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CR Imperium : la Maison Ptolémée (20)

Publié le par Nébal

CR Imperium : la Maison Ptolémée (20)

Vingtième séance de ma chronique d’Imperium.

 

Vous trouverez les éléments concernant la Maison Ptolémée ici, et le compte rendu de la première séance . La séance précédente se trouve ici.

 

Tous les joueurs étaient présents, qui incarnaient donc Ipuwer, le jeune siridar-baron de la Maison Ptolémée, sa sœur aînée et principale conseillère Németh, l’assassin (maître sous couverture de troubadour) Bermyl, et le Docteur Suk, Vat Aills.

 

I : UNE OPPORTUNITÉ DE S’ENTRAÎNER

 

[I-1 : Ipuwer, Németh : Hanibast Set, Bermyl, Elihot Kibuz] Ipuwer et Németh achèvent leur réunion. Ils se mettent d’accord sur la mission essentielle confiée au Conseiller Mentat Hanibast Set, celle dont les résultats leur importent le plus : le décryptage des cartes des Atonistes de la Terre Pure. Par ailleurs, Ipuwer explique à Németh son intention de réprimander publiquement Bermyl – un leurre afin de lui donner plus de marge de manœuvre concernant les divers soucis affligeant la Maison Ptolémée, et tout particulièrement la question de la loyauté des services de renseignement (officiellement sous le contrôle d’Elihot Kibuz) ; dans cette optique, Ipuwer confie à sa sœur la tâche de rassembler secrètement les informations dénichées par Bermyl, via un canal de transmission crypté, dont les détails restent encore à définir. Après quoi Németh se retire.

 

[I-2 : Ipuwer : Bermyl, Mandanophis Darwishi] Ipuwer se prépare à la mise en scène du renvoi de Bermyl. Avant toute « cérémonie » publique à proprement parler, il préfère convoquer Bermyl « avec sa balisette » à sa piscine privée – où des domestiques s’affairent, qui ne manqueront sans doute pas de jaser sur la rencontre visiblement houleuse des deux personnages ; le maître de cour Mandanophis Darwishi y veillera, qui est là lui aussi…

 

[I-3 : Bermyl, Ipuwer : Mandanophis Darwishi ; « Lætitia Drescii », Clotilde Philidor, Elihot Kibuz] Le maître de cour convoque donc Bermyl, et l’accompagne à la piscine, où Ipuwer le mande. Celui-ci se félicite de ce que Bermyl soit venu, ainsi que demandé, avec sa balisette, et, sans plus attendre, lui demande de « jouer quelque chose ». Bermyl est d’abord décontenancé, mais Ipuwer insiste froidement. Embarrassé, le « troubadour » se livre à une interprétation classique et sans âme d’une mélodie connue. Ipuwer se retourne vers Mandanophis Darwishi : « Somme toute commun… Bien exécuté, mais bien commun... » Le maître de cour l’approuve avec son habituel sourire de connivence ; Ipuwer en déduit que Bermyl devrait s’entraîner ; le « troubadour » garde les yeux fixés sur le sol… « Il y a des bases solides, il n’est pas mauvais », avance Ipuwer : « Il faudrait qu’il travaille... » Ipuwer dit à Mandanophis Darwishi de les laisser, et le maître de cour se retire. Ipuwer enclenche un cône de silence – mais les domestiques les voient. Il fait semblant d’engueuler Bermyl – mais des gestes secrets de la main, convenus, permettent à l’assassin de comprendre qu’il a en fait toute la confiance du siridar-baron. Ipuwer sait très bien ne pas être un comédien de manière générale, et craint de ne pas être très « naturel »… mais peut-être les domestiques n’en seront-ils pas conscients, trop loin pour remarquer ce genre de choses ? Autant miser sur les grosses colères qui lui arrivent régulièrement… Il hurle, réclamant que Bermyl retrouve « Lætitia Drescii », et plus vite que ça ! En enjoignant aussi au passage Bermyl à faire attention « à son petit cul » (il est au courant des prophéties funestes de Clotilde Philidor)… Et il livre de la sorte d’autres informations, portant sur la priorité accordée aux cartes des Atonistes de la Terre Pure, ou encore sur le fait que, si besoin, Bermyl aura de l’aide. Ipuwer congédie enfin Bermyl, le renvoyant (cette fois sans cône de silence) à l’étude de ses partitions. Bermyl, la mine déconfite – pas besoin de surjouer –, se retire prestement, avec une courbette gênée…

 

[I-4 : Ipuwer, Bermyl : Elihot Kibuz] Après quoi, Ipuwer ordonne à ses domestiques de lui amener Elihot Kibuz, tandis que Bermyl, dans ses quartiers, se prépare discrètement… et joue de la balisette.

 

II : NÉMETH IMPATIENTE

 

[II-1 : Németh : Ipuwer] Au sortir de son déjeuner avec Ipuwer, Németh est ragaillardie : les choses ne vont pas bien, mais l’unité de la Maison Ptolémée pourrait permettre de survivre à la crise, ce dont elle doutait jusqu’alors…

 

[II-2 : Németh : Taharqa Finh] Par ailleurs, elle est obnubilée par sa « requête » à l’Université de Memnon, exigence en fait que le scientifique controversé Taharqa Finh la rejoigne au plus tôt au Palais de Cair-el-Muluk, afin d’évoquer des questions historico-religieuses et le tabou du Continent Interdit – le vieil homme devrait arriver, en ornithoptère, tard dans la soirée au mieux, plus probablement le lendemain matin. Németh ronge son frein, cependant – demandant sans cesse des nouvelles de l’ornithoptère auprès de ses domestiques, qui font les frais de son impatience…

 

[II-3 : Németh : Thema Tena, Hanibast Set] Németh prend également des nouvelles de la santé de Thema Tena, la charismatique figure du mouvement des Atonistes de la Terre Pure, grièvement blessée lors de l’assaut de leur camp par des « zélotes » de la Maison Arat… et d’autres individus plus suspects encore. Elle savait qu’elle était hors de danger depuis quelque temps, mais était toujours hospitalisée à Heliopolis. Il y a cependant une nouveauté : elle a repris conscience, et est semble-t-il parfaitement lucide – la vieille bonne femme est décidément très solide… Elle doit cependant rester à l’hôpital, même si cela l’agace. Depuis son arrivée dans le service, les Atonistes de la Terre Pure ont fait le pied de grue devant l’hôpital (les services de police n’ont rien fait pour les disperser – sans doute sur les instructions de Hanibast Set, chargé de gérer la crise pour que l’image de la Maison Ptolémée ne soit en rien écornée) ; maintenant qu’elle a repris conscience, les visites s’enchaînent… et, même si le personnel de l’hôpital s’en inquiète, des « gardes » armés de bâtons sont toujours présents devant sa chambre – qui restent cependant relativement discrets. Des agents de la Maison Ptolémée sont de toute façon là pour parer à toute mauvaise surprise. Németh envisage de s’y rendre en personne.

 

[II-4 : Németh : Cassiano Drescii, Lætitia Drescii ; « Cassiano Drescii »] Németh souhaite par ailleurs s’entretenir avec Cassiano Drescii – mais sans son épouse... ce qui, au regard de leur passé commun, peut s’avérer un tantinet problématique, mais c’est une question de délicatesse plus que d’étiquette. Elle se rend d’elle-même dans les quartiers de ses invités, qui se détendent dans leur jardin ; et ce Cassiano a un comportement parfaitement semblable à celui de l’imposteur qui avait pris sa place – en autrement plus sympathique, cependant : c’est un écrivain, il noircit du papier en permanence. Son épouse s’ennuie visiblement – elle prétend lire, mais n’avance pas dans son roman, bloquée sur la même page qu’elle relit sans cesse depuis des heuresNémeth présente ses excuses pour les derniers événements, disant vouloir maintenant jouer plus sérieusement son rôle d’hôtesse ; elle dit qu’elle serait ravie d’entendre ce que Cassiano Drescii a à raconter sur son activité de romancier… un peu maladroitement ; mais le message passe : Lætitia a vaguement levé la tête à cette idée, mais ne fait pas de scandale : ce n’est pas un perdreau de l’année, mais elle sait ne guère être en mesure d’intervenir… Elle bout sans doute intérieurement, mais cela ne va pas au-delà. Cassiano accepte bien volontiers l’invitation de Németh, et se montre très aimable : son sourire arrogant, que Németh connaissait tant, l’a presque déserté – outre que des années ont passé, qui ont changé l’homme, depuis la scène dans les geôles, il se montre plus grave, ouvert aux questions de Németh, et ne commettra pas de sottise impulsive. Németh le remercie, et dit aux deux Drescii qu’elle les reverra donc plus tard – mais en supposant à bon droit que Lætitia aura la présence d’esprit de ne pas venir…

 

III : AU CHEVET DE LA SAGE-FEMME

 

[III-1: Vat : Hanibast Set ; Thema Tena, Németh] Le Docteur Suk Vat Aills, accompagné de Hanibast Set, désire retourner sur la lune de Khepri. Lors de l’escale à Heliopolis, ils profitent cependant de ce qu’ils s’y trouvent pour aller au chevet de Thema Tena (le Docteur Suk avait, très tôt, suggéré qu’il pourrait lui faire bénéficier de ses compétences médicales hors-normes, même si le cours des événements ne lui a pas permis de venir plus tôt). Ils constatent de leurs yeux les informations obtenues par Németh quant à la situation à l’hôpital. Ils relèvent que le relativement bon état de Thema Tena surprend et impressionne, bien au-delà du seul camp des Atonistes de la Terre Pure – elle était déjà une figure charismatique hors de son mouvement, mais les derniers événements n’ont fait que renforcer le fait. Vat est d’abord réservé quant à la présence des croyants sur place, et surtout de leurs gardes, mais suppose ainsi que Hanibast qu’il vaut mieux faire avec.

 

[III-2 : Vat : Hanibast Set, Thema Tena] Ils pénètrent sans problème dans la chambre de Thema Tena – le diamant au front du Docteur Suk est un laisser-passer plus que suffisant. Il y a effectivement des disciples dans la chambre, mais Thema Tena leur fait signe (gentiment) de les laisser. Vat s’enquiert de la santé de la patiente, qui se montres très courtoise : elle a survécu, et espère que cela se reproduira en cas de nouvel assaut… Vat l’ausculte : son examen confirme les premières impressions – Thema Tena, percée de plusieurs impacts de balles, a failli y passer, mais elle est étonnamment robuste ; par ailleurs, sa force de volonté est impressionnante, qui va de pair avec son aura, et tout laisse à croire que ce mental implacable a également eu un rôle dans cette rémission rapide. Vat est étonné – cela relève-t-il de techniques prana bindu, ou ce genre de choses ? Pas au sens strict, le Docteur Suk ne la suspecte pas d’être Bene Gesserit… Mais il y a bien quelque chose – et quelque chose qui vient d’elle, ce n’est pas une aide extérieure.

 

[III-3 : Vat : Thema Tena] Vat interroge donc la religieuse sur son passé, plus globalement – il ne dissimule guère ses doutes, quand il mentionne les exceptionnelles facultés de résistance de Thema Tena ; laquelle le reprend quand il la présente comme un « leader » du mouvement atoniste… Elle n’est pas bête, et voit très bien où Vat veut en venir. Elle attribue sa robustesse aux longues années passées à arpenter le désert dans le Pèlerinage Perpétuel – pour autant, elle ne se montre en rien prosélyte. Vat laisse entendre qu’il veut bien admettre qu’il y a de nombreuses choses impossibles à expliquer rationnellement ; cela fait sourire Thema Tena, qui suppose un moment une forme d’hypocrisie du Docteur Suk, mais ce dernier est relativement sincère, en fait – quand bien même rationaliste par essence. Thema Tena lui dépeint les multiples dangers et beautés du Pèlerinage : la chaleur et la soif, le sable et la roche, la faune et les tempêtes… Elle semble elle aussi parfaitement sincère, et dit sans l’ombre d’une hésitation, et sans que Vat ait à se montrer plus explicite, que non, elle n’a pas de « petit secret » ; oh, les services des Ptolémée savent sans doute très bien qu’elle a rencontré à plusieurs reprises des membres du Bene Gesserit, et elle veut croire que toute discussion, à sa manière, peut être formatrice, et qu’on peut apprendre bien des choses de tout, mais elle n’est pas elle-même affiliée à l’ordre et ne sait rien de ses techniques.

 

[III-4 : Vat : Thema Tena ; Armin Modarai, Elihot Kibuz] Souhaite-t-elle quitter l’hôpital ? Oui, bien sûr, quand on lui en donnera l’autorisation – elle ne compte pas houspiller à ce sujet le personnel de l’hôpital, qui lui a sauvé la vie après tout, mais ne cache pas qu’elle a hâte de reprendre la route de l’Ouest. A-t-elle besoin de quelque chose, d’une assistance que la Maison Ptolémée pourrait lui fournir ? Elle n’est pas dupe : « Ce n’est pas que j’aie besoin de quoi que ce soit, c’est que vous avez besoin que j’aie besoin de quelque chose... » Elle demeure cordiale – mais le Pèlerinage est affaire d’investissement personnel, sans aide extérieure. Libre à quiconque de les rejoindre – mais, à l’en croire, des « agents » qui n’auraient pas la foi ne tiendraient pas le coup. La foi… elle fonctionne comme une boucle de rétroaction : tout se renforce sans cesse. Et, bien sûr, il y a la part de mystique, d’expérience personnelle de la révélation, de l’illumination… Elle peut toucher n’importe qui – elle n’est même pas forcément un prérequis, à vrai dire : nombreux sont ceux qui ont entamé le Pèlerinage débordant de questions… et qui y ont trouvé des réponses ; mais la foi s’inscrit dans cette boucle de discipline et d’amélioration personnelles. Des agents dépêchés par la Maison Ptolémée n’y seraient pas moins sensibles que d’autres – qu’ils soient là pour protéger les Atonistes de la Terre Pure… ou pour en apprendre davantage sur ce mystérieux Continent Interdit, avance-t-elle avec un sourire de connivence. Elle tend à croire qu’une mission, quelle qu’elle soit, obnubilerait trop le « faux pèlerin » pour qu’il découvre vraiment l’illumination dans le désert. Mais le Docteur Suk a bien fait de la reprendre sur cette notion de « révélation personnelle » : oui, tout est possible… Vat avance le nom de son « garde du corps », Armin Modarai ; le garçon ne sait pas grand-chose, cela pourrait lui faire du bien – et, garde-t-il pour lui, tant pis pour sa « formation » auprès d’Elihot Kibuz. Pourquoi pas ? Le mouvement des Atonistes n’est pas un ordre, contrôlant les entrées : libre à quiconque de les rejoindre…

 

[III-5 : Vat : Thema Tena] Sur le départ, Vat, constatant le bon état de Thema Tena, lui dit qu’il va donner des instructions au personnel médical pour faciliter la sortie rapide de la vieille femme – qui l’en remercie, tout en l’assurant qu’elle se montera « sage ».

 

[III-6 : Vat : Hanibast Set ; Thema Tena, Németh, Ipuwer] Vat se retire alors avec Hanibast Set dans un endroit discret pour s’entretenir de tout cela. Le Conseiller Mentat approuve le Docteur Suk quant à la sortie anticipée de l’Atoniste – avaient-ils vraiment le choix, de toute façon ? La vieille femme l’impressionne, il l’admet : elle est intelligente, probablement bien plus que ce qu’elle laisse paraître ; et elle est à la fois ironique sur certains sujets, et parfaitement premier degré sur d’autres – un mélange rafraîchissant… A-t-elle vu dans le désert du Continent Interdit des choses qui pourraient intéresser la Maison Ptolémée ? Hanibast en est convaincu. Vat adresse alors un résumé de ce qu’ils ont appris au Palais de Cair-el-Muluk, à destination de Németh et Ipuwer.

 

IV : ENTRETIENS AU BORD DE LA PISCINE, SUITE

 

[IV-1 : Ipuwer : Elihot Kibuz ; « Lætitia Drescii », Bermyl] Ipuwer avait convoqué Elihot Kibuz à la piscine. Le vieil homme l’y rejoint donc. Ipuwer lui confie la mission de retrouver « cette pute de Drescii – la fausse, je veux dire », en dénonçant l’incompétence du « joueur de balisette », ce qui fait un peu grommeler le maître assassin fantoche. Ipuwer veut des résultats – et dit qu’il a confiance en Kibuz. Ipuwer est tout sauf un maître du subterfuge… Mais Kibuz semble très heureux, jubiler aux remarques du siridar-baron – qui lui a dit ce qu’il attendait de longue date sans plus y croire… Ipuwer adopte une attitude très militaire, et Kibuz de même : le petit vieux qui avait rejoint Ipuwer en traînant la patte le quitte maintenant d’un pas autrement plus assuré et digne !

 

[IV-2 : Ipuwer : Mandanophis Darwishi ; Clotilde Philidor, Anneliese Hahn, Linneke Wikkheiser] Ipuwer mande alors une fois de plus son maître de cour, Mandanophis Darwishi – c’est qu’il a accumulé du retard dans ses obligations courtisanes… De qui doit-il encore s’occuper ? Des excuses, toujours… Que le maître de cour s’en charge, Ipuwer ne compte pas s’y attarder plus que de raison… Mandanophis acquiesce, mais lui rappelle qu’ « il y a ces deux demoiselles... », mais sans doute s’en souvenait-il ? Il faudrait probablement commencer par là. Clotilde Philidor et Anneliese Hahn, donc… C’est a priori mal engagé avec Linneke Wikkheiser, qui a quitté le Palais pour MemnonIl verra les deux Delambre ; séparément, sans doute ? Le cas de Anneliese Hahn est assez particulier, Ipuwer suppose que cela ne se passera pas comme d’habitude… « C’est probable, mon siridar-baron », lui répond Mandanophis Darwishi avec un sourire égrillard… « Enfin une femme qui va me comprendre ! », surenchérit Ipuwer. Aussi, pour Clotilde Philidor, Ipuwer, s’il sera présent, laissera le maître de cour parler ; il prendra par contre les choses en main concernant l’épéiste…

 

[IV-3 : Ipuwer : Hanibast Set, Sabah, Németh] Puis Ipuwer retourne à d’autres affaires ; Hanibast Set est parti pour Khepri, mais il a laissé ses notes concernant le décryptage des cartes de Sabah pour Ipuwer et Németh ; le siridar-baron demande à ce qu’on les lui apporte.

 

V : BOÎTES AUX LETTRES

 

[V-1 : Bermyl : Taho] Bermyl et Taho avaient convenu d’un endroit où se retrouver – il faut plus que jamais protéger sa couverture… Rien de neuf en ce qui concerne les rapports, mais Taho a réfléchi à un système efficient de « boîte aux lettres » pour communiquer discrètement avec Bermyl quand il sera « destitué » ; mais le système mis en place ne sera sans doute pertinent que de manière très temporaire, il faudra trouver plus convaincant par la suite. Pour Taho, le fait que Bermyl adopte son « nouveau rôle » est probablement un préalable à la mise en place de ce système. Bermyl en convient – il suggère par ailleurs que la communication passe par un endroit distant tant du Palais que de l’entrepôt des « morts-vivants », que Bermyl suppose être une sorte de « quartier-général » de leurs ennemis, ou au moins un endroit où ils ont un certain pouvoir et auquel ils tiennent.

 

[V-2 : Bermyl : Ipuwer, Németh, Taho] Par ailleurs, ainsi qu’Ipuwer l’avait exprimé, il faut sans doute mettre en place un système parallèle pour que Bermyl communique directement avec le siridar-baron ou Németh (d’autant qu’il ne peut pas se permettre de compter sur le seul Taho – s’il lui arrivait quelque chose…) ; il a sa petite idée sur la question, et devrait être en mesure de mettre en place un système cohérent sous peu – plus facilement, en fait, que vis à vis de Taho ? Mais le problème est bien celui de la loyauté : trouver un autre Taho ne s’annonce pas évident… Mais Bermyl va y réfléchir.

 

VI : VISIONS D’AVENIR

 

[VI-1 : Németh : Cassiano Drescii ; Lætitia Drescii] C’est l’heure du thé avec Cassiano Drescii – il rejoint Németh dans ses quartiers, sans son épouse ; Cassiano se montre très respectueux, à la mesure de ce qu’imposent les faufreluches dans ce genre de rencontre semi-informelle. Németh s’assure courtoisement de ce que Lætitia ne va pas les rejoindre – Cassiano la dit « fatiguée »… Plus détendue, Németh donne une orientation moins formelle à leur conversation. Elle dit être heureuse de le retrouver – même si les circonstances ne sont plus les mêmes, par rapport à une quinzaine d’années plus tôt, le prévient-elle de suiteElle évoque aussi, à cet égard, l’imposteur qui l’avait trompée… Németh est sincère quand elle évoque favorablement le « vrai » Cassiano Drescii – ce qui, d’une certaine manière, n’est pas sans émouvoir ce dernier. Németh évoque aussi sa situation de conseillère, peu ou prou « seule »… Cassiano hésite sur la manière d’appeler son interlocutrice – Dame Németh, Németh, ma chère… Il semble globalement hésitant d’ailleurs – sans doute souhaiterait-il dire quelque chose, mais il se retient, et Németh le perçoit. Cassiano ne veut pas s’immiscer dans les affaires de la Maison Ptolémée et de Németh. Mais il dit enfin que, pour ce qu’il en sait, la menace est d’une tout autre ampleur : les Ophélion et sans doute les Kenric sont tout aussi touchés que les Ptolémée, si ça se trouve… et les Ptolémée n’ont pas les épaules pour gérer seuls cette menace. Németh en est un peu vexée, mais suppose qu’il y a du vrai là-dedans – et elle n’est certainement pas idiote au point de refuser toute aide extérieure ; mais ce n’était clairement pas ce que Cassiano voulait laisser entendre… La position de la Maison Ptolémée au Landsraad pourrait-elle en être affectée ? Pour Drescii, c’est une autre question encore – mais l’incident diplomatique avec les Wikkheiser, auquel il avait assisté, pourrait effectivement nuire à Németh. Il ne sait rien de plus précis, et ne prétend pas apprendre à Németh ce principe essentiel en politique : parler du bien qu’on va faire, mais toujours prévoir le pire. Il maintient cependant que le problème va au-delà de la seule position de la Maison Ptolémée au Landraad, s’il est bien compréhensible que Németh ait à cœur les intérêts de sa Maison – cela va au-delà, et elle n’est pas la seule impliquée. Mais Cassiano ne fera rien dans son dos – il n’a bien sûr aucune intention de lui nuire, mais, là encore, cela va au-delà : il ne tirera pas la sonnette d’alarme sans lui en parler, par exemple.

 

[VI-2 : Németh] C’est alors que Németh se fige. [En fait, elle est alors affectée par sa « vision augurale » pour cette partie ; contrairement au principe du jeu, exceptionnellement, j’avais adressé à la joueuse de Németh le texte de la vision avant la séance, mais en lui laissant choisir le moment où elle l’affecterait, durant le jeu ; voici le texte que je lui avais adressé, mais ATTENTION À MES JOUEURS : Németh n’en ayant pour l’heure parlé à personne, y compris en « méta », je vous demanderai pour l’heure de sauter ces paragraphes en retrait – qui ne sont là que pour mémoire, ou pour les éventuels lecteurs non impliqués dans la partie.]

 

Németh erre dans le désert ; elle est dans une zone rocheuse, du genre que l’on croise assez vite quand on quitte les centres urbains de Gebnout IV. Mais la nature domestiquée brille ici par son absence ; Németh ressent durement l’absence d’eau et de végétation ; elle est même à deux doigts d’étouffer, la chaleur est si intense, et elle est prise d’une soudaine envie de rire sombrement à l’idée de ces gouttes de sueur qui ruissellent sur son corps – de cette eau dont elle aurait tant besoin et qui l’abandonne maintenant…

 

Németh est prise de l’envie d’avancer – de faire quelque chose… Elle grimpe sur une montagne – elle n’a aucune idée du temps que cela lui prend : à un moment elle a l’impression qu’elle grimpe depuis trois secondes à peine ; l’instant d’après, cela fait des mois, des années qu’elle s’échine à grimper – et il y a cette insidieuse sensation que ces deux possibilités soient aussi véridiques l’une que l’autre, et que cela n’ait au fond pas la moindre importance…

 

Parvenue au col, Németh s’assied machinalement sur un rocher. Elle a toujours aussi chaud, toujours aussi soif, mais, bizarrement, elle ne ressent pas de fatigue – ou alors c’est une douce fatigue, légère, agréable, antalgique…

 

Németh regarde au loin. Le désert devient progressivement sablonneux, jusqu’à se muer en un océan de dunes – elle n’a jamais vraiment vu de ses yeux ce genre de désert, rare sur la face habitée de Gebnout IV ; alors sur une telle surface… C’est immense. Elle se sent minuscule. C’est intimidant… et en même temps elle y trouve une forme de jouissance secrète, comme le sentiment rassurant, réconfortant, de ne pas avoir à faire quoi que ce soit – d’autres agissent, ou la nature du moins, et c’est très bien comme ça.

 

Au loin, il y a une gigantesque tempête de sable. Elle a toujours été là. Ses proportions sidèrent Németh : c’est une muraille compacte, parcourue d’effrayants éclairs, et qui jaillit à des kilomètres de hauteur – perçant l’atmosphère de la planète ? S’enfonçant au plus profond de l’espace ? À mesure que cette idée la traverse, elle sent la panique monter ; elle se lève, elle s’avance – mais approcher d’une tempête aussi colossale, sur ses jambes si frêles, c’est dérisoire…

 

De toute façon, Németh n’a pas besoin de faire quoi que ce soit. La tempête est là – colossale, et de plus en plus. Elle envahit la planète, envahit le système, oui, elle pollue tout l’Impérium ; elle l’a noyée il y a bien longtemps de cela, en fait – et, comme de juste, cela n’a pas la moindre importance.

 

[VI-3 : Németh : Cassiano Drescii] Pendant sa vision, Németh n’a aucune idée du temps qui se passe ; mais la réaction de Cassiano, un peu interloqué mais tout juste, lui permet de comprendre que cela n’a duré qu’une ou deux secondes de temps réel. L’Ophélion l’interpelle, lui demande si elle va bien – Németh l’en remercie, mais ce n’était qu’un étourdissement passager, elle n’a que très peu dormi ces derniers jours… « Vous disiez ? » Cassiano s’exécute, reprend pile au moment où la vision avait interrompue Németh, confirmant qu’elle n’a été « absente » qu’un temps très bref.

 

[VI-4 : Németh : Cassiano Drescii ; « Cassiano Drescii », « Lætitia Drescii », Lætitia Drescii] Németh le remercie de ses remarques et conseils ; mais elle l’informe aussi d’un fait qui l’inquiète, depuis qu’elle a appris l’imposture des deux clones : la créature qui avait pris l’aspect de Lætitia s’était présentée comme étant chargée par la Maison Kenric de négociations matrimoniales pour Ipuwer – mais pourquoi ? Quelles étaient vraiment ses intentions ? Cassiano sait bien que, et pour cause, Németh ne connaît guère Lætitia, qui n’est pas aussi effacée qu’elle le montre ; lors de leurs voyages ensemble, elle avait toujours eu son propre agenda – elle a très bien pu servir en tant qu’émissaire matrimoniale au fil des années ; lui-même n’étant pas aussi naïf qu’on le croit, il en était pleinement conscient… Mais cela confirme ses craintes : jouer ainsi à l’écrivain et à son épouse négociatrice… Les imposteurs ou leurs maîtres les connaissaient donc bien !

 

[VI-5 : Németh : Cassiano Drescii ; Lætitia Drescii] Németh le remercie encore, lui-même et son épouse sont les bienvenus tant qu’ils le souhaitent ; mais elle ne les retient pas non plus, s’ils ont mieux à faire… Cassiano obtempère, la quittant sur un baise-main.

 

VII : LA LUNE EST UNE MAÎTRESSE FOURBE

 

[VII-1 : Vat : Hanibast Set] Le Docteur Suk et Hanibast Set embarquent pour Khepri. Durant le trajet, tous deux s’entretiennent des cargaisons étranges qu’ils avaient relevées lors de leurs dernières affaires sur la lune. Le Conseiller Mentat avait évoqué les cuves axolotl du Bene Tleilax… En sait-il davantage ? Pas grand-chose, non – cela relève de la rumeur… On en parle parfois, on parle parfois de cette suprême hérésie visant à créer artificiellement la vie… Mais oui, les corps examinés l’ont amené à envisager un lien possible – parce que l’implication du Bene Tleilax avait déjà été évoquée…

 

[VII-2 : Vat : Hanibast Set] Arrivés sur Khepri, tous deux approfondissent leurs recherches. Ils savent que toutes les Maisons mineures commerçantes sont impliquées d’une manière ou d’une autre – ont-elles conscience de tout cela, rien n’est sûr ; mais elles sont « mouillées »… La grosse cargaison organique, par exemple, a suivi un réseau de prête-noms Menkara ; d’autres cargaison moins importantes passaient épisodiquement par la Maison Nahab, et plus encore par la Maison Soris – plus régulièrement dans ce dernier cas, du moins. Pour autant, Hanibast garde en fait sa confiance en Ra-en-ka Soris… Ce genre de transactions vont de pair avec le statut des Maisons mineures commerçantes – en tant que telles, elles ne révèlent rien. Quel intérêt ? Pécuniaire, tout simplement – il pourrait y avoir autre chose, une pression ou autre (même si le Conseiller Mentat n’y croit pas trop), mais c’est impossible à déterminer dans le vide ; même chose pour la « monnaie d’échange ». Ra-en-ka Soris, à sa manière, avait d’ailleurs lui-même aiguillé les enquêteurs sur cette piste…

 

[VII-3 : Vat : Hanibast Set] Vat s’interroge aussi sur la deuxième lune de Gebnout IV – mais en apprendre davantage impliquera sans doute de passer par la Guilde, du fait des spécificités de la situation sur Gebnout IV : les Navigateurs ne louent que Khepri, mais, malgré tout… Vat entend faire une recherche par « omission » : il doit manquer quelque chose, qui doit pouvoir se montrer significatif. Hanibast, en tant que Conseiller Mentat, est ici d’un grand secours – au travers de corrélations, il pourra peut-être dénicher quelque chose… mais cela prendra du temps, d’autant qu’il a déjà nombre de tâches à effectuer. Toutefois, peut-être le monopole conjoint de Khepri et d’Heliopolis pourra-t-il l’aider dans son enquête ?

 

VIII : LA PISCINE, TOUJOURS

 

[VIII-1 : Ipuwer : Hanibast Set, Sabah, Taharqa Finh] Ipuwer profite d’un moment de calme, au bord de la piscine, pour étudier les notes que lui a laissées Hanibast Set avant de partir pour Khepri, et portant sur l’interprétation des cartes de Sabah. Ces cartes sont très complexes… Ce n’est pas un simple plan, avec quelques traits et une légende. Aussi complexe soit cette dernière, le problème est ailleurs : c’est que ces cartes ne font sens que prises ensemble, or elles fonctionnent selon une logique très complexe – donnant du coup une impression, sans doute fausse, de désordre. La somme de documents mêlent de simples cartes en deux dimensions avec d’autres en trois dimensions, ainsi que des cartes plus abstraites ; à tous ces niveaux, il y a de brusques changements d’échelle, dont le Conseiller Mentat comprend bien qu’ils obéissent à une logique mathématique poussée, mais il ne lui a pas été permis, pour l’heure, de la percer à jour ; mais il y accorde une grande importance : et comment les Atonistes de la Terre Pure ont-ils pu mettre en place une cartographie pareille sans recourir à un Conseiller Mentat ? Et l’ordre et son conditionnement rendent hautement improbable la possibilité que les pèlerins aient pu faire appel à un Mentat « rénégat »… Hanibast Set est bien contraint de supposer que d’autres formations que celle des Mentats pourraient expliquer ce travail étonnant, mais c’est une hypothèse qu’il a du mal à pousser très loin… Il suppose pouvoir comprendre ces cartes, à terme, mais il aurait sans doute besoin d’aide (aveu qui lui coûte, tant ça n’est guère dans ses habitudes), et de l’aide de quelqu’un connaissant le désert – or les Atonistes n’avaient pas l’air très disposés à coopérer (sans se montrer hostiles pour autant) ; il avance timidement le nom de Taharqa Finh, pas tant pour son bagage universitaire qu’en raison des rumeurs portant sur ses incursions illégales sur le Continent Interdit… Mais, de toute façon, il lui faudra se rendre sur place pour mener à bien son travail : il pense avoir identifié une représentation figurative du Mausolée, à partir des informations d’Ipuwer et des militaires qui l’y avaient accompagné ; s’il peut se rendre là-bas, voir tout cela de ses propres yeux, il suppose être en mesure d’extrapoler le reste.

 

[VIII-2 : Ipuwer : Hanibast Set, Taharqa Finh, Mandanophis Darwishi, Németh, Dame Loredana] Ipuwer, à cette lecture, a de nouveau très envie d’y retourner lui aussi – avec Hanibast Set et Taharqa Finh. Mandanophis Darwishi lui confirme que Finh a été mandé par Németh, et devrait arriver sous peu (sans doute le lendemain matin) au Palais de Cair-el-Muluk. Ipuwer renvoie Mandanophis, et prévoit de discuter de tout cela dans la soirée, avec Németh, et leur mère Dame Loredana.

 

[VIII-3 : Ipuwer : Antonin Naevius ; « Cassiano Drescii », « Lætitia Drescii », Mandanophis Darwishi, Cassiano Drescii] Mais Ipuwer, toujours au bord de sa piscine, veut y avoir un ultime entretien – avec son compagnon de beuverie Antonin Naevius, arrivé sur Gebnout IV avec les « faux Drescii »… Il charge par ailleurs Mandanophis Darwishi de mander Cassiano Drescii (le « vrai »), et de le faire rejoindre la piscine quand quinze minutes avec Antonin se seront passées.

 

[VIII-4 : Ipuwer : Antonin Naevius ; « Cassiano Drescii », « Lætitia Drescii », Cassiano Drescii] Antonin Naevius rejoint Ipuwer au bord de la piscine, avec une légère gueule de bois. Ipuwer se montre d’emblée agressif – Antonin est venu avec des « oiseaux rares », est-il conscient d’avoir mis en péril sa Maison et sa famille ? Visiblement pas du tout – l’écrivain chiant, sa femme, quel péril ? Ipuwer dit que c’était des imposteurs, particulièrement bien « grimés »… Antonin, stupéfait, demande si Ipuwer est bourré… ou alors ce sont ses responsabilités qui lui montent à la tête, et il est devenu complètement paranoïaque ? Ipuwer reste menaçant – et annonce à Antonin qu’il aura sans doute à s’expliquer quand il rentrera auprès de la Maison Ophélion… Mais d’ici-là, il rencontrera le « vrai » Cassiano Drescii un Ophélion d’un rang bien supérieur au sien, et qui n’appréciera sans doute guère qu’un imbécile comme Antonin se fasse berner parce qu’il a trois grammes d’alcool dans le sang, pour des conséquences éventuellement terribles… Mais Antonin est vraiment stupéfait, il ne comprend rien à ce qu’Ipuwer lui raconte !

 

[VIII-5 : Ipuwer : Mandanophis Darwishi, Cassiano Drescii, Antonin Naevius] C’est à ce moment que revient Mandanophis Darwishi, accompagné de Cassiano Drescii, et tous deux rejoignent Ipuwer et Antonin Naevius au bord de la piscine. Ipuwer fait les présentations, du coup : Antonin Naevius dit connaître Cassiano Drescii, mais ce dernier, par son expression, confirme qu’il ne connaît pas le jeune homme et ne ‘a jamais rencontré… Antonin était-il de mèche avec les imposteurs ? « C’est une blague ? » Antonin est totalement perdu. Ipuwer lui dit que, pourtant, on l’avait prévenu… Antonin lâche l’affaire : « Je ne suis pas venu pour me faire engueuler, et je ne comprends rien à tout cela, alors si tu veux bien, le baron, je me casse, ciao ! » Il se retire – personne ne tente de le retenir.

 

[VIII-6 : Ipuwer : Cassiano Drescii ; Antonin Naevius, Lætitia Drescii] Ipuwer présente ses excuses à Cassiano Drescii pour cette scène ; mais ces excuses ne sont pas nécessaires – l’Ophélion le dit, tout en confirmant n’avoir jamais rencontré Antonin Naevius (il en avait vaguement entendu parler, sans doute), il n’est pas certain que ce dernier ait lui non plus des excuses à présenter… Mais Ipuwer dénonce l’attaque dont ils ont fait l’objet : il en a été victime lui, mais Cassiano et son épouse tout autant – et sans doute la Maison Ophélion ne s’en tiendra-t-elle pas là. Mais Cassiano ne s’immiscera pas dans ces affaires, pour l’heure du moins ; un peu décontenancé par la manière dont Ipuwer a géré la rencontre, il lui accorde cependant sa confiance. Ipuwer répète qu’Antonin Naevius était un très bon ami, mais il suppose qu’ils ne peuvent plus, maintenant, s’intoxiquer autant sans faire face aux conséquences… Cassiano Drescii demande à Ipuwer la possibilité de s’entretenir avec Antonin Naevius, et le jeune siridar-baron l’y autorise. Le discours d’Ipuwer sur l’alcoolisme le laisse un peu perplexe, à vrai dire… Mais il se retire sans en faire ouvertement part.

 

IX : L’ATTRACTION DE L’INTERDIT

 

[IX-1 : Ipuwer, Németh : Mandanophis Darwishi] Ipuwer, à ce stade, suppose qu’il vaut mieux faire brièvement le point avec Németh – il donne donc à Mandanophis Darwishi l’ordre de la convier au bord de la piscine ; Németh s’exécute (sans cacher ce fait notoire : elle ne peut pas blairer le maître de cour, sa morgue, sa salle petite gueule de fouine, et lui intime aussitôt de disposer…), et rejoint Ipuwer ; elle est quelque peu consternée par la tenue très décontractée de son frère… Ipuwer en est bien conscient, mais qu’importe.

 

[IX-2 : Ipuwer, Németh : Sabah, Hanibast Set, Taharqa Finh, Taa] Sous cône de silence, Ipuwer montre les cartes de Sabah à Németh, et l’informe des conclusions temporaires de Hanibast Set – que celui-ci soit ainsi dans le doute ne manque pas de l’inquiéter, d’ailleurs… Le nom de Taharqa Finh est bien sûr mentionné, qui doit arriver le lendemain matin – tant Németh qu’Ipuwer auront sans doute à lui parler.

 

[IX-3 : Ipuwer, Németh : Hanibast Set, Taharqa Finh, Taa, Nofrera Set-en-isi, Abaalisaba Set-en-isi, Bermyl] Ipuwer parle de sa propre expérience dans le désert du Continent Interdit, qui l’a beaucoup marqué ; il serait ravi d’y retourner en compagnie de Hanibast Set et Taharqa Finh – peut-être serait-ce plus sûr pour lui que de rester au Palais de Cair-el-Muluk, en fait… ou pas : au fond il n’en sait rien. Mais les Sœurs du Mausolée, et notamment leur commandante Taa, pourraient elles aussi se montrer utiles à ce sujet – et Ipuwer a passé beaucoup de temps avec Taa. Il mentionne d’ailleurs la tempête titanesque qu’il avait vue en sa compagnie, et dont il doute qu’elle soit bien naturelle… Il suspecte les satellites climatiques de la Guilde d’y être pour quelque chose. La description de la tempête ne manque pas de faire ciller Németh, qui se crispe, hésite à parler de sa vision, mais s’en tient finalement à l’évocation de la Guilde – son frère a mis le doigt dessus, c’est le cœur du problème ! Et les réponses à leurs questions se trouvent sans doute dans cette zone interdite… Sans doute faut-il effectivement monter une expédition au plus vite pour en apprendre davantage, avec les meilleurs experts de la planète ; si Ipuwer souhaite en prendre le commandement, Németh ne s’y opposera pas – mais le siridar-baron n’est pas encore tout à fait fixé à ce propos. Toutefois, en bon duelliste, il sait l’importance des bottes portées aux articulations – et c’est bien ainsi qu’il envisage les choses… Ipuwer et Németh en reviennent à la tempête colossale – Németh aussi est persuadée que c’est un résultat d’un contrôle climatique de la Guilde ; elle envisage d’en discuter avec Nofrera Set-en-isi, dont les travaux d’océanographie pourraient s’avérer utiles pour comprendre ce qui se passe ; elle envisage donc de s’entretenir avec cette scientifique réputée, cousine d’Abaalisaba Set-en-isi. Ipuwer suppose enfin que, si Bermyl est destitué officiellement, il pourrait lui aussi se rendre sur place ? Il faut y réfléchir – Ipuwer laisse de la marge à Németh à ce propos, de manière générale.

 

X : TOUT UN POÈME…

 

[X-1 : Vat : Hanibast Set] Le Docteur Suk Vat Aills a remarqué quelque chose lors de ses discussions avec Hanibast Set ; en tant que Mentat, il se caractérise en principe par l’absence d’émotions visibles… Mais il marmonne des choses, et paraît fébrile – Vat l’avait remarqué lors du trajet en navette pour rejoindre Khepri, mais cela semble de plus en plus prégnant. Symptômes d’une maladie débilitante, prise de stupéfiants, stress ? En tant que médecin, il ne peut pas laisser passer cela sans rien faire... Il n’est pas en mesure, sans plus ample examen, de livrer un diagnostic précis ; mais, surtout, il redoute que cela dépasse ses compétences… car un problème spécifique aux Mentats : il craint qu’il s’agisse d’un « Gel du Mentat »… En tout cas, Hanibast Set a tendance à se mettre en boucle, et à marmonner quelque chose – de plus en plus. Pour l’heure, ça ne l’a pas empêché de travailler et d’avoir une conversation cohérente, mais les choses sont peut-être en train de changer…

 

[X-2 : Vat : Hanibast Set] Vat décide donc d’aller rendre visite à Hanibast dans sa chambre, pour en savoir plus – et éventuellement en discuter ? Il se munit de jus de sapho – mais ce produit destiné à améliorer les facultés Mentats, en l’état, pourrait avoir des effets indésirables : tout l’un ou tout l’autre, en fait… Aussi Hanibast hésite-t-il à cette vue – et ce n’est pas tous les jours qu’on voit un Mentat hésiter… Vat suppose donc qu’il vaut mieux ranger le sapho loin des yeux de Hanibast. Vat lui parle de ces marmonnements qu’il avait remarqués – a-t-il quelque chose à lui confier ? En est-il gêné par quelque chose ? Hanibast est un peu paniqué, il cligne des yeux… puis les ferme, et, en faisant preuve d’un effort de volonté visible, à voix haute, il déclame enfin de manière audible ce qu’il ne cessait de répéter dans sa barbe :

 

Des mimes avec la forme du Dieu d'en haut chuchotent et marmottent bas, et se jettent ici ou là – pures marionnettes qui vont et viennent au commandement de vastes choses informes lesquelles transportent la scène de côté et d'autre, secouant de leurs ailes de Condor l'invisible Malheur.

 

A peine a-t-il prononcé ces mots qu’il les déclame à nouveau – il est en boucle, mais de manière différente, plus fébrile encore, les yeux fermés, la sueur au front, il parle de plus en plus fort, il hurle presque… Vat use d’hypnose pour calmer son camarade, et lui permettre de s’endormir, avec une piqûre de somnifère… Sa fébrilité n’est pas que métaphorique…

 

À suivre...

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