesmith. C’est un problème sans doute amené à se répéter… Quoi qu’il en soit, l’article devra être diffusé dans une feuille « sérieuse », pas le genre de torchons habitué des sornettes me liant à Goody Fowler et autres bêtises surnaturelles… Il peut trouver ça. Je demande à Dwayne s’il a des suggestions, ou autre chose à ajouter, mais non. Je remets ma perruque, et nous ramenons Gareth chez lui ; il attend de mes nouvelles, pour les preuves… Dwayne et moi retournons tout de même à la Gazette d’Arkham.

 

[Chris : Leah McNamara, Michael Bosworth] Chris, Leah et Michael se rendent au port, où ils n’ont aucun mal à trouver une agence de location pour un petit bateau – le propriétaire, irlandais, leur fait une ristourne. Ils guident leur barque dotée d’un moteur aux environs de l’île d’Arkham, au cœur du Miskatonic, et supposée hantée. Chris y débarquerait volontiers, mais Michael et Leah lui suggèrent de faire d’abord un tour de repérage, et il s’exécute. À un moment, Michael cligne des yeux – il demande à Chris de ralentir, puis de faire demi-tour à vitesse réduite : il a entraperçu quelque chose, mais dans l’eau, pas sur l’île ; il fixe un endroit précis, au milieu des récifs annonçant les berges de l’île – puis il pointe du doigt cette zone : il a distingué une lueur fugace, à quelque chose comme dix mètres de profondeur, peut-être ? Légère, mais pourtant brillante… comme une surface de verre reflétant le soleil malgré la profondeur ? Non loin, sur l’île, ils aperçoivent des détritus divers, jerricans de carburant, etc. Il y a comme un embarcadère de fortune, avec des traces de pas qui bifurquent soudainement… et semblent disparaître sous l’eau, justement dans la direction de la lueur repérée par Michael. Ceci étant, Leah et lui ne comptent certainement pas faire trempette – c’est l’hiver, et il est rude ! Chris, pourtant, se dit prêt à le faire, lui – et il se déshabille complètement ! Leah détourne le regard… Chris pénètre rapidement dans l’eau – qui est bien sûr glaciale… Il plonge, et repère la lueur, à quelque chose comme sept mètres en dessous de lui : c’est un miroir de verre poli, comprend-il, et qui semble enserré par des coquillages ou des tentacules… Mais le froid le saisit de plus en plus – et il manque d’oxygène ! Il essaye de remonter, mais sans grand succès – la douleur et l’angoisse empirent seconde après seconde : il ressent comme des brulures, tout en perdant toute sensation de ses extrémités… Devant le péril imminent, Michael se jette à l’eau (habillé), mais le froid le stoppe net, lui aussi… Il parvient cependant à remonter Chris, au péril de sa propre vie. Leah, qui s’était munie de couvertures, s’empresse de les sécher – et les engueule vertement au passage… Est-ce que ça en valait la peine, au moins ? Chris mentionne le miroir, et Michael étouffe un juron irlandais… Leah les aide à remonter à bord du bateau, il est bien temps pour eux de s’en aller...

 

[Dwayne, Tess : Leonard Border, Kelly Gillian] Dwayne et moi regagnons le bâtiment de la Gazette d’Arkham – maintenant ouvert au public. Nous entendons le bruit des rotatives au sous-sol, mais gagnons la rédaction à l’étage ; nous débouchons sur une vaste pièce où nombre de journalistes s’affairent sur leurs machines à écrire – une femme dans la trentaine tient l’accueil ; sur la droite, nous voyons des portraits de journalistes, parmi lesquels Leonard Border – s’y trouve toujours également le portrait de Kelly Gillian, mais décroché et posé sur une poubelle…

 

À suivre…

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