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CR L'Appel de Cthulhu : Arkham Connection (25)

Publié le par Nébal

CR L'Appel de Cthulhu : Arkham Connection (25)

Vingt-cinquième séance de la campagne de L’Appel de Cthulhu maîtrisée par Cervooo, dans la pègre irlandaise d’Arkham. Vous trouverez les premiers comptes rendus ici, et la séance précédente .

 

Tous les joueurs étaient présents, qui incarnaient donc Dwayne O’Brady, l’avocat Chris Botti, la chanteuse Leah McNamara (la joueuse l'interprétant était absente au début de la partie) et quant à moi « Classy » Tess McClure (ou maintenant Tess la Rouge…), maître-chanteuse.

 

I : DANS L'ABÎME DU CLAN

 

[I-1 : Dwayne, Tess : Diane Pedersen] Dwayne et moi nous rendons au salon de thé Au bonheur des roses, à Boston, où nous avions convenu d’un rendez-vous avec Diane Pedersen, au prétexte du chantage (la rançon demandée était de 2000 $) ; nous discutons de notre plan en route. Dwayne s’est muni de chloroforme et d’un chiffon adéquat. Je connais très vaguement la boutique en question – mon fiancé m’y avait parfois emmenée, dans le temps (mais rarement). Je sais que l’on peut y louer des salons privés.

 

[I-2 : Chris : Leah McNamara, Michael Bosworth ; Orson Cushing] Chris, Leah et Michael sont déjà arrivés à Boston de leur côté. Michael rappelle qu’ils ont un souci dans leur plan impliquant de se faire passer pour des employés du traiteur, Orson Cushing : la sécurité se rendra sans doute compte si le nombre d’employés ressortant n’est pas le même que celui des employés entrés dans l’hôtel… Mais ça ne l’inquiète pas trop : lui pense trouver un moyen de se dissimuler avant, afin d’éviter tout soupçon ; le problème concerne donc le seul Chris, car Michael ne peut absolument rien faire pour lui…

 

[I-3 : Dwayne, Tess/« Louise O’Hara » : Tom ; Diane Pedersen] Dwayne et moi, ayant un peu d’avance, cherchons à entrer en contact avec la pègre irlandaise de Boston – nous avons convenu de ce qu’il nous fallait une planque (une vraie, pas le salon de thé !) pour y séquestrer Diane Pedersen le temps du gala. Nous avons une vague idée de l’emplacement d’un speakeasy tenu par les Irlandais, et nous rendons aux environs – la ville est bondée, la circulation malaisée. Dans une petite rue non loin de l’emplacement supposé du bar clandestin, Dwayne aperçoit un homme roux à la démarche incertaine, qui vient de sortir d’un immeuble d’appartements, assez aisé. Je me gare non loin, et nous nous avançons vers l’immeuble – il est un peu du même type que le Guardian’s d’Arkham, mais avec un parking sans doute à l’arrière. Les noms, à l’entrée, sont parfois de consonances irlandaises, mais tout aussi souvent WASP… Dwayne décide alors d’accoster le type éméché – il lui parle en argot irlandais, disant d’un ton ouvertement sympathique que nous venons d’Arkham, et que nous aimerions boire un verre ; peut-il nous renseigner ? Le type commence à répondre, « ouais, ouais… », mais il se reprend à la dernière minute : « Je ne vous connais pas… » Il est suspicieux. Sans être ivre à proprement parler, il a bu suffisamment pour aiguiser son anxiété. Puis [réussite critique de Dwayne, 1], après avoir dévisagé Dwayne un moment, il change complètement d’attitude : il le reconnaît, dit le nom de sa mère ! « Je t’ai connu tout petit ! Qu’est-ce que tu deviens ? Et tu es bien accompagné, en plus ! » ajoute-t-il en me voyant (je suis restée un peu en arrière)… Il s’appelle Tom, et Dwayne le remet : c’est un collègue de son oncle. Très volubile, il nous invite : bien sûr qu’on va pouvoir prendre un verre, et la note sera pour lui ! Nous retournons devant le speakeasy. Dwayne, en chemin, lui demande s’il a de bonnes relations dans le coin – il aurait besoin d’un endroit où dormir… Tom : « Passez chez moi ! Ça fera plaisir à ma femme ! On pourra faire un bon repas ! » Dwayne lui dit que c’est très aimable, mais que nous manquons de temps aujourd’hui ; cependant, il compte rester quelques jours à Boston, alors… Dwayne note l’adresse de Tom (dans un quartier plutôt classe moyenne inférieure). Je suis amenée à me présenter – sous le nom de Louise O’Hara, que j’avais endossé pour le chantage avec Diane Pedersen. Tom nous conduit donc dans un bar clandestin, du genre inaccessible à qui n’en aurait pas entendu parler, où nous sommes accueillis très chaleureusement, sur un ton familier. Tom nous paye une bière chacun. Il enchaîne les anecdotes embarrassantes sur Dwayne quand il était petit… En fait, il lui tient la jambe. Au prétexte de les laisser papoter entre garçons (« Le pauvre Dwayne ! Il rougit d’autant plus que je suis là… »), je vais me promener un temps dans le bar, à détailler la clientèle – et je me fais reluquer…

 

[I-4 : Chris : Orson Cushing ; Danny O’Bannion] Chris prend sa voiture, et va se garer devant le traiteur, Orson Cushing. On le conduit à nouveau discrètement dans le même bureau à l’écart que celui où il s’était déjà entretenu avec le patron, lequel s’y trouve, visiblement un peu stressé. Il tient par-dessus tout à éviter les ennuis, et une implication trop franche dans les affaires de la pègre irlandaise. Aussi se montre-t-il très peu cordial, et pressé d’en finir… Chris entend le rassurer, il n’y a aucun problème, et il ne compte pas rester très longtemps – il se souvient de sa promesse, un bon avocat se souvient toujours de ses promesses… Mais il lui fait part de son souci de sécurité. Il n’y a pas d’employés supposés rester sur place, pour s’assurer que tout se passe bien ? Non : l’entreprise ne s’occupe que de la livraison, pas du service – et, après tout, c’est un hôtel réputé, avec son propre personnel… Mais Chris imagine qu’il devrait être possible de laisser exceptionnellement un factotum sur place, pour tout gérer dans cette soirée aux implications commerciales et promotionnelles juteuses… Et gratuitement : il ne s’agit que d’assurer la meilleure réputation de chacun. Cushing ne l’a jamais fait, mais admet à demi-mots que ça doit être envisageable. D’autant qu’il est un fournisseur régulier de l’hôtel, qu’ils entretiennent une bonne relation commerciale… Mais à Chris de gérer ça avec son bagout ; tout au plus pourra-t-il bénéficier de l’appui d’autres employés mis dans le secret. Pour l’avocat, ça n’a rien d’insurmontable… Il laisse échapper à un moment son origine italienne, ce qui inquiète brièvement le traiteur, mais Chris lui explique la situation, ce qui ne tarde pas à le rassurer – d’autant plus quand l’avocat lui certifie que Danny appréciera ses efforts.

 

[I-5 : Tess/« Tess la Rouge » : Anna] Dans le bar, je reconnais enfin la serveuse [réussite critique à mon tour, sur un test de Crédit criminel] : il s’agit d’Anna, une femme de forte carrure, dans les 45 ans, au caractère typiquement irlandais ; elle m’avait plusieurs fois aidé à trouver des « employeurs » en tant que femme de ménage, mais aussi fourni de bons tuyaux ; cela va plus loin : cette femme, mère de deux fils, me considérait presque comme sa fille par procuration, et se montrait toujours affectueuse avec moi ; et sa famille à Arkham m’a plus d’une fois prise sous son aile, quand j’étais dans la galère… Elle ne m’a pas encore reconnue ; je l’accoste – sentant son parfum habituel de jasmin. Elle manque presque échapper son plateau : elle le pose bien vite, et m’enlace avec tendresse. Elle signifie à son époux (sans lui demander son avis) qu’elle prend une pause pour discuter avec moi, et nous nous retirons un peu à l’écart. Elle me plaint aussitôt pour ma triste réputation – elle sait que je suis parfaitement innocente des horreurs qu’on impute à « Tess la Rouge »… J’approuve, bien sûr ; mais lui explique que, si je suis venue à Boston, c’est justement par rapport à ceux qui m’ont infligé cette sinistre réputation ; pour ça, j’aurais besoin d’une planque à Boston – quelque chose de discret, tranquille… Elle va voir avec son mari.

 

[I-6 : Dwayne : Tom ; « Classy » Tess McClure, Brienne] Tom continue de tenir la jambe à Dwayne, lui demandant d’un ton égrillard comment un type comme lui a pu emballer une fille comme moi : « Oh, je suis pas si moche, quand même… » Puis Tom se souvient d’une chose : « T’étais pas maquée avec une Brienne ? » Si… « Oh mon salaud ! » Dwayne se contente d’un grand sourire, à la mesure de celui de son interlocuteur…

 

[I-7 : Tess : Anna] Je vois le mari d’Anna lui tendre un porte-clefs, avec une seule clef dessus. Anna me griffonne une adresse sur un mouchoir : c’est un coin de la périphérie de Boston où se trouvent essentiellement des entrepôts – on y stocke l’alcool ; s’y trouve un cabanon vide qui devrait faire l’affaire. Je remercie Anna chaleureusement, lui disant que je lui revaudrai ça ; elle m’invite à passer manger chez elle un de ces jours : « Avec plaisir ! »

 

[I-8 : Chris : Leah McNamara, Michael Bosworth] Pendant ce temps, Chris retrouve Leah et Michael, ils mangent ensemble dans un restaurant français, un peu cher mais de qualité (un ami de Leah le lui avait conseillé), et ils s’entretiennent de la marche à suivre pour le gala.

 

II : L’AFFAIRE DIANE PEDERSEN

 

[II-1 : Dwayne, Tess : Diane Pedersen] Il est prêt de 11 h – l’heure de notre rendez-vous avec Diane Pedersen au salon de thé Au bonheur des roses. Nous nous y rendons, Dwayne et moi ; je lui parle des salons privés, lui précise aussi qu’en principe le premier étage est réservé aux femmes – l’établissement est très féminin… Nous discutons de plusieurs approches, mais finissons par nous mettre d’accord : l’idéal serait de trouver un salon privé au rez-de-chaussée, avec une fenêtre donnant sur le parking ; nous entrerions tous deux, normalement, dans le salon avec Diane Pedersen, nous la droguerions et l’évacuerions par la fenêtre, et sortirions nous aussi par là – tandis que le salon resterait fermé, comme si nous y passions le temps tout à fait normalement. Je vais me garer sur le parking à l’arrière – où donnent plusieurs fenêtres de salons du rez-de-chaussée. Un voiturier s’avance, mais nous n’avons pas besoin de ses services – Dwayne a à faire dans la voiture...

 

[II-2 : Dwayne, Tess : Diane Pedersen] Nous nous approchons de l’entrée d’Au bonheur des roses. Le videur adresse un regard visiblement méprisant à Dwayne, en raison de la tenue « banale » de ce dernier, pas très appropriée au lieu (c’est un salon très bourgeois, fréquenté par une clientèle aisée – le genre de personnes que j’ai fait chanter…), mais il ne cherche pas à lui dénier l’accès. Le salon est conforme à mon souvenir : très féminin, tout en teintes de rose ou de pastel, avec une abondante décoration aux motifs floraux, des affiches de cinéma ou de spectacles très bourgeois… Un serveur nous accoste, je lui dis que nous aimerions louer un salon privé. Il va se renseigner, nous invite entre-temps à nous asseoir, et nous sert d’emblée un thé parfumé à la rose, que nous buvons en patientant. Nous balayons discrètement la salle du regard : Diane Pedersen n’est pas là – et il est 11 h 03 (nous avions rendez-vous à 11 h…). Un vieil homme qui va régler ses consommations se montre à son tour moqueur vis-à-vis de Dwayne, ce qui fait glousser ses accompagnatrices… Puis Dwayne constate qu’il se trouve à une table un homme seul – c’est très rare, ici. Il déguste son thé de la main droite, en survolant son journal, mais en jetant régulièrement des coups d’œil à la clientèle ; Dwayne se rend compte que sa main gauche est menottée à une mallette en cuir, qu’il garde sous la table… C’est un homme de carrure moyenne, aux allures d’employé lambda. Dwayne suppose qu’il est venu à la place de Diane Pedersen… Il m’en informe. Quant à moi, j’aperçois une ancienne « employeuse », que j’avais fait chanter en raison de ses flirts avec les domestiques – j’évite de croiser son regard et d’attirer son attention… Le serveur revient : l’établissement a bien un salon privé de disponible, qui se trouve à l’étage. Dwayne s’en étonne : les hommes ne sont-ils pas interdits d’accès à l’étage ? C’est vrai du salon principal : pour un salon privé, ça ne devrait poser absolument aucun problème ; aucun autre salon n’est disponible, de toute façon… Mais celui-ci est bien tout confort, nous n’aurons pas à nous en plaindre ! Nous acceptons – nous n’avons pas le choix, et la situation a changé… Le serveur signifie tout de même à Dwayne que sa tenue n’est guère adéquate, il offre de lui louer également une veste convenable, pour 20 cents… Nous prenons l’escalier à la suite du serveur, qui nous conduit dans un salon assez grand, doté d’une table de billard en plus des tables basses habituelles ; nous prenons place dans les fauteuils aussi confortables que luxueux ; la location coûte un dollar de l’heure, payable en partant. Ils nous tend une carte des consommations, qu’il nous laisse étudier – il se retire, reviendra dans cinq minutes, d’ici-là je vais choisir pour moi comme pour Dwayne (en me laissant influencer par la décoration d’inspiration japonaise).

 

[II-3 : Dwayne/« M. O’Hara », Tess/« Louise O’Hara » : Diane Pedersen, Hippolyte Templesmith] Le serveur parti, Dwayne et moi nous interrogeons sur la marche à suivre : si le type à la mallette est venu à la place de Diane Pedersen, nous devons a priori mettre notre menace à exécution et diffuser les photos compromettantes… Il faut en tout cas le lui signifier. Le serveur revient, prend ma commande, s’en va à nouveau. J’avais pris sur moi sept des treize photographies trouvées chez Hippolyte Templesmith, j’en donne une à Dwayne pour qu’il aille accoster l’homme à la mallette tandis que je reste dans le salon privé. Dwayne retourne donc au rez-de-chaussée : le type est toujours là, il a fini son thé, et tout autant son journal. Dwayne lui demande s’il peut s’asseoir à sa table.

— M. O’Hara, je présume ?

— Vous présumez bien. Et je suppose que vous n’êtes pas Diane… dit Dwayne en s’asseyant.

Miss Pedersen n’est… pas disponible pour l’instant. Elle est sous sédatifs, violemment affectée par votre chantage, qui a réveillé en elle des pulsions suicidaires !

L’homme ne prend pas de gants, il expose brutalement la situation, et a l’air parfaitement sincère. Dwayne garde ça pour lui, mais suppose qu’en fin de compte c’est une bonne nouvelle… Le type demande à Dwayne s’il a les photographies ; il en a une, qu’il lui tend – sa collègue a le reste. Avons-nous amené toutes les photographies ? Oui. Dans ce cas, il est prêt à faire l’échange. Il suit Dwayne à l’étage ; Dwayne lui demande cependant de patienter un instant, le temps qu’il m’informe de la situation. Je pense comme lui que c’est peut-être finalement une bonne nouvelle. Je vais m’assurer de ses dires, et adopter la réaction qui me paraît la plus appropriée (en l’espèce, je tends à croire que jouer les maîtres-chanteurs novices, désireux de s’emparer de l’argent au plus tôt, pourrait être tout à fait pertinent).

 

[II-4 : Dwayne/« M. O’Hara », Tess/« Louise O’Hara » : Diane Pedersen] Dwayne fait entrer l’homme à la mallette dans le salon privé, où je l’attends, stoïque. Il me demande si j’ai les photographies, je lui dis que je veux d’abord voir l’argent ; il entrouvre sa mallette (à code), laissant apercevoir des liasses de billets. Je sors les photographies et les dispose sur la table, sans les donner pour le moment. Je demande à Dwayne de vérifier l’argent ; le type veut le faire lui-même, sortant des liasses et les battant pour nous assurer qu’elles sont bien ce qu’elles ont l’air d’être – a priori, si les autres liasses sont fiables, je comprends qu’il y a ici davantage que la somme de 2000 $ que nous avions exigée. J’étudie l’homme à la mallette avec attention, et conclus à mon tour à sa sincérité. De toute évidence, il ne nous aime pas… Mais j’en viens à supposer qu’il a peut-être un faible de nature romantique pour Diane Pedersen – une motivation tout personnelle dans cette affaire… mais il ne joue pas au malin, ne cherche a priori pas à nous entourlouper : il a l’air parfaitement conscient de ce qui pourrait se poursuivre en cas de faux mouvement de sa part. Je réarrange les photographies devant lui – leur nature pornographique lui saute maintenant aux yeux, et ça le met visiblement mal à l’aise. Je désigne des liasses choisies au hasard, afin de les vérifier. Je remarque aussi une petite bosse dans sa veste ; un moment, je crois qu’il s’agit d’un Derringer, mais c’est peut-être un étui à cigarettes ou un briquet… ce qui semble se confirmer quand l’homme allume une cigarette. Je prolonge la comédie le temps nécessaire pour que mon comportement sonne juste. Il me demande si ce sont là toutes les photographies, je lui réponds positivement (c’est un mensonge…), ce qui a l’air de le soulager. Il sort une petite clef qui lui permet de se défaire de la menotte de la valise, et pousse la mallette dans notre direction ; j’avance les photographies et il s’en empare. Dwayne lui demande le code : 53B22. Je dis au messager de prendre le temps de savourer son thé, il ne doit partir que bien après nous – dès lors, l’affaire est arrangée, nous n’aurons plus l’occasion de nous revoir… Dwayne remarque en partant que l’homme est visiblement excité par les photographies – au moins autant qu’il en est dégoûté…

 

[II-5 : Dwayne, Tess] Une fois dans la voiture, ayant repris la route d’Arkham, nous vérifions la somme d’argent : il y a bien 3000 $, au lieu des 2000 $ demandés. Dwayne garde la mallette pour l’heure, nous verrons plus tard ce que nous en ferons.

 

[II-6 : Chris : Leah McNamara, Michael Bosworth ; Dwayne O’Brady, Herbert West, « Classy » Tess McClure, Elsa Ropes] Chris discute du déroulé de la soirée avec Leah et Michael. Ce dernier est un peu en rogne, parce que c’est Dwayne qui a la seringue de Herbert West, or ils n’ont pas pu s’entretenir avec nous de ce que nous comptions faire… Chris dit qu’alors il leur faut réfléchir à leur rôle de soutien, en se montrant attentifs au déroulement de la soirée ; ils savent que Dwayne et moi aurons des apparences différentes – et ils savent lesquelles. Il leur faut nous couvrir sans que personne puisse s’en douter, afin de nous offrir une couverture supplémentaire. Après quoi ils se séparent : Leah décide de se calmer les nerfs en allant assister à un concert au conservatoire – elle doit retrouver Elsa Ropes et sa troupe à 18h, et sera donc devant l’Omni Parker House vers 17h30, pour avoir un peu de marge. Chris lui a entretemps expliqué, ainsi qu’à Michael (plus directement intéressé), l’accord qu’il a conclu avec le traiteur

 

[La joueuse incarnant Leah McNamara arrive à ce moment-là.]

 

III : LE RITUEL DU LOVE HOTEL

 

[III-1 : Dwayne, Tess : Brienne, Elaine ; Danny O’Bannion, Hippolyte Templesmith] Dwayne et moi sommes de retour à Arkham. Dwayne ayant suggéré de déposer la mallette à l’appartement de French Hill Street, la garçonnière de Danny O’Bannion, où se trouvent Brienne, Elaine et quelques gardes, je roule dans cette direction, me gare, et l’accompagne à l’étage. Quand Dwayne toque à la porte, nous entendons la voix d’Elaine : « Pas trop tôt ! » Elle vient nous ouvrir… et est déçue en constant que c’est nous. « Vous attendez de la compagnie ? » Oui, il faut bien s’amuser… Elaine est visiblement un peu ivre, Brienne – qui en a sans doute moins l’habitude – encore un peu plus… Elles ont l’air de bien s’entendre, en tout cas. Apercevant Dwayne, Brienne se jette aussitôt dans ses bras. Elaine, de son côté, me salue – d’un ton un peu cassant, comme toujours, mais non dénué d’une certaine nuance d’estime. Dwayne, qui s’en inquiétait, constate comme moi qu’Elaine a bien un bandeau sur l’œil gauche – mais pas celui « de pirate » qu’elle avait improvisé à la ferme : un « patch » plus discret, qu’elle peut dissimuler derrière sa frange. Brienne, un peu partie, voit la mallette de Dwayne :

— Qu’est-ce que c’est ?

— Je prévois nos arrières…

— C’est de l’argent ?

— On verra ça demain, pas touche d’ici-là. Là, tu es un peu… dit-il sans trop de reproche.

Il dépose la mallette dans un coffre à clef (il a en outre celle de la mallette, et son code). Il a pris soin de prélever deux liasses, une pour lui, une pour moi – que nous disposions au cas où de liquidités pour la soirée. De son côté, Elaine m’a servi un verre, visiblement désireuse de discuter, et j’accepte.

— Il paraît que vous avez une jolie soirée ?

— Sans doute… Pourquoi ?

— J’aimerais venir… En fait, c’est Danny qui me l’a suggéré ! Je l’avais peut-être mal jugé, il a de la ressource… Il m’a dit qu’il serait disposé à me reprendre comme régulière, si je me montrais utile !

Je ne suis pas d’accord (Dwayne non plus, s’il est occupé de son côté…). En fait, d’ex d’Elaine, il y en aura un autre sur place… Et la situation est déjà assez compliquée comme cela, inutile d’en rajouter encore dans l’improvisation. Elle aura d’autres occasions de briller devant Danny – mais pas cette fois. Je joue de la carte professionnelle… et ça ne manque pas de faire soupirer Elaine, comme toujours : « Avec un cul comme le tien, comment tu fais pour rester aussi sage ? » Dwayne revient : nous avons à faire, nous ne pouvons nous attarder plus longtemps à la garçonnière de French Hill Street.

 

[III-2 : Dwayne, Tess : « 45 », Stanley, Leonard Border] Dwayne et moi nous rendons au love hotel. « 45 » s’y trouve, avec d’autres gardes. Ils ont assommé Stanley, qui chouinait trop ; Leonard Border, pour sa part, attend froidement ce qui va se produire. Faut-il procéder au rituel en même temps ? Il me semble que non : mieux vaut décaler ; on pourra ainsi constater, déjà, si le rituel fonctionne, venir en aide si jamais, en tirer des leçons enfin. Dwayne va commencer, tandis que je l’observerai et l’assisterai. Nous allons voir Leonard Border… qui demande s’il a droit à un dernier repas. Dwayne accepte, et « 45 » passe la consigne à un autre garde – lui reste sur place. Tandis que le journaliste mange, nous relisons le rituel – puis je m’accorde un rail de coke bien nécessaire… Stanley se réveille à peu près quand Border a fini de manger, et appelle pathétiquement à l’aide…

 

[III-3 : Dwayne, Tess : Leonard Border, « 45 » ; Elaine] Dwayne va s’emparer de Leonard Border, afin de le conduire à la baignoire qu’il a préparée pour le rituel. Il veut lui mettre un bandeau sur les yeux, mais le journaliste dit que ce n’est pas nécessaire : que nous fassions rapidement ce que nous avons à faire, c’est tout. Dwayne acquiesce, lui accorde une cigarette du condamné à sa demande, et insiste auprès de « 45 » : il ne faut nous déranger sous aucun prétexte – sous aucun prétexte ! Je les ai suivis. Mais tandis que nous approchons de la chambre, nous entendons un couple en train d’y prendre du plaisir… Dwayne dit à « 45 » de faire dégager ces intrus, et nous l’accompagnons. « 45 » frappe à la porte, attend la réponse – on l’envoie chier : « Barrez-vous ! On a payé pour deux heures ! » Dwayne entre dans la chambre, dit au couple de gicler dans une autre, il n’est pas d’humeur à rigoler. Voyant « 45 » armé, les amants n’insistent pas davantage, ramassent leurs vêtements à la hâte, et s’en vont… Nous expliquons à « 45 » ce qui va se produire concernant notre apparence : c’est comme ce qu’il avait vu pour Elaine, même si pas tout à fait ; quoi qu’il en soit, Dwayne va ressortir avec l’apparence de Leonard Border – ce n’est pas le « vrai » journaliste qui sortira ; même chose ensuite pour moi, qui prendrai l’apparence d’une autre jeune femme… « 45 » hoche la tête, mais cette idée ne le réjouit visiblement pas… Il va monter la garde.

 

[III-4 : Dwayne/« Leonard Border », Tess : Leonard Border] Leonard Border a une idée de ce qui l’attend… encore que pas tout à fait. Il a en gros la même carrure que Dwayne, mais ce dernier est un peu plus grand d’environ cinq centimètres ; prendre son apparence ne devrait toutefois pas être trop compliqué. Dwayne dispose le journaliste devant la baignoire ; celui-ci, qui commence à percevoir la dimension rituelle de son exécution, a à peine le temps de demander : « Mais pourquoi… » Dwayne arrive aussitôt derrière lui et, sans lui laisser dire quoi que ce soit de plus, il l’égorge. Le journaliste mourant essaye vaguement de se débattre, par réflexe ; il a surpris Dwayne – il parvient presque à se relever en gargouillant, et son sang coule en partie en dehors de la baignoire… Je vais à la rescousse de Dwayne et, d’une balayette, fait tomber Border dans la baignoire. Il suffit alors de le maintenir un bref instant par le dos – il n’a bientôt plus la force de se débattre… Dwayne, qui avait déshabillé le journaliste pour bien s’imprégner de son apparence physique, enlève à son tour ses vêtements. Il s’installe dans la baignoire, s’asperge du sang du journaliste (cinq litres environ), et médite sur l’apparence du cadavre tout en psalmodiant l’incantation – que je lui tiens sous les yeux. Il sent progressivement le sang dont il s’enduit se « solidifier » et en même temps « s’animer » sur sa propre peau, constituant une nouvelle peau par-dessus, qui le recouvre complètement ; il y a comme un effet « électrique », mais surtout l’idée d’une vie symbiotique qui s’associe à la sienne… Après quelque temps, Dwayne s’évanouit. De mon côté, j’observe sans rien dire ; j’ai l’impression étrange que le sang a teinté la pièce d’une lueur vermillon… Et, quand je perçois l’évanouissement de Dwayne, cet éclat lumineux cesse aussitôt, me faisant cligner des yeux ; quand je les rouvre, il est une copie parfaite du cadavre de Leonard Border… [Dwayne a perdu 1 point de POU et 6 de SAN.] Dwayne reprend ensuite ses esprits ; il a cette sensation d’une peau vivante par-dessus la sienne… mais aussi celle d’être une copie parfaite – il va s’en assurer devant un miroir, et je confirme de toute façon : je suis très impressionnée… Il n’y plus de sang qui ruisselle sur lui : il est devenu autre chose, cette nouvelle peau. Dwayne se rhabille – il lui faudra trouver un costume adéquat pour le gala… Il a fait les poches du journaliste, et s’est emparé de tout ce qui pouvait le distinguer et l’identifier : portefeuille, clefs, invitation au gala, carnet d’adresses, papiers de la voiture, lunettes, la photo d’une jolie femme (il reconnaît une employée de Lilas…), la photo de mariage de ses parents…

 

[III-5 : Tess/« Diane Pedersen », Dwayne/« Leonard Border » : « 45 », Stanley ; Diane Pedersen, Elaine] À mon tour – et Dwayne vient m’aider comme je l’ai aidé. Nous croisons « 45 », mais c’est comme si le garde refusait de voir Dwayne sous sa nouvelle apparence… Stanley est encore dans les pommes. Nous le transportons sans le réveiller dans la baignoire que j’ai préparée, et fermons la porte à clef derrière nous. Je dispose Stanley dans la baignoire, et l’égorge alors qu’il est toujours inconscient. Le sang ruisselle comme il faut. Le bibliothécaire devient tout pâle, et entrouvre à peine les yeux sur la fin, quand il est bien trop tard – il n’a pas du tout réagi. Je me déshabille et m’asperge de son sang dans la baignoire, tandis que Dwayne tient à la fois une photo de Diane Pedersen et les instructions du rituel devant mes yeux. Mon corps est progressivement recouvert de sang, et je perçois les mêmes sensations que Dwayne tout à l’heure ; j’ai cependant la conviction rassurante que tout se passe très bien – même si je ne peux m’empêcher de repenser à Elaine, à ce qu’elle avait dit sur sa sensation d’étouffement, car j’ai peu ou prou la même, si le sortilège est différent… [J’ai perdu à mon tour 1 point de POU et 6 de SAN.] Quand il m’est possible d’observer le résultat, je remarque que l’apparence globale est parfaitement celle de Diane Pedersen… mais que ce sont toujours mes cheveux roux, à peine plus courts et d’une texture subtilement différente ; un effet de ma psyché, de mon identité ? Je devrais pouvoir arranger ça avec une perruque… Sinon, nous avons Diane Pedersen et moi une taille comparable ; j’ai maintenant de petites poignées d’amour, c’est tout…

 

[III-6 : Dwayne/« Leonard Border », Tess/« Diane Pedersen »] Dwayne et moi sommes satisfaits (et soulagés…) de ce que le rituel a porté ses fruits. Nous devons maintenant lâcher Dwayne non loin de la rédaction de la Gazette d’Arkham, afin qu’il y joue la comédie de sa « libération » – préalable indispensable pour se rendre au gala dans la soirée, même si c’est « serré »… Quant à moi, je vais me procurer une robe de soirée – on me reconnaît comme étant Diane Pedersen dans la boutique… Je ne regarde pas à la dépense, et m’inspire des photographies de presse que j’avais pu voir, pour reproduire les goûts de la jeune femme (habituellement, elle porte des tenues assez sages, sans être austères) ; je trouve mon bonheur, et bénéficie de retouches rapides.

 

IV : L’APPEL DU GALA

 

[IV-1 : Leah : Elsa Ropes] Leah retrouve Elsa Ropes et sa troupe devant l’Omni Parker House – elle s’est procurée une tenue adéquate, pour laquelle Elsa Ropes la félicite : c’est parfait. Leah papote un peu avec ses collègues, mange un sandwich avant d’entamer le spectacle… Elsa Ropes lui donne d’ailleurs les partitions pour la soirée. Leah simule un besoin pressant pour s’éloigner et se faire une idée des lieux – à la décoration sobre, au sens de digne : c’est un hôtel très classe.

 

[IV-2 : Chris : Michael Bosworth, Orson Cushing, Ray] Chris, de son côté, s’est promené avec Michael. Ils rejoignent ensuite l’équipe du traiteur, Orson Cushing. Ils enfilent leurs uniformes, et montent dans une des camionnettes de livraison – il y a du monde à bord, ils sont serrés. Un employé du nom de Ray, très vaguement mis au courant par son patron, comme les autres qui restent cependant plus discrets (ce sont des « vanilles » qui ne veulent surtout pas s’impliquer), cherche à lier connaissance avec Chris – et se propose de l’aider pour l’astuce du factotum. Ils ont un aperçu des chariots de livraison – dont un est assez volumineux, idéal pour que Michael s’y dissimule. Chris demande alors à Ray de l’aider avec ce chariot, le moment venu : « Pas de problème ! » Chris ajoute qu’il a un patron très sensible aux attentions de ceux qui souhaitent l’aider… Ray n’a sans doute pas une grande idée de ce que fricoter avec la pègre implique, il se fait probablement des films, mais il a indéniablement les dents longues, et voit là une opportunité à saisir…

 

[IV-3 : Chris : Michael Bosworth, Ray ; Orson Cushing] Ils arrivent à l’Omni Parker House. Chris endosse le rôle de livreur, et tient tout particulièrement à l’œil le chariot de Michael – il fait appel à Ray pour le manœuvrer : c’est qu’il est assez lourd, du coup… Il y a plusieurs camionnettes remplies de chariots, ce qui implique de nombreux allers-retours dans les cuisines. Là, le chef cuistot désigne les endroits où entreposer les caisses, etc. Ils ont du pain sur la planche, et sont pour le moins pressés. Chris se présente devant le chef comme étant le factotum d’Orson Cushing, il explique son rôle… Le chef l’interrompt :

— Ouais, ouais, on m’a dit ça… OK, on a une longue relation de clientèle, pas de problème, faites votre pub… Mais vous vous rappelez qui est le chef en cuisines ?

— Absolument ! À votre service, chef !

— OK, j’avais un peu peur pour ça… En tout cas, vous n’avez pas d’ordres à me donner, et vous ne prenez pas d’initiatives contre mes consignes !

— En aucune façon !

— Et si je suis occupé, vous attendez !

— Absolument ! J’ai des consignes très claires de mon patron !

La sécurité s’étonne un instant de ce que Chris reste quand les autres s’en vont, mais le chef leur explique la situation, il n’y a aucun souci. Le chariot de Michael reste pour l’heure dans les cuisines. Le chef requiert les services de Chris pour déplacer telle ou telle caisse, etc. Ray est parti avec les autres employés – non sans souhaiter bonne chance à Chris

 

[IV-4 : Dwayne/ « Leonard Border » : « Classy » Tess McClure/« Tess la Rouge »] Dwayne, sous l’apparence de Leonard Border, erre aux environs des bureaux de la Gazette d’Arkham. Il s’est un peu sali pour parfaire son rôle ; il joue l’homme fatigué, désorienté par l’expérience traumatisante qu’il vient de vivre, marche « dignement », mais trébuche parfois… En bas de l’immeuble, des personnes que Dwayne ne connaît pas sont stupéfaites de voir « Leonard Border ». Deux hommes s’approchent de lui, hagards, et l’interpellent : « Leo ? » Dwayne fait signe qu’il peut tenir debout, pas la peine qu’ils le soutiennent – il n’a clairement pas envie qu’on le touche…

— Mais d’où tu sors ?

— Je ne sais pas… Ils viennent de me lâcher dans une ruelle…

— On croyait que « la Rouge » t’avait dévoré !

— Elle y était…

— Tu as vu les flics ?

— Non, non… Ils viennent juste de me lâcher…

Les types l’aident à monter ; l’un d’entre eux lui demande s’il a besoin d’aller à l’hôpital, mais il répond que ce n’est pas nécessaire. Il y a tout de même quelque chose qui les perturbe… et ils disent enfin de quoi il s’agit : il n’a plus du tout la même voix ! Dwayne se justifie par la fatigue – et il est enroué… Mais l’un avance qu’il a comme un accent irlandais…

 

[IV-5 : Dwayne/ « Leonard Border » : Sidney Morrison ; Hippolyte Templesmith, « Classy » Tess McClure/« Tess la Rouge »] « Leonard Border » est cependant accueilli chaleureusement dans la rédaction, suscitant même des applaudissement spontanés. Le rédacteur en chef, Sidney Morrison, sort de son bureau : « Oh putain ! » Lui aussi demande à Dwayne s’il a contacté l’hôpital, ou la police – même réponse… Et lui aussi remarque la bizarrerie de la voix de Dwayne, et les autres autour de lui l’approuvent… Morrison ne laisse pas le choix à « Leonard Border » : il appelle de lui-même un docteur. Et lui demande de synthétiser ce qui lui est arrivé... Il a été séquestré, ils lui ont posé beaucoup de questions – sur eux, les Irlandais, ou sur Hippolyte Templesmith« La Rouge » était là, oui, mais il ne l’a pas beaucoup vue. Il ne sait pas pourquoi ils lui ont posé toutes ces questions… [Échec critique de Baratin.] « Où ça s’est passé ? Tu as pu voir où c’était ? » Non, il avait les yeux bandés… Le rédacteur en chef fait sortir les curieux. « OK, Leo, je comprends que tu sois secoué, mais… Il faut voir un toubib. Il arrive. Ta voix… Ils t’ont frappé ? » Etc. Morrison s’inquiète : « Border » n’a vraiment pas l’air bien… Dwayne cherche à le rassurer : « T’Inquiète pas pour moi… Et t’inquiète pas non plus pour ce soir : ce ne sont pas leurs intimidations qui vont m’empêcher d’y aller ! » Morrison opine – mais d’abord le toubib. Il fait allonger « Leonard » sur un divan.

 

[IV-6 : Dwayne/ « Leonard Border » : Sidney Morrison ; « Classy » Tess McClure/« Tess la Rouge »] Le docteur arrive, qui lui demande aussitôt s’il a reçu des coups. Dwayne répond qu’il a pris quelques baffes, mais pas grand-chose ; il a été davantage affecté par la maltraitance alimentaire, et tous leurs petits « trucs » pour le pousser à bout, qu’il parle… Le médecin connaissait visiblement Leonard Border, et les changements ne lui échappent pas… Il veut poser sa main contre le front de « Leonard Border »… et franchit du coup l’illusion du rituel. Il retire aussitôt sa main sous le coup de la suprise. Dwayne veut le prendre de vitesse : « Qu’est-ce qu’il y a ? » Il l’empêche d’approcher de nouveau sa main… Le docteur n’insiste pas. Mais vu ce qui s’est produit, il doit le consigner au repos… « Non ! » Le docteur regarde curieusement sa main, puis reprend :

— Il faudrait te faire des radios, si tu as pris des coups…

— Non, pas ce soir !

Leo… Ça fait des années que je te soigne… Et tu es surmené, il y a des trucs… bizarres, et… Écoute-moi, bon sang !

— Non ! On verra tout ça demain.

— D’accord, mais laisse-moi au moins contacter un collègue spécialiste, qu’il t’ausculte plus précisément…

— Demain.

— Non, maintenant ! Tu as pris des coups, il faut vérifier que tu n’as pas de séquelles internes ! C’est vital !

Mais Dwayne comprend qu’il suspecte autre chose encore, sans le dire – une altération de la personnalité… Il reprend les devants : « Je veux juste en finir avec cette histoire. Après, OK, je prendrai du repos… Mais c’est pas ces enfoirés qui vont me réduire au silence ! » Il se bloque à nouveau quand le docteur évoque une piqûre… Le docteur sort de la pièce, faisant signe au rédacteur en chef de le suivre (Dwayne comprend qu’il incite Morrison à le garder ici… mais le rédacteur en chef, qui a avant tout son intérêt en tête, doute que ce soit le mieux à faire : Border est un bon employé, mieux que ça, et c’est un miraculé, ça sent le scoop…). Morrison finit par congédier le docteur, et retourne auprès de « Border » : il est d’accord pour ce soir, il le fera conduire à Boston ; en attendant le gala, il lui indique une bonne boîte où passer le temps… Dwayne approuve – et fait aussi la remarque qu’il a besoin d’un costume… Mais le rédacteur en chef est tout à son idée : ce n’est plus un article comme les autres, il y a beaucoup d’argent à se faire… Il a survécu à « la Rouge » ! Il va de ce pas préparer des contrats d’exclusivité, donnant au passage une tape sur l’épaule de « Border » (Dwayne grimace un peu…). Quelque temps plus tard, Dwayne redescend pour monter (seul) à bord d’un taxi à destination de Boston – l’y attendent les contrats d’exclusivité ; il imitera la signature de Border sur son permis de conduire…

 

[IV-7 : Chris : Michael Bosworth, Eric] Chris a fini de transporter les caisses que lui indiquait le chef cuistot de l’Omni Parker House. Ne reste plus que le chariot où s’est caché Michael, et le chef en fait la remarque : il faut l’en débarrasser ! Cela va à la chambre froide : ce sont des gâteaux, ce genre de choses… Un employé des cuisines, Eric, guide Chris, qui s’affaire péniblement sur le lourd chariot. Chris ne peut pas laisser Michael être enfermé dans une pièce froide et verrouillée ! Il lui faut trouver un moyen de faire sortir Michael sans attirer l’attention d’Eric ou d’autres… Mais c’est très compliqué… Eric ouvre enfin la porte de la réserve, et dit qu’il va aider Chris à débarrasser le chariot à l’intérieur ; il commence à enlever des caisses pour les ranger sur les étagères, et, à ce train-là, Michael sera très vite débusqué… Chris offre à Eric de s’occuper lui-même, seul, de vider le chariot – il a sans doute d’autres tâches à accomplir de son côté… Eric est tenté, il a effectivement beaucoup de travail , mais il redoute que cela ne lui retombe dessus si Chris fait une connerie… Mais Chris le rassure, et parvient à le persuader de faire à sa manière.

 

[IV-8 : Leah : Hippolyte Templesmith, Elsa Ropes] Leah a suivi ses collègues dans la salle où elle va devoir officier. Elle a la surprise d’y croiser déjà Hippolyte Templesmith, qui vient saluer Elsa Ropes, adressant un geste aimable de la main à toute sa troupe. Leah ne peut s’empêcher de frissonner… Le dandy flirte un peu avec les « jolies dames » de la meneuse de revue, parmi lesquelles Leah – qui répond d’un timide sourire…

 

[IV-9 : Tess/« Diane Pedersen » : Diane Pedersen] Je me suis rendu compte que ma voix n’avait pas changé – je vais jouer l’aphone, celle qui a pris froid… et peut-être victime d’un malaise plus global, au cas où des gens sauraient que Diane Pedersen était souffrante ces derniers temps ; mais je voulais tant venir au gala !

 

À suivre…

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