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CR Imperium : la Maison Ptolémée (17)

Publié le par Nébal

CR Imperium : la Maison Ptolémée (17)

Dix-septième séance de ma chronique d’Imperium.

 

Vous trouverez les éléments concernant la Maison Ptolémée ici, et le compte rendu de la première séance . La séance précédente se trouve ici.

 

Le jouer incarnant le Docteur Suk, Vat Aills, était absent. Les PJ présents étaient donc Ipuwer, le jeune siridar-baron de la Maison Ptolémée, sa sœur aînée et principale conseillère Németh, et l’Assassin (Maître sous couverture de Troubadour) Bermyl.

 

[Ipuwer] Ipuwer est à bord de son ornithoptère, en plein vol de nuit, seul, pour retourner à Cair-el-Muluk. Il a repéré, environ à mi trajet, deux appareils dans son dos, qui le suivent, et l’ont probablement pris en chasse. Il prend instinctivement de la vitesse, et les autres également ; ils semblent plus maniables que son propre appareil – question de blindage, sans doute. Son appareil est ainsi plus solide, mais, à pleine vitesse, maintenir une bonne stabilité s’annonce difficile… Ipuwer lance un appel radio pour que les ornithoptères s’identifient, mais n’obtient pas de réponse. Il décide alors de se livrer à une acrobatie lui permettant de se retrouver dans le dos des deux appareils ; c’est un bon pilote, et il y parvient [dépense d’un point de Karama], mais la question de la stabilité est bien de plus en plus préoccupante… et le canon laser de série monté sur son ornithoptère fait des siennes, l’empêchant de profiter dans l’immédiat des bénéfices de sa manœuvre. Les deux appareils non identifiés en profitent, et entament chacun une manœuvre de contournement, l’un en virant à gauche et l’autre à droite. Ipuwer saisit l'occasion de se repérer ; il sait qu’il y a, non loin, un petit archipel fait d’îlots et de barrières de corail, et suppose que cet environnement particulier pourrait être utile en cas de menace grave – il fait en sorte de voler dans cette direction. Par ailleurs, si c’est la nuit, les conditions de luminosité sont bonnes, du fait de l’absence de nuages et des lunes presque pleines. Ces informations en tête, Ipuwer décide de s’en prendre à l’appareil de droite (ce qui le rapproche de l’archipel). La manœuvre d’esquive de sa proie ne lui sert à rien : cette fois, il tire et touche ; l’appareil ennemi est toujours en état de vol, mais assurément endommagé et ne pourra pas poursuivre éternellement comme cela. L’autre ornithoptère, cependant, se trouve du coup dans une position plus favorable pour s’en prendre à Ipuwer, et fait feu sur ce dernier ; le siridar-baron, oppressé par les problèmes de stabilité de son ornithoptère, n’ose pas tenter une manœuvre d’esquive, et préfère encaisser éventuellement le coup, en misant sur la qualité de son blindage. Il subit une première salve, qui fait des dégâts relativement élevés (Ipuwer bénit son blindage supplémentaire ; il est lui-même un peu touché dans l’habitacle, mais son armure légère le protège), puis manœuvre pour éviter un deuxième tir – et tout autant l’assaut de l’autre appareil, qui s’est mis en position. Ces tirs successifs ont définitivement compromis la stabilité de l’ornithoptère d’Ipuwer – il en perd le contrôle, et envisage l’atterrissage d’urgence, dans un terrain qui ne s’y prête guère : il est en plein dans l’océan, l’archipel est assez proche, mais pas encore atteint. Il parvient toutefois à faire la démonstration de ses talents de pilote, et redresse son appareil in extremis. Toutefois, il lui faudra se poser au plus tôt – de nouveaux échanges de tir le démontrent suffisamment. Arrivant devant un îlot d’environ 500 m de long et 100 à 150 m de large, avec un petit bosquet en son centre, Ipuwer tente donc l’atterrissage, ayant tout juste le temps de décélérer un peu. C’est cependant une réussite, et il parvient à se poser sans trop de dégâts sur la longue plage de sable blanc. Sitôt au sol, Ipuwer s’empresse de rassembler tout le matériel utile (ce qui inclut un fusil d’assaut, deux médkits, un communicateur et des grenades), puis se précipite au milieu des arbres assez denses et touffus pour s’abriter, tandis que les deux ornithoptères font des cercles au-dessus de l’îlot…

 

[Bermyl : Ipuwer] Pendant ce temps, Bermyl, au Palais de Cair-el-Muluk, n’est pas totalement inconscient de la situation concernant Ipuwer : il a appris, de ses agents sur place (au sein des troupes militaires du Mausolée), que le siridar-baron est parti seul dans la nuit avec son ornithoptère [grosse réussite sur un jet de Sécurité faisant office de rattrapage]… L’assassin leur dit de s’assurer de sa position et de ce qu’il est sain et sauf, enfin de le ramener au Palais en cas de grabuge…

 

[Bermyl : Antonin Naevius, Nefer-u-pthah ; Németh, Vat Aills, Ipuwer, Druhr] Après quoi Bermyl, conformément aux instructions de Németh, se rend aux environs du club du Diamant, déguisé, pour superviser les opérations concernant Antonin Naevius – il a affecté Nefer-u-pthah à sa filature, et en obtient régulièrement des rapports (que la discrétion nécessaire ne facilite pas toujours, cependant). Pour l’heure, le jeune Ophélion débauché se saoule avec constance, au sein d’un petit groupe d’ivrognes de la haute, dans son genre. La beuverie ne semble pas devoir prendre fin de sitôt… Bermyl décide de faire pression sur le patron pour obtenir la fermeture anticipée de l’établissement (ce qui s’était déjà produit par le passé ; le patron n’est visiblement pas très content mais se plie à la demande, en laissant toutefois entendre que Bermyl aura une dette envers lui). Le temps de pousser sans violences les ivrognes récalcitrants vers la sortie, il se passe encore bien une demi-heure. Bermyl se déplace, trouvant une planque sur le chemin allant du Diamant au Palais. Antonin Naevius et ses camarades soiffards (trois femmes et deux hommes) campent un moment devant le Diamant, en dépit des plaintes des riverains, puis l’Ophélion, fatigué d’attendre et supposant qu’il ne trouvera pas d’autre établissement du genre pour poursuivre la nuit, décide de retourner au Palais – en y invitant ses camarades de beuverie. Bermyl prend sans souci de l’avance sur le petit groupe qui titube et braille ; il donne des instructions aux gardes pour qu’ils ne laissent entrer qu’Antonin Naevius, seul, repoussant les ivrognes de sa compagnie. Le noble visiteur, confronté à cet obstacle, ne manque pas de faire un esclandre, mais, à mesure que sa cuite commence à se muer en gueule de bois, il se lasse de la situation, et se résoud à entrer seul dans le Palais, prenant tant bien que mal la direction de ses quartiers. Bermyl l’intercepte en chemin, en jouant la surprise. Antonin Naevius est complètement saoul, et se plaint qu’il veut encore boire ; Bermyl dit que cela peut s’arranger, et le conduit dans une pièce discrète non loin des appartements du Docteur Suk, Vat Aills, et y ramène de l’alcool en quantité. Antonin Naevius boit comme un trou, vomit, boit encore, etc. Bermyl tente de l’interroger en même temps : comment se passe son séjour ? Avec tous ces troubles politiques… Antonin Naevius n’a pas l’air de bien savoir ce dont parle l’assassin ; il s’en fout complètement. Par contre, il se plaint sans cesse de l’absence d’Ipuwer : c’est pour lui qu’il était venu ! Pour passer du bon temps avec le « siridar-baron » (l’expression est toujours un peu moqueuse dans sa bouche)... Bermyl tente de l’interroger sur les gens avec qui il boit, mais c’est peine perdue : l’Ophélion boit selon les circonstances avec qui se trouve là, et ne retient jamais les noms, qui n’en valent sans doute pas la peine… Bermyl tente de lui montrer le portrait-robot de Druhr, ce qui fait sourire Antonin : même dans son état, il se souvient que Bermyl est un agent des renseignements de la Maison Ptolémée… Mais il n’a rien à en dire : il l’a peut-être vue, ou peut-être pas, elle a l’air « pas mal »… Bermyl, conscient de ce qu’un interrogatoire a de futile dans ces conditions, continue de faire boire le jeune Ophélion, sans plus lui poser de questions ; déjà bien plein quand il était entré dans le Palais, il n’avait cessé depuis de boire comme un trou, aussi n’y a-t-il pas besoin d’attendre bien longtemps pour qu’il s’effondre… Bermyl fait alors en sorte de le confier aux bons soins de Vat Aills.

 

[Ipuwer] Ipuwer s’est dissimulé au milieu des arbres. Il emploie un médkit, qui lui permet de reprendre un peu d’aplomb – il reste blessé, mais pas au point où cela affecte vraiment ses capacités. Son ornithoptère, pour être endommagé, ne présente pas de risque d’exploser ; il aimerait le piéger, trouver par exemple un moyen de tirer sur l’appareil, si les autres se posent à portée, pour le faire sauter, mais il manque de connaissances vraiment pratiques et des outils adéquats pour ce faire ; il reste dissimulé, à portée, avec une bonne ligne de vue, l’arme prête à faire feu – envisageant aussi, encore que dans le vide, de s’emparer d’un des appareils ennemis, s’ils venaient à se poser. L’un des deux reste en vol, à faire des cercles au-dessus de l’îlot. L’autre – celui qui avait été endommagé – se pose sur la plage, un peu plus loin de celui d’Ipuwer ; il est prêt à décoller en urgence si jamais. Un homme en sort, brandissant une arme de poing, et un kindjal à la ceinture. Il est vêtu de noir, sans autres traits distinctifs. Il avance précautionneusement en direction de l’épave de l’ornithoptère d’Ipuwer, en jetant des coups d’œil à droite, à gauche. Ipuwer, sans en avoir la certitude, se doute qu’un pilote est resté aux commandes de l’appareil ennemi ; il est impossible de s’en prendre à lui en l’état, mais il a par contre une bonne ligne de visée pour celui qui est sorti ; il lui tire dessus… et fait mouche : il l’atteint en pleine tête, son crâne explose, et il s’effondre aussitôt. Ipuwer reste dissimulé, attendant de voir la réaction des autres ; il y avait bien un pilote à bord de l’ornithoptère, qui prépare l’appareil pour un décollage accéléré, mais reste au sol pour l’instant ; peut-être a-t-il communiqué avec l’autre ornithoptère ? En tout cas, celui-ci se rapproche, et ses cercles au-dessus du bosquet se font maintenant à vitesse minimale (50 km/h environ), et à basse altitude. Ipuwer a toutefois la certitude que l’appareil en question n’est pas doté de bombes, comme certains – il n’a qu’un canon laser standard. Ipuwer essaye alors de se rapprocher discrètement de l’ornithoptère au sol, comptant faire usage de ses grenades. L’habitacle est trop protégé pour qu’il puisse assurer un lancer efficace, mais l’arrière de l’appareil, déjà endommagé par ses tirs, est sans doute fragilisé. C’est donc sa cible : ses grenades en rajoutent aux dégâts, et il est maintenant certain que l’ornithoptère ne redécollera pas sans réparations – et sans doute plus que de simples réparations de fortune. Par ailleurs, son lancer de grenade bien assuré a eu des répercussions sur l’habitacle, et le pilote est gravement blessé – peut-être n’est-il pas mort, mais il semble bel et bien hors de combat. Ipuwer, satisfait – voire plus : cette situation de danger et d’action le fait jubiler ! –, retourne sous le couvert des arbres.

 

[La scène d’Ipuwer étant longue, et toujours pas achevée, tandis que Németh n’a pas encore eu l’occasion de jouer, et que Bermyl n’avait pas grand-chose de plus à faire en « temps réel », j’ai décidé de triturer un peu la chronologie : les scènes suivantes, de Németh et Bermyl, ont donc lieu dans la matinée, quelques heures après les scènes d’Ipuwer ; nous prenons donc de l’avance ici, et opèrerons un flashback ensuite pour revenir à Ipuwer.]

 

[Németh : Anneliese Hahn, Clotilde Philidor, Ludwig Curtius, Bermyl ; Cassiano Drescii, Lætitia Drescii] Németh, dans la matinée, se prépare à l’arrivée des DelambreAnneliese Hahn et Clotilde Philidor, avec leurs suites, et l’émissaire des Ptolémée, le Maître d’Armes Ludwig Curtius. Elle a confié à Bermyl la tâche de leur surveillance (elle se méfie de tout le monde maintenant, et cela fait beaucoup d’invités d’un coup…) ; dès que possible, elle compte également s’entretenir avec Ludwig Curtius de la situation de crise et des conditions de sa mission sur Delambre (pour l’heure, le protocole l’empêche de le voir avant ses invitées). Németh a décidé de procéder avec les Delambre comme elle l’avait fait la veille avec Cassiano et Lætitia Drescii : elle les reçoit en privé dans ses quartiers, plutôt que de se plier aux faufreluches dans le cadre d’une réception officielle et publique.

 

[Németh : Anneliese Hahn, Clotilde Philidor, Namerta, Ludwig Curtius ; Ipuwer] Les Delambre et leur suite en sont sans doute étonnées, mais, alors même que Németh entame son discours expliquant cette entorse au protocole en raison des circonstances, elle se trouve bientôt dans l’incapacité totale de dire le moindre mot, et est obnubilée par la figure de Clotilde Philidor – c’est comme si la jeune femme, bien qu’effacée de nature, brillait d’une manière toute particulière ; en outre, sans être en mesure de l’expliquer, Németh acquiert la certitude que toutes deux ont un lien d’une nature inconnue – en tout cas, elle n’a jamais ressenti cela auparavant… Mais son trouble s’accroît quand elle a soudainement la sensation de « quitter son corps » ; c’est comme si son « corps astral » se déplaçait dans la pièce, et venait à prendre la place de la jeune Delambre – dans sa position, Németh est donc amenée à regarder vers l’estrade… mais est surprise de ne pas s'y voir elle-même : à sa place, se tient, en majesté, son père, feu le siridar-baron Namerta, qui, dans ses atours noirs, a la posture d’un roi sur son trône ! Németh remarque cependant que ce Namerta-là ne correspond pas pleinement à l’image qu’elle avait gardé de son père au moment de son décès : il fait plus jeune. À tout prendre, elle se dit que, pour un observateur extérieur, il donnerait l’impression d’être le frère aîné de Németh et Ipuwer, plutôt que leur père… Puis la vision s’interrompt, et c’est comme si Németh réintégrait sur-le-champ son corps. En dépit de tous ses efforts, elle est très affectée par l’étrangeté de la scène, et ne parvient pas à dire le moindre mot – elle bégaie de vagues excuses pour l’accueil inhabituel des Delambre, avec une extrême maladresse qui ne lui ressemble pas. Németh puise tout au fond de ses réserves de discipline pour se reprendre. Elle parvient enfin à détacher ses yeux de Clotilde Philidor, et, sans le fixer pour autant, regarde dans la direction de Ludwig Curtius, en guise de repère familier, pour faire le vide.

 

[Németh : Anneliese Hahn, Clotilde Philidor, Ludwig Curtius ; Ipuwer, Linneke Wikkheiser] Németh est enfin en état de parler. Elle souhaite la bienvenue aux Delambre, et s’excuse tant bien que mal pour cet accueil inhabituel, qu’elle justifie par des raisons de sécurité – sans s’étendre sur son trouble à l’instant. Mais Anneliese Hahn ne la laisse pas poursuivre plus avant, et l’interrompt avec une certaine brusquerie – c’est son naturel, de manière notoire, sans doute ne faut-il pas y voir une hostilité caractérisée. La Delambre dit ne rien comprendre à ce que Németh raconte ; elle voudrait bien en savoir davantage… mais, tout autant sinon davantage, elle fait part de sa hâte de rencontrer Ipuwer – le fameux bretteur, qui trouvera enfin quelqu’un de plus doué que lui ! Elle n’accorde visiblement pas beaucoup d’importances aux faufreluches, ce n’est pas son genre : si Németh considère que les circonstances justifient cet accueil « différent », soit – ça ne la gêne en rien. Par contre, l’absence d’Ipuwer est ressentie bien autrement – même si la Delambre ne l’aurait jamais admis en ces termes ; elle est déjà lancée dans le duel, à sa manière, et dissimule (mal) son impatience et sa curiosité sous les bravades dont elle est coutumière… Németh, consciente de tout cela, l’assure qu’Ipuwer est tout aussi impatient de la rencontrer, et que sa réputation la précède, et… Mais la Delambre trouve que, décidément, Németh tourne beaucoup trop autour du pot – avec un manque de tact étonnant pour une noble de si haut rang, elle ne se prive d’ailleurs même pas de faire la remarque que Németh n’a « pas l’air bien », revenant sur son trouble encore tout récent… Németh cherche toujours à se justifier, parlant de troubles religieux… Mais Anneliese Hahn s’en moque ! Qu’importe le protocole, qu’importe les justifications ! Elle veut juste savoir en quoi tout ceci la concerne – et au diable l’étiquette ! Németh adopte en conséquence un ton plus autoritaire… et à la limite de l’insulte quand elle avance que la Delambre, qui n’est pas en position de diriger une Maison noble, si cela pourrait très éventuellement arriver un jour, n’est tout simplement pas en mesure de comprendre le poids de ses propres attributions (Németh se rend-elle compte qu’elle affiche du coup pleinement que c’est elle qui règne sur la Maison Ptolémée, et non son siridar-baron de frère Ipuwer ?). Mais c’est bien comme ça qu’il fallait parler à Anneliese Hahn : si le précédent écart en la matière de Németh, vis-à-vis de Linneke Wikkheiser, avait sans doute, au-delà de son efficacité à court terme, généré un incident diplomatique, ce n’est pas le cas ici, bien au contraire. Anneliese Hahn, de toute façon bien trop arrogante pour se sentir ainsi rabaissée ou a fortiori humiliée, apprécie en fait cette rudesse tout sauf protocolaire. Németh gagne ainsi l’assurance qui lui faisait défaut depuis sa vision. Les mensonges les plus éhontés, le cas échéant, sont de nouveau à sa portée – elle prétend ainsi qu’Ipuwer s’est absenté, non par caprice, mais pour une mission essentielle, lui qui, dans la plénitude de sa fonction bien comprise, entend régler les problèmes lui-même plutôt que de déléguer… Németh se fait ensuite plus rassurante – allant jusqu’à dire que la crise serait éventuellement réglée en quelques heures à peine… De toute façon, elle en tiendra informée ses honorables invitées – et les convie à un dîner privé dans la soirée.

 

[Bermyl, Németh : Clotilde Philidor, Anneliese Hahn, Ludwig Curtius ; Ipuwer] Clotilde Philidor, qui n’est pas de nature à se manifester ou encore moins à se plaindre, accepte la situation sans un mot ; Anneliese Hahn, qui apprécie le langage militaire et direct, ne se plaint pas davantage – c’est comme si elle était déjà ailleurs, et elle a même entrepris sans plus attendre de taquiner Ludwig Curtius pour qu’ils échangent quelques touches ; à vrai dire, ils en sont au stade des bourrades lourdement amicales et des grossièretés de caserne… et elle inquiète enfin un tantinet Bermyl quand, sans plus de cérémonies, elle dégaine son épée dans la salle même, refusant par caprice d’attendre de se trouver dans un endroit plus approprié pour l’escrime ; elle n’a que faire des « endroits appropriés », et contraint d’ores et déjà le Maître d’Armes à se battre ici-même, peu importe ses tentatives de la raisonner… Bermyl perçoit bien cependant que le comportement fantasque de la Delambre n’a rien de menaçant : son épée n’est pas tournée contre Németh, elle ne fait que témoigner de son je-m’en-foutisme frivole, et de son goût plus ou moins conscient de la bravade. Par contre, à suivre sa joute avec Ludwig Curtius, l’assassin est bien vite convaincu du fait que la garçonne est une escrimeuse à la hauteur de sa réputation… et probablement à même de battre Ipuwer ; elle aime faire la démonstration de son talent, à l’évidence, mais le fait est qu’elle peut se le permettre. À mesure que la situation se détend, et tandis que Clotilde Philidor semble patienter le temps que sa fougueuse cousine se soit défoulée, l’assassin et faux troubadour trouve le moment propice pour jouer de sa balisette ; il sait que Clotilde Philidor en joue, et avec talent dit-on… Il l’observe discrètement, afin de voir si elle est sensible à son jeu – mais la jeune femme, aussi effacée qu’on le prétend, ne semble pas y prêter la moindre attention. Németh, qui n’a pas bougé depuis la fin de son allocution, cherche de nouveau à percer la jolie jeune femme, mais sans plus de succès – au point où cela commence à la troubler à nouveau. Peu désireuse de se retrouver dans les mêmes circonstances que précédemment, elle ne tarde pas à se retirer pour récupérer.

 

[Bermyl : Nefer-u-pthah ; Elihot Kibuz] Bermyl, une fois libre, entend bien obtenir de son agent Nefer-u-pthah un rapport concernant les allées et venues d’Elihot Kibuz, le Maître-Assassin fantoche – qu’il l’avait chargée de filer. Nefer-u-pthah livre un rapport parfaitement creux, témoignant de déplacements d’une banalité insondable : il n’y a absolument rien de suspect dans le comportement de Kibuz. Il se livre pour l’essentiel à de la paperasserie (c’est resté dans ses attributions) ; il sort bien sûr du Palais à l’occasion, mais dans l’exercice de ses fonctions, rien de plus… Bermyl demande à son agent ce qu’elle pense au juste de la probité du Maître-Assassin fantoche, et de la pertinence de sa mission de filature. Elle répond qu’elle est convaincue de l’innocence de Kibuz, et que sa mission ne sert à rien – d’autant que, consciente d’être un bon élément, elle se montrerait sans doute bien plus utile et efficace si on l’affectait à quelque chose d’autrement important… Et Bermyl ne peut s’empêcher de la trouver un peu trop empressée à qualifier sa mission d’inutile. Il lui dit de laisser tomber la filature… puis lui demande tout de go si elle-même n’aurait pas quelque chose à se reprocher dans cette affaire. La manœuvre est hardie… mais rate dans les grandes largeurs. Nefer-u-pthah est visiblement outrée, mais pas bête au point d’en faire état, autrement qu’en affichant sa probité et invitant l’assassin à s’en assurer quand il le voudra et comme il me souhaitera. Du coup, Bermyl n’en sait pas davantage, et se l’est aliénée… Il s’éloigne enfin, inquiet de ce que d’autres agents de ses services ne soient pas fiables…

 

[Bermyl : Ipuwer] Bermyl a toutefois d’autres chats à fouetter. Ipuwer n’est toujours pas rentré… Il contacte ses agents au campement du Mausolée, sur le Continent Interdit, mais ils n’ont rien de neuf à lui confier… et n’ont même pas eu la présence d’esprit, alors que Bermyl supposait que cela allait de soi, de dépêcher des ornithoptères sur le trajet pour rejoindre le siridar-baron ! Bermyl, furieux, leur ordonne de le faire, et tout de suite ; un agent, après avoir obtempéré, honteux, suggère qu’il serait peut-être plus efficace d’envoyer des ornithoptères depuis Cair-el-Muluk, qu’Ipuwer aurait dû atteindre depuis le temps… Bien sûr ; et Bermyl s’en charge aussitôt.

 

[Flashback, pour revenir à la séquence d’Ipuwer.]

 

[Ipuwer] L’ornithoptère en vol n’obtient pas grand-chose à survoler ainsi l’îlot – la couverture des arbres maintient le secret quant à la position exacte d’Ipuwer. Le pilote décide alors de procéder autrement, il s’éloigne, puis se retourne vers le bosquet pour le balayer de rafales de son canon laser, en aveugle. Ipuwer avait bien compris ses intentions ; il ne peut pas faire grand-chose de plus pour se dissimuler davantage, mais trouve une position de relative sécurité. Ceci étant, les rafales soutenues de l’ornithoptère, dans ces conditions, n’ont que de très faibles chances de l’atteindre ; à la limite, les dégâts qu’elles font parmi les arbres seraient probablement plus dangereux, mais ce n’est pourtant même pas le cas… L’appareil change à nouveau de tactique, revient se positionner au-dessus du bosquet – Ipuwer comprend vite que l’ennemi va user de ses grenades, là encore en aveugle. C’est peine perdue – il est presque impossible de le blesser ainsi dans ces conditions. Au bout d’un moment, l’appareil lâche l’affaire – sans doute parce que ses réserves en carburant ne sont pas inépuisables. Mais il a très probablement signalé sa position, Ipuwer n’a aucun doute à cet égard… Aussi aménage-t-il au mieux son environnement, se fabriquant avec les moyens du bord un abri plus solide, après avoir lancé un appel radio sur la fréquence d’alerte en usant du langage de bataille [du coup, il y a sans doute ici une incohérence au niveau de la chronologie, mais on peut globalement s’en accommoder…]. Quelques heures plus tard, deux appareils aux couleurs des Ptolémée arrivent enfin… mais en même temps que deux autres appareils « inconnus ».

 

À suivre…

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