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20th Century Boys, t. 9 (édition deluxe), de Naoki Urasawa

Publié le par Nébal

20th Century Boys, t. 9 (édition deluxe), de Naoki Urasawa

URASAWA Naoki, 20th Century Boys, t. 9 (édition Deluxe), [20 seiki shônen, vol. 17-18], scénario coécrit par Takashi Nagasaki, traduction [du japonais par] Vincent Zouzoulkovsky, lettrage [de] Lara Iacucci, Nice, Panini France, coll. Panini Manga – Seinen, [2000] 2015, [417 p.]

 

L’INATTENDU… AU CŒUR DES ATTENTES ?

 

Neuvième tome (sur douze) de l’édition dite « deluxe » (reprenant donc les volumes 17 et 18 de la publication originale) de 20th Century Boys, fameuse série de Naoki Urasawa – mine de rien, on se rapproche de la fin… C’est peut-être pas plus mal, dans la mesure où les ficelles de la bande dessinée, pas forcément inintéressantes en tant que telles, d’ailleurs, en sont au stade où elles sont depuis si longtemps visibles que leur effet en pâtit peut-être.

 

Mais, en fait, c’est sans doute une caractéristique essentielle de la BD – ou, peut-être plus exactement, du projet derrière la BD. 20th Century Boys est sans doute une série de science-fiction, mais ses codes relèvent probablement avant tout du thriller. Ou disons qu’il y a le récit, et les moyens du récit – qui sont en fait délibérément mis en avant : la série abonde en gimmicks emblématiques, de ceux que l’on qualifie le plus souvent en anglais – des twists, des cliffhangers, etc. Je crois que c’est en fait là que réside l’essentiel de l’entreprise, et, parce que je suis bon prince peut-être, d’une manière finalement plutôt futée… Même si, sur la durée, on ne se voilera pas la face : 20th Century Boys a des hauts et des bas – qui résultent directement du bon usage (ou non) de ces gimmicks.

 

En clair : la BD joue, de manière un peu vicieuse, avec les attentes du lecteur – et ça, ça me paraît important : il y a vraiment un caractère ludique dans tout ça, et souvent jubilatoire. Or ces attentes sont paradoxales : le lecteur réclame des codes, et réclame en même temps d’être surpris – les attentes doivent être satisfaites, mais elles affichent un goût parfaitement antithétique pour l’inattendu…

 

La grande astuce de 20th Century Boys à cet égard est peut-être de caractériser son intrigue comme un jeu d’enfants : Ami, au fond, est, et a toujours été, un gamin – c’est bien ce qui le rend terrifiant, d’ailleurs. Le plan pour la fin du monde, nous répète-t-on depuis le premier tome, a été imaginé par des enfants – des enfants qui sont tour à tour les héros du récit… et ses lecteurs ? Kenji, Otcho et compagnie, abreuvés de mangas et autres récits feuilletonesques, conçoivent une histoire délirante mais cohérente à leurs yeux brillants car naïfs : un robot atomique de je ne sais plus combien de mètres de haut, et d’un poids en tonnes que je n’ose même pas chiffrer, a parfaitement sa place dans ce schéma. Que ledit robot, le moment venu, s’avère une imposture, en dit peut-être plus long sur la BD que tout autre chose...

 

Et cette approche se combine au jeu sur les codes du thriller – ou, plus exactement, elle rend ces codes légitimes, d’une manière tenant plus ou moins du métarécit. C’est peut-être tout particulièrement sensible dans ce neuvième volume « deluxe », dont la couverture « révèle » largement son moment fondamental (au point que parler de SPOILERS – cette chose si prégnante de nos jours chez nous autres consommateurs avides de séries télé, etc. – ne fait tout simplement plus sens ; ça tient presque du doigt d’honneur, en fait...), et, surtout, elle ne s’arrête pas là : fait inédit, elle affiche un phylactère en forme de justification hasardeuse d’un gamin souriant mais mauvais perdant – « LA JUSTICE NE MEURT JAMAIS ! »

 

Eh oui : Kenji.

 

Ce sale petit tricheur…

 

Héros ultime d’une série qui a fait de la « triche » narrative son moteur – en pleine conscience du créateur, je n’en doute pas un seul instant. Le petit malin…

 

UNE DYSTOPIE QUI PERD DE SON CARACTÈRE

 

Mais n’allons pas trop vite. Le retour de Kenji, nous le subodorons depuis sa disparition dans le tome 3, et une brève scène entre le deuxième et le troisième acte (dans le tome 8, donc) l’annonçait de manière très prosaïque (en fait, à la limite du foutage de gueule, fonction de votre humeur) ; mais un peu de mise en place est encore nécessaire pour assurer la pertinence (euh ?) de ce twist le moins du monde inattendu.

 

Et donc, le Japon d’après Ami – introduit dans le tome précédent, avec une brutalité qui n’avait pas forcément grand-chose à envier à la sèche coupure entre le premier et le deuxième arc (dans le tome 3 « deluxe »), que j’avais cependant largement préférée.

 

Une chose me plaisait bien, dans cette introduction figurant dans le tome 8 « deluxe », et c’était l’idée de ce Japon en forme de dystopie, certes, mais surtout de dystopie rétrograde – reproduisant d’une certaine manière le Japon des années 1960, terrain de jeu d’Ami enfant… en louchant peut-être même un peu sur des années 1950 davantage entre deux eaux dans l’histoire du Japon contemporain ?

 

Hélas, cette dimension qui m’avait vraiment séduit est peu ou prou aux abonnés absents dès ce tome 9 « deluxe »… Le Tokyo d’après l’apocalypse, entre les deux volumes, a perdu en patine et en caractère – il n’est plus guère qu’un décor comme un autre. Heureusement qu’il y a la menace extraterrestre, tiens ! Mais ça, c’est pour plus tard.

 

Comment expliquer ce ressenti différent, pour l’heure ? J’imagine qu’il a ses raisons, découlant directement de la narration : Otcho et les gamins Sanae et Katsuo qui l’accompagnent déambulent ici bien davantage dans les souterrains et autres égouts de Tokyo que dans les rues miséreuses que nous avions parcourues dans le tome 8 « deluxe » ; et ce sous-monde n’a hélas pas de caractère : les trouvailles qu’y feront les personnages, d’ailleurs, seront d’une triste banalité, qui remisera cette fois sans l’ombre d’un doute toute ambiguïté concernant l’anachronisme éventuel de ce cadre. Et je trouve ça vraiment dommage.

 

D’ailleurs, Sanae et Katsuo en font très vite les frais : s’ils ont quelques scènes plutôt réussies vers le début du présent volume, ils perdent cependant à leur tour en caractère, jusqu’au moment où on les remise plus ou moins cyniquement dans la boite aux rebus, débordant de personnages et de décors qui étaient autant d'outils, et qu’on oublie bien vite une fois qu’ils ont accompli leur fonction : ici, guider Otcho jusqu’à la « Reine des Glaces »...

 

Qui, oui, est bel et bien Kanna ; bien sûr ; nous le savions tous dès le départ… Twist-mon-cul, qui pâlira cependant plus loin dans le volume devant le Twist-Kenji, sommet dans le genre parfaitement attendu depuis des plombes – mais c’est le jeu, n’est-ce pas ? Un jeu d’enfants…

 

RÉSISTANCE(S) !

 

Mais le souci, dans tout ça, n’est pas tant la réapparition (logique) de Kanna que la thématique qui en découle – elle aussi bien banale : nous traitons forcément de la résistance à Ami. Ou plutôt des résistances ? Car la bande de la « Reine des Glaces » n’a rien de commun avec d’autres groupes – celui de Yoshitsuné, notamment ; notons d’ailleurs, et c’est sans doute lié à ce dernier personnage, qu’il y a une certaine ambiguïté dans la BD entre « Bande à Kenji » et Bande à Genji » (j'en causais à propos du tome 8) ; j’ai redouté le souci de traduction/relecture, mais c’est peut-être seulement que je suis tombé dans le piège…

 

Ceci étant, difficile de faire dans l’innovation frontale et fascinante sur la base éculée de la Glorieuse et Juste Résistance Face à l’État Totalitaire Cauchemardesque – et Naoki Urasawa donne en tout cas l’impression de ne pas vraiment se fouler…

 

D’où les thèmes habituels – à base de taupes infiltrées dans le groupe, heureusement démasquées avec une facilité éhontée, etc.

 

En filigrane, cependant, il y a bien quelque chose de plus intéressant – ou qui aurait pu l’être ? La BD démonte quelque peu l’archétype du « kamikaze », dans le contexte « terroriste » de la Résistance à Ami. Et Otcho – toujours un peu terne, mais peut-être, à force de se prendre des baffes, a-t-il enfin acquis un vague semblant d’humanité ? –, Otcho donc invite Kanna à se poser la question qu’elle évite d'envisager, têtue qu'elle est : peut-on vraiment, au nom de ses convictions, se lancer dans une entreprise proprement suicidaire et n’ayant pas la moindre chance de réussir ? Peut-on, pire encore, donner l’ordre d’agir ainsi en dépit de tout à des subordonnés qui sont autant de cadavres en puissance ? La problématique est intéressante – et les « justifications » avancées par Kanna saisissent par leur fausseté : elle y serait contrainte ? Parce que « ses hommes ne comprendraient pas », autrement ? Tsk, Kanna… Nous t’avons connue plus futée, même si tu as toujours été impulsive et « bigger than life »… Le fait est que « ses hommes » ne sont pas des « kamikazes » ; non qu’ils aient peur de mourir pour leur cause ! Ils sont assez « subalternes » pour obéir à tous les ordres – mais ils n’ont pas le désir de mourir, c'est seulement qu'ils y sont prêts ; et si Kanna, aiguillée par Otcho, renonce à les lancer dans quelque assaut absurde, ils comprendront en fait très bien ses raisons, ils ne sont pas si bêtes…

 

Oui, ça, c’est assez intéressant – dans l’absolu, du moins ; car la scène a quelque chose d’un peu naïf, les sourires de tous ces parangons de bonté pouvant même s’avérer un peu crispants…

 

Bon, ils paieront, hein !

 

Hélas, une autre dimension de cette trame convainc bien moins, tournant toujours autour de l’idée de « sacrifice » : l’embrouille des mafieux chinois et thaïlandais, toujours les improbables alliés de Kanna, pour que celle-ci accepte de se faire vacciner contre le virus – sans qu'ils puissent le faire eux-mêmes. Mini-twist pas folichon, brodant sur un fil narratif pas folichon.

LES EXTRATERRESTRES EMPRUNTERONT LA ROUTE QUI VIENT DU NORD

 

Rien de bien palpitant, jusque-là, hein ? Il y a heureusement une dimension plus intéressante, et au traitement plus pertinent… Même si elle a son côté fonctionnel : légitimer et « magnifier » le retour de Kenji.

 

On repart sur les bases exposées dans le volume précédent – cette propagande ahurissante d’Ami et de ses sbires concernant une agression extraterrestre de la Terre : les ET sont responsables du virus ! Heureusement, Ami est là pour leur barrer la route… D’où cette invraisemblable « Brigade de Défense de la Terre », plus que jamais issue de quelque fantasme puéril – amusant sur le papier, bien plus inquiétant quand ce sont des adultes qui font joujou avec…

 

Bizarrement… Ou pas, puisque c’est en fait quelque chose qui arrive à plusieurs reprises dans la série – nous l’avons vu avec Koizumi, notamment. Bon, bref : un personnage bien fade jusqu’alors gagne subitement en intérêt dans ces épisodes, en étant confronté à des réalités tout autres que celles qu’il avait à affronter jusqu’alors. Il s’agit cette fois de Chôno Shôhei – qui, tout petit-fils du « légendaire » inspecteur Chô qu’il était, n’avait guère eu jusqu’alors l’occasion de briller… Il faut dire qu’il était associé pour l’essentiel aux épisodes les moins enthousiasmants du deuxième arc de la série – les avanies subies par Kanna et sa résistance héroïque et messianique… De plus, dans ce contexte, le jeune inspecteur n’était pour l’essentiel qu’un bouffon.

 

Les choses ont changé, en cet an 3 après Ami : Chôno Shôhei, comme bien d’autres flics sans doute, a été affecté à la Brigade de Défense de la Terre. Plus précisément, il fait la sentinelle dans un camp supposé constituer l’unique voie de passage vers « le nord » (un nord très abstrait – même s’il désigne sans doute prosaïquement Hokkaidô)… Car tous le savent très bien, Ami l’ayant martelé : les extraterrestres menacent ! Et s’ils doivent attaquer, ce sera en empruntant cette route…

 

Hein ?

 

C’est complètement con ?

 

Mais tout à fait.

 

C’est justement ça qui est bien…

 

En tout cas, ce cadre baignant dans l’absurde parvient à préserver un peu de l’anachronisme du Japon d’après Ami qui m’avait tant plu dans le tome précédent, mais qui avait déserté la Tokyo du présent volume. C’est aussi une manière bien autrement pertinente à mes yeux de mettre en avant le caractère cauchemardesque et proprement dystopique du régime d’Ami d’après l’apocalypse – avec ce « shérif » violent et totalement égocentré, d’une hypocrisie et d’un cynisme tout à fait scandaleux… Et notre Chôno Shôhei est désarmé, comme de juste : il ne peut rien faire. Rien...

 

Mais il fallait bien que les extraterrestres déboulent un jour par cette route en provenance du nord ?

 

C’EST DE LA TRICHE !

 

Et voici donc revenir Kenji… Enfin, il n’est jamais nommé comme tel. Nous supposons que c’est lui – ça ne peut être que lui… Et, en même temps, déjà manipulés plus qu’à notre tour au fil de la BD, nous gardons en tête la possibilité pour l’auteur d’user en définitive d’un twist dans le twist, sur le mode parfois réjouissant, parfois consternant, du : « Ah ah ! Je vous ai bien eu ! »

 

En fait, c’est même d’une certaine manière ainsi qu’il procède pour enrober le retour de Kenji, pardon, Joe Kabuki – aka le twist le moins inattendu de toute l’histoire des twists parfaitement attendus. Ce qui le dispense d’ailleurs pour l’heure de « justifier » l’événement, au travers d’explications que l’on redoute acrobatiques voire périlleuses…

 

En effet, même avec quelques effets d’annonce « ici et maintenant », l’essentiel réside peut-être avant tout dans cet ultime flashback – peut-être un des plus importants d’une série qui en compte par principe beaucoup ? Kenji et sa bande, gamins. Ils jouent – forcément. Et se produit alors une scène que tout le monde a vécu enfant : un des gosses est « tué » par son copain adversaire, BANG ! T'ES MORT ! Mais... il refuse ce fait, quitte à user d’une excuse parfaitement bidon. La plus courante est sans doute celle qui consiste à dire : « Évité ! » Et elle a la vie dure – tout rôliste vous le dira. Mais Kenji, le fourbe Kenji, justifie sa « survie » en lâchant solennellement que : « LA JUSTICE NE MEURT JAMAIS ! » Il aurait bien tort de s’en priver – c’est après tout un principe essentiel des comics, des mangas, des séries télé, etc. Il a derrière lui tout une foule de héros qui, par définition, et quitte à se risquer eux aussi dans des acrobaties scénaristiques vaguement navrantes et/ou rigolotes, ne peuvent tout simplement pas mourir. Impossible. La mort de Superman ? Mon cul...

 

La scène enfantine, bien sûr, constitue en tant que telle la meilleure justification (si c'est bien le terme) à la survie de Kenji dans la trame de fond de 20th Century Boys ; plus tard, nous aurons peut-être droit aux acrobaties scénaristiques – pour l’heure, nous nous en tenons au principe : abstrait, et pur.

 

Jusque dans sa mauvaise foi.

 

Bien sûr, les gamins jouant avec Kenji ne manquent pas de le traiter de « tricheur ! » quand il leur balance cette justification mesquine. Eux aussi auraient tort de s’en priver : c’est le principe avec les jeux d’enfants.

 

Mais, bien sûr là encore, c’est Naoki Urasawa le tricheur – et il peut se le permettre lui aussi : le principe même de la série voulait qu’il triche à chaque épisode ou peu s’en faut…

 

Et cette triche, disons-le : elle est le plus souvent très amusante, en s’inscrivant avec pertinence dans ce petit jeu fourbe avec les gimmicks du thriller… Oserais-je le dire ? Seule cette puérilité assumée me paraît en mesure de « valider » tant d’entorses au bon sens. Le thriller est peut-être un genre enfantin, au fond…

 

ROCK’N’ROLL !

 

Le retour de Kenji a une autre « justification », d’ordre essentiellement narratif : elle réintroduit sur le devant de la scène un thème latent dès les toutes premières pages de la série, qui ressurgissait, mais discrètement, de temps à autre, sans jamais toutefois occuper une place aussi frontale – et c’est le rock !

 

La BD s’ouvrait sur ce constat navrant : le rock devait changer le monde, et, au fond, il ne l’a pas fait.

 

C’est injuste ! Il aurait dû le changer !

 

Kenji a sans doute vécu l’essentiel de sa vie avec ce regret chevillé au corps – les souvenirs éventuellement douloureux de sa carrière avortée de musicien étaient là pour assurer la continuité du thème ; même si, dans le deuxième arc, en l’absence de Kenji forcément (encore que : le simulateur et les flashbacks…), le thème était perpétué via deux méthodes : la cassette qu’écoutait sans cesse Kanna, et la carrière ambiguë de Haru Namio.

 

Le thème ressurgit donc ici – avec une chanson « complète », par rapport à l’enregistrement de Kanna ; de ces chansons qui changent le monde…

 

Ouais, c’est pas crédible pour un sou ; c’est sans doute un peu lourdingue aussi – délibérément, j’imagine : les paroles du tube post-mortem de Kenji ne sont pas exactement un sommet de poésie… En fait, elles sont mêmes totalement ridicules. Mais ça n’en rend l’idée que plus rigolote, j’imagine – car l’auteur, dans ces pages, ne se prend pas au sérieux, même si l’impact de la chanson de Kenji sur son histoire est supposé en faire l’égal de, disons, une déclinaison hippie de la Bible (ou du Manifeste du Parti Communiste, pour ce que ça change) interprétée par Elvis Presley, James Brown et David Bowie sur une musique de John Lennon et des Sex Pistols. Pour le coup, c’est donc assez jouissif, jusque dans son absurdité assumée.

 

(Tout le contraire, pour citer une autre lecture manga, même non musicale, de la niaiserie pénible de Planètes.)

 

« Last night a DJ saved my world », par ailleurs – et ça, ça fait toujours plaisir…

 

ET LA SUITE ?

 

Reste, bien sûr, à voir ce que Naoki Urasawa fera de tout ça… avec la certitude que, d’une manière ou d’une autre, il trichera – parce que c’est l'idée.

 

Il lance d’ailleurs bien d’autres pistes dans ce tome 9 – impliquant notamment Manjôme Inshû (sans vraie surprise : les tomes précédents avaient amorcé une réévaluation du personnage – ce salaud qui ne doit pas en être totalement un ?), ou même… Ami, bien sûr – avec un potentiel 72e twist concernant sa VÉRITABLE IDENTITÉ.

 

Bon, faut voir.

 

Mais pour nous en tenir à ce tome 9 ? Il est inégal – je suppose même qu’il fait partie des volumes plus « faibles » de la série. La trame à Tokyo déçoit, elle n’est pas à la hauteur des promesses du tome précédent. Sur la route du nord, c’est sans doute plus intéressant – mais aussi tout particulièrement périlleux : à mesure que la fin de la série approche, Naoki Urasawa, sans doute un peu à court de munitions scénaristiques, doit compter ses tirs – et s’assurer qu’ils portent, au risque d’un échec en dernier recours. Redoutable.

 

Mais, bien sûr, il peut tricher… Et il le fera sans doute.

 

Ce qui pourra être jubilatoire, ou agaçant.

 

Ou les deux à la fois ?

 

Tome 10 « deluxe » un de ces jours…

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