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CR L'Appel de Cthulhu : Arkham Connection (23)

Publié le par Nébal

CR L'Appel de Cthulhu : Arkham Connection (23)

Vingt-troisième séance de la campagne de L’Appel de Cthulhu maîtrisée par Cervooo, dans la pègre irlandaise d’Arkham. Vous trouverez les premiers comptes rendus ici, et la séance précédente .

 

Tous les joueurs étaient présents, qui incarnaient donc Dwayne O’Brady, l’avocat Chris Botti, la chanteuse Leah McNamara et quant à moi « Classy » Tess McClure, maître-chanteuse.

 

[Tess, Dwayne : Diane Pedersen, Leonard Border, Stanley] Après ma rencontre inopinée avec l'apparition fantomatique, je me remets tant bien que mal au travail, conservant le cristal sur moi ; je mémorise les photos de Diane Pedersen pour reproduire au mieux son apparence, à tous les niveaux. Dwayne, pendant ce temps, vérifie l’étanchéité de sa mangeoire – il peut colmater quelques petites fentes. Il prépare aussi de quoi séquestrer Leonard Border, ainsi qu’un couteau pour le sacrifice. Après quoi il me rejoint, et me propose de l’accompagner pour enlever le journaliste – volontiers, j’ai une dent contre lui… Je m’interroge sur un aspect du rituel non spécifié dans les notes de Stanley : la durée de son effet. Dans le doute, il vaudra mieux le faire au dernier moment…

 

[Chris, Dwayne, Tess : Leah McNamara] Chris est de retour à la ferme de Danny O'Bannion. Il constate que Leah n’est pas avec Dwayne et moi – elle est à son cours de danse. Il nous demande si ça va, mais Dwayne et moi ne sommes guère communicatifs ; par ailleurs, Chris est bien conscient des préjugés de Dwayne à l’encontre des Italiens...

 

[Dwayne, Tess : Patrick O’Brien ; Leonard Border] Dwayne propose que nous partions avec Patrick pour kidnapper Leonard Border, et Patrick est tout à fait volontaire. Mais je suis un peu sceptique – rien de personnel contre Patrick, quand il me le demande : c’est simplement que, plus nous sommes nombreux, moins nous sommes discrets, et nous ne connaissons pas ses capacités en la matière depuis sa résurrection… Ça le fait réfléchir un moment, mais il dit qu’il a besoin de faire quelque chose, sans quoi il va exploser – chose que ressentait bien Dwayne. Je finis par être convaincue quand Dwayne fait la remarque que des gros bras pourraient être utiles – je n’ai pas le gabarit, et lui non plus…

 

[Dwayne, Tess/« Louise O’Hara » : Diane Pedersen, Danny O’Bannion] Nous échangeons, Dwayne et moi, sur l’action à mener contre Diane Pedersen – il s’agit après tout de prendre sa place au gala, il ne peut pas y avoir deux Diane Pedersen en même temps au même endroit… Il faut en revenir aux photographies pornographiques, la faire chanter comme je comptais faire chanter initialement ses parents : je lui enverrai une photographie éloquente que je sacrifierai, affirmant – comme c’est le cas – que j’en ai d’autres, à même de ruiner sa réputation. Il faut alors fixer un point de rendez-vous pour l’échange, où je m’assurerai en fait de sa personne. Je finis par rédiger ce courrier, à confier à un coursier privé, pour que Diane Pedersen le reçoive dans la soirée (je le soumets à Dwayne avant de l'expédier) :

 

« Cette photographie pourrait avoir de fâcheuses répercussions. Il se trouve que j’en ai d’autres, et des plus salées encore… On devrait se voir et discuter de tout ça – prévoyez du liquide : [j’indique ici une somme que je suppose correcte pour un chantage de ce genre]. Rendez-vous au salon de thé Au Bonheur des Roses, à Boston [c’est un commerce officiel, mais avec une arrière-salle bien utile, parfois employée par le milieu irlandais, et liée aux réseaux de Danny O’Bannion ; il s’agit de profiter de la présence de Diane Pedersen à Boston pour éviter des trajets plus contraignants à New York] demain à 11h [pour avoir une marge suffisante pour les allers-retours et l’exécution du rituel]. Ne soyez pas bête : ne venez pas accompagnée, et n’en parlez à personne ; à la moindre entourloupe, votre image sera définitivement compromise… Vous ne voulez pas que cela arrive, et moi pas davantage – tant qu’on me paie. À bientôt, [signé] L.O. [pour Louise O’Hara] »

 

[Chris : « 45 », Blutch ; Diane Pedersen, Stanley] Chris parcourt la presse – il tombe notamment sur des articles traitant de la réputation de Diane Pedersen, jeune fille de bonne famille et bien sous tous rapports, que l’on suppose d’ailleurs toujours vierge… Mais il va aussi s’entretenir avec les gardes, et tout d’abord celui que l’on surnomme « 45 » ; il veut lui parler de Stanley, mais ce n’est pas lui qui s’en occupe – deux ou trois de ses collègues se relaient quand ils ne sont pas affectés au guet de la propriété : « 45 » les décrit à Chris, qui, de retour dans le bâtiment, tombe sur l’un d’eux, Blutch, en train de faire sa pause-repas. Chris lui demande comment va le bibliothécaire ; le garde revient en riant sur sa tentative de le soudoyer… En dehors de cela, c’est un détenu assez « sage »… Très faible, par contre : il ne cesse d’appeler sa maman, la nuit, ce qui fait ricaner le garde. Blutch dit à Chris qu’il espère qu’on ne le relâchera pas un jour – il a vu les visages de tout le monde ici… Nous sommes bien des professionnels ? Chris dit qu’il ne s’en occupe pas : s’il est bien un professionnel, c’est dans un tout autre rayon… Mais personne ne se fait d'illusions en ce qui concerne le sort ultime de Stanley

 

[Leah : Elsa Ropes, Danny O’Bannion] Leah sort de son cours de danse, où elle a bien travaillé. Après quoi elle va acheter des vêtements correspondant aux suggestions d’Elsa Ropes – elle se décide pour quelque chose de chic et sobre, de qualité moyenne. Ensuite, elle rentre à la ferme de Danny O’Bannion, afin de se reposer et de se préparer avant de se rendre à la maison de retraite pour la fête d’anniversaire.

 

[Dwayne, Tess : Patrick O’Brien ; Leonard Border] Dwayne et moi, accompagnés de Patrick, nous rendons vers 17h aux bureaux de la Gazette d’Arkham pour y guetter la sortie de Leonard Border ; nous ne prenons pas ma voiture, compromise depuis l’affaire avec le barrage de police la nuit dernière, mais c’est tout de même moi qui conduis. Sur place, je me gare dans une petite ruelle bien située pour surveiller l’immeuble du journal. Nous avons pris soin de nous munir de cagoules, mais aussi de chapeaux, etc. – y compris pour Patrick.

 

[Chris : Michael Bosworth ; Orson Cushing] Chris discute avec Michael de la manière dont ils vont procéder le lendemain au gala. Certes, ils pourront entrer en tant qu’employés du traiteur, avec les costumes adéquats – mais Orson Cushing lui-même avait pointé du doigt un problème : si les services de sécurité de l’Omni Parker House voient entrer six employés en costumes, mais seulement quatre qui ressortent de l’hôtel, ils vont suspecter quelque chose… D’ailleurs, il leur faudrait probablement trouver à infiltrer dans le bâtiment d’autres costumes plus appropriés à la soirée – des smokings, même – et trouver à se changer en toute discrétion. Ils envisagent d’arborer en lieu et place le costume du personnel de l’Omni Parker House, mais non : les employés se connaissent entre eux… Quoi qu’il en soit, il leur faut trouver comment procéder – sachant que la fête débutera vers 19h30.

 

[Leah, Chris : Michael Bosworth, Elsa Ropes] Plus tard, Leah se rend à la maison de retraite, Aux Lauriers TeintsChris l’y conduit, et Michael les accompagne. Nombre de musiciens et danseuses sont déjà là, ainsi qu’Elsa Ropes, qui adresse un signe à Leah, laquelle la rejoint et pénètre ainsi dans le bâtiment. Il y a une petite scène au fond de la grande salle où auront lieu les festivités ; on distribue à Leah une feuille comportant le plan de la troupe et l’endroit où elle est supposée se tenir – on lui confie également un violon et des partitions. Elsa Ropes lui laisse entendre que, si elle veut toucher un petit bonus, elle aura l’opportunité de chanter en fin de soirée, en prenant le relais des autres… Mais pour l’heure, elle s’en tient au violon – pour un programme on ne peut plus classique : Vivaldi, Mozart, Beethoven… Elle se débrouille bien.

 

[Dwayne, Tess : Patrick O’Brien, Leonard Border] Vers 17h25, Dwayne, Patrick et moi voyons Leonard Border sortir de la rédaction ; il ne se rend pas de suite à sa voiture, mais passe devant pour aller à un bureau de tabac tout proche ; il est visiblement nerveux… En outre, j’ai vu qu’il avait fait un signe de la main en direction de sa voiture quand il est passé devant – à l’intérieur, au siège conducteur, il y a bel et bien une silhouette, celle d’un homme assez épais ; je le signale à Dwayne et Patrick : à l’évidence, il a fait appel aux services d’un garde du corps – ce n’est peut-être pas la première fois, d’ailleurs : son métier et sa position lui ont sans doute valu plus d’une fois des menaces… Il ne nous a pas vus directement – mais a sans doute repéré notre voiture dans la ruelle : il connaît bien les lieux, et se doute qu’elle est tout indiquée pour surveiller l’immeuble de la Gazette d’Arkham… Il se montre en tout cas un peu plus empressé de rejoindre sa voiture après avoir fait ses courses – et on lui ouvre la portière de l’intérieur.

 

[Tess : Leonard Border] Je suis la voiture de Leonard Border, prenant soin de laisser passer trois ou quatre véhicules avant de m’engager sur la voie… Mais, juste au moment où je compte m’insérer dans la circulation, une voiture qui roule un peu trop vite me bloque le passage, et je perds du temps – la voiture de Leonard Border n’est plus visible… Nous supposons qu’il se rend de toute façon chez lui, au Guardian’s ; je décide de prendre un itinéraire alternatif (je connais bien les rues d’Arkham), avec moins de circulation, afin d’arriver sur place un peu avant le journaliste. Nous arrivons en fait alors qu’il cherche une place de libre dans le parking – c’est donc bien le garde du corps qui conduit.

 

[Dwayne, Tess : Leonard Border, Patrick O’Brien, John ; Danny O’Bannion] Il n’y a personne d’autre sur le parking à ce moment précis : nous avons vu un couple partir à l’instant, et une famille avec un enfant pénétrer dans l’immeuble, mais rien de plus. Nous mettons nos cagoules. Dwayne dit qu’il va s’occuper de Leonard Border, et dit à Patrick de se charger du garde du corps – il peut le tuer, le cas échéant, aucun problème. Le temps que j’arrive, cependant, le journaliste et son garde du corps sont déjà sortis de la voiture ; je manœuvre donc pour les empêcher de gagner l’entrée du bâtiment – cette fois, Border reconnaît la voiture de la ruelle, et nos cagoules ne sont pas faites pour le rassurer… Il lâche un : « John ! » paniqué. Le garde du corps ainsi nommé voit la menace que nous représentons, et plonge sa main dans sa veste pour s’emparer d’une arme de poing. Patrick, avant même que je m’arrête, descend de la voiture et braque John. Leonard Border est tétanisé, et hésite sur la marche à suivre : fuir ? ou se dissimuler derrière John ? Il opte enfin pour cette dernière solution. Dwayne descend à son tour de la voiture, mais reste derrière Patrick. Il crie au garde du corps : « Ça serait con de crever pour ça, tu peux te barrer. Il te paye assez pour que tu meures ? » Mais Leonard Border hurle : « À l’aide ! » Et John demeure loyal – il lève son arme sur Patrick, et tous deux font feu en même temps (Dwayne tire aussi). Patrick ne fait guère de dégâts, tandis que John lui fait très mal – une balle a même traversé son corps pour frôler Dwayne derrière lui ! Mais que Patrick s’affaisse lui facilite en fait la tâche : il loge deux balles dans le corps de John, la première à l’épaule gauche et la deuxième à la gorge – le garde du corps s’effondre en gargouillant… Patrick est visiblement mal en point. Leonard Border court dans la direction de la guérite du gardien du parking, qui ne s’est pour l’heure pas manifesté ; Dwayne le poursuit, mais ne va pas assez vite pour le rattraper ; quant à moi, j’essaye de l’intercepter avec la voiture, mais sans succès… Derrière nous, Patrick se relève douloureusement, du sang coule de sa bouche… Dwayne en met un coup, et profite de ce que Leonard Border a dérapé sur le sol glissant pour le rattraper – le journaliste s’est cassé la figure sur le capot d’une voiture. Dwayne l’attrape par le col et tente de lui donner un coup de crosse, mais ça ne suffit pas ; je décide de descendre de voiture pour l’aider, tandis que Patrick s’avance vers le véhicule. J’arrive derrière Leonard Border qui tente de s'échapper et lui donne un violent coup de genou dans la colonne vertébrale : il s’effondre. Dwayne et moi nous emparons de lui pour le porter dans la voiture. Il tente désespérément de nous soudoyer, disant qu’il a de l’argent, qu’il nous donnera tout ce que nous voulons, mais nous ne prêtons pas attention à ce qu’il raconte – Dwayne lui dit simplement : « Ta gueule si tu veux vivre ! » C’est alors que se manifeste le gardien du parking, pas très vaillant, et qui s’enfuit dès qu’il a un aperçu de la situation – mais il va sans doute contacter la police. Nous partons au plus vite – Leonard Border et Patrick, très mal en point, sont à l’arrière, tandis que Dwayne, à la place du mort, braque le journaliste. Nous entendons des sirènes de police, mais au loin, et regagnons la ferme de Danny O’Bannion sans être davantage inquiétés.

 

[Leah : Elsa Ropes ; Hippolyte Templesmith] Leah s’est bien débrouillée dans la soirée à la maison de retraite ; elle charmait visiblement les petits vieux, mais sans rien d’égrillard, et ça la faisait sourire… Elle a songé à son bonus : elle a l’opportunité de chanter, la saisit, et livre une performance plus que correcte. Elsa Ropes lui adresse un sourire, elle est satisfaite par sa prestation. La soirée se termine. Les nouveaux collègues de Leah se montrent sympathiques avec elle, qui a fait ses preuves. Elsa Ropes lui confirme qu’elle la retient pour le gala de Hippolyte Templesmith, le lendemain soir, à Boston. Elle lui explique lapidairement le fonctionnement de la soirée – où il y aura deux salles très différentes : Leah sera affectée au « dining room », mais il y aura aussi un « dancing room » où l’ambiance sera plus festive – voire « décadente » au fur et à mesure que les heures défilent : Elsa Ropes suppose qu’il y aura de l’alcool, quelle décadence… Peu importe : il faudra que Leah s’habille de façon plus élégante – Elsa Ropes lui indique une boutique et lui donne des conseils à cet effet. Leah est tout ouïe, et demande même à la meneuse de revue si elle a d’autres conseils pour améliorer sa prestation, mais pas grand-chose, finalement : tout au plus veiller à adopter une posture plus en phase avec la musique classique, peut-être… Elle lui donne rendez-vous pour le lendemain, à l’Omni Parker House de Boston ; la soirée est prévue pour durer de 19h à minuit environ ; si jamais, elle organise un départ en bus privé depuis son agence d’Arkham, à 17h. Puis la meneuse de revue s’en va, et les collègues de Leah en profitent pour lui proposer d’aller boire un verre (d’alcool, clairement) ; Leah les remercie, mais quelqu’un doit passer la prendre… Une autre fois, peut-être ? Le lendemain, même ?

 

[Chris : Michael Bosworth] Chris attendait dans sa voiture sur le parking de la maison de retraite, avec Michael. Mais il y a des patrouilles de police régulières en ce moment, aussi ne sont-ils pas forcément étonnés de voir une voiture de police s’engager dans le parking. Ça n’inquiète pas Chris, qui tend poliment ses papiers quand un agent le les lui demande. Que font-ils ici ? Chris répond la vérité : ils patientent, le temps qu’une amie, à l’intérieur, finisse le spectacle pour lequel elle a été engagée – après quoi ils rentreront à la maison… Le deuxième policier, plus zélé, les invite à signaler tout fait étrange, tout trouble à l’ordre public qu’ils pourraient constater. Chris répond qu’ils le feront volontiers, mais qu’ils n’ont rien vu de suspect ici…

 

[Leah, Chris : Michael Bosworth] Leah ressort de la maison de retraite, satisfaite par sa prestation, et remonte dans la voiture, qui prend la direction de la ferme de Danny O’Bannion. Elle explique à Chris et Michael l’organisation en deux salles de la soirée – il n’est pas sûr qu’elle puisse rejoindre le « dancing room »… Peut-être pourra-t-elle s’y faire inviter après son travail ? Chris lui suggère que le porte-jarretelles pourrait faire des miracles… Leah est censée adopter une tenue autrement digne et classique, mais après, peut-être…

 

 

[Tess, Dwayne : Patrick O’Brien, Leonard Border, « 45 » ; Danny O’Bannion, Nick, Hippolyte Templesmith] Je roule en direction de la ferme de Danny O’Bannion. Patrick a posé sa main gauche sur l’épaule de Leonard Border pour le maintenir, mais il a gardé sa main droite contre son ventre, et saigne abondamment… Quand nous arrivons à la ferme, il est plus que pâle. Nous croisons les gardes, notamment « 45 », qui nous engueule pour ne pas avoir bandé les yeux du journaliste – il chuchote à l’oreille de Dwayne qu’il faudra ensuite s’en débarrasser, et Dwayne lui répond de la même manière qu’il en est bien conscient… Dwayne demande alors à « 45 » de l’aider à emmener Leonard Border dans la cave, où il sera ligoté et enfermé. Pendant ce temps, je vais chercher Nick, le médecin, pour qu’il s’occupe de Patrick.

 

[Dwayne : Leonard Border ; Burt, « Classy » Tess McClure, Hippolyte Templesmith] Une fois Leonard Border attaché à une chaise dans la cave, Dwayne quitte sa cagoule, et le journaliste s’étonne : « Mais je ne vous ai jamais rien fait ! Je ne vous connais même pas ! » Dwayne le trouve bien gonflé, après ce qui s'est passé Chez Burt, mais le journaliste continue sur ce ton : « Et vous m’avez livré à une sadique ! » Dwayne lui dit de la fermer – à moins qu’il veuille bien répondre à ses questions, maintenant ? Il lui demande s’il a bien une invitation pour le gala de Hippolyte Templesmith. Le journaliste est stupéfait : « C’est pour ça ? » Dwayne lui demande s’il a cette invitation sur lui, ou si c’est simplement que son nom figure sur une liste vérifiée à l’entrée de l’Omni Parker House ; Border dit qu’il a bien une invitation, mais chez lui… Dwayne comprend qu’il ment.

 

[Tess : Patrick O’Brien ; Nick] J’ai signalé l’état de Patrick, et demandé à ce que Nick vienne au plus tôt. Je tente d’aider Patrick, d’ici-là, mais sans grand succès – d’autant que je suis très mal à l’aise à son égard, après ce qui s’est passé lors de l’énucléation… Patrick se plaint de ce que « ça le brûle à l’intérieur ». J’essaye de le bander pour stopper l’hémorragie, mais ne parviens pas à faire correctement le tour de son ventre déchiré. Son sang macule mes mains, mais il y a autre chose : j’y perçois comme des reflets verdâtres… Puis je sens quelque chose tomber le long de ma veste – quelque chose que je ne saurais définir autrement que comme un « champignon » ou un « bulbe » ovale et de teinte rosâtre, évoquant un croisement entre la chair et le végétal… Je crie aux gardes d’amener de la viande – au cas où… Ils râlent mais obtempèrent : il y a un blessé… Ils ramènent bientôt le jambon qu’avait voracement entamé Patrick. Parallèlement, comme par réflexe, je tente désespérément de remettre le « champignon » dans les tripes de Patrick – y plonger les doigts me répugne… d’autant plus que j’y sens à nouveau cette texture étrangement molle, spongieuse – et il y a dans le ventre de Patrick comme un « lierre » fait de la même « chair ». Tout ceci me dépasse totalement – et Patrick s’évanouit.

 

[Dwayne : Leonard Border] Dwayne file une claque à Leonard Border : « On ne ment pas, ici… » Le journaliste acquiesce : en fait, l’invitation est à son bureau. Dwayne, cette fois, ne parvient pas déterminer s’il est sincère ; mais il fouille ses poches… et trouve l’invitation dans son portefeuille. Il lui colle une autre baffe en punition de ce nouveau mensonge. Leonard Border semblait vouloir dire quelque chose, mais il se retient, et Dwayne n’y prête pas davantage attention – en fait, il lui remet même son bâillon, après que le journaliste tente une dernière fois de le soudoyer, mentionnant une riche propriété dans le Vermont, et les 10 000 $ qu’il y aurait cachés… Dwayne prend bonne note de tout ça, mais le bâillonne quand même, et lui met une cagoule sur la tête pour l’aveugler, tant qu’à faire. Le soupirail de la cave est bien trop étroit pour qu’un homme puisse s’y glisser, mais, avant de partir, Dwayne prend bien soin de sécuriser la porte et de la bloquer.

 

[Tess, Dwayne : Patrick O’Brien, Nick ; Herbert West] J’ai senti un mouvement dans le ventre de Patrick quand j’y ai replacé le « champignon » ; comme si quelque chose avait senti ma présence, et cherchait à se défendre au cas où… Puis je m’applique à nouveau à calmer l’hémorragie – avec plus de succès, d’autant que Dwayne remonte de la cave et vient m’aider ; Nick ne tarde plus guère – il est totalement déboussolé en voyant Patrick et, s’il ne le dit pas, il n’a de toute évidence aucune idée de ce qu’il faut faire avec un cas pareil… Il nous dit cependant de le porter dans sa chambre. Dwayne mentionne les seringues que nous avait laissées Herbert West, mais ce n’est pas encore le moment d'en faire usage.

 

[Dwayne, Tess : Patrick O’Brien, Leonard Border ; « 45 », Hippolyte Templesmith, Kelly Gillian] Une fois Patrick déposé dans sa chambre, Dwayne va chercher de quoi nourrir Leonard Border et retourne le voir à la cave ; cette fois, je le suis. Et, quand Dwayne ôte la cagoule des yeux du journaliste et qu’il me voit, sa réaction ne fait aucun doute : je l’inquiète… Dwayne cherche à le rassurer, lui disant qu’il rentrera au journal demain, comme d’habitude ; dans un sens il ne ment pas… Mais Leonard Border n’est pas un imbécile, et se doute bien de son sort – au moins depuis les chuchotis échangés entre Dwayne et « 45 ». Je suis longtemps restée silencieuse, à l’observer, mais je lui demande alors de nous parler de Hippolyte Templesmith : leurs rapports personnels, Templesmith et la Gazette d’Arkham, etc. Il ne nous apprend pas forcément grand-chose – disant qu’il est bien obligé de lui lécher le cul, comme tout le monde, et même si ça le dégoûte… Quand je l’interroge sur Kelly Gillian, il confirme que sa collègue a été virée – elle cherchait à rassembler des preuves contre Templesmith, mais Leonard Border s’est montré plus prudent… Il ne sait rien de plus, il ne l’a pas revue depuis son licenciement – il suppose un peu gratuitement qu’elle est « sans doute en train de cuver », mais ça n’exprime que davantage son sentiment de culpabilité. Saurait-il où elle se trouve ? Il me demande si nous comptons faire la même chose avec elle, je lui dis que non, nous n’avons absolument rien contre elle. Mais je lui fais peur… Il ne nous fait pas confiance, et ajoute, bravache, qu’il ne la trahira pas une deuxième fois. Je m’en tiens là. Le journaliste n’a pas beaucoup d’appétit… Mais il demande un « dernier verre du condamné » (d’alcool, bien sûr) à Dwayne, qui répond qu’il va lui chercher ça… Le journaliste ajoute qu’il ne sert à rien de le bâillonner dans un endroit pareil ; mais Dwayne constate que ses liens aux poignets sont un peu desserrés – un travail de longue haleine pour s’en débarrasser petit à petit, à force de contorsions et de brûlures… –, et il les resserre un bon coup : c’est douloureux… En guise de punition, Dwayne inflige à nouveau bâillon et cagoule au journaliste.

 

[Dwayne, Tess : Nick, Leonard Border, Patrick O’Brien ; Danny O’Bannion] Puis nous entendons un hurlement exprimant une douleur effroyable – Dwayne identifie Nick. Nous courons vers l’étage – après cependant avoir vérifié que Leonard Border ne pourrait pas s’échapper de la cave. Arrivés sur place, nous voyons Nick mort… et Patrick la tête plongé dans ses tripes, en train de le dévorer ! Il ne fait pas attention à nous. Dwayne dégaine son arme et s’approche pour l’abattre ; je ne suis pas aussi réactive, mais sors tout de même mon pistolet… Patrick perçoit l’approche de Dwayne, et il dégage lentement sa tête des entrailles de Nick. Dwayne n’hésite pas : il colle le canon de son arme contre le front de Patrick et lui tire deux balles dans la tête, à bout portant. Patrick s’effondre sur la cage thoracique déchirée de Nick, et Dwayne tire deux balles de plus… Patrick a encore des contractions musculaires, mais il est bien mort – une fois de plus… Les gardes qui ont accouru sont écœurés par la scène – ils disent que c’est à nous de prévenir Danny, et Dwayne répond qu’il s’en charge.

 

[Dwayne : Vinnie ; Danny O'Bannion, Nick, Patrick O'Brien, Brienne] Il appelle à la résidence de Danny O'Bannion, et tombe sur Vinnie ; il lui rapporte ce qui s'est passé avec Nick, et lui explique qu’il s’est occupé personnellement de Patrick. Vinnie ne peut qu’accepter le fait accompli ; il l’interroge cependant aussi sur sa compagne, Brienne, et Dwayne lui répond qu’il n’y a pas de problème là non plus – Vinnie lui dit qu’il vaudra mieux pour elle ne pas rester à Arkham, et Dwayne lui répond que c’est prévu…

 

[Tess] Quant à moi, horrifiée par la tournure des événements, je m’accorde un rail de coke plus que jamais nécessaire…

 

[Dwayne, Tess : Brienne ; Diane Pedersen] Dwayne décide de retourner en ville pour passer la nuit avec Brienne. Il reviendra cependant à temps, le matin, pour que nous nous rendions ensemble à Boston gérer le cas de Diane Pedersen – je le lui avais demandé, il était volontaire. Brienne est heureuse de le voir – et de passer une soirée tranquille avec lui… Elle a hâte qu’ils quittent Arkham. Dwayne lui réitère sa promesse : deux, trois jours au plus, et ils s’en iront…

 

[Leah, Chris, Tess, Dwayne : Michael Bosworth, Leonard Border ; Danny O’Bannion, Diane Pedersen, Patrick O’Brien, Nick] Leah, Chris et Michael me retrouvent à la ferme de Danny O’Bannion alors que Dwayne est déjà reparti. Je n’ai pas de plan bien défini pour la soirée, je compte avant tout me reposer pour être en forme demain – j’en aurai bien besoin… Mais Chris, sarcastique, fait la remarque qu’il serait bien temps de déterminer ce que nous allons faire demain au juste – d’autant que nous nous sommes scindés en deux groupes, guère au fait de ce que compte entreprendre l’autre… Il a raison, bien sûr – mais je suis à cran, et n’apprécie pas ses remarques que je perçois comme autant de griefs, tombant sur moi seule parce que Dwayne n’est pas là… Je le rembarre presque : ses critiques sont bien belles, mais a-t-il des suggestions ? Dresser un plan d’action serait sans doute utile, mais nous savons si peu de choses concernant tant le déroulement de la soirée que notre capacité à nous y infiltrer, que je suis déjà persuadée qu’il nous faudra largement improviser. Mais Chris insiste : j’ai laissé entendre que Dwayne et moi emprunterions une apparence tout autre, et bien plus radicalement qu’avec un simple déguisement, mais, justement, Leah et lui ne savent même pas à quoi nous ressemblerons ! Lasse et résignée, j’explique rapidement le rituel de change-forme – que Dwayne et moi en sommes venus à considérer comme notre seule possibilité d’action, à supposer qu’il fonctionne ; mais nous avons déjà vécu suffisamment de choses bizarres comme cela, après tout, nous ne sommes plus à ça près… Je montre à Chris (qui la passe ensuite à Leah) une photographie (bien pornographique…) de Diane Pedersen : voilà la forme que je vais emprunter. Quant à Dwayne, il prendra celle d’un homme que nous retenons prisonnier dans la cave, le journaliste Leonard Border. Je les conduis sur place pour le leur montrer – sans un mot. Je vérifie quand même ses liens au passage, qu’il me faut à nouveau resserrer, et je lui colle une gifle pour le principe. Avant de partir, je vérifie encore une fois que la pièce est bien sécurisée et que le journaliste ne pourra pas filer à l’anglaise. Puis, une fois remontés, Leah me demande où est Patrick… et je suis bien obligée de lui dire qu’il est – à nouveau... – mort, après avoir tué Nick. La nouvelle bouleverse Leah, qui avait noué des relations intimes avec le perceur de coffres, et elle pleure à chaudes larmes.

 

[Tess, Leah : Stanley ; Dwayne O’Brady, Diane Pedersen, Patrick O’Brien] Je dis que nous aurons l’occasion de discuter de tout cela demain, et avec Dwayne. Peut-être faudra-t-il prévoir une autre entrevue, après le rituel, en fonction de ses résultats ? Quoi qu’il en soit, il est bien temps pour nous d’aller nous coucher – je médite un temps sur les photos de Diane Pedersen avant de m’endormir, cherchant à m’approprier son corps… Leah est obnubilée par le souvenir des bons moments passés avec Patrick – notamment de cette chanson interprétée ensemble pour son anniversaire au Paddy’s… Tous, nous entendons par ailleurs Stanley qui pleure et appelle sa maman à l’aide… Nous nous endormons enfin.

 

[Chris, Tess, Leah : « 45 », Elaine ; Danny O’Bannion, Hippolyte Templesmith, Johnny « La Brique », Moira, Clive Donnelly, Patrick O’Brien, Dwayne O’Brady, Brienne] Quelques heures plus tard, nous entendons tous toquer à nos portes : c’est « 45 », qui nous dit lapidairement qu’il y a « quelque chose » en bas, et qu’il faut que nous descendions, sans autre explication. Nous obéissons – Chris est de mauvaise humeur, je le suis peut-être encore davantage… Nous voyons une voiture qui s’approche de la ferme de Danny O’Bannion : à son bord, deux gardes de la ferme, et une femme, que je reconnais (la connaissant davantage que les autres) – il s’agit d’Elaine, l’ex-compagne de Danny O’Bannion, et maintenant celle de Hippolyte Templesmith… Elle est ligotée et bâillonnée, l’air furieux, elle ne cesse de se trémousser en lâchant des insultes étouffées à l’encontre des gardes. Ces derniers nous disent qu’elle veut nous parler, et nous la laissent – ils ne l’ont pas tabassée, simplement maîtrisée, quand bien même avec fermeté. Seul « 45 » reste avec nous. J’enlève son bâillon à Elaine. Sa première question, en me voyant, est : « Où sont les autres ? ʺLa Briqueʺ, Moira, Clive, Patrick ? » Je lui réponds qu’ils sont « indisponibles »… et ajoute devant la question muette d’Elaine que je suis la seule survivante. Ce qui l’affecte – peu importe ses sentiments pour moi, et elle ne se fait pas d’illusions sur ce que je pense d’elle… Puis elle me demande si je me souviens des conseils qu’elle nous avais donnés, et de l’accord conclu avec elle (surtout par « La Brique »…), de la tirer des griffes de Hippolyte Templesmith si jamais ? Je lui réponds que oui – même si tout cela est bien lointain. Chris demande à « 45 » ce que c’est que ce foutoir ; le garde dit qu’ils ont interceptée Elaine alors qu’elle roulait vers la ferme. Chris lui dit de la délier… mais « 45 » lui répond qu’il a des mains, non ? Chris défait les liens d’Elaine, qui jette un « Connard… » à « 45 », lequel se contente de cracher par terre. Mais Elaine revient vite à l’essentiel : Hippolyte Templesmith connaît cette adresse – et nous y sommes encore ? Quelqu’un a bavé, à l’en croire… et nuls autres que Dwayne et Brienne, qui nous ont dénoncés aux flics avant de quitter précipitamment Arkham !

 

[Chris, Leah, Tess : « 45 », Elaine, Michael Bosworth ; Danny O’Bannion, Diane Pedersen, Stanley, Leonard Border] Puis nous entendons des bruits à l’extérieur, notamment des sifflements – quelque chose se rapproche… « 45 » se positionne à une fenêtre ; Chris cherche à récupérer une mitraillette thompson, en nous disant, à Leah et moi, de nous barrer pendant qu’il est encore temps… C’est alors que s’allument de nombreux phares à l’horizon… Et Chris et moi voyons que c’est également le cas de l’autre côté : la ferme de Danny O’Bannion est encerclée ! Les gardes aboient des instructions, et « 45 » sort les rejoindre. Elaine hurle qu’il nous faut fuir, et avec elle ! Je vois peut-être un endroit par où partir, sur l’arrière de la maison, mais ça s’annonce tendu… Le temps manque, mais je m’empare des photographies de Diane Pedersen ainsi que des instructions de Stanley pour le rituel de change-forme avant de partir ; je souhaite aussi embarquer Leonard Border… Je dis à Michael de s’en charger – en l’assommant s’il le faut. Je vais au garage, avec Leah et Elaine dans ma foulée. « 45 », tout proche, nous dit de nous abriter. Puis s’allument des spots lumineux à l’effet aveuglant renforcé par la réverbération sur la neige – et il y en a tout autour de la ferme… Nous entendons alors une voix autoritaire dans un mégaphone : nous sommes encerclés par les forces conjointes de la police fédérale et des polices d’Arkham et de Boston ; nous devons lâcher nos armes, ils nous donnent 20 secondes pour obtempérer, et débutent le compte à rebours… La lumière aveuglante nous empêche de les voir, mais nous entendons des bruits de mouvement et des cliquètements. Chris hurle qu’il n’en a rien foutre, qu’il ne crèvera pas en prison – il dégaine son arme et s’avance vers les spots… Il est fauché presque aussitôt par des rafales de mitraillette qui le déchirent littéralement, et s’écroule net, mort…

 

À suivre…

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