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CR Imperium : la Maison Ptolémée (16)

Publié le par Nébal

CR Imperium : la Maison Ptolémée (16)

Seizième séance de ma chronique d’Imperium.

 

Vous trouverez les éléments concernant la Maison Ptolémée ici, et le compte rendu de la première séance . La séance précédente se trouve ici.

 

Tous les joueurs étaient présents. Les PJ étaient donc Ipuwer, le jeune siridar-baron de la Maison Ptolémée, sa sœur aînée et principale conseillère Németh, l’assassin (Maître sous couverture de troubadour) Bermyl, ainsi que le Docteur Suk, Vat Aills.

 

[Bermyl, Németh : Kiya Soter, Namerta, « Lætitia Drescii »] Bermyl, au vu de l’évolution de la situation aux environs de l’entrepôt, contacte Németh ; celle-ci est très occupée, mais se doute bien que Bermyl ne la contacterait pas pour rien… Bermyl fait le point – sur les « morts-vivants » du dernier étage et leur lien avec le Culte Épiphanique du Loa-Osiris, mais aussi sur la foule qui s’assemble à l’extérieur : la situation est tendue, tout recours aux armes risquerait d’entraîner des débordements rapidement ingérables… Aussi demande-t-il des instructions… laissant entendre qu’il aura aussi peut-être une suggestion ? Németh est perplexe : les « morts-vivants » du dernier étage sont-ils vraiment revenus d’entre les morts ? Ils pourraient être de simples illuminés, imposteurs assumés ou pas… Bermyl admet que c’est possible, mais c’est en tout cas ce qu’ils clament haut et fort, et leur profil semble correspondre – la plupart sont âgés, par exemple : ça paraît plausible à l’assassin – qui garde cependant la tête froide, bien conscient que ce n’est vraiment pas le moment de céder à la panique. Németh se fie à son jugement : au point où ils en sont, en même temps, ils ne peuvent plus s’étonner de rien… Quant à elle, elle attend des « invités importants », elle ne peut certainement pas se permettre une émeute à Cair-el-Muluk : il ne faut donc surtout pas faire usage de la force. Bermyl avance alors que Németh pourrait jouer un rôle dans la récupération politique de ces derniers développements : la foule est conséquente, même les troupes d’élite de Kiya Soter ne seraient pas en mesure de la gérer ; il s’agit d’un ensemble largement fanatisé, d’une foi militante – mais justement : pour certains membres du Culte Épiphanique du Loa-Osiris, semble-t-il, Németh bénéficie d’une certaine aura divine ; peut-être est-elle la personne qu’ils suivraient ? Peut-être serait-il en fait possible de récupérer ce mouvement au bénéfice de la Maison Ptolémée ? Németh hésite ; doit-elle alors agir immédiatement ? Pas forcément : la situation est tendue, mais pas insurrectionnelle – tant qu’on ne les brusque pas… Mais c’est bien une raison supplémentaire de montrer patte blanche. À terme, on pourrait ainsi mettre la main sur le précédent siridar-baron Namerta, si ça se trouve… Németh va y réfléchir – elle redoute un peu les conséquences pour le délicat équilibre religieux de la planète, déjà bien malmené… En attendant, que Bermyl et ses hommes s’éclipsent, ceux de Kiya Soter aussi – tout en maintenant la zone sous surveillance et en poursuivant les recherches concernant « Lætitia Drescii ». Bermyl demande à Németh s’il peut d’ores et déjà se réclamer d’elle pour rassurer, par exemple, les employés inquiets de l’entrepôt, et la noble acquiesce. Bermyl suppose que « Lætitia Drescii » est toujours dans le bâtiment, mais peut-être une surveillance plus éloignée se montrera-t-elle en fait plus efficace dans ces circonstances… La communication s’arrête là.

 

[Bermyl : Kiya Soter, Németh] Bermyl contacte ensuite ses agents, leur ordonnant de ranger leurs armes et de se retirer pacifiquement ; ils obéissent, mais Bermyl perçoit que certains d’entre eux expriment inconsciemment une indéniable peur... Après quoi Bermyl s’adresse à Kiya Soter, transmettant ces instructions qu’il précise provenir de Németh – précision bienvenue, permettant de circonvenir les éventuelles rivalités entre services : Kiya Soter obtempère sans faire le difficile, et ses hommes lui obéissent. Bermyl suggère quelques endroits stratégiques où placer des militaires… Mais, avant de rentrer au Palais, il aimerait s’entretenir de nouveau avec les « morts-vivants » ; il remonte au dernier étage pour y retrouver les trois individus qui s’étaient avancés comme porte-paroles…

 

[Ipuwer : Taa] Ipuwer, depuis sa base du Mausolée des Ptolémée sur le Continent Interdit, fait une expédition en ornithoptère. Il est parti avec Taa, et quelques hommes en plus (dont un pilote destiné à prendre son relais le cas échéant – pour l’heure, c’est bien le siridar-baron qui est aux commandes –, ainsi qu’un agent prenant des photographies dans le but de cartographier la région). Ipuwer survole notamment le col où il s’était rendu la veille, et depuis lequel il avait vu, à des centaines de kilomètres, une impressionnante tempête de sable – elle est toujours là… Il aimerait s’en approcher, voire en faire le tour, mais doit enfin se rendre à l’évidence : elle est très loin, et beaucoup trop colossale pour cela… Plus qu’un « pilier », c’est une véritable « muraille », qui semble jaillir du sol pour atteindre jusqu’aux couches supérieures de l’atmosphère, et qui s’étend sur des centaines de kilomètres… Le vol de reconnaissance n’est cependant pas vain – et Ipuwer constate ce qu’il avait déjà entrevu à pied : la très grande variété des déserts de Gebnout IV, allant des déserts rocheux auxquels il est le plus habitué, et qu’on retrouve vers le Mausolée, aux déserts de sable, avec une infinité de variantes entre les deux ; surtout, c’est un paysage aride et sauvage, qui, pour être sur Gebnout IV, est aux antipodes des conditions de vie de la face habitée : il n’y a ni fleuves, ni cultures, ni urbanisation… Rien que le désert.

 

[Németh : Cassiano Drescii, Lætitia Drescii ; Anneliese Hahn, Clotilde Philidor, Linneke Wikkheiser, Taestra Katarina Angelion, « Cassiano Drescii », « Lætitia Drescii »] Les Drescii (les « vrais », cette fois, suppose Németh…) viennent d’arriver au Palais de Cair-el-Muluk, et elle décide de les recevoir en audience privée dans ses quartiers (flanquée de deux gardes du corps, visibles) plutôt que d’organiser une traditionnelle cérémonie de bienvenue (elle envisage ensuite une audience publique, une fois les Delambre arrivées – Anneliese Hahn et Clotilde Philidor –, audience à laquelle elle convoquera également ses autres invitées, Linneke Wikkheiser et la Révérende-Mère Taestra Katarina Angelion ; d’ici-là, elle donne des instructions pour s’assurer que tous ces invités ne sortent pas du Palais…). Les Drescii – ou plus exactement Cassiano, car Lætitia est plus effacée que jamais – ne manquent pas de s’en étonner, sinon s’en offusquer… Mais Németh dit qu’ils sont dans une situation de crise, sans en dire davantage pour le moment. Mais ce Cassiano-là lui rappelle bien davantage celui qui avait été son amant… mais sans rancœur, ce sont les traits « positifs », « rassurants », qui dominent ; instinctivement, même s’il ne s’agit certes pas pour Németh de flirter, elle apprécie un semblant de relation de confiance qui s’établit très vite… et décide de lâcher le morceau concernant les imposteurs qui se sont fait passer pour Cassiano et son épouse. Cassiano est stupéfait de cette révélation, tandis que Lætitia, sans totalement sortir de sa réserve, se montre plus agitée – au bord même de la panique. Cassiano ne comprend pas comment des imposteurs ont pu leurrer Németh – cela semblait aller bien plus loin que de simples costumes de saltimbanques… Németh l’admet à demi-mots : « Vos voyages ont pu vous apprendre qu’il existe des civilisations en marge de l’Imperium » Cassiano comprend l’allusion, s’il n’ose pas prononcer le nom fatidique lui non plus… La relation entre Németh et Cassiano est cependant suffisamment rassurante (déjà !) pour que l’Ophélion conserve son calme – en dépit d’un tempérament sanguin que Németh avait appris à connaître. Acceptant le fait accompli, Cassiano demande cependant combien de temps il leur faudra attendre dans le Palais – s’ils devaient se montrer gênants, ou si la situation s’avérait inextricable… Németh leur dit d’attendre au moins quelques jours ; elle sera, le moment venu, ravie de leur compagnie… et, accessoirement, elle préfère qu’ils restent le temps qu’elle vérifie ses doutes – ce qu’elle ne dit pas, bien sûr. À vrai dire, elle pourrait avoir grand besoin de leur collaboration ! Cassiano l’assure que leur collaboration lui est acquise, mais que peuvent-ils faire, et comment ? En outre, il perçoit bien que se pose aussi une question de surveillance les concernant : il apprend de Németh que les imposteurs ont employé exactement le même prétexte que ces « vrais » Drescii qui viennent d’arriver – le long voyage à travers l’Imperium, en quête d’inspirations pour le livre de Cassiano… Ils sont donc semble-t-il au courant de leurs intentions. Puis Cassiano demande ce que sont devenus ces imposteurs. Németh commence par hésiter, disant qu’il lui est difficile de se prononcer tandis que la situation peut évoluer à tout moment… mais elle en vient bien à admettre que « Cassiano » est aux mains de ses services, tandis que « Lætitia » s’est enfuie, ses hommes à ses trousses. Le vrai Cassiano serait curieux de voir son alter-ego prisonnier… D’un naturel sanguin, il demande à Németh l’autorisation de le rencontrer ; mais Németh connaît ce caractère, et trouve la parade en usant de la raison – ce qui fonctionne bien mieux que ce qu’elle espérait, bizarrement : avançant qu’elle-même n’a pas encore eu l’occasion de l’interroger, elle demande à Cassiano de patienter – elle arrangera leur rencontre le moment venu. Cassiano se plie à ses arguments ; il s’étonne quand même toujours autant de ce que Németh ait été ainsi bernée… La Ptolémée se justifie : la ressemblance physique parfaite, des références et souvenirs communs… Mais oui : il y avait des bizarreries dans leur comportement ; et elle dit être soulagée de revoir enfin le « vrai » Cassiano Drescii, correspondant bien davantage à ses souvenirs… Elle perçoit par ailleurs une dimension particulière de Cassiano – sans que ce dernier ne le dise explicitement : à en juger par les questions qu’il pose, on sent l’écrivain qui enquête… Cette drôle d’histoire serait-elle destinée à finir dans un de ses livres ? Quoi qu’il en soit, Németh donne des instructions pour que ses invités soient reçus dans des appartements conformes à leur rang – mais pas les mêmes, bien sûr, que ceux qui avaient été habités par les imposteurs…

 

 

[Vat] Vat avait pris soin de rapporter le cadavre du deuxième « zélote » à Heliopolis, et décide de l’autopsier. Il cherche tout d’abord à déterminer s’il y a des éléments synthétiques dans ce corps mais ce n’est pas le cas : il est bien totalement organique. Le Docteur Suk doit procéder avec prudence, et c’est pourquoi l’autopsie lui prend plus de temps que prévu. Mais, à terme, il met le doigt sur la particularité qui l’étonnait sans qu’il sache bien la définir : le corps est « trop parfait », « trop neuf », il lui manque tout caractère « usé » : d’apparence c’est celui d’un homme de trente ou quarante ans, mais il ne présente pas la moindre imperfection témoignant de son vécu (cicatrices, rides, dents plombées, etc.). Il n’a pas davantage de signes d’intervention extérieure, tels que des tatouages, par exemple. Il veut ensuite tenter un examen des ondes cérébrales, mais ça ne donne rien sur un cadavre… L’examen toxicologique est plus convaincant : Vat détermine qu’il avait été drogué à l’extrême, par intraveineuse, environ six heures avant son attentat, et sans doute n’y aurait-il pas survécu plus de quelques heures encore (la survie de l’autre à cet égard est donc problématique ?). Vat procède enfin à un relevé des empreintes digitales et d’échantillons ADN pour les comparer à ceux du survivant, et plus largement à la base de données de la Maison Ptolémée.

 

[Bermyl : Németh] Bermyl retourne au dernier étage de l'entrepôt, où il veut parler aux « porte-paroles » qui s’étaient mis en avant un peu plus tôt. Depuis, toutefois, ils se sont à nouveau fondus dans la foule, dont absolument rien ne les distingue. Bermyl peut cependant observer le comportement de ces « morts-vivants » comme jamais auparavant : tout ceci évoque vraiment des rites religieux (même si Bermyl est bien en peine pour dire en quoi exactement, cela demeure de l’ordre du ressenti), et ils font montre d’une certaine tendresse pour les cadavres de leurs « futurs frères et sœurs »… Ils ne prêtent par ailleurs aucune attention à Bermyl, cette fois ; même quand il leur dit avoir parlé à Dame Németh de la situation, et qu’elle les verra sans doute dans les jours qui viennent – ça ne les fait absolument pas réagir.

 

[Bermyl : Kiya Soter] Soudain, tandis que Bermyl essaye de forcer le contact, un coup de feu résonne à l’extérieur – qui n’échappe pas aux « morts-vivants », lui. On devine un début de panique. Bermyl les assure de ce que tout cela ne les concerne pas, mais perçoit bien le mouvement de foule dehors ; quand résonne un deuxième coup de feu, l’assassin s’empresse de sortir de la pièce, et cherche à joindre Kiya Soter sur son communicateur standard – mais on ne lui répond pas pendant au moins deux minutes (durant lesquelles, au début, on entend une troisième détonation). Après quoi une ordonnance du général chargée des communications informe Bermyl de ce qui vient de se passer : un jeune garde a perdu la tête sous le coup de la pression de la foule, et, se sentant agressé, il a tiré sur un quidam, qu’il a blessé, et il aurait sans doute pu faire un carnage, mais il a très vite été maîtrisé par ses collègues – à ce spectacle, la foule qui avait instinctivement commencé à gronder et paniquer (ce qui en avait incité quelques-uns à se disperser, d’autres plus nombreux à se montrer soudainement plus agressifs), semble pourtant comprendre ce qui s’est produit au juste ; et si la situation demeure tendue, par miracle, elle ne dégénère pas – Kiya Soter étant intervenu pour calmer le jeu, et son magnétisme d’officier respectable a sans doute joué un grand rôle dans la résolution du problème. La foule demeure oppressante, mais tend dès lors à se disperser, très lentement, de manière a priori spontanée.

 

[Bermyl : Namerta, « Lætitia Drescii »] Bermyl, qui est ressorti dans la confusion, se mêle à la foule sur le départ, pour en tâter le pouls. Les individus sont plutôt calmes, et globalement guère loquaces… Bermyl relève cependant des conversations sibyllines, et s’approche d’un petit groupe où un homme ne cesse de répéter à ses camarades autrement silencieux que « ça va changer, t’en fais pas, ça va bientôt changer »… Bermyl tente de se mêler à ce groupe : jouer l’innocent tout juste débarqué ne lui profite guère, bien au contraire même – mais évoquer les morts est autrement plus fructueux. « Faut pas toucher aux morts ! » Le plus excité du groupe dénonce la « police politique » des Ptolémée, et ces prétendues « forces de l’ordre » qui n’ont en fait d’autre but que d’oppresser les prolétaires… Bermyl dit qu’il faudrait peut-être quitter la ville, dans ce cas, mais on le rabroue aussitôt : non, ce n’est pas le moment, ça va changer ! Et quand Bermyl demande en quoi et comment, s’il génère encore davantage de suspicion à son égard, il obtient tout de même cette réponse du plus militant : « On aura bientôt un vrai siridar-baron ! Le vrai, le meilleur ! Namerta lui-même ! » Bermyl fait l’étonné, supposant que ce n’était qu’une légende… Où peut-on le trouver, dans ce cas ? Mais c’en est trop pour ce petit groupe – deux types autrement austères empêchent le bavard de répondre, et ils s’en vont en silence, en jetant quelques regards inquiets à Bermyl… lequel revient alors auprès de ses agents pour mettre en place la surveillance de la zone et tout particulièrement du bâtiment – il suppose que « Lætitia Drescii » s’y trouve encore. Après quoi il retourne au Palais des Ptolémée.

 

[Ipuwer : Taa] Ipuwer est revenu dans la soirée de son expédition en ornithoptère. Il se rend au camp des Sœurs du Mausolée pour étudier leur formation militaire ; le matériel qu’il avait réclamé semble en bonne voie d’être acheminé ; quant à leur entrainement… Il s’agit de toute évidence d’un groupe religieux fanatisé et lourdement conditionné – ce qui n’est pas du tout la même chose qu’un régiment ; aussi réagissent-elles avec étonnement quand les officiers d’Ipuwer entendent prendre en charge leur entraînement. Ipuwer s’attarde tout particulièrement sur leur maniement des armes blanches : elles font preuve d’indéniables capacités martiales, mais jusqu’à un certain point – les coreligionnaires de Taa pourraient certes rivaliser avec bon nombre des troupes de mercenaires de cette planète ou d’une autre, elles pourraient même ponctuellement avoir le dessus sur des troupes officielles basiques, mais ne feraient clairement pas le poids face à des troupes d’élite – et encore moins contre lui-même : rien qu’à regarder cette escrime convenue et terne, il en bâille d’ennui… Il réfléchit à des améliorations possibles de cet entraînement, malgré tout.

 

[Ipuwer : Mandanophis Darwishi, Németh, Taestra Katarina Angelion, « Cassiano Drescii », « Lætitia Drescii »] Ipuwer décide enfin, dans la soirée, d’appeler Cair-el-Muluk. Il joint le Maître de Cour, Mandanophis Darwishi – qui a l’air étrangement affolé, au point d’en bégayer… Il dit à Ipuwer qu’ils seront très heureux, vraiment très heureux, de le voir retourner au Palais… Cette réaction étonne Ipuwer : d’habitude, le bonhomme n’était pas le dernier à échanger de manière complice sur les charmantes bonnes du Palais… Mais Mandanophis Darwishi n’a semble-t-il pas la tête à ça, il ne cesse de répéter que « des choses » se sont produites, mais sans jamais vraiment dire lesquelles – sans doute ne veut-il pas empiéter sur les prérogatives d’autres membres de la Maison, considérant qu’il n’est pas dans ses attributions d’informer de lui-même Ipuwer sur des questions ne relevant pas de la vie de cour ? Il suppose que Dame Németh a dû lui envoyer un ou des messages – non, en fait, il en est sûr… Ipuwer s’en tient là, et retourne au centre de communication du campement, où on l’informe en effet des deux messages adressés au siridar-baron par Németh – le premier laconique et évasif, le second mentionnant des troubles graves à Heliopolis sans en dire davantage. Bien sûr, si Ipuwer n’en a pas été informé, c’est parce qu’il l’avait exigé, boudeur, ne voulant rien savoir de tout ça ! Mais, maintenant, il s’insurge de ce qu’on ne l’a pas prévenu, dénonçant les failles de la communication militaire, et passant tout spécialement un savon au capitaine chargé de faire la liaison… qui n’apprécie vraiment pas, ainsi que les autres officiers présents, et Ipuwer s’en rend compte, même s’ils ne se rebiffent bien entendu pas. Devant les traits crispés du capitaine, Ipuwer se penche sur lui et lui chuchote à l’oreille : « Si vous avez quelque chose à me dire, c’est maintenant ! » Mais l’officier se contente de dire ce qu’il a à dire : mot pour mot, le dernier message de Németh (à noter qu’elle n’y parlait que des incidents d’Heliopolis – elle ne disait rien, notamment, des révélations de la Révérende-Mère Taestra Katarina Angelion, et, depuis, elle n’a pas non plus dit quoi que ce soit concernant les « faux Drescii »)… Ipuwer décide alors de retourner à Cair-el-Muluk par un vol de nuit – seul à bord de son ornithoptère.

 

[Németh, Bermyl : Anneliese Hahn, Clotilde Philidor, Antonin Naevius, « Cassiano Drescii », « Lætitia Drescii »] Németh a encore beaucoup de choses à régler avant l’arrivée des Delambre – elle doit avoir encore un jour de marge. Et elle se souvient tardivement d’Antonin Naevius, qui était arrivé avec les « faux Drescii »… Est-il impliqué lui aussi ? La moindre des choses est de s’assurer de sa localisation : à la différence des « faux Drescii », il avait un comportement plus actif, et se promenait régulièrement en ville – dans des endroits pas toujours très bien famés… Mais il avait aussi ses entrées dans les meilleures maisons de la ville, et fréquentait notamment des « clubs » huppés tel que Le Diamant : c’est là qu’il se trouve présentement. Une fois Bermyl revenu au Palais, Németh lui dit tout cela ; l’assassin (qui avait lui aussi oublié ce personnage, et s’en veut terriblement...) doit se rendre sur place et prendre discrètement le jeune Ophélion en filature ; il ne faut surtout pas commettre d’esclandre ! Mais le débauché est bien un suspect de premier ordre : une fois revenu au Palais, il faudra l’intercepter et le mettre au secret – il faudra autrement prévenir Németh de tout comportement « étrange » de sa part. Elle redoute une autre imposture du Bene Tleilax – peut-être cet « Antonin Naevius » est-il dangereux… Bermyl, cependant, envisage une autre possibilité : il paraît plausible de supposer que le Bene Tleilax, afin de brouiller les pistes, ait sciemment infiltré ses agents auprès d’ingénus en rien coupables – si ce n’est de naïveté… Il se charge bien sûr de cette mission – mais a donc des doutes quant à l’implication d’Antonin Naevius.

 

[Németh : Cassiano Drescii, Lætitia Drescii, Linneke Wikkheiser, Taestra Katarina Angelion ; Ipuwer, « Cassiano Drescii »] Après quoi Németh décide d’organiser une audience privée, et urgente, avec les autres invités du Palais : Cassiano et Lætitia Drescii, Linneke Wikkheiser et Taestra Katarina Angelion. Les Ophélion et la Révérende-Mère du Bene Gesserit s’y rendent docilement, mais Linneke Wikkheiser se fait délibérément attendre, et son comportement après son arrivée dans le jardin témoigne sans équivoque de ce que sa haute naissance et sa position au sein de la prestigieuse Maison Wikkheiser prohibent qu’on la siffle comme un chien – elle n’adopte pas un comportement outré, mais Németh perçoit bien une kyrielle de détails autrement insignifiants, mais qui sont autant d’entorses marquée à l’étiquette des faufreluchesNémeth n’était sans doute déjà guère à l’aise pour expliquer la situation à ses invités – et Linneke Wikkheiser, qui le perçoit fort bien, en profite, persiflant contre la Maison, sa bassesse, ses ridicules – et, bon sang : « Où est votre frère ?! » Linneke Wikkheiser rappelle (même si c’est sans doute un prétexte, elle le sait et Németh tout autant) qu’elle est en principe venue afin de conduire des pourparlers matrimoniaux… avec un jeune maladroit qu’elle n’a pas revu une seule fois depuis son accueil désastreux ! Németh, acculée par les assauts de la Wikkheiser, est de plus en plus gênée, elle veut l’assurer qu’il ne s’agit que d’un léger contretemps, son frère sera de retour dans les plus brefs délais, et sera bien sûr ravi de s’entretenir avec elle, et qu’elle fait un grand honneur à la Maison Ptoléme en venant sur Gebnout IV, et… Mais Linneke Wikkheiser change alors de technique – et mentionne avoir appris qu’il y avait des troubles sur la planète, et jusque dans les rues de Cair-el-Muluk ! Qu’en est-il ? Németh est bien obligée d’acquiescer, et dit qu’elle prendra en charge leur sécurité à tous… laquelle implique qu’ils ne sortent pas du Palais. Linneke Wikkheiser explose : « QUOI ?! » Mais cette fois Németh ne compte pas se laisse faire ; si elle montre enfin toute sa maîtrise de l’étiquette, elle sait aussi afficher le caractère adéquat pour une situation pareille en n’hésitant pas à se montrer soudainement autoritaire et catégorique – ce qui étonne tout le monde… au point où la Wikkheiser reste bouche bée, ne sachant absolument plus quoi dire. Et elle se retrouve bientôt dans une situation telle qu’elle comprend ne plus pouvoir la rattraper pour le moment – elle en voudra sans doute terriblement à Németh… qui ne croyait de toute façon guère à la possibilité d’une alliance matrimoniale avec les Wikkheiser, et s’en accommode très bien. Après quoi, toujours autoritaire, Németh « s’excuse », elle a beaucoup de choses à faire, et donne brutalement congé à ses invités. Linneke Wikkheiser, stupéfaite, n’ose toujours pas placer la moindre protestation. Les Drescii sont stoïques – compréhensifs, sans doute, et Németh envisage de plus en plus une confrontation entre les deux « Cassiano ». Quant à Taestra Katarina Angelion, elle adresse un long regard appuyé à Németh, par lequel elle signifie être à sa disposition en cas de besoin.

 

[Vat : Hanibast Set] Vat dispose maintenant des rapports concernant ses échantillons – les deux « zélotes » ne sont pas à proprement parler des « clones » (ils étaient de toute façon d’allure assez différente), et rien, à partir de ces seules données, ne peut témoigner d’une « fabrication en série ». Il consulte également les archives des hôpitaux locaux – cherchant à voir s’il pourrait s’agir de personnes identifiées et disparues, mais ce n’est pas davantage le cas. Ils viennent d’ailleurs… Le Docteur Suk prépare un rapport, et va s’entretenir de tout cela avec le Conseiller Mentat, Hanibast Set, afin de faire le point sur l’enquête, et, le cas échéant, de dégager de nouvelles pistes. Vat décrit donc tout ce qu’il a pu apprendre des « zélotes », et demande à Hanibast comment déterminer s’il s’agit de corps issus d’une culture unique, ou recyclés, etc. En fait, le Conseiller Mentat – qui prend toujours le temps de peser les données avant de se prononcer – ne se pose pas exactement cette question : le délai de six heures pour l’injection de la drogue l’intrigue – peut-être faut-il en déduire que les « zélotes » ont été drogués en dehors d’Heliopolis, et qu’ils ont dû faire ensuite le trajet jusqu’au lieu de leur mission ? Dans ce cas, le rayon intègrerait aussi bien Cair-el-Muluk que Memnon… et une infinité de villages fluviaux. Surtout, cette idée de « fabrication des corps » l’a amené à étudier les rumeurs portant sur le Bene Tleilax – et il parle à Vat des cuves axolotl. Peut-être y en a-t-il alors sur Gebnout IV, probablement dans un de ces trois centres urbains ? Les trouver s’annonce ardu… mais, si elles ne sont probablement pas livrées en l’état, peut-être y a-t-il des traces de l’acheminement de leurs composantes ? Ce sont des éléments qui ne pouvaient être spécifiquement pris en compte jusque-là – Vat et lui-même ne sachant alors pas quoi chercher dans la masse imposante des biens transitant par la lune de Khepri… Mais la situation est maintenant différente.

 

[Vat : Hanibast Set ; Bermyl, Németh, Sabah, Elihot Kibuz, Ahura Mendes] Hanibast Set relève une autre chose du plus grand intérêt : il y a un contraste entre ces corps « jetables » (et visiblement sacrifiés à terme par overdose) et leur matériel très coûteux ; pour lui, cela suggère une possible improvisation – cet équipement était là, mais ne leur était pas destiné à la base ; ils en ont usé… parce que leurs maîtres n’avaient pas le choix, et ont dû agir dans la précipitation. Ils étaient visiblement au courant de l’intérêt des Ptolémée pour les cartes des Atonistes de la Terre Pure, et n’ont pas eu d’autre choix. Cependant, s’ils savaient tout cela, on peut redouter qu’il y ait un traître parmi les Ptolémée… Qui était au courant ? Bermyl, qui opérait sur place ; Németh, l’autorité politique de référence qui avait plus ou moins donné le feu vert pour l’opération d’exfiltration de Sabah ; Hanibast et Vat eux-mêmes, conseillers privilégiés… et enfin Elihot Kibuz, le Maître-Assassin fantoche (sans compter le personnel de base, mais c’est peut-être une erreur…). Hanibast, sûr de sa propre loyauté, ne suspecte pas le Docteur Suk (son Conditionnement Impérial prohibe toute trahison de cette espèce), et ne voit pas pourquoi Németh, qui avait tout à y perdre, aurait agi de la sorte ; reste Bermyl et ses services de renseignement, et donc Elihot Kibuz ; Hanibast est inquiet de l’ambiguïté de ce dernier, mais n’ose pas livrer une accusation à proprement parler ; sa préoccupation est tout de même flagrante… Vat insiste quand même sur le fait que leurs ennemis ont de la ressource – et Hanibast ne le nie certainement pas. Mais il revient sur son idée d’une certaine « précipitation », ou « improvisation » : à tout prendre, le meurtre d’Ahura Mendes, aux origines de cette affaire, s’expliquerait bien mieux ainsi… Dès lors, le Docteur Suk se demande s’il n’y aurait pas moyen de jouer là-dessus et de tendre un piège à leurs ennemis ; Hanibast Set approuve cette approche, même s’il ne voit pas quoi conseiller de concret pour le moment. Il faudra en parler à Németh et Bermyl

 

[Vat, Németh, Bermyl : Hanibast Set ; Ipuwer, Elihot Kibuz, Taestra Katarina Angelion, Taharqa Finh, Nefer-u-Pthah] Vat et Hanibast se rendent de ce pas dans les jardins de Németh, et Bermyl les rejoint très vite ; ils leur rapportent le fruit de leurs réflexions. Németh les approuve : leurs ennemis, d’une manière ou d’une autre, savent bien des choses les concernant… Németh dit être un peu gênée de parler de tout cela en l’absence de son frère, qu’elle n’a pas pu contacter ; il est difficile de prendre des décisions engageant l’avenir de la Maison Ptolémée sans lui… Mais elle soupçonne Elihot Kibuz depuis un certain temps déjà – cette organisation à base de maître fantoche a toujours été une erreur ! Bermyl approuve lui aussi cette idée d’une provocation ; peut-être serait-il possible de rebondir sur son expérience du jour ? Il y a pour lui un gros potentiel dans le retournement de l’allégeance des « morts-vivants » revenus du Continent Interdit ; peut-être ne sont-ils pas aussi inféodés à l’ennemi que cela ? Il tend du moins à le croire… Manœuvrer pour les mettre de leur côté serait sans doute une bonne occasion de tester la capacité de l’ennemi à s’adapter ; et les Ptolémée, cette fois, auraient l’initiative. Si Elihot Kibuz est suspect, il serait possible d’en tirer parti à cet égard. Németh trouve cette suggestion intéressante. Hanibast Set a une opinion assez proche – mais si les Ptolémée ont conscience des improvisations de l’ennemi, c’est aussi le cas de ce dernier : pour reprendre les devants, il pourrait être ainsi contraint à des actions bien plus brutales… Mais Németh va travailler sur cette question d’ « ingénierie religieuse », disant qu’elle va s’enquérir à cet effet de l’opinion de spécialistes : la Révérende-Mère Taestra Katarina Angelion, et le planétologue Taharqa Finh. Mais que faire dans l’immédiat concernant Elihot Kibuz ? Bermyl suggère de ne rien changer pour le moment, ou en tout cas de ne manifester aucune défiance supplémentaire, afin de ne pas éveiller ses soupçons. Mais il aimerait bien savoir ce qu’a pu donner la filature qu’il avait mise en place – tâche confiée à Nefer-u-pthah, qui l’avait accompagné dans l’infiltration de « l’abattoir », mais n’a rien dit à ce sujet… Bermyl rappelle toutefois que Vat avait fait preuve de plus de tact dans son approche du Maître-Assassin fantoche ; quant à lui, il admet être un peu dépassé par les événements… notamment en ce qui concerne son ancien mentor.

 

[Ipuwer] Ipuwer accomplit son vol de nuit à direction de Cair-el-Muluk – seul à bord, et pas accompagné par d’autres ornithoptères. Or, vers le milieu du trajet, alors qu’il survole l’océan, il remarque deux appareils qui semblent l’avoir pris en chasse…

 

À suivre…

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