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CR L'Appel de Cthulhu : Arkham Connection (26)

Publié le par Nébal

CR L'Appel de Cthulhu : Arkham Connection (26)

Vingt-sixième séance de la campagne de L’Appel de Cthulhu maîtrisée par Cervooo, dans la pègre irlandaise d’Arkham. Vous trouverez les premiers comptes rendus ici, et la séance précédente .

 

La joueuse incarnant la chanteuse Leah McNamara était absente. Les PJ présents étaient donc Dwayne O’Brady, l’avocat Chris Botti, et ma « Classy » Tess McClure (ou maintenant « Tess la Rouge »…), maître-chanteuse.

 

I : AVANT L’HEURE

 

[I-1 : Tess/« Diane Pedersen » : Liam, Dwayne O’Brady, Diane Pedersen] Je dois me rendre à Boston ; pour ce faire, je contacte Liam, au Garage Hammer, afin qu’il me procure une voiture, assez luxueuse – du moins à même de ne pas faire tache dans le quartier de l’Omni Parker House. Je me rends au garage, à la porte arrière réservée au Milieu… mais, bien sûr, sous mon apparence de Diane Pedersen. Et les gardes ne me reconnaissent pas, en dépit de mes explications et de ma voix qui n’a pas changé, de leurs noms que je connais, d’anecdotes personnelles que je raconte (l’amourette d’un des gardes avec une femme de ménage de ma connaissance), de la mention de mon « légendaire coup de genou »… J’insiste : je suis Tess, et Liam devait me fournir une voiture ! Un des gardes, s’il est stupéfait, semble prêt à me croire devant l’accumulation de détails, et va se renseigner auprès de Liam – son collègue, lui, m’est profondément hostile. Liam arrive enfin, étonné ; il me rappelle que, pour son anniversaire, j’avais exécuté pour lui une danse bien particulière ; pourrais-je la refaire ? Je m’y résous dans un soupir… Cette fois, il me croit – et le garde qui était allé le chercher est fasciné. Son collègue, quant à lui, se signe et détourne le regard… Liam me tend les clefs, je pars sans plus attendre pour Boston. [Côté équipement, et plus précisément armes, je me suis munie d’un Derringer à la jambe, d’un couteau à l’autre, et d’un 38 dans mon sac à main ; autrement, j’ai de l’argent sur moi – la liasse prélevée par Dwayne dans la mallette du chantage avec Diane Pedersen, entamée par l’achat de ma robe de soirée.]

 

[I-2 : Dwayne/« Leonard Border » : Leonard Border] Dwayne quitte les locaux de la Gazette d’Arkham en voiture (en fait de « taxi », il s’agit d’un chauffeur employé par le journal, qui a peut-être déjà convoyé Leonard Border). Deux heures plus tard, il arrive à un autre hôtel bostonien, afin de se reposer et de se préparer avant le gala du soir à l’Omni Parker House – il demande à ce qu’on revienne le chercher vers les 18h20, pour avoir un peu d’avance (la soirée est supposée débuter vers 19h, plus probablement 19h30). Un groom guide Dwayne dans sa chambre, et constate qu’il n’a pas vraiment d’affaires sur lui – plus tard, Dwayne sera ainsi amené à louer un costume à l’hôtel, mais aussi une sacoche… et un carnet et un stylo, pour prendre des notes – peut-être s’interroge-t-on sur son professionnalisme… En attendant, le groom, en laissant Dwayne dans la chambre, lui annonce que le masseur sera là dans vingt minutes. Dwayne lui laisse 2$ de pourboire.

 

[I-3 : Chris : Michael Bosworth] À l’Omni Parker House, Michael, qui a pu sortir ni vu ni connu du chariot qu’avait amené Chris en chambre froide, va chercher une planque, et avisera pour agir. Chris quitte la réserve, et part à la recherche de la salle de réception. Mais il y en a six dans l’hôtel – dont une bonne moitié a été réservée pour des mariages. Chris retourne en cuisine, où il est aussitôt alpagué par le chef, qui le réquisitionne sans lui demander son avis – il doit assister un garçon de cuisine que le chef ne cesse d’engueuler… Chris se met au travail sans renâcler.

 

[I-4 : Dwayne/« Leonard Border »] Dwayne entend toquer à sa porte ; il regarde par le judas, et voit un type, mi costaud, mi gras, vêtu d’un costume de l’hôtel, et une serviette sur l’épaule : le masseur. Dwayne lui dit qu’il est fatigué, il a besoin de repos – mieux vaut qu’il dorme un peu avant de se rendre au gala… Le masseur lui propose de revenir dans deux heures, et Dwayne accepte.

 

[I-5 : Tess/« Diane Pedersen » : Anna] J’arrive à Boston. Il me faut patienter d’ici au gala. Je décide de me rendre à la planque dont Anna m’avait donné les clefs plus tôt dans la journée – un cabanon dans un quartier désert, avec des petits jardins partagés mal entretenus… Ma voiture détonne dans ce cadre, mais il n’y a pas un chat ; je fais avec. Je compte me rendre au gala avec un « retard de courtoisie », adapté à mon statut, disons 20h plutôt que 19h30 (l’idée est aussi d’arriver quand il y a déjà un peu de foule, pour réduire les risques d’être contrainte à une conversation forcée avec qui que ce soit…).

 

[I-6 : Dwayne/« Leonard Border » : Herbert West, Hippolyte Templesmith] Dwayne s’est reposé. À son réveil, il se palpe la tête, pour prendre la mesure de la différence entre son vrai visage et celui qu’il emprunte – effectivement, il y a une marge sensible au toucher ; il lui faudra faire attention, si jamais il mange, boit ou fume… Le masseur toque à nouveau à sa porte, et Dwayne accepte volontiers ses services. Après quoi, le temps de louer quelques affaires, il est prêt à se rendre à l’Omni Parker House. [Côté équipement crucial, c’est Dwayne qui avait récupéré les trois seringues d’Herbert West – celle qui doit révéler la véritable nature de Hippolyte Templesmith, et les deux destinées à la « réanimation » de cadavres ; mais il n’a gardé sur lui que la première, de couleur bleue, les autres sont restées à Arkham. Côté armes, il dispose d’un .38, qu’il garde dans sa sacoche tout juste louée.]

 

[I-7 : Chris] Le chef cuistot, dans les cuisines de l’Omni Parker House, profite clairement de la présence de Chris, et continuera tant qu’il ne protestera pas – c’est un employé gratuit, il ne va pas s’en priver… Chris suit les ordres, il tient surtout à ne pas se faire remarquer.

 

[I-8 : Dwayne/« Leonard Border » : Leonard Border] Dwayne se rend donc à l’Omni Parker House. Il n’y a pas encore grand-monde devant, mais déjà un policier… et des collègues journalistes à l’affut des scoops et potins. Certains reconnaissent « Leonard Border » et l’interpellent : « Leo ! Fais pas le chien ! T’aurais pas une info ? » Dwayne se contente d’entrer dans l’hôtel avec un petit signe de la main – ce qui lui vaut des insultes… À l’entrée du hall, un employé de la sécurité de l’hôtel demande son invitation, pour la forme, à « Leonard Border » ; Dwayne, qui l’avait soutirée des affaires du journaliste, la lui tend, et le gardien ne la regarde même pas vraiment, lui faisant aussitôt signe d’entrer.

 

[I-9 : Dwayne/« Leonard Border » : Vinnie ; Danny O’Bannion, Brienne, Elaine, Hippolyte Templesmith, Tess McClure/« Diane Pedersen »] Le hall est luxueux – et sans doute très lumineux en tout autre période de l’année. La sécurité y est visible – plusieurs de ces gardes le saluent de la tête… mais un autre va jusqu’à l’accoster : « M. Border ? » Cette voix dit quelque chose à Dwayne – d’autant qu’il y devine un effort pour masquer l’accent irlandais… C’est Vinnie ! Grimé en employé de l’hôtel… « Suite à ce qui vous est arrivé, l’hôtel tient à s’assurer de votre sécurité ; veuillez me suivre, je vous prie… » Dwayne s’exécute. Vinnie le conduit dans une sorte de bureau privé, et ferme la porte derrière eux. Il dit à Dwayne de s’asseoir, il va chercher un rafraichissement… Mais Dwayne le suit du regard, ne s’assied pas, et peut ainsi esquiver l’assaut soudain de Vinnie tentant de le saisir à la gorge ! Il dit aussitôt, en irlandais : « Arrête ! On est du même camp ! J’ai pris l’apparence du journaliste ! » Sa voix étant toujours la sienne, Vinnie, qui avait dégainé un .38, s’interrompt. « Arrête tes conneries, on est tous les deux de la ferme d’O’Bannion ! C’est Dwayne ! » Il incite Vinnie à toucher son visage de sa main libre – ce que fait le bras-droit de Danny O’Bannion, qui constate avec stupeur la différence entre l’apparence et la réalité. « Cherche pas… » lui fait Dwayne. Mais Vinnie veut une preuve supplémentaire, et lui demande le nom de sa régulière : « Brienne ; là, elle est à la garçonnière de Danny, avec l’ex du patron… » Vinnie range son arme : « Quelque part, j’ai envie de dire ʺbien jouéʺ… » O’Bannion lui a ordonné de remplacer un employé « subitement malade », d’où sa présence ici ; il n’est pas très à l’aise – mais c’est peut-être davantage une colère sourde à l’encontre de cet ordre impromptu du patron qu’une véritable inquiétude. Il demande à Dwayne quel est notre plan – il s’agit d’injecter un produit à Hippolyte Templesmith, qui le révèlera pour ce qu’il est… S’il y a du grabuge, Vinnie a repéré une sortie de secours dont il a les clefs, mais il faut établir un mot de passe, un signal ; Dwayne se décide pour : « On a besoin de poulet ! » D’accord… Dwayne signale enfin à Vinnie qu’il risque de croiser « une certaine Diane : c’est Tess ». Vinnie acquiesce, l'air étonné… « Ton ami Templesmith attend les invités tel que toi dans la salle de gala. » Vinnie la lui indique.

 

[I-10 : Chris, Dwayne/« Leonard Border » : Hippolyte Templesmith, Leonard Border] Chris bénéficie enfin d’une pause, qu'accorde gracieusement le chef cuistot à ses larbins avant que la soirée à proprement parler ne débute. Chris demande à un des garçons de cuisine s’il sait dans quelle salle a lieu la réception, et en obtient le numéro. Il va y jeter un coup d’œil. Hippolyte Templesmith s’y trouve déjà, en plein centre, à côté d’une urne destinée à recevoir les donations pour sa campagne électorale ; en face se trouve une estrade destinée aux discours politiques, avec des escaliers sur les côtés ; des bénévoles s’affairent à une table débordant de matériel électoral et publicitaire. Cette pièce n’est visiblement pas destinée à la musique. Chris retourne aux cuisines, et croise Dwayne, sous l'apparence de Leonard Border, en route – ils se reconnaissent ; étant seuls, Dwayne fait un signe de la tête, auquel Chris répond par un clin d’œil. Chris se prépare à faire le service - ça ne va plus tarder. Le chef lui désigne d’ailleurs déjà des chariots de boissons et d’amuse-gueule…

 

II : LA SOCIÉTÉ

 

[II-1 : Dwayne/« Leonard Border » : Vinnie, Hippolyte Templesmith, Margaret Hoover ; Leonard Border] Dwayne pénètre dans la salle du gala, et Vinnie s’y trouve également, jouant son rôle d’employé de la sécurité de l’hôtel. Hippolyte Templesmith aperçoit « Leonard Border », et s’avance calmement dans sa direction : « Leonard, mon ami ! Je vous attendais avec impatience… » Dwayne, conscient de ce que sa voix pourrait le trahir, fait l’enroué, tousse parfois. Une autre invitée de marque entre dans la salle : il s’agit de Margaret Hoover, accompagnée de plusieurs femmes, la plupart dans ses âges, ainsi que d’un vieil homme – ils arborent un écusson reproduisant l’anagramme de son association de lutte contre les disparitions. Templesmith laisse temporairement « Leonard Border » pour féliciter la dame quant à sa « beauté ». Il l’invite, ainsi que « Leonard Border », à se servir en rafraichissements – lui-même reste non loin du buffet. D’autres invités commencent à affluer.

 

[II-2 : Chris : Elsa Ropes, Leah McNamara, Potrello, « La Mâchoire »] Chris en apprend plus sur le déroulement de la soirée – qui aura lieu dans trois salles. La salle du gala, centrale, fait la jonction entre les deux autres. Le dining room est destiné au repas, et c’est là que se trouve le petit orchestre rassemblé par Elsa Ropes (elle-même s’y trouve, à surveiller le travail de ses employés), et Leah en fait partie, qui joue du violon. Le dancing room – qui devrait à terme être moins « sage » – n’est pas encore égayé de musique ; des trois salles, c’est la moins bondée pour l’instant – mais Chris y repère tout de même Potrello, le conseiller municipal et chef de la mafia d’Arkham, qui joue aux cartes avec « La Mâchoire », son garde du corps (ce surnom lui vient de sa réputation de mordre quand il se bat ou torture…), d’une froideur inquiétante. Chris ne s’attarde pas…

 

[II-3 : Dwayne/« Leonard Border » : Hippolyte Templesmith, Margaret Hoover ; Leonard Border, Tess McClure/« Tess la Rouge »] Dwayne se rendait aux toilettes, mais un employé vient le chercher : Hippolyte Templesmith s’inquiète de sa santé… Contraint et forcé, Dwayne revient au petit groupe formé autour de leur hôte. « Ah, Leonard ! » Templesmith, qui n’a pas vraiment eu l’occasion de lui parler, prend cette fois un peu plus de temps pour discuter. « Dites-moi, c’est un véritable miraculé que nous avons ce soir ! » Leonard Border a donc échappé aux griffes de « La Rouge » ? Templesmith est très souriant. Margaret Hoover tremble à la seule évocation de cet enlèvement, mais félicite « Leonard Border » : tant de chance… c’est un cadeau de Dieu ! Quoi qu’il en soit, « Leonard Border » n’aurait raté cette soirée pour rien au monde… Templesmith en profite pour lui donner quelques consignes : il peut interviewer des invités, et les prendre en photo – mais, dans le cas où c’est pour immortaliser leur donation dans l’urne, il faut d’abord avoir leur autorisation. Mais c’est alors que Templesmith remarque que « Leonard Border » n’a pas d’appareil photo, seulement une sacoche… Oui, il est parti en hâte, mais un employé de l’hôtel devrait lui trouver un appareil. Templesmith lui donne une tape sur l’épaule, et lui souhaite une bonne soirée ; qu’il prenne donc la température des invités… Templesmith retourne à ses occupations. Dwayne se demande dans quelle mesure il était suspicieux, mais ce n’est a priori pas le cas – c’est simplement dans ses habitudes de remarquer plein de petits détails que la plupart ne verraient pas… Pour l’heure, il a le sentiment d’être passé au-dessus.

 

[II-4 : Tess/« Diane Pedersen »] Il est temps pour moi d’y aller. Quand j’arrive devant l’Omni Parker House, une foule s’est attroupée devant l’entrée principale – plus seulement des journalistes, davantage de badauds venus se rincer l’œil au spectacle des célébrités… Les effectifs de police ont été augmentés en conséquence. Il y a un parking à l’arrière, réservé aux invités de marque, et je m’y rends – il donne sur une entrée plus « discrète » (sans être sordide ou secrète). Le gardien demande mon invitation, que je n’ai bien sûr pas : « Ah, il fallait bien que j’oublie quelque chose… Quelle journée… » Je prends soin de maquiller ma voix, un peu enrouée. Mais le gardien me dit qu’il n’y a pas de problème – il reconnaît mes magnifiques traits… Je le remercie d’un sourire et pénètre dans l’hôtel.

 

[II-5 : Tess/« Diane Pedersen » : Diane Pedersen] À l’intérieur, forcément, nombre des invités connaissent Diane Pedersen. Un homme m’approche, notamment, enchanté de me voir. Je ne le remets pas, mais suppose à son allure et à ses manières qu’il est dans la finance. Il me parle d’ailleurs bien vite des rapports entre « nos sociétés »… mais je lui dis gentiment que je ne pense pas que ce soit le lieu ni le moment de discuter affaires – d’autant que je suis peut-être un peu fatiguée… Il n’insiste pas.

 

[II-6 : Tess/« Diane Pedersen » : Leah McNamara, « Snake » ; Hippolyte Templesmith, Diane Pedersen] Je traverse la salle de gala sans m’y attarder, espérant que Templesmith ne me remarquera pas pour l’heure. Je me rends aussitôt au dining room, qui me paraît moins dangereux – et plus approprié que le dancing room au regard de la chaste réputation de Diane Pedersen. Là-bas, je reconnais Leah parmi l’orchestre – elle me repère également, et le signifie d’un clin d’œil. Un serveur m’invite à prendre place à une table, ce que je fais – lui commandant un petit assortiment léger. Je repère également Chris, qui me voit lui aussi. Je remarque enfin un serveur noir – plutôt une exception dans un endroit pareil –, mais ne m’y attarde pas. [Il s’agit de « Snake »… mais je ne l’ai pour ma part jamais vu.]

 

[II-7 : Chris : Hippolyte Templesmith] Chris retourne dans la salle du gala, où se trouve toujours Hippolyte Templesmith. Des hommes de sa sécurité privée sont toujours auprès de lui, leur uniforme les distingue des agents de l’hôtel. On en vient aux discours – Templesmith monte sur l’estrade, devant son pupitre, pour remercier ses aimables invités, qui commencent à glisser des chèques dans l’urne au centre de la salle. Chris inspecte discrètement les environs et les pièces adjacentes.

 

[II-8 : Dwayne/« Leonard Border » : Hippolyte Templesmith, Balthazar Wagner, Alexis Ranley] Dwayne s’y trouve également. Il a enfin récupéré un appareil photo – mais prend bien soin, comme Templesmith le lui avait dit, de demander l’autorisation avant de prendre une photo aux environs de l’urne. Les invités de marque affluent toujours davantage – parmi lesquels on relève notamment Balthazar Wagner, vice-président de l’Université Miskatonic, ou encore Alexis Ranley, directeur de l’asile d’Arkham. Dwayne commence à prendre des photos… sauf que son appareil ne fonctionne pas ; mais personne ne s’en rend compte à part lui. Il prend alternativement des notes sur son calepin.

 

[II-9 : Tess/« Diane Pedersen » : Leah McNamara, Elsa Ropes ; Hippolyte Templesmith] Je dîne tranquillement – en remarquant tout de même la présence de la sécurité privée de Templesmith. D’ailleurs, un de ses agents vient me voir : « M. Templesmith veut vous voir dans deux heures au dancing room. » Le ton est impératif, le molosse s’en va sans attendre de réponse… Je remarque que Leah, sur scène, fait quelques couacs à l’occasion, qui lui valent des regards noirs d’Elsa Ropes

 

[II-10 : Chris : Hippolyte Templesmith, Margaret Hoover ; Orson Cushing] Chris, au fil de son inspection des lieux… tombe sur les bureaux de la sécurité de l’hôtel, où plusieurs gardes se trouvent. Chris se dit prêt à les servir – on ne le reconnaît pas, et on s’en étonne, mais il explique être un factotum au service du traiteur, Orson Cushing. L’explication les convainc, et les gardes blagueurs laissent entendre qu’ils veulent bien que Chris les serve, oui – peut-être des boissons « spéciales » ? Chris les laisse au milieu des rires, il s’est fait de nouveaux amis… Repassant par la salle de gala, Chris jette une oreille au discours de Hippolyte Templesmith, qui loue la vie associative d’Arkham, et invite d’ailleurs Margaret Hoover à le rejoindre sur l’estrade. Chris ne s’attarde pas, et retourne dans le dining room.

 

[II-11 : Tess/« Diane Pedersen », Chris : Hippolyte Templesmith, Dwayne/« Leonard Border »] Quand je vois Chris revenir dans le dining room, où j’ai lentement dégusté mon assiette, je me rends au comptoir, au prétexte de jeter un œil aux plats qui s’y trouvent, en fait dans l’espoir de pouvoir m’entretenir discrètement avec lui (j’avais d’abord songé aux toilettes, mais impossible : les toilettes hommes et femmes ont des entrées différentes). Chris m’y rejoint – s’assurant de ce que personne ne prête attention à nous, il m’explique la disposition de chacun ; je lui dis que j’essaye pour l’heure d’éviter Templesmith, mais je ne vais pas y couper : un de ses sbires m’a signifié qu’il voulait me voir dans un peu moins de deux heures au dancing room. Chris propose de se trouver là le moment venu, au cas où… Peut-être Dwayne pourra-t-il faire de même. Mais est-ce un rendez-vous privé ? Je dois le retrouver au dancing room, mais n’en sais pas davantage... Est-ce que je compte rester ici en attendant ? Non, il me faudra bien passer par le gala, tout autre comportement serait bien plus suspect… Par ailleurs, je souhaite faire un repérage du dancing room, et, pour ce faire, il me faut de toute façon passer par la salle du gala. Chris me demande si j’ai un autre message à transmettre à Dwayne, mais ce n’est pas le cas – il faut juste qu’il soit au courant pour mon rendez-vous. Chris se retire.

 

[II-12 : Dwayne/« Leonard Border » : Robert Carlyle, Erica Carlyle, Nathan Hardwicke, Helen Hardwicke, Hippolyte Templesmith, Margaret Hoover, Vinnie] Dwayne, dans la salle de gala, voit arriver des invités qui ne sont pas de la région : Robert Carlyle et sa sœur Erica, Nathan et Helen Hardwicke qui viennent du Pays de Galles (très snobs, ces derniers)… Il fait semblant de prendre des photos. Templesmith, sur l’estrade, se met de côté et laisse la parole à Margaret Hoover. Vinnie est toujours dans cette pièce.

 

[II-13 : Tess/« Diane Pedersen » : Erica Carlyle, Hippolyte Templesmith ; Diane Pedersen] Pour me rendre au dancing room, il me faut passer par la salle du gala. J’y croise Erica Carlyle – visiblement une connaissance de Diane Pedersen, mais, quant à moi, je ne l’ai jamais vue que dans les journaux ; je la sais extrêmement riche… Elle me fait signe de la main, très cordiale et enjouée. Je lui réponds de même, peu désireuse toutefois de lui parler, mais elle s’avance : « Heureuse de voir ici une personne de qualité ! » Je lui réponds aimablement, mais de mon ton enroué ; elle s’en étonne, je lui dis craindre d’avoir pris froid – il n’était peut-être pas très raisonnable de venir ce soir… Elle s’inquiète pour ma santé, me dit que, si elle peut faire quoi que ce soit… Je la rassure – et continue mon chemin. Mais je sens le regard de Hippolyte Templesmith posé sur moi – celui d’un de ses gardes également, qui semble ne jamais me perdre de vue… Je ne m’attarde pas, et me rends au dancing room.

 

[II-14 : Chris, Dwayne/« Leonard Border » : Tess McClure/« Diane Pedersen », Hippolyte Templesmith] Chris est dans la salle de gala ; il repère Dwayne et se rend auprès de lui – toujours à faire semblant de prendre des photos et de griffonner dans son carnet. Chris lui explique que je suis là, et lui parle du rendez-vous dans le dancing room. Dwayne acquiesce sans rien dire – d’autant qu’ils sont proches de l’estrade où se tient toujours TemplesmithChris poursuit son chemin.

 

[II-15 : Dwayne/« Leonard Border » : Hippolyte Templesmith, Alexis Ranley, Balthazar Wagner ; Leonard Border, Tess McClure/« Tess la Rouge »] Dwayne remarque que Templesmith s’entretient avec son service de sécurité. Il s’approche en prenant des notes. Mais Alexis Ranley et Balthazar Wagner l’interceptent : « M. Border ? Le rescapé d’Arkham ? Le survivant de ʺLa Rougeʺ ? Tout le monde vous croyait mort… » Lui-même ne sait pas trop comment il en a réchappé… Ses deux interlocuteurs ont hâte de lire le livre que cette expérience lui inspirera ! Puis ils signalent d’un air complice qu’ils vont déposer leurs chèques dans l’urne… Dwayne, qui comprend ce que cela signifie, fait semblant de les prendre en photo à ce moment-là. Wagner s’étonne de ce que l’appareil de « Leonard Border » n’ait pas de flash ; c’est un appareil fourni par l’hôtel, il a eu quelques soucis… Mais qu’ils ne s’inquiètent pas, ils auront droit à de belles photos dans la Gazette d’Arkham ! Puis il sort son carnet de notes pour les interviewer ; comment envisagent-ils l’avenir, avec un homme comme Templesmith pour guider Arkham ? Ils sont là pour en juger – en notant l’engouement pour le personnage, son bon sens, son aptitude aux responsabilités… Voilà un homme à même de sauver les institutions essentielles de la ville d’Arkham ! Espèrent-ils une baisse de la criminalité ? Oui, cet aspect doit être pris en compte ; mais il y a plus, il faut penser à l’avenir, aux générations futures – après tout, certaines salles de cours de l’Université Miskatonic sont tristement délabrées ; par ailleurs, l’asile bénéficierait à n’en pas douter de l’acquisition d’une de ces machines à électrochocs les plus récentes… Dwayne passe à des questions plus futiles – ils sont visiblement là pour prendre la température, déterminer ce que leur soutien à Templesmith pourrait leur apporter. Ils remarquent que « Leonard Border » est enroué, mais ne s’en inquiètent pas plus que cela. Après quoi ils prennent congé, et s’approchent de l’estrade pour échanger quelques mots avec Templesmith, plus libre maintenant que d’autres se succèdent à la tribune. Après quoi ils se rendront au dining room – ils n’avaient pas manqué d’inviter « Leonard Border » à les rejoindre le moment venu : le héros d’Arkham ! Dès qu’il pourra sa libérer, il les rejoindra, bien sûr…

 

[II-16 : Tess/« Diane Pedersen » : « Snake », Potrello, « La Mâchoire », Erica Carlyle, Robert Carlyle, Diane Pedersen] Je pénètre dans le dancing room – où je vois le serveur noir [« Snake », donc], Potrello, « La Mâchoire »… La salle est toujours la moins remplie des trois. On n’y sert pas ouvertement de l’alcool, mais il y a quand même deux ou trois personnes « égayées »… La musique n’est plus totalement classique, mais reste relativement « sage » – ce n’est pas encore du jazz. Je vais prendre un rafraichissement au comptoir, en guettant les conversations qui s’y tiennent – rien de palpitant, c’est très bourgeois, on évoque parfois des « choses plus amusantes à boire »… J’y retrouve Erica Carlyle et son richissime frère Robert – qu’elle surveille, de toute évidence. Lui me regarde d’un air langoureux… Il était sur le point de m’aborder, mais je me suis alors rendue dans les toilettes : j’avais besoin de me repoudrer… J’ai l’impression d’une décharge d’électricité statique sur ma peau – effet du rituel plus que de la cocaïne. Quand je retourne dans le dancing room, Robert Carlyle me repère presque immédiatement, et m’accoste plus franchement – l’attirance sexuelle ne fait aucun doute dans son regard, et je sais qu’il a une réputation de coureur de jupons… Mais je comprends que, si Diane Pedersen et Erica Carlyle se connaissent, Robert Carlyle doit être un parfait inconnu pour moi – en fait, Diane Pedersen l’avait sans doute croisé, avec sa sœur, mais sans qu’il lui accorde la moindre attention… Je lui dis connaître sa sœur ; il m’interrompt : sans doute m’a-t-elle raconté des choses ignobles sur son compte ? Mais c’est simplement qu’il aime s’amuser… Il est plus lubrique que jamais. Il joue au playboy, affiche sans vergogne sa considérable fortune ; en même temps, jaugeant mes réactions, il essaye finalement de se montrer plus « sage », afin de percer mes goûts. Il me propose de me servir à boire – je dis, un peu sarcastique, que je ne le savais pas serveur, mais pourquoi pas… Il interpelle un serveur, et lui demande « deux Miska-Tonic ! », avec un clin d’œil appuyé qui ne m’échappe pas – ce sera du whisky… Erica fulmine visiblement ; elle semble se forcer à regarder ailleurs, mais guette mes réactions : la situation lui déplait fortement, et son antipathie ne cesse de croître… Le serveur nous apporte nos verres – avec le clin d’œil de circonstance. À peine Robert m’a-t-il tendu mon verre que je lui tourne le dos, pour converser avec Erica – j’ignore totalement le séducteur, c’est un râteau sans appel… D’abord stupéfait puis vaguement colérique, il se remet bien vite, buvant son verre cul sec puis se tournant vers une autre jeune femme… Erica est visiblement soulagée par mon comportement – mais je lui ai fait peur ! Heureusement, j’ai réagi au mieux… La conduite de son frère la fait souffrir – elle a trop vu de femmes quitter leur résidence en petite tenue, au plus profond de la nuit… Heureusement, je ne suis pas comme elles !

 

[II-17 : Chris : Leah McNamara, Michael Bosworth ; Dwayne O’Brady/« Leonard Border », Tess McClure/« Diane Pedersen », Hippolyte Templesmith] Chris est retourné en cuisine pour emporter un plateau d’amuse-gueule, à destination du dining room. Il y pénètre alors même que Leah quitte la scène – la rotation des musiciens lui permet de prendre une pause, et elle est disponible pour parler. Chris se rend donc auprès d’elle ; mais, en chemin, il croise Michael, qui a complètement changé d’allure : avec son smoking, sa canne, on dirait un lord ! Allez savoir où il a trouvé tout ça… Michael adresse un clin d’œil à Chris, qui répond de même, avant d’atteindre Leah. Les collègues de cette dernière se ruent sur son plateau – charmante attention de l’hôtel ! –, que Chris leur laisse bientôt, pour s’écarter avec Leah ; il lui explique que Dwayne et moi sommes là, et évoque mon rendez-vous avec Templesmith dans le dancing room. Ce sera peut-être la meilleure occasion d’agir… Il va continuer de faire la navette entre nous tous, afin de mettre en place un plan d’action. Leah lui dit cependant qu’elle ne pourra pas quitter la scène aussi facilement, elle se ferait virer aussitôt… mais à voir si ça vaudrait le coup ? Qu’elle continue son office pour le moment.

 

[II-18 : Dwayne/« Leonard Border » : Vinnie, Hippolyte Templesmith, Nathan Hardwicke, Helen Hardwicke ; Potrello, « La Mâchoire », Tess McClure/« Diane Pedersen »] Dwayne passe à côté de Vinnie, et lui parle du rendez-vous au dancing room. Vinnie va essayer de prendre la place d’un agent de sécurité de l’hôtel pour s’y rendre – mais il y a là-bas des gens qui risquent de le reconnaître, notamment Potrello et « La Mâchoire »… Mais peut-être le dancing room n’est-il pas l’endroit le plus adopté (pour ma part, je redoute de jouer ainsi le jeu de Templesmith, et sur le terrain qu’il a lui-même choisi…). Dans tous les cas, il lui faudra cependant se tenir prêt à faire diversion ou à arranger notre fuite. Dwayne constate alors que Templesmith a quitté l’estrade, et se retire dans un bureau privé avec Nathan et Helen Hardwicke.

 

[II-19 : Dwayne/« Leonard Border » : Potrello, « Snake », « La Mâchoire » ; Hippolyte Templesmith, Herbert West] Dwayne se rend au dancing room, où la musique évolue insidieusement vers le jazz, tandis que des boissons « un peu plus corsées » sont de plus en plus souvent servies… Il s’approche discrètement de la table de Potrello – le mafieux discute avec « Snake » déguisé en serveur (Dwayne, lui, le connaît) ; mais « La Mâchoire » l’entraperçoit et lui adresse un regard intimidant… Dwayne n’insiste pas et retourne auprès du comptoir, où il me retrouve. Nous mettons au point notre plan. Le dancing room, le terrain choisi par Templesmith, n’arrange pas nos affaires – d’autant que, s’il nous faut fuir, cela impliquera de retraverser au préalable la salle de gala bondée… Je vais donc plutôt patienter dans cette dernière, en évidence, et faire l’appât ; nous laisserons à Chris le soin de faire diversion, et à Vinnie d’assurer notre fuite, tandis que Dwayne profitera de ce que Templesmith se rende auprès de moi pour lui planter la seringue d’Herbert West dans le dos…

 

[II-20 : Dwayne/« Leonard Border », Tess/« Diane Pedersen » : Pierce Hawthorne, Balthazar Wagner, Michael Bosworth, Alexis Ranley, Nathan Hardwicke, Helen Hardwicke ; Hippolyte Templesmith] Dwayne et moi retournons donc – séparément – dans la salle de gala, où l’on annonce un discours de Pierce Hawthorne ; ce dernier est un universitaire, et Balthazar Wagner l’applaudit frénétiquement : Hippolyte Templesmith aidera les nouvelles générations, notamment via l’Université Miskatonic, etc. Je prends place, en vue depuis le bureau où s’est retiré Templesmith, et remarque Michael, non loin de moi. Un homme de la sécurité privée de Templesmith sort du bureau et va s’entretenir avec Balthazar Wagner et Alexis Ranley – qui ne se quittent décidément pas d’un pouce. Les Hardwicke sortent de la pièce privée, et les deux enthousiastes donateurs prennent leur place. Les Hardwicke se concertent, en jetant notamment un œil à Dwayne.

 

[II-21 : Tess/« Diane Pedersen » : Helen Hardwicke ; Diane Pedersen, Hippolyte Templesmith] Puis Helen Hardwicke s’approche de moi : « Vous êtes bien Diane Pedersen ? » Tout à fait, Miss Hardwicke. Pourrais-je alors la conseiller quant à Hippolyte Templesmith ? je suis notoirement en relations d’affaires avec lui… Pourquoi pas ? Est-il compétent en affaires ? Est-ce un partenaire commercial utile, et de confiance ? Elle me demande même des chiffres – mais je ne les ai pas : la comptabilité ne sied guère à mon rang, ce qu’elle conçoit sans doute très bien… Quant à ses questions : est-il compétent en affaires ? Oui, à n’en pas douter. Est-ce un partenaire commercial utile ? Il peut l’être… Et de confiance ? Autant que peut l’être un partenaire commercial utile… Elle me remercie d’un sourire très hypocrite, chargé en fait du plus profond mépris.

 

[II-22 : Dwayne/« Leonard Border » : Nathan Hardwicke, Helen Hardwicke ; Leonard Border, Hippolyte Templesmith, Tess McClure/« Diane Pedersen »] Pendant ce temps, Nathan Hardwicke va pour sa part discuter avec « Leonard Border », « ce qui ressemble le plus à un journaliste ici », lui a-t-on dit… Dwayne acquiesce ; et donc ? Eh bien, vu la distance qu’il a parcourue pour venir à ce gala, la moindre des choses serait de lui demander une interview… Bien sûr, il laisse l’initiative au journaliste d’en quémander une. Dwayne joue son jeu. Que pense-t-il du prochain maire ? « Nous verrons bien dans le futur… » C’est la réponse systématique à chaque question que tente Dwayne, avec de légères variantes. Par exemple : « Que fait une personne de votre rang dans un endroit aussi… ʺpittoresqueʺ ? » Il attend des preuves de la compétence du futur maire, etc. À chaque fois, Hardwicke fait signe à « Leonard Border » de passer à une autre question, plus pertinente espère-t-il, d’un geste méprisant de la main… Dwayne l’interroge à propos de la donation qu’il compte faire au bénéfice de la campagne de Templesmith ; quel sera le montant de sa générosité ? Nathan Hardwicke fait signe à Helen de le rejoindre – elle en a fini avec moi ; tous deux s’avancent lentement vers l’urne, laissant clairement entendre qu’ils souhaitent être photographiés… Mais Dwayne ne fait pas un geste en ce sens – se contentant de fixer les snobs frustrés avec un grand sourire. Ils sont furieux, et, plus hautains que jamais, s’en vont voir ailleurs…

 

III : IL EST D’AILLEURS

 

[III-1 : Tess/« Diane Pedersen » ; Hippolyte Templesmith] Templesmith sort enfin de son bureau. Sans me signaler spécialement, j’ai fait en sorte d’être visible, dans la salle du gala. Il m’adresse un de ses gardes du corps pour me signifier de me rendre au dancing room tandis que lui-même va faire un énième discours à l’estrade. Mais je refuse de m’en aller – lâchant au sbire que je suis curieuse d’entendre ce que notre hôte a à dire… Le garde grogne, mais n’est guère en position de faire quoi que ce soit ; je constate qu’il « sent la marée »…

 

[III-2 : Dwayne/« Leonard Border »] Dwayne prépare la seringue, qu’il dissimule dans sa manche…

 

[III-3 : Tess/« Diane Pedersen » : Hippolyte Templesmith] Templesmith me regarde depuis l’estrade – son discours est des plus bref. Il s’approche ensuite de moi, avec un sourire aussi cruel qu’enjoué. Arrivé face à moi, il me dit de le suivre au dancing room. Mais je ne bouge pas, et ne dis pas un mot. La scène étonne tout autour, et la foule se rapproche inconsciemment. Templesmith m’observe – et son attitude change progressivement ; il y a un temps de la surprise dans son regard, mais surtout de l’amusement : « Vous êtes décidément pleine de surprises… » Il me saisit par l’épaule… et je me jette sur lui pour l’embrasser à pleine bouche. Il est stupéfait ! Et je l’interromps dans ses paroles, ne comprenant qu’après coup qu’il avait entamé une incantation…

 

[III-4 : Chris, Tess/« Diane Pedersen », Dwayne/« Leonard Border » : Vinnie, Hippolyte Templesmith, Michael Bosworth ; Herbert West] Chris hurle : « On veut plus de poulet ! » Et il se précipite sur le buffet, qu’il renverse. Un agent de sécurité voulait s’emparer de lui, mais Vinnie l’intercepte. Le regard de Templesmith oscille entre Chris et moi – je reste collée à lui. J’essaye de le renverser, mais il me repousse – il est bien plus fort qu’il n’en a l’air… Dwayne a bondi au cri de Chris, de même que Michael ; mais si ce dernier s’en prend à un agent de sécurité, Dwayne, lui, plante la seringue d’Herbert West dans le dos de Templesmith, qui hurle de douleur ; il ne peut cependant en injecter que la moitié du contenu avant qu’un garde du corps le fasse valser – mais la seringue reste fermement plantée… Les agents de sécurité se précipitent sur Chris, au milieu de la foule affolée. Il se saisi d’un plateau, qu’il balance violement à la face d’un garde : il l’éborgne, le sang gicle de son œil crevé ! Michael tente de débarrasser Chris d’un autre de ses assaillants, armé de son couteau, mais sans succès. Je me relève – sans dégâts –, et me précipite sur Templesmith ; j’évite son coup, parviens à le contourner, et injecte le reste du produit de la seringue dans son dos. Templesmith hurle encore davantage – et nombre des invités de même… Un de ses gardes essaye de lui venir en aide, mais ne peut strictement rien faire – un autre qui s’en prenait à Chris est assommé d’un coup de crosse assené par Vinnie.

 

[III-5 : … : Hippolyte Templesmith/« 6X »] Templesmith est pris de violents tremblements, et sa peau se craquèle – des lambeaux se déchirent et tombent à terre, à l’instar de ses vêtements : c’est comme si on l’épluchait… Sous la couche d’imposture, c’est bien « 6X » qui se révèle – avec sa peau maladive, oscillant entre le rose et le blanchâtre, parsemée de cloques et de surfaces écailleuses, d’où jaillissent de longues touffes de poils bruns… Il est très grand : il mesure bien dans les 2m50, même s’il se tient vouté. Ses longs pieds n’ont que deux orteils, outre un ergot. Ses bras sont aussi longs que fins, s’achevant en dix doigts effilés et griffus. Sa face et ses yeux sont tout aussi répugnants, quelque part entre le reptile et l’homme, avec un œil en amande et l’autre plus humain, tandis que des crocs volumineux mais très divers sortent aléatoirement de sa gueule – laquelle est parsemée d’anneaux destinés semble-t-il à ce qu’il ne se blesse pas lui-même avec sa mâchoire…

 

[III-6 : Tess/« Diane Pedersen » : « 6X »] Je suis figée sur place. « 6X » se retourne vers moi, qui suis la plus proche ; il cesse un instant de se griffer et tend ses longs bras vers moi. Je l’entends marmonner entre deux hurlements de douleur : « Quatrième essai… Des décennies pour rien… » Il se projette en avant pour m’enlacer. « Cette fois, vous allez tous sentir ma frustration ! » Je parviens pourtant à esquiver in extremis son assaut.

 

[III-7 : Dwayne/« Leonard Border : « 6X », Vinnie] « 6X » change alors de cible. D’un bras, il s’empare d’un agent de sécurité qu’il égorge aussitôt – mais son autre bras est tendu vers Dwayne, qui l’évite cependant. Vinnie n’est pas en mesure de tirer – il y a trop de monde alentour, et il est de toute façon tétanisé par le hideux spectacle… Leah, qui a rejoint le groupe, est elle aussi profondément choquée – elle se trouve non loin de Chris, qui bataille.

 

[III-8 : Tess/« Diane Pedersen : « 6X »] « 6X » psalmodie à nouveau, une sorte d’incantation sifflante. Je me saisis de mon couteau, que je cherche à planter dans ses parties génitales – à supposer qu’il en ait. Quoi qu’il en soit, cela interrompt à nouveau son incantation…

 

[III-9 : Dwayne/« Leonard Border », Chris : Leah] Dwayne court pour sauter par une fenêtre. Chris hurle également à Leah de fuir, tandis que lui-même s’empare d’un nouveau plateau.

 

[III-10 : Tess/« Diane Pedersen » : « 6X »] « 6X » a peu ou prou décapité l’agent dont il s’était saisi ; il reprend son incantation en malmenant le cadavre, lui arrachant la peau du dos, et achevant de séparer sa tête de son corps en la tirant par les cheveux. Je perçois comme une « lumière obscure » jaillissant de ses plaies – elle est d’un rouge noirâtre, qui imprègne absolument tout aux alentours : ma perception – et tout autant celle des autres – est envahie par la couleur impossible ; et j’ai l’impression de chuter dans une substance liquide et magique…

 

IV : NOUS SOMMES AILLEURS

 

[IV-1 : Dwayne/« Leonard Border »] Dwayne, alors qu’il franchit la fenêtre, a l’impression de recevoir quelque chose en pleine tête – mais ce n’est ni du verre, ni du bois… Il tombe sur un sol assez dur. Quand il ouvre les yeux, il réalise que se trouvent à ses côtés deux sortes de becs de pieuvres gigantesques, faisant bien chacun dans les six mètres de hauteur. Entre les deux, à ses pieds, il y a un trou dont il ne perçoit pas le fond. La lumière est très étrange autour de lui – un peu argentée ; par ailleurs, le ciel est dégagé. Autour de lui s’étend un archipel – le soleil est masqué par deux lunes passant devant lui… Se tient-il sur une immense créature ?

 

[IV-2 : Chris] Chris tombe sur une surface de terre herbeuse. Il est lui aussi sur une île au milieu d’un archipel. Le décor est étonnant, une végétation mi tempérée, mi tropicale – avec notamment des bambous ; mais la chaleur est supportable. Il y voit cette même lumière étrange, qui éclaire la plage à côté, où des crabes assez gros (mais sans être monstrueux) dévorent des poissons morts…

 

[IV-3 : Tess/« Diane Pedersen »] Quant à moi, je reprends connaissance dans une pièce fermée, où règne une horrible puanteur de crasse humaine, d’excréments et de nourriture avariée. J’entends des ronflements autour de moi – et des gens qui se réveillent subitement, l’air surpris. Ma perception s’affine : le sol est de béton, les murs sont noirs de crasse, mais à peine discernables derrière les nombreux lits superposés qui s’entassent contre eux. Je repère trois silhouettes humaines allongées, dont une qui se lève ; plus loin se trouve une porte, à côté d’une table avec quelques vieilles chaises – la table est recouverte d’assiettes pas terminées et de boîtes de conserve ; il y a aussi un portemanteau non loin, où est suspendue une tunique à capuche. Je m’attarde sur les silhouettes humaines ; celle qui s’est levée ne m’a semble-t-il pas vue. Je vois alors que sa bouche est saturée d’aphtes, au point où elle en est obstruée – j’ai conscience des efforts désespérés de cet être pour y faire passer sa langue…

 

[Ma Santé mentale tombe à 0…]

 

À suivre…

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