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CR Imperium : la Maison Ptolémée (18)

Publié le par Nébal

CR Imperium : la Maison Ptolémée (18)

Dix-huitième séance de ma chronique d’Imperium.

 

Vous trouverez les éléments concernant la Maison Ptolémée ici, et le compte rendu de la première séance . La séance précédente se trouve ici.

 

Tous les joueurs étant présents, qui incarnaient donc Ipuwer, le jeune siridar-baron de la Maison Ptolémée, sa sœur aînée et principale conseillère Németh, l’Assassin (Maître sous couverture de Troubadour) Bermyl, et le Docteur Suk Vat Aills

 

I : DE BON AUGURE

 

[I-1 : Németh : Clotilde Philidor] Németh est très affectée par les événements qui se sont produits lors de la réception des Delambre – et tout particulièrement en rapport avec Clotilde Philidor. Aussi, conformément à son habitude, se rend-elle dans ses jardins privés pour récupérer, auprès de ses tureis adorés.

 

[I-2 : Németh : Linneke Wikkheiser ; Clotilde Philidor] Mais une autre vision l’assaille bientôt… de nature bien différente – si le contact avec Clotilde Philidor avait suscité un développement local, dans la pièce même où se trouvaient les deux femmes, il s’agit cette fois de franchir bien des barrières du temps comme de l’espace. La scène a lieu dans une immense salle, où Németh n’a jamais mis les pieds, mais qu’elle connaît pourtant : l’assemblée du Landsraad. Elle y est présente – mais intègre aussitôt le poids de sa solitude et de sa faiblesse : tout, dans ce cadre, lui paraît intimidant, écrasant, et même hostile. La scène est muette, mais Németh n’en perçoit pas moins, à l’estrade, la vive hostilité à son encontre et à l’encontre de la Maison Ptolémée qui ressort du discours enflammé de Linneke Wikkheiser – une hostilité qui grandit, imprégnant bien vite tous les délégués de toutes les Maisons nobles : Németh est seule, les Ptolémée sont seuls…

 

[I-3 : Németh] C’est alors que la vision cesse. Et si Németh est à nouveau sous le choc, elle appréhende mieux ce qui s’est passé. Elle sait maintenant que ces visions sont le fruit de la modification de son régime d’épice – il s’agit bien de Prescience. Le fait que ces visions soient aussi rapprochées ne manque pas de l’inquiéter : elle a l’impression d’un flot ininterrompu qui se précipite maintenant que le bouchon a sauté ; et elle ne contrôle absolument rien à cet égard… Mais il s’agit bien de Prescience – c’est la confirmation qu’elle avait en elle un potentiel majeur à cet égard : l’épice a contribué à révéler cette faculté, mais elle sait que c’était en elle ; il a suffi de pas grand-chose pour le produire. Elle n’en est pas moins épuisée par ces visions rapprochées, se doutant de ce qu’il lui faudra apprendre à les maîtriser davantage – maintenant que le changement de régime d’épice a abouti, elle songe donc à canaliser cette faculté au travers du Tarot de Gollam. Aussi, bien qu’épuisée, et angoissée par les développements futurs suggérés par ces visions, Németh est aussi grisée par les possibilités qui s’ouvrent à elle…

 

II : ROBINSON

 

[Flashback de quelques heures.]

 

[II-1 : Ipuwer] L’appareil hostile ayant quitté les lieux, deux heures s’écoulent avant que de nouveaux ornithoptères arrivent. Ipuwer décide de les mettre à profit – redoutant que d’éventuels nouveaux venus soient mieux armés pour le débusquer dans le bosquet où il s’est réfugié, et qui ne résisterait pas aux bombes. Les îlots de l’archipel sont relativement éloignés, mais rien d’inaccessible pour un bon nageur. Il prend d’abord soin de se munir de tout ce qui pourrait s’avérer utile à bord des deux ornithoptères posés sur la plage – ce qui inclut un gilet de sauvetage, des fusées éclairantes, un communicateur militaire, etc. Il confectionne un semblant de radeau, puis nage jusqu’à l’île la plus proche, y fait une brève pause, et nage encore jusqu’à une troisième île dont la végétation semble plus propice à la dissimulation ; il y aménage un abri avec des racines, des branches, des souches… Il sait que cela ne le protègera pas des bombes, mais c’est tout de même une meilleure opportunité de se cacher et de faire face au mieux à tout « débarquement ».

 

[II-2 : Ipuwer] Deux heures environ après le départ de l’appareil ennemi, le ciel (toujours aussi dégagé) au-dessus de l’archipel est à nouveau envahi par des ornithoptères : deux appareils aux couleurs des Ptolémée qui arrivent par l’est (un assez solide, comme l’était le sien, l’autre plus souple et rapide)… mais, exactement en même temps, deux autres venant de l’ouest, non identifiés. Ipuwer use de son communicateur (sans révéler pour l’heure sa position exacte) pour entrer en relations avec les ornithoptères de sa Maison ; il emploie le langage de bataille, signifiant que les ornithoptères non identifiés sont hostiles, à l’instar de ceux qui l’avaient abattu – ceux-ci refusant à nouveau de s’identifier, Ipuwer ordonne de les prendre en chasse, et de les détruire le cas échéant ; qu’ils le laissent où il est pour le moment, ça n’a pas d’importance : la priorité est de pister les ennemis. Les ornithoptères des Ptolémée obéissent, mais leurs adversaires prennent aussitôt la fuite – et l’appareil Ptolémée le plus lourd ne peut pas rivaliser avec leur vitesse ; Ipuwer en prenant conscience lui dit de revenir en arrière pour le récupérer, tandis que l’ornithoptère plus rapide poursuivra les deux autres – malgré donc cette infériorité numérique ; Ipuwer insiste pour qu’il poursuive sa traque, sauf à se mettre trop radicalement en danger. Contraint au combat, il parvient à descendre un des deux appareils, qui s’écrase dans l’océan non loin d’un îlot – les morceaux de son épave flottent, et Ipuwer compte les inspecter dès que l’appareil lourd l’aura embarqué. L’autre ornithoptère non identifié, toutefois, a profité de la confusion de l’assaut pour s’éloigner à toute vitesse, et le suivre s’annonce difficile, mais l’appareil Ptolémée tente néanmoins de poursuivre la traque.

 

III : LA LOYAUTÉ DANS LES RANGS

 

[Retour à la temporalité principale.]

 

[III-1 : Bermyl : Elihot Kibuz, Nefer-u-pthah] Bermyl dresse une liste de ses agents disponibles, cherchant à déterminer qui pourrait lui permettre d’approcher le plus efficacement Elihot Kibuz, le Maître-Assassin fantoche dont il exerce en fait les attributions, et dont la loyauté est de plus en plus suspecte. Mais c’est une question plus globale, et très angoissante : à qui Bermyl peut-il se fier dans ses propres services ? La scène avec Nefer-u-pthah s’est avérée éloquente concernant la « corruption » des services de renseignement des Ptolémée

 

[III-2 : Bermyl : Taho ; Ipuwer, Elihot Kibuz, Nefer-u-pthah, Namerta, « Lætitia Drescii »] Bermyl est rongé par le besoin de se confier – mais à qui ? Il suppose que Taho, cet excellent élément auquel il a eu recours à plusieurs reprises, demeure fiable. Celui-ci se trouve en ce moment même au Palais de Cair-el-Muluk, et Bermyl le convoque dans ses quartiers – qu’il protège sans rien en dire par un cône de silence. Bermyl lui fait part de ses doutes, l’assurant que « l’heure est grave » : il sait que nombre de ses agents ne sont pas loyaux à l’égard d’Ipuwer et de la Maison Ptolémée telle qu’elle est maintenant. Taho n’est pas du genre à réagir ou à s’étonner… Toutefois, quand Bermyl en vient, devant lui, à mettre en doute sa propre loyauté, le froid Taho n’apprécie visiblement pas – laissant entendre à demi-mots qu’il n’aime pas qu’on le prenne pour un imbécile, et qu'il sait très bien Bermyl loyal… Ce dernier s’excuse à cet égard : il y avait bien quelque chose d’un test dans cette allégation… Mais il voudrait avoir son sentiment à ce sujet. Taho sait bien qu’il y a des tensions, mais sans avoir de certitude en ce qui concerne leur ampleur et leur impact. Devinant que son supérieur aimerait passer par lui pour en savoir davantage, il se montre légèrement rétif à coopérer : est-ce parce qu’il est sincère quand il se dit ignorant de tout cela ? Est-ce qu’il ne veut pas « balancer » ses collègues ? Ou encore qu’il est un arriviste prêt à jouer ce jeu, mais comptant bien en obtenir des contreparties ? Bermyl n’exclue rien – laissant même entendre que Taho serait son successeur le moment venu ! Mais ce dernier n’est pas du genre à craquer devant les compliments et les promesses… En tout cas, le froid Taho, interrogé à ce sujet, affirme sans l’ombre d’une hésitation qu’il est pour sa part fidèle à la Maison Ptolémée telle qu’elle est, à Ipuwer qui se trouve être son chef légitime – et à Bermyl, qui est bien son Maître s’il n’en a pas le titre. Bermyl s’en réjouit : il a besoin du soutien « personnel » de Taho, dans cette affaire portant sur la loyauté de ses services. Il revient sur une idée déjà ancienne : il s’agirait de faire croire à Elihot Kibuz qu’il partage son mépris d’Ipuwer – et tout autant à Nefer-u-pthah et à ses semblables : il serait dans leur camp, enthousiaste aux rumeurs incroyables parlant de la résurrection de Namerta... Taho suppose que propager cette réputation est faisable – mais probablement pas par lui : sa froideur habituelle, sa réputation dont il a bien conscience, l’empêchent de susciter de manière crédible la rumeur ; mais il va y réfléchir, cherchant à déterminer par qui il serait possible de passer. Bermyl suppose qu’il faudrait trouver un événement récent rendant son changement d’allégeance convaincant. Taho, qui ne prend guère de gants, suppose que cela ne sera pas un problème : entre le fiasco de l’opération au camp des Atonistes de la Terre Pure, la disparition de « Lætitia Drescii », la passivité de ses services dans l’affaire de l’abattoir, son caractère timoré plus globalement, Bermyl n’a au fond que l’embarras du choix…

 

IV : AU FOND DE L’IVROGNE

 

[IV-1 : Vat : Antonin Naevius ; Bermyl, Ipuwer, Anneliese Hahn] Vat Aills sait que Bermyl lui a « préparé » et « livré » Antonin Naevius. Le jeune noble cuve son vin depuis cinq heures environ – affalé sur un canapé dans un couloir du Palais non loin des bureaux du Docteur Suk… Il a vomi à plusieurs reprises, mais des employés de maison ont nettoyé les dégâts, autant que possible, sans oser le réveiller – du fait d’expériences désagréables et très similaires avec IpuwerVat le fait porter dans son cabinet, où il donne des consignes pour qu’on le mette dans une posture plus décente, et qu’on en profite pour lui nettoyer délicatement le visage ; lui, en attendant, prépare de quoi le requinquer. Le jeune débauché n’est visiblement pas sur le point de se réveiller de lui-même – on l’a manipulé sans en tirer quoi que ce soit de plus qu’un ronflement ou un mouvement réflexe du bras… Vat en profite pour examiner son corps, et le palper. Médecin consciencieux, il disposait d’un dossier assez complet sur le camarade de beuveries d’Ipuwer – le corps semble correspondre parfaitement à ce dont il était au courant, et tout particulièrement pour ce qui est des cicatrices : sans être un militaire, certainement pas, et il n’en a en rien le vécu, Antonin Naevius n’en a pas moins reçu une éducation martiale, Ophélion qui plus est, et s’est plus qu’à son tour livré à des duels – il n’a rien d’un excellent duelliste à la façon d’Ipuwer (ou d’Anneliese Hahn ?), mais porte les marques de cette éducation ; c’en est au point, à vrai dire, où le Docteur Suk le soupçonne de « cultiver » sciemment certaines de ces cicatrices, qui auraient pu aisément être soignées au point de disparaître… Quoi qu’il en soit, ce sont bien de vraies cicatrices, correspondant à celles figurant dans le dossier. Vat poursuit son examen, faisant des prélèvements de peau, de cheveux et de sang ; le jeune noble s’agite un peu, mais pas au point de se réveiller.

 

[IV-2 : Vat : Antonin Naevius ; Bermyl, « Cassiano Drescii », « Lætitia Drescii », Ipuwer, Németh] Toutefois, Vat ayant désormais ce dont il avait besoin, il fait en sorte de réveiller doucement Antonin Naevius. Sans surprise, le jeune homme est confus – et se paye une vilaine gueule de bois. Vat en profite : usant de psychologie, il fait subtilement intégrer à son patient ce que sa position a de gênant, histoire de le manœuvrer le moment venu ; il a bien conscience cependant de ce que l’aristocrate décadent ne s’en soucie probablement pas plus que cela… Il lui administre de quoi récupérer de sa gueule de bois au plus tôt – et passe à l’interrogatoire. Antonin Naevius est surpris par la tournure de l’entrevue, il s’en fait écho à plusieurs reprises, mais sans doute son respect inné pour l’ordre et la fonction du Docteur Suk l’incitent-ils à se montrer conciliant – là où il aurait envoyé paître tout autre interrogateur… Il a visiblement envie de dormir – dans un vrai lit – et de remettre ça le soir même… Il n’a pas vraiment de souvenirs de ce qui s’est produit la veille – c’est trop flou… Quand Vat lui demande des noms, seul celui de Bermyl ressurgit – les autres, au Diamant (c'était bien le Diamant ?), il ne les connaissait pas, comme d’habitude… Quand a-t-il vu les « Drescii » pour la dernière fois ? « Pourquoi cette question ? » Il ne les a pas trop vus, ces derniers temps – « Cassiano », du moins : « Lætitia », il ne la voyait pas davantage avant, de toute façon… Mais « Cassiano » n’avait visiblement pas trop envie de sortir, ce qui le décevait. Il ne les connait pas depuis longtemps ; il les a croisés lors de leurs tours respectifs, par le plus grand des hasards – ils ont été amenés à parler des Ptolémée, lui-même d’Ipuwer, « Cassiano » de Németh (Antonin a un ricanement égrillard…). Vat insiste sur le « hasard » de la rencontre. Ce qui surprend à nouveau Antonin Naevius : pourquoi toutes ces questions ? Est-il « surveillé » ? Est-ce un interrogatoire de « police » ? Vat entend le rassurer – c’est simplement qu’on l’a repêché dans le pire trou de la ville, et le jeune noble, dont les souvenirs sont incertains, ne tente pas de nier quoi que ce soit à cet égard… Il ne voit cependant pas le rapport avec « Cassiano » : il est donc assez peu sorti avec lui, ce qu’il regrette… Tout au plus peut-il dire qu’il encaisse bien l’alcool – peut-être mieux que lui-même, oui… Bon ! Il en a assez de ces questions, il veut dormir dans un vrai lit ! Vat proposait de lui en préparer un, mais pourquoi donc ? Le sien sera parfait ! Le Docteur Suk lui tend toutefois une dernière pastille – que Naevius avale sans plus poser de questions, laissant entendre qu’il n’acceptera pas qu’on le fasse chier davantage après ça… Mais il s’agit d’un calmant à effet rapide, supposé le rendre plus docile…

 

[IV-3 : Vat : Antonin Naevius ; « Cassiano Drescii », Németh] Le Docteur Suk accompagne le jeune noble jusqu’à ses quartiers – sa démarche n’est guère assurée, ça demande un certain temps… En chemin, Vat pose encore quelques questions : Naevius a-t-il en tête un comportement singulier, ou un trait remarquable, de « Cassiano Drescii » ? L’Ophélion a une réponse toute faite, qui le minait visiblement depuis un certain temps : « Cassiano » vit maintenant dans ses livres, par procuration ; il préfère écrire des beuveries ou orgies que les vivre réellement… Ce n’est plus le même homme que celui qu’il connaissait de réputation, sans doute : il a pris un coup de vieux en quelques années à peine, s’est empâté, fatigué… Il n’a plus rien de son ancienne carrure martiale. Le Docteur Suk lui demande s’il en est déçu – mais peut-il être déçu de quoi que ce soit ? Qu’en est-il, alors, de l’objet de sa visite sur Gebnout IV ? Antonin Naevius n’en sait absolument rien – « Cassiano Drescii » a mentionné Németh, c’est tout… Ils sont parvenus aux appartements du jeune Ophélion ; le Docteur Suk s’assure qu’il se couche confortablement et se sente bien, le quitte en ayant joué l’agréable docteur, consciencieux au possible, et laisse son patient s’endormir – il ne tarde guère…

 

V : DRESCII CONTRE DRESCII


[V-1 : Németh, Vat : Cassiano Drescii ; « Cassiano Drescii », Antonin Naevius] Németh a pris le temps de récupérer avec ses tureis. Pour autant, elle n’en a pas moins des obligations… Elle souhaite interroger elle-même « Cassiano Drescii », tant cette histoire l’intrigue. Elle compte commencer seule, puis faire entrer le « nouveau » Cassiano Drescii et les confronter – laissant des instructions aux gardes pour qu’ils interviennent si ce dernier, sanguin, en venait aux mains avec son double… Vat en ayant terminé avec Antonin Naevius, et connaissant les intentions de Németh, lui propose d’assister également à l’interrogatoire – il pourrait éventuellement servir d’alibi, en prétextant la « visite médicale »… mais, le contexte étant ce qu’il est, Németh n’y croit

pas trop. Elle accepte néanmoins l’assistance du Docteur Suk. Quant au « vrai » Cassiano Drescii, elle lui dit de patienter dans une pièce adjacente, derrière un miroir sans tain (où il entendra également ce qui se dit dans la cellule ; la scène est d’ailleurs enregistrée depuis cette pièce) ; le moment venu, elle lui fera signe de les rejoindre…

 

[V-2 : Németh, Vat : « Cassiano Drescii » ; « Lætitia Drescii », Cassiano Drescii] Németh et Vat entrent dans la cellule – relativement confortable pour une prison, adaptée du moins au statut supposé du détenu. La ressemblance parfaite des deux « Cassiano » est décidément impressionnante – et déconcertante. Cela va jusqu’à la gestuelle – même si ce « Cassiano » exprime aussi un mélange fluctuant de colère et d’inquiétude (la première domine, toutefois). Németh compte employer un ton légèrement ironique : « Mon cher Cassiano… » Mais son détenu l’interrompt aussitôt : « Mon cher ?! » Németh rappelle leurs relations cordiales jusqu’alors. « Oui, et puis vous m’avez jeté dans cette putain de prison ! Et ma femme ? Qu’est-ce que vous en avez fait ? Où est-elle ? » Németh l’assure qu’elle va bien et est en sécurité. « Cassiano » n’en continue pas moins de brailler, revenant sans cesse sur son statut d’invité, et hurlant que Németh ne s’en sortira pas comme ça… Et, bon sang, qu’est-ce qu’il fait là ?! Németh concède qu’il se montre « assez convaincant », mais que des « détails » lui ont révélé la vérité le concernant. « Cassiano » passe au tutoiement : « Mais de quoi tu parles ? » Németh dit avoir d’abord été honorée de sa visite impromptue, mais avoir bien vite relevé des « comportements étranges » de sa part ; et puis de nouveaux invités, des « personnages surprenants », l’ont aidée à faire la lumière sur la question… « Cassiano », un peu plus calme, répond : « On m’a parlé d’une de ces sorcières… C’est ça, hein ? Le Bene Gesserit qui fait sa police ? » Németh lui répond, sur un ton plus familier elle aussi, qu’il est complètement à côté de la plaque… « Je voudrais vous présenter quelqu’un. » Elle fait le signe convenu avec le « nouveau » Cassiano Drescii.

 

[V-3 : Németh, Vat : Cassiano Drescii, « Cassiano Drescii »] Le « nouveau » Cassiano Drescii les rejoint donc dans la cellule. Ses traits expriment un mélange de colère et de stupéfaction gênée devant la perfection de l’imitation : il s’agit bien d’un reflet exact de sa propre personne… « MM. Drescii, je suppose que vous avez des choses à vous dire… » lance Németh. C’est le « nouveau » qui, après un temps d’hésitation, prend l’initiative : « Qui êtes-vous ? Qu’êtes-vous ? Qu’est-ce que vous faites avec mon visage ? » L’autre lui pose en retour exactement les mêmes questions – mais Németh perçoit qu’il est moins assuré, et conscient sans doute de ce que son mensonge ne trompe personne… et elle redoute une réaction violente. Elle fait signe à un garde d’intervenir… mais c’est trop tard : « Cassiano Drescii », tout menotté qu’il soit, se précipite contre un mur, et s’y fracasse le crâne avec une violence incroyable ! Un humain normal n’aurait jamais pu faire usage d’une telle violence, avec de telles conséquences : cette méthode de suicide improbable réussit parfaitement sous la violence invraisemblable du geste – le crâne de « Cassiano Drescii » explose littéralement, et son corps s’écroule par terre : à l’évidence, il mourra dans quelques secondes, quelques minutes tout au plus… Vat se précipite auprès de lui, mais il est trop tard pour qu’il fasse quoi que ce soit. Tout au plus relève-t-il ce que ce comportement a d’inhumain – cela résulte sans doute d’un conditionnement extrême, mais il y a autre chose…

 

[V-4 : Vat, Németh : Cassiano Drescii ; « Cassiano Drescii »] Le Docteur Suk prend ses dispositions pour que l’on emporte le cadavre à la morgue. Le « nouveau » Drescii, de son côté est parfaitement coi : la violence de la scène l’a stupéfait… mais au moins autant le fait d’assister ainsi à la mort, et d’une telle manière, d’un individu lui ressemblant parfaitement ! Németh est tout aussi bouleversée – elle ne cesse d’encaisser, ces derniers jours, et n’est pas loin de craquer… Elle garde sa dignité en disant au Docteur Suk de tirer autant que possible du cadavre, mais Vat Aills perçoit bien son trouble et lui suggère d’aller se reposer après lui avoir donné un cachet… Le « nouveau » Cassiano se contient – un écho du noble et du militaire qu’il était il y a quelque temps de cela ; mais la scène ne le laisse pas indifférent, et pas davantage la réaction de NémethVat s’assure de ce qu’elle retourne dans ses quartiers, et en sécurité ; ils auront un nouvel entretient avec Cassiano Drescii, mais plus tard, il faut d’abord récupérer. Németh acquiesce – prenant simplement le temps de s’adresser à son invité, pour dire que la situation s’est clarifiée, qu’ils ont désormais des certitudes… Puis elle se retire sans un mot de plus.

 

VI : ÉCHOS D’UNE GUERRE EN MARCHE

 

[Nouveau flashback, de quelques heures – après quoi la temporalité sera de nouveau la même pour tous les PJ.]

 

[VI-1 : Ipuwer] L’ornithoptère lourd aux couleurs de la Maison Ptolémée se pose sur la plage de l’îlot où s’est dissimulé Ipuwer – sur ses instructions. À bord se trouvent un pilote, un copilote et un homme de troupe – tous d’élite. Ipuwer les rejoint, et donne l’ordre à la patrouille qui doit les retrouver de se rendre sur la première plage pour y inspecter l’appareil ennemi qui s’y était posé. D’ici-là, lui-même se rendra à bord de l’appareil lourd pour fouiller l’épave de l’ornithoptère non identifié qui vient d’être abattu, et qui flotte non loin d’un autre îlot, à quelque distance de là – le fond océanique n’y est sans doute guère profond. Ipuwer ne s’embarrasse pas de politesses, et pas davantage d’explications : il adopte un comportement parfaitement militaire, et ses hommes réagissent de la manière la plus appropriée.

 

[VI-2 : Ipuwer] Ipuwer rejoint l’épave à bord de l’appareil lourd ; les débris flottent encore, et le fond océanique n’est probablement pas à plus de dix mètres. Ipuwer jette un œil aux environs, afin de déterminer si des cadavres flottent ou si un membre de l’équipage aurait pu rallier l’îlot tout proche pour s’y cacher – ainsi qu’il l’avait fait lui-même quelques heures plus tôt. Ce n’est a priori pas le cas : en survolant l’ornithoptère à très basse altitude, ils peuvent déterminer que s’y trouvent un cadavre et un autre homme encore en vie, gravement blessé toutefois, mais conscient. Ipuwer donne l’ordre de descendre le filin pour se rendre à bord de l’épave, puis remonter le survivant – mais il compte bien participer lui-même à cette inspection ; le soldat prend cependant l’initiative de descendre avant Ipuwer – au cas où… et se rend ainsi compte que l’ennemi survivant active un mécanisme d’autodestruction ! Il fait prestement signe au siridar-baron de remonter, et le suit aussi vite que possible ; juste en dessous d’eux, l’appareil explose, et il ne sera sans doute pas possible d’en retirer quoi que ce soit désormais… Eux-mêmes, toutefois, ne subissent pas le moindre dégât.

 

[VI-3 : Ipuwer] Ipuwer donne alors l’ordre de retourner à la première plage et d’y sécuriser le seul appareil ennemi qui reste – mais ses membres d’équipage sont morts, et l’ornithoptère n’a visiblement pas de système automatique d’autodestruction : il reste en état jusqu’à l’arrivée des renforts Ptolémée – une petite flotte d’ornithoptères, cette fois, avec un appareil plus perfectionné destiné à Ipuwer ; il monte à bord, et repart pour Cair-el-Muluk, où il arrive environ deux heures plus tard [soit à peu près au moment du suicide de « Cassiano Drescii »] ; il apprend en cours de route que l’appareil ennemi qui était toujours pisté a finalement choisi de se retourner contre l’ornithoptère Ptolémée qui le suivait – le combat a tourné court, et l’appareil ennemi a été abattu : il n’y a a priori rien à en récupérer là encore.

 

VII : QUE FAIRE ?

 

[Retour à la temporalité générale.]

 

[VII-1 : Bermyl : Elihot Kibuz, Taho] Bermyl est dans le flou, plongé dans une phase de réflexion guère productive : où va-t-il ? Quoi mettre en place pour infiltrer ses adversaires ? Comment assurer la sécurité de tout le monde ? Comment s’assurer de l’intégrité de ses services ? Il ne va pas voir Elihot Kibuz de suite. Il pense cependant comme Taho : il doit être possible de jouer sur une rumeur d’inefficacité voire de déloyauté suite aux événements de l’abattoir – en faisant notamment ressortir sa « sympathie » pour les « morts-vivants » et leurs disciples… Mais il est hors de question de contribuer lui-même à diffuser ce bruit. Il attend donc le rapport de Taho, et rôde désœuvré dans le Palais d’ici-là…

 

[VII-2 : Bermyl : « Cassiano Drescii », Ipuwer, Linneke Wikkheiser, Németh] Ses services fonctionnent néanmoins d’eux-mêmes – et il reçoit comme de juste des communications sinon des rapports détaillés. On l’informe ainsi de plusieurs choses – et tout d’abord du suicide de « Cassiano Drescii », et du retour simultané d’Ipuwer. Mais ce n’est pas tout : on lui annonce également que Linneke Wikkheiser a quitté sans un mot le Palais, non pour se rendre, comme ils le croyaient d’abord, à l’astroport d’Heliopolis afin de rentrer au plus tôt sur Wikkheim, mais à Memnon, où elle a loué une villa sans recourir aux services des Ptolémée… À l’évidence, il faut surveiller ses activités là-bas – mais Bermyl abattu n’a pas vraiment de consignes plus précises pour l’heure… Il communique toutefois un rapport à ce sujet à Németh.

 

[VII-3 : Bermyl : Anneliese Hahn, Clotilde Philidor, Cassiano Drescii, « Cassiano Drescii », Lætitia Drescii, Taestra Katarina Angelion, Dame Loredana] Il s’enquiert néanmoins de ce que font les autres invités : Anneliese Hahn a un comportement très libre, à la fois garçonne et séductrice, tout particulièrement avec les gardes les plus musculeux et élancés… Aucun scrupule et aucune gêne de sa part – mais rien d’autre à signaler. Sa cousine Clotilde Philidor reste dans ses quartiers, où on l’entend jouer de la balisette, avec un certain talent… Le « nouveau » Cassiano Drescii vient d’assister au suicide de son double, donc – quant à son épouse, elle demeure dans leurs appartements, à lire semble-t-il. Reste enfin la Révérende-Mère Taestra Katarina Angelion – elle retrouve régulièrement Dame Loredana, mais passe sinon l’essentiel de son temps dans la bibliothèque du Palais. Globalement, rien à signaler…

 

VIII : DES RESPONSABILITÉS

 

[VIII-1 : Ipuwer, Vat Aills : Németh] Ipuwer est enfin de retour à Cair-el-Muluk – les gardes ont tendance à le coller, et ça l’énerve… Il les fait dégager, conservant pour la forme un unique sous-officier à ses côtés. Il compte voir Németh, mais apprend que celle-ci « récupère » dans ses quartiers. D’ici à ce qu’elle se montre disponible, il se rend au cabinet du Docteur Vat pour faire examiner ça blessure : ce n’est pas grand-chose, il s’en remettra très vite… Le siridar-baron discute en même temps avec le Docteur Suk :

— Alors, docteur, tout s’est bien passé pendant mes vacances ?

— Oui, d’ailleurs Dame Németh va vous en parler…

Mais Ipuwer semble avoir d’autres préoccupations – comme la réfection du crépis du Palais

 

[VIII-2 : Ipuwer, Németh : Bermyl, Sabah] Une fois soigné, Ipuwer se rend dans ses quartiers. Németh n’est certes pas en forme, mais, dès qu’elle apprend le retour de son frère, elle se rend auprès de lui. Elle constate l’état d’Ipuwer – guère présentable… Mais il est heureux : « Enfin les ennemis lèvent le voile ! La situation se clarifie, n’est-ce pas ? » Mais Németh n’est pas aussi optimiste…Toujours à la limite de la pique, elle avoue cependant que le retour d’Ipuwer, quand bien même tardif, est une bonne nouvelle. Elle suppose qu’Ipuwer, à son habitude, n’a pas pris soin de s’informer des minutes du Palais, aussi va-t-elle le faire elle-même… Ipuwer y est prêt – blâmant au passage les services de communication lamentables de la Maison Ptolémée… Certes, il était parti sans rien dire, mais… Ipuwer biaise maladroitement – évoquant par exemple les jolies petites îles sur le trajet entre Cair-el-Muluk et le Mausolée, peut-être pourrait-on y construire quelque chose… Il ne sait guère qu’une seule chose, autrement : Bermyl a « encore » foiré son opération au campement des Atonistes de la Terre Pure ! Ipuwer lui avait pourtant longuement expliqué que l’échec en l’espèce était inenvisageable… Ils n’ont même pas récupéré les cartes de Sabah ! Bravo ! Németh concède que Bermyl joue de malchance… mais son frère est plus hargneux : plus troubadour qu’assassin, décidément, Bermyl ferait sans doute mieux de s’en tenir à la balisette !

 

[VIII-3 : Németh, Ipuwer] Németh est curieuse : son frère est encore plus crasseux que d’habitude… Ipuwer explique avoir été pris en chasse par des ornithoptères non identifiées alors qu’il volait en direction de Cair-el-Muluk. Ils ont descendu son appareil, mais il s’en est bien tiré – un appareil ennemi ayant été conservé, on rassemble sur place tous les éléments de preuve disponibles, concernant tant les cadavres de leurs ennemis que leur matériel. Mais bon : Németh lira les rapports, elle le fait toujours…

 

[VIII-4 : Németh, Ipuwer : Sabah, Bermyl, Hanibast Set, « Cassiano Drescii », « Lætitia Drescii », Antonin Naevius, Cassiano Drescii] Mais il est bien temps pour Németh d’informer Ipuwer des développements les plus récents. Elle confirme la vilaine tournure de l’opération d’exfiltration de Sabah, que la responsabilité en incombe ou pas à Bermyl, mais le Conseiller Mentat Hanibast Set a fait du beau travail : il semble possible de tirer finalement parti de ce fiasco (le Mentat est toujours au Palais, à disposition – même s’il est prêt à se rendre à Heliopolis le cas échéant ; pour l’heure, il peut très bien agir à distance). Mais il y a eu d’autres choses depuis – notamment la présence de plus en plus marquée de la secte résurrectionniste à Cair-el-Muluk, et… Ipuwer l’interrompt, pas vraiment la tête à ces affaires : « Et à propos de la réfection de l'aile est... » Németh explose : « L’aile est attendra ! Les événements sont graves ! Faites l’effort de m’écouter ! » Ipuwer adopte une moue boudeuse, mais la laisse poursuivre ; elle lui rapporte donc que les deux individus qu’ils croyaient être Cassiano et Lætitia Drescii se sont avérés êtres des imposteurs – il n’y a maintenant plus aucun doute à cet égard. Il s’agissait de doubles parfaits, Ipuwer sait certainement ce que cela signifie ? Le siridar-baron arbore une grimace d’incompréhension : un déguisement ? Un subterfuge ? Même Antonin ? Il buvait pourtant autant que d’habitude… Németh dit ne pas avoir de certitudes le concernant – peut-être n’est-il qu’un naïf habilement manœuvré par leurs véritables ennemis… Hors de question qu’il quitte le Palais tant qu’ils n’en ont pas le cœur net, toutefois. Mais Ipuwer poursuit sur cette lancée : ils portaient donc des masques ? Mais non – c’était vraiment parfait ! Le siridar-baron suppose alors que c’est un peu la même chose que pour cette Druhr, cette idée d’ « humains » élevés hors-sol, comme leurs plantes… « Dégoûtant ! On ne devrait pas faire ça ! Qui fait ça ? » Németh ne désigne personne… mais explique comment elle a débusqué l’imposture, quand on lui a appris l’arrivée des Ophélion alors qu’ils étaient déjà censés être là… Ipuwer comprend alors qu’il s’agit de faits établis avec certitude, pas de simples soupçons… Oui : Németh, tout récemment, a vu les deux « Cassiano Drescii » côte à côte… Le premier, l’imposteur, s’est suicidé sous ses yeux quand il a ainsi été confronté à son « original »… Ipuwer soupire : « Ces méthodes sont indignes, les gens qui font ça sont sans honneur ! Tout cela devrait se régler face à face ! » Mais il s’inquiète maintenant de l’état de Németh – il ne semblait pas y avoir prêté attention jusqu’alors. « Vous n’avez pas l’air dans votre assiette… Vous dormez bien ? » Fort peu, et mal – le poids sans doute des responsabilités en son absence… Mais Ipuwer maintient qu’il n’est pas parti si longtemps que cela, et qu’après tout on savait où le joindre ! Enfin, si les services de communication avaient fait leur travail, passons… Németh a donc pris les mesures nécessaires ? Oui – mais elle aimerait lui faire entendre qu’il ne s’agit pas d’une bêtise portant sur l’honneur ou le déshonneur : c’est une terrible menace, et c’est la survie de la Maison Ptolémée qui est en jeu ! « Cassiano Drescii » est mort sous ses yeux ; mais « Lætitia » leur a glissé entre les doigts – Bermyl est sur sa trace… Ipuwer, soupirant, ironise : « Douce Maison, me voici de retour… » Mais il admet que l’attaque qu’il vient de subir démontre assez qu’on en veut à sa Maison et à lui-même…

 

[VIII-5 : Németh, Ipuwer : Linneke Wikkheiser, Anneliese Hahn, Clotilde Philidor, Ludwig Curtius, Vat Aills] Németh a d’autres informations à communiquer à Ipuwer. Elle avance à demi-mots qu’il y a eu une « légère tension » avec Linneke Wikkheiser – laquelle a mal pris ses mesures, peut-être y aura-t-il des répercussions diplomatiques… Ipuwer éclate de rire : « Ma chère sœur, vous l’avez séchée, j’imagine ! Vous avez enfin perçu que cette… bonne femme était une saloperie, un tas d’immondices, arrogante, prétentieuse, hypocrite ! J’imagine que la température dans la salle, quand vous lui avez dit ses quatre vérités, devait être glaciale… » Németh, sans jouer ce jeu, rétorque que cette femme n’était effectivement pas faite pour lui, et n’aurait probablement rien apporté à la Maison Ptolémée… Par ailleurs, les Delambre sont arrivées – Anneliese Hahn se promène dans le Palais, Ipuwer n’aura sans doute pas la moindre difficulté pour la trouver… Clotilde Philidor est plus discrète. Mais Ipuwer ne prête guère attention à cette dernière. La nouvelle de l’arrivée d’Anneliese Hahn le réjouit au plus haut point : « Parfait ! Et mon maître d’armes est revenu ! » Il compte bien se remettre à l’entraînement dès que le Docteur Suk Vat Aills lui en aura donné « l’autorisation » (son ton est clairement blagueur)… Mais d’ici-là, il admet être un brin fatigué – il a été ravi de s’entretenir avec Németh, mais elle peut maintenant prendre congé… Németh obtempère : qu’il se repose bien – elle-même en a tout autant besoin…

 

À suivre…

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