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CR L'Appel de Cthulhu : Arkham Connection (21)

Publié le par Nébal

CR L'Appel de Cthulhu : Arkham Connection (21)

Vingt-et-unième séance de la campagne de L’Appel de Cthulhu maîtrisée par Cervooo, dans la pègre irlandaise d’Arkham. Vous trouverez les premiers comptes rendus ici, et la séance précédente .

 

Le joueur incarnant Michael Bosworth a abandonné la campagne. Tous les autres joueurs étaient présents, qui incarnaient donc Dwayne, l’avocat Chris Botti, la chanteuse Leah McNamara et quant à moi « Classy » Tess McClure, maître-chanteuse.

 

[Chris, Leah : Michael Bosworth] Chris et Michael grelotent, après leur plongée dans les eaux gelées du Miskatonic. Leah s’occupe d’eux du mieux qu’elle peut. Chris voit bien que Michael lui en veut pour ce qui vient de se passer …

 

[Dwayne/« Michael Doung », Tess/« Jane Fitzpatrick » : Lisa ; Leonard Border, Sidney Morrison, Hippolyte Templesmith] Aux bureaux de la Gazette d’Arkham, Dwayne et moi sommes accueillis pas la secrétaire (« Lisa », d’après son badge) ; nous lui demandons la permission d’accéder aux archives du journal. Elle nous demande nos noms, sans exiger de papiers pour autant, simplement pour en garder une trace ; nous répondons nous appeler Jane Fitzpatrick et Michael Doung. Elle va en référer à son patron ; a priori, nous supposons qu’elle n’a rien soupçonné nous concernant. Dwayne va voir les photographies des journalistes affichées sur le mur, et y reconnaît Leonard Border. Nous identifions bien celui qui le sermonnait dans le restaurant comme étant le rédacteur en chef, Sidney Morrison. Sur un autre mur donnant sur l’entrée, je remarque qu’il y a aussi des photos nous concernant, et tout particulièrement moi : celle qui avait été prise automatiquement par le dispositif de sécurité conçu par Hippolyte Templesmith à sa résidence, mais aussi un certain nombre de clichés de moi, enfant ou jeune femme… Il n’y a cependant pas de photographies de mes collègues présents. La secrétaire revient, et nous demande sur quoi portent nos recherches – pour en informer son patron. Je réponds qu’elles sont essentiellement d’ordre mondain, et, quand elle me demande des détails supplémentaires, je m’en étonne tout en restant très courtoise – c’est l’attitude convenable, Lisa se satisfait de ma réponse. Elle va chercher les clefs des archives, et nous demande quelle période nous comptons étudier ; les dix dernières années. Et de combien de temps avons-nous besoin ? Difficile à dire… mais devant son insistance, j’avance que deux ou trois heures devraient faire l’affaire. Cela lui convient, et elle nous laisse dans les archives en fermant la porte derrière elle (pas à clef).

 

[Leah, Chris : Anna-Marie Reis, Michael Bosworth ; Danny O’Bannion, Herbert West] Les autres se rendent chez Chris, qui réside lui aussi au Guardian’s. En arrivant sur le parking, ils constatent que le gardien discute avec une femme assez âgée et plutôt véhémente – ils reconnaissent Anna-Marie Reis. Aucun des deux ne les a repérés, et la vieille dame s’en va, mais guère loin (et elle se casse la figure dans la neige…). Chris dit à Leah qu’il ne faut surtout pas la croiser (dans la mesure où il a joué aux agents doubles), et suggère de rentrer à la ferme de Danny O’Bannion. Michael suggère de faire d’abord un saut à la boîte postale d’Herbert West.

 

[Dwayne, Tess : Lisa ; Diane Pedersen, Hippolyte Templesmith, Kristen Johnson, Leonard Border] Nos recherches, à Dwayne et à moi, portent d’abord sur les Pedersen. Nous ne trouvons rien à Arkham les concernant, à part quelques brèves d’ordre financier. C’est une famille riche, disposant d’un solide réseau, et ayant fait fortune dans l’industrie alimentaire. Mais nous apprenons que le père de Diane est mort dans un accident de voiture il y a quelques années, tandis que sa mère a été internée à l’hôpital psychiatrique – Diane étant fille unique, elle a donc hérité et gère les biens des Pedersen. Elle a dans les 25 ans. Dwayne obtient confirmation de ce que j’avais appris via mon réseau de femmes de ménage : les parents Pedersen et Templesmith avaient tenté d’organiser un rendez-vous galant entre Diane et Hippolyte, mais il n’en est rien résulté – les journalistes de la rubrique des potins demandent naïvement qui pourra gagner le cœur de ces riches jeunes gens… Nous tentons des recherches supplémentaires concernant Hippolyte Templesmith, tant que nous y sommes, mais ça ne donne absolument rien… Reste à envisager les Johnson : c’est une famille de rentiers, un couple assez âgé avec une fille, Kristen, mais nous ne trouvons que très peu de choses concernant cette dernière, une jolie jeune femme à en croire les photographies, qui doit tout juste avoir la vingtaine ; l’absence de potins la concernant a quelque chose de bizarre, voire suspect – nous savons juste qu’elle a étudié les mathématiques à l’Université Miskatonic, et c’est à peu près tout ; c’est comme si elle avait disparu de la circulation… Nous n’avons pas été très soigneux dans notre manipulation des journaux, et deux en ont fait les frais… Lisa revient nous chercher, disant que les bureaux de la Gazette d’Arkham ne vont pas tarder à être fermés au public. Nous sortons de la pièce et retournons à la voiture. Je glisse alors à Dwayne qu’il pourrait être utile de nous entretenir avec Leonard Border, mais je ne me sens pas de l’aborder en public – peut-être pourrait-on le suivre pour trouver un endroit plus approprié à une petite conversation ? Dwayne est partant ; on pourrait guetter sa sortie depuis la voiture, mais ça serait peut-être un peu voyant – un bar tout proche ferait peut-être davantage l’affaire.

 

[Leah, Chris : Danny O'Bannion, Herbert West, Patrick O’Brien] Les autres retournent à la ferme de Danny O'Bannion, après avoir récupéré un courrier d’Herbert West à sa boîte postale – une enveloppe comprenant, outre une lettre, quelque chose de plus solide, encore que minuscule. Tandis que Leah conduit, Chris ouvre l’enveloppe : il y a dedans des sortes de graines ainsi qu’une lettre manuscrite – Herbert West dit qu’il a fait de son mieux sur Patrick, qui est maintenant disponible, à une adresse indiquée (un entrepôt dans la périphérie d’Arkham) ; les graines, extraites de la créature, ont germé ; le docteur ajoute qu’il quittera bientôt Arkham, à moins qu’on connaisse un chimiste ou botaniste aussi compétent que « curieux » ; et il nous souhaite enfin bonne chance. Chris suppose qu’il pourrait être intéressant de lui trouver ce chimiste ou botaniste, afin d’étudier ces graines…

 

[Chris, Leah : Jamie, Jerry, Michael Bosworth ; Danny O’Bannion] Ils parviennent à la ferme de Danny O’Bannion, et rentrent la voiture dans le garage. En en sortant, ils croisent Jamie et Jerry, qui ramenaient du bois de chauffage… mais Jerry fait une nouvelle crise, plus violente que jamais, tandis que Jamie affolé lui donne des gifles pour tenter, sans succès, de le réveiller… Chris n’y prête pas la moindre attention, il n’a qu’une envie, et c’est de se calfeutrer au chaud – de même pour Michael. Leah est désemparée, mais rejoint Jamie, terrorisé à l’idée que Jerry avale sa langue ; à l’en croire, ses crises sont de plus en plus fréquentes, et le regard du simplet évoque alors de terribles cauchemars… Mais Leah ne sait absolument pas quoi faire, et, après s’être excusée, elle rejoint Chris et Michael à l’intérieur.

 

[Chris, Leah : Michael Bosworth ; Tina Perkins] Chris, changé et remis, évoque enfin le miroir qu’il a vu au fond de l’eau, à côté de l’île d’Arkham. Michael grince des dents à cette idée, et cela parle aussi à Leah, de toute évidence. Elle dit avoir vu un miroir du même type chez « une fleuriste » (ne donnant pas le nom de Tina Perkins). Chris lui demande quelle peut bien être son utilité – est-il simplement décoratif ? Leah reste évasive : non, pas tout à fait… Il ne faut pas s’en approcher, c'est tout.

 

[Chris, Leah : Dwayne, « Classy » Tess McClure, Hippolyte Templesmith, Margaret Hoover, Charles Reis] Ils s’interrogent ensuite sur ce qu’ils pourraient bien faire – même s’ils supposent d’ores et déjà qu’il vaut mieux attendre que Dwayne et moi revenions. Chris ne cache pas qu’il a besoin de repos… Leah se demande si, en tant qu’artiste, il ne lui serait pas possible de se faire embaucher pour le gala de Hippolyte Templesmith ; certes, ce gala est tout proche, et un homme tel que lui n’engagera que les meilleurs artistes… Peut-être cependant Leah connaitrait-elle des gens en mesure de la faire embaucher, ne serait-ce qu'en tant que jolie blonde faisant de la figuration. Chris rappelle que Mme Hoover connaît Leah comme étant sa femme et la cousine de Charles Reis, or elle sera au gala… Leah, dans ces circonstances, n’aura certainement pas la même allure, mais en tant qu’artiste il est assez probable, même dans un rôle de figuration, qu’elle attirera une certaine attention…

 

[Tess, Dwayne : Leonard Border, Anna-Marie Reis] Les restaurants ne sont pas directement en face des bureaux de la Gazette d’Arkham, tout juste y a-t-il un petit snack bar ; mais notre présence prolongée y serait aussi suspecte que de rester dans la voiture, aussi préférons-nous finalement cette dernière possibilité. Un petit groupe d’enfants passe à côté de nous, et une petite fille me regarde, ses traits se décomposant bientôt sous l’effet de la peur ; m’a-t-elle reconnue ? Elle rejoint deux de ses copains, leur chuchote quelque chose à l’oreille, et ils semblent presser un peu le pas… Mais Dwayne voit alors Leonard Border sortir de l’immeuble, une sacoche en main. Il monte dans sa voiture et démarre prudemment – il ne semble pas nous avoir repérés. Il roule très lentement – au point d’agacer d’autres automobiliste, qui le doublent brusquement. Il fait un détour, probablement pour éviter les embouteillages du centre-ville, et se rend… au Guardian’s, où il réside lui aussi. Anna-Marie Reis est toujours là – je la reconnais. Elle surveillait les véhicules, mais sans avoir trouvé ce qu’elle cherchait. Nous suivons Leonard Border dans le parking – la vieille dame nous inspecte à notre tour, mais sans reconnaître personne.

 

[Tess, Dwayne/« Michael Doung » : Leonard Border ; Burt, Danny O’Bannion] Je reste au volant tandis que Dwayne descend pour intercepter le journaliste, il lui faut un peu presser le pas à cet effet. Leonard Border, interpellé, se retourne : « Monsieur ? » Dwayne lui dit qu’il souhaiterait, ainsi que son amie, s’entretenir avec lui, s’il en a le temps. Border répond : « Oh, je vois… Vous avez des informations utiles pour moi ? » Il suggère un endroit discret où nous pourrions le retrouver après le repas – il s’agit d’un restaurant miteux, Chez Burt, en bordure d’un quartier ouvrier, il s’y trouvera entre 21h et minuit ; il suffit d’aller voir Burt, et de lui dire que nous avons rendez-vous avec « Leo » ; en échange d’un billet ou deux, on nous conduira alors dans une arrière-salle de toute discrétion. Dwayne tente de proposer un autre endroit : il s’agit d’informations sensibles, il préfèrerait s’entretenir de tout cela dans un endroit qu’il connait mieux… Il pense à un club de vieux Irlandais, où l’entrée est réservée ; il ne le présente pas ainsi, se contente de donner l’adresse à Border ; le journaliste n’est pas très chaud à cette idée, il commence à dire qu’il enverra son assistante… avant de se rendre compte qu’elle a été virée. Dwayne joue sur cette évocation : nos informations lui tiennent à cœur… Border se dit intéressé, mais l’adresse suggérée par Dwayne suffit à lui faire comprendre qu’elle se trouve dans un quartier aux mains des Irlandais – et il est bien placé pour savoir que c’est un endroit propice aux faits-divers… Il tremble un peu – peut-être seulement en raison du froid, mais peut-être aussi du fait d’une certaine peur… Dwayne lui assure qu’il ne lui arrivera rien, et que nos informations l’intéresseront – ajoutant que « son informatrice » ne se rendra pas ailleurs… Mais Dwayne est d’accord pour une position de compromis : il retrouvera Leonard Border Chez Burt, jaugera l'endroit, et déterminera s’il sera possible de s’y rencontrer ou s’il vaut mieux aller ailleurs – proposition qui rassure le journaliste. Il demande à Dwayne son nom, pour le signaler à Burt, et il reprend le pseudonyme de Michael Doung. Il laisse ensuite Border rentrer chez lui, et, d’ici au rendez-vous, nous décidons de retourner à la ferme d’O’Bannion.

 

[Leah] Leah a réfléchi à ses possibilités d’embauche, elle connait deux personnes qui pourraient l’aider : la première est une meneuse de revue âgée mais qui avait eu un certain succès en son temps ; il n’est pas certain toutefois qu’elle la favorisera. L’autre personne fait également officie de meneur de revue… mais c’est un sale type, extrêmement glauque, connu pour exiger des contreparties sexuelles en échange de ses services, et rien que l’idée d’aller le voir la révulse…

 

[Tess : Jamie ; Danny O’Bannion, Fran Sandowski, Patrick O’Brien] Nous nous retrouvons tous à la ferme de Danny O’Bannion. Jamie, quand il me voit, me tend un morceau de papier où Fran a écrit un message : elle a trouvé une place de serveuse au Art’s Billiard, et nous donnera toutes les informations utiles qui pourraient parvenir à ses oreilles. Je remarque le ton assez froid du message – et me rappelle qu’on ne lui a pas vraiment parlé depuis le décès de Patrick, avec qui elle s’était liée…

 

[Tess, Chris : Stanley] Le garde en faction auprès de Stanley descend nous rejoindre ; il me tend une liasse de feuillets, la suite des recherches du bibliothécaire, et ajoute que ce dernier a faim… Chris dit qu’il va lui apporter de quoi manger ; il se rend auprès de lui avec un bon repas, mais Stanley, toujours très inquiet, ne dit pas un mot. « Eh bien, c’est comme ça qu’on accueille son avocat ? » Pas de réponse. « Bon appétit… » Stanley lâche à peine un « Merci » étranglé d’angoisse ; Chris tente vainement de faire un brin de causette, puis déclare forfait – Stanley continuant à travailler tant qu’il est là, sans le regarder, aussi redescend-il.

 

[Tess, Dwayne : Stanley] J’étudie les feuillets de Stanley, la suite de la traduction de Magie véritable ; en dehors des passages en aklo qui lui résistent, le bibliothécaire a pu reproduire un nouveau sortilège, qu’il a traduit par « Sortilège de change-forme » : il implique un sacrifice humain, le « sorcier » devant égorger sa victime et récupérer son sang dans un récipient orné d’un symbole aklo (assez simple) dans le fond, après quoi il faut se rincer/laver/baigner dans ce sang, tout en méditant sur l’apparence choisie (des dessins ou portraits peuvent se montrer utiles), et en chuchotant une incantation à laquelle je ne comprends rien… Le sort, s’il est réussi, confère au « sorcier » l’apparence méditée, à ceci près qu’il ne s’agit pas vraiment d’une modification de la forme, plutôt d’une « incurvation de la lumière » – l’ombre du change-forme, ainsi, peut le trahir, de même que le toucher. J’en parle aux autres, et confie la liasse à Dwayne, qui ne la comprend cependant pas mieux que moi.

 

[Chris : Herbert West, Patrick O’Brien] Chris évoque le message de Herbert West… et s’étonne de ce que ce qu’il dit à propos de Patrick ne semble pas nous remuer plus que cela – lui en est très perturbé… Ils nous donne l’adresse de l’entrepôt mentionné par le docteur, mais oublie de parler des graines.

 

[Leah, Chris, Dwayne, Tess : Hippolyte Templesmith, Herbert West] Leah parle de son idée concernant le gala de Templesmith : si elle parvient à se faire embaucher pour une représentation artistique, elle se débrouillera pour attirer l’attention des gardes de l’extérieur vers l’intérieur, afin de nous libérer la voie. Chris avait mentionné la possibilité de recourir à une bombe… mais Dwayne et moi ne sommes vraiment pas enthousiastes à cette idée… Le produit que nous a confié West est visiblement supposé anéantir l’image de Templesmith ; mais des « dégâts collatéraux », outre qu'ils exciteraient la sécurité et pourraient entraîner la conclusion précipitée du gala, retomberaient une fois de plus sur la communauté irlandaise… Chris remarque que Dwayne, moqueur, met régulièrement en avant ses origines italiennes, mais ça le laisse complètement indifférent.

 

[Chris : Seth ; Anna-Marie Reis, Margaret Hoover] Seth arrive à la ferme avec les journaux du soir. Il dit à Chris qu’une petite vieille fait le pied de grue au Guardian’s, désireuse de tomber sur lui – que faut-il faire, s’en débarrasser ? Chris, qui comprend qu’il s’agit toujours d’Anna-Marie Reis, dit qu’il ne faut surtout pas qu’elle le voie, du fait de son double jeu – ce qu’il lui avait dit est incompatible avec ce qu’il a dit à Margaret HooverSeth lui demande s’il s’agit d’un souci personnel, ou qui concerne la « famille » ; Chris répond qu’elle ne présente pas le moindre danger tant qu’elle ne le voit pas. Mais que fait-elle au Guardian’s ? Chris avait donné son adresse à Margaret Hoover, et sans doute a-t-elle transmis… révélant le pot aux roses. Seth conclut que, dans ce cas, c’est à Chris de s’en charger.

 

[Dwayne : Seth, Danny O’Bannion, Vinnie ; Brienne] Seth dit ensuite à Dwayne qu’il lui faut appeler Danny ; il le fait aussitôt, après s’être mis à l’écart : il tombe sur Vinnie, qui va chercher Danny ; O’Bannion une voix calme, voire musicale : il a une bonne nouvelle, ou peut-être plutôt une mauvaise qui a donné lieu à une bonne… Brienne, la compagne de Dwayne, a fait des soucis à la prison, et du sang a coulé – mais elle va bien. La décision a été prise de la transférer dans un autre pénitencier, mais les hommes d’O’Bannion ont intercepté le convoi, et elle se trouve maintenant dans sa garçonnière de French Hill, dont nous avons la clef ; elle est cependant très déstabilisée… O’Bannion suppose que Dwayne est bien conscient des problèmes qui peuvent arriver quand on mêle l’amour et le travail ? Est-il bien certain qu’elle ne posera jamais aucun souci ? Il espère bien, et va la voir dans la soirée… O’Bannion préfère que, le cas échéant, ce soit l’homme qui l’aime qui « s’en charge »… « On s’est bien compris ? »

 

[Tess/« La Rouge » : Leonard Border, Hippolyte Templesmith, Kempton, Margaret Hoover] De mon côté, je survole la Gazette d’Arkham avant notre rendez-vous avec Leonard Border, en m’attardant notamment sur les articles qu’il a signés – mais rien d’autre qu’un navrant marronnier sur les opérations de déblaiement de la neige… Il y a cependant d’autres choses dans le journal, et notamment plusieurs « témoignages » me concernant, provenant de noms incomplets, et portant sur les derniers méfaits de « La Rouge » : j’aurais séduit un homme dans la rue, après quoi je l’aurais mordu à la gorge avant de m’envoler grâce à mes ailes de chauve-souris ; on parle d’une main ensanglantée jaillissant des égouts pour enlever un jeune homme ; un époux, qui s’était mis à sortir plus souvent ces derniers temps au point d’inquiéter sa femme, a prétendu que je l’avais hypnotisé… Le maire d’Arkham a évoqué dans un discours un renforcement des mesures de sécurité, mais cela fait sourire le camp Templesmith (dont la Gazette), qui n’y voit que de la poudre aux yeux, témoignant de sa panique… La mairie est aussi affectée par des révélations de scandales portant sur les employés de mairie et leur rémunération. Le médecin légiste Kempton, qui avait disparu, a été arrêté pour perversion sexuelle, et Margaret Hoover s’en désolidarise aussitôt. Un article sobre évoque les funérailles des parents de Hippolyte Templesmith, qui figure sur une photographie très digne. Son gala continue de susciter la curiosité, mais rien de nouveau. Les travaux du réservoir de la Lande Foudroyée, financés par lui, se poursuivent. Quant à son usine de Miska-Tonic !, elle a presque achevé son recrutement.

 

[Chris, Leah : Patrick O’Brien, Michael Bosworth ; Herbert West] Chris y revient sans cesse : il est curieux de ce que Herbert West a dit à propos de Patrick, et convainc Leah de l’accompagner à l’entrepôt – Michael se joint à eux. Ils roulent à travers les champs autour d’Arkham, et atteignent enfin un petit entrepôt délabré, très isolé. La double-porte est cadenassée. Chris demande à Michael de lui faire la courte échelle pour monter sur le toit, lequel a été rafistolé vite fait avec de la tôle qui se déchausse par endroits ; il soulève un pan de tôle pour jeter un œil à l’intérieur… mais se casse la figure, le toit étant glissant à cause de la neige. Michael, un brin narquois, tente le coup lui aussi, et y parvient. Il siffle, il n’y a personne à l’intérieur, mais comme une armoire allongée sur le dos… Chris se relève péniblement, tandis que Michael cherche à descendre par le toit – ajoutant que, vu comment Chris est doué pour la grimpette, il ferait sans doute mieux de tenter le crochetage… Chris approche son pistolet du cadenas et tire dessus, ce qui suffit à le briser. Leah s’aperçoit un peu tard… que le cadenas n’était pas verrouillé.

 

[Chris, Leah : Michael Bosworth, Patrick O’Brien ; Herbert West] Chris et Leah rejoignent Michael à l’intérieur, qui est agenouillé devant « l’armoire ». La pièce est autrement vide, mais y flotte une légère odeur de formol et de putréfaction ; ils distinguent quelques traces de pas au sol. Chris, hésitant, ouvre enfin « l’armoire » – d’où proviennent les odeurs. S’y trouve le cadavre de Patrick, bien retapé, même si sa peau a une déconcertante nuance vert de gris ; ses vêtements ont été changés (ils sont de qualité moyenne). Une enveloppe est épinglée sur son torse, qui contient une seringue d’un produit vert pâle, ainsi que des instructions manuscrites de Herbert West ; Chris s’en empare – le message dit qu’il ne manque plus qu’une injection à la jugulaire pour « ranimer » Patrick ; mais c’est à eux de la faire, parce que le mort-vivant obéira à la première personne qu’il verra après avoir été ramené. Herbert West ajoute qu’il a travaillé au mieux, mais que Patrick n’est pas dans un état parfait : la détérioration, à terme, peut le rendre psychotique, et il faudra alors l’abattre (Herbert West souligne « ne pas hésiter ») ; il avance la possibilité que des effets déclencheurs pourraient précipiter cette issue fatale, aussi nous faut-il rester sur nos gardes. Chris tend la seringue à Leah : « C’était votre ami ? » Il ajoute : « Un chevalier servant, ça peut être intéressant… » Leah dit l’avoir peu connu, mais oui, plus que ChrisLeah hésite un peu, tandis que Chris recule en entrainant Michael. Puis Leah se décide et injecte le produit – guère fluide, il faut y aller en douceur et cela prend un certain temps… Elle perçoit au bout d’un moment une légère respiration, et a la sensation d’un pouls qui redémarre…

 

[Tess, Dwayne/« Michael Doung » : Burt] Nous avons rejoint le quartier ouvrier – les usines sont toutes proches (mais la concurrence du Texas a coulé l’industrie textile d’Akham…). Il y a du monde devant Chez Burt, des ouvriers qui boivent des bières sans s’inquiéter de la police ; certains d’entre eux, plus particulièrement éméchés, semblent chercher la bagarre… Je me rends compte que ma voiture fait un peu trop « classe » dans un environnement pareil – j’imagine qu’elle risque d’être un peu dégradée (après tout, enfant dans mon quartier, je n’aurai pas fait autre chose…). Je reste au volant tandis que Dwayne entre à l’intérieur du restaurant… ou plutôt essaye, mais une bagarre éclate à côté de lui : le type qui gueulait le plus s’est pris une grosse tarte et lui tombe dessus, mais Dwayne le voit venir au dernier moment et évite le choc, l’ivrogne s’écroule derrière lui.

 

[Dwayne/« Michael Doung » : Leonard Border, Burt ; « Classy » Tess McClure, Kelly Gillian] Dwayne ne s’attarde pas dehors et entre dans le restaurant ouvrier, équipé de longues tables avec des bancs ; ça sent la bière, la sueur et le tabac, et il y a de l’animation à l’intérieur. Il approche du comptoir et dit qu’il a rendez-vous avec « Leo », tout en glissant un pourboire. Burt empoche le billet et siffle un serveur, qui fait ensuite signe à Dwayne de le suivre – il le conduit dans une toute petite arrière-salle, où Leonard Border attend, assis sur une chaise devant une table. Le journaliste est peut-être un brin angoissé, mais pas mal à l’aise à proprement parler. Il reconnaît Dwayne (« Michael Doung ») et se lève pour l’accueillir. Le serveur disant à Dwayne qu’ici, il faut consommer, il lui commande une bière (Border, de son côté, a pris un whisky qu’il sirote très lentement). Le journaliste dit : « Je vous écoute. » Dwayne explique que son « informatrice » est à l’extérieur, et que lui est rentré pour jauger l’endroit ; Border lui dit que c’est un endroit sûr, il paye bien – plusieurs scoops y ont été réalisés… Il supposait que « l’informatrice » était Kelly Gillian, et Dwayne le détrompe – mais nous sommes bien venus pour parler d’elle. Dwayne dit qu’il espère qu’il n’y aura pas d’entourloupe, puis sort me rejoindre.

 

[Tess, Dwayne : Joey] J’observe les effets de la bagarre à l’extérieur – outre l’ivrogne qui s’est affalé sur Dwayne, d’autres poivrots ont été soit ramenés à l’intérieur, soit déposés dans des voitures. Mais ceux qui restent debout s’approchent de la mienne, comme des pies attirées par un objet brillant… Je sors, et reste à attendre à côté du siège conducteur. Les types, complètement bourrés, ne manquent pas de me siffler, et l’un d’entre eux surjoue le dandy lourdaud, s’approchant de moi en déclamant maladroitement des vers à demi oubliés – pathétique… Quand il est un peu trop prêt à mon goût, je lui fais signe de s’arrêter – tandis que les autres encouragent « Joey ». Il poursuit sa récitation, s’approche encore de moi, et a droit à mon légendaire coup de genou : il tombe à terre dans un râle de douleur et vomit – ses camarades s’en offusquent et se mettent à m’insulter. Je ne suis « pas drôle »… Ils s’approchent à leur tour, agressifs. Dwayne ressort à ce moment-là, et leur demande de se calmer, propose même de leur offrir des bières, mais ils sont trop bourrés pour faire attention à lui, et veulent clairement en découdre… Deux s’approchent finalement de lui, tandis que les deux autres poursuivent dans ma direction. Un type attaque maladroitement Dwayne mais rate complètement son coup ; Dwayne tente de lui faire un croche-pied, mais sans plus de succès. J’essaye vaguement de calmer le jeu… mais ne peux m’empêcher en même temps de jouer la menace, disant qu’ils savent très bien comment tout cela va se terminer… Le plus ivre des deux s’avance toujours, mais l’autre s’arrête, et, après un temps, dit à son collègue de ne pas déconner… Il tente de le retenir par sa ceinture, mais l’autre s’effondre sur ma première victime, et dans son vomi… Reste celui qui me regarde terrorisé ; je m’avance, lui proposant à mon tour un verre pour oublier tout ça – mais il s’en va en fuyant : sans doute les journaux me dépeignant en succube ont-ils fait leur effet sur lui… Dwayne dit à l’un de ceux qui restent de ramener ses potes, en lui tendant un billet ; l’ouvrier dit qu’il va s’en occuper, s’empare du billet puis s’en va. L’ivrogne qui avait vomi s’est endormi, celui qui avait trébuché sur lui a disparu à son tour. Dwayne me rejoint, me disant que pour lui l’endroit est « clean » ; je mentionne les types qui sont partis en courant, surtout le premier, mais Dwayne n’y voit pas une menace : qui croirait un type aussi bourré ? Admettons. Je suis Dwayne dans le bar, et nous rejoignons l’arrière-salle – j’ajoute un billet et commande un verre.

 

[Tess, Dwayne/ « Michael Doung » : Leonard Border ; Kelly Gillian, Burt, Hippolyte Templesmith] Border demande à « Michael Doung » si je suis son « informatrice », et il confirme. Le journaliste est tout ouïe. Nous échangeons vaguement sur Kelly Gillian… Mais [échec critique en Psychologie] ce premier contact me déplait profondément, je suis porté à haïr ce personnage, efféminé, faible, inquiet – sans trop savoir pourquoi, même si la possibilité que je l’envisage ainsi en reportant sur lui les traits les moins flatteurs de mon fiancé décédé ne m’échappe pas totalement, et en rajoute à mon trouble… J’abandonne bientôt toute diplomatie, et me montre agressive. Je lui parle de la ferme des Tulliver, où je l’ai vu, avec sa collègue… Et je sais ce qu’ils y ont trouvé, même s’il n’en a rien dit dans son pathétique article. Dwayne est sur ses gardes… Quand Leonard Border m’interroge une fois de plus sur ma « profession », je lui dis que mon milieu, c’est les cadavres qu’il a trouvés – et je le menace clairement. Il se lève, angoissé : « Bonne nuit. » Je lui interdis de partir, Dwayne le maitrise et le bâillonne – mais Border avait commencé à crier : « Burt ! » Dwayne lui cale son flingue dans les côtes : il va libérer sa bouche et, quand le serveur arrivera, Border finira sa phrase, demandant simplement « plus de boissons »… Ils y passeront tous s’il dit quoi que ce soit d’autre ! Border fait signe qu’il va coopérer. Quand le serveur arrive, il lui commande trois White Russians, c’est lui qui paye… Quand le serveur s’en est retourné, j'ordonne au journaliste de me parler de Kelly Gillian, qu’il accouche enfin : qu’est-ce qui s’est passé, qui est en cause ? Il lâche enfin le nom de Templesmith – mais de toute façon tout le monde travaille pour lui dans cette ville ! Le serveur revient avec les trois White Russians… et la lumière s’éteint aussitôt. Dwayne entend la chaise de Leonard Border tomber en arrière, et le journaliste se précipiter dans la direction opposée à l’entrée où se tient le serveur – j’entends que ce dernier arme un fusil de chasse… Je quitte ma chaise et vais me caler contre le mur à côté de la porte, tandis que Dwayne se précipite dans la direction suivie par Border – de son bras en avant, il heurte une surface de bois coulissante, une sortie dérobée dont il entend le mécanisme de fermeture… Le serveur dit qu’ils sont cinquante et que nous sommes deux : on la joue comment ? Dwayne se jette par terre et dégaine son arme. La lumière se rallume…

 

[Leah, Chris : Patrick O’Brien, Michael Bosworth ; Hippolyte Templesmith] Dans l’entrepôt, la main de Patrick jaillit soudain et saisit Leah ; il ouvre les yeux (se rendant compte qu’il a une orbite vide, qu’il explore de son index…), et son crâne se dresse, bouche bée. Il émet un beuglement léger, dans lequel Leah distingue son nom : « Leeeeeeeeeeaaaaaaaaaaaaaaaah… » Elle lui demande gentiment de la lâcher ; il se tourne vers elle et obéit. Chris demande à Patrick si « ça va ». Il enlève son index de son orbite, se passe la main sur le crâne, hausse les épaules… Sa voix est chargée d’une vague antipathie : « Iiiiiiiiiiiiiitaaaaaaaaaaaalien ? » Leah le ramène à lui, le détournant de Chris ; le mort-vivant poursuit : « Besoin aaaaaaaaaaarmes… Nous tuer Templesmiiiiith ? » Leah confirme. « Bieeeeeen… » Leah dit qu’elle lui donnera une arme quand ils seront près de lui. Patrick est plus pressé : « Besoin arme pour me défeeeeeendre… » Mais Leah dit que non, pas pour le moment : nous sommes ses amis – même l’Italien. Patrick enlace amicalement Leah ; son corps est maintenant tiède. Elle se laisse faire, puis : « On va rentrer ; on s’occupera de Templesmith dans quelques jours. » Leah constate que Patrick a une préhension ferme – pas menaçante, mais témoignant d’une étonnante puissance musculaire… Il la lâche, se tourne vers Michael et lui tend sa main ; Michael hésite, mais la serre enfin (et, oui, décidément, Patrick a une sacrée poigne !). Le mort-vivant se tourne enfin vers Chris, tend à nouveau sa main, et Chris, bien que méfiant, l’accepte (même sensation). Patrick revient alors à Leah, prêt à lui obéir. Faut-il rentrer à la ferme de Danny O'Bannion, demande-t-elle ? Chris le confirme. Leah dit alors à Patrick de la suivre. Chris prend Michael en aparté : « J’ai l’impression qu’on n’a pas fini d’avoir des emmerdements avec ce truc… » Michael est assez d’accord – même si c’est une bonne chair à canon… Et Patrick chantonne maladroitement : Leah se souvient de son anniversaire fêté au Paddy’s, elle l’avait fait monter sur scène pour qu’il chante avec elle, cette ballade précisément…

 

À suivre…

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