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CR Imperium : la Maison Ptolémée (30)

Publié le par Nébal

CR Imperium : la Maison Ptolémée (30)

Trentième séance de ma chronique d’Imperium.

 

Vous trouverez les éléments concernant la Maison Ptolémée ici, et le compte rendu de la première séance . La séance précédente se trouve ici.

 

Le joueur incarnant le Docteur Suk Vat Aills était absent. Étaient donc présents les joueurs incarnant Ipuwer, le jeune siridar-baron de la Maison Ptolémée ; sa sœur aînée et principale conseillère Németh ; et l’assassin (maître sous couverture de troubadour) Bermyl.

I : QUE VEULENT NOS ENNEMIS ?

CR Imperium : la Maison Ptolémée (30)

[I-1 : Németh : Iapetus Baris, Bermyl, Taestra Katarina Angelion] Németh se trouve sur la lune de Khepri, et sort tout juste de son entretien avec le représentant de la Guilde spatiale, Iapetus BarisBermyl l’avait accompagnée. Németh est furieuse, et ne digère pas l’arrogance du Navigateur, qui a clairement affiché sa responsabilité dans la catastrophe « naturelle » qui vient de frapper Gebnout IV, traitant en outre les Ptolémée comme des moins que rien. Mais elle est aussi épuisée… Les événements se sont précipités, et elle n’a presque pas dormi durant ces deux derniers jours, très tendus – qui l’ont vu en outre voyager sans cesse, de Cair-el-Muluk à Darius, puis de Darius à Heliopolis, enfin de Heliopolis à Khepri. Si Bermyl encaisse encore assez bien le choc, et compte mettre à profit les heures qui viennent pour tâter les services de renseignement sur la lune, Németh, elle, a besoin de repos. Elle se retire donc dans les quartiers réservés aux Ptolémée sur le marché-franc de Khepri, pour se reposer enfin – elle le mérite bien. Toutefois, avant de dormir, Németh considère qu’il est bien temps de mettre à nouveau son don de Prescience à l’épreuve, en usant une nouvelle fois du Tarot de Gollam. Elle dispose les cartes sur son lit, devant elle, et se concentre sur cette question : « Que veulent nos ennemis ? »

 

La première carte est la Senestre. Elle est généralement considérée comme défavorable : elle représente des problèmes qui pourraient survenir, des obstacles qu’il faudra surmonter ou des circonstances contre lesquelles il faudra se prémunir. Il s’agit de la Dague : cette lame représente l’attaque ou la possibilité de porter un coup décisif à un adversaire.

La deuxième carte est la Haute : elle représente la principale voie qu’empruntera le futur, ou la principale force motrice de la destinée, celle dont viendra l’action décisive. Il s’agit de l’Univers : cette carte assez abstraite représente les mystères situés au-delà de la compréhension humaine, mais elle peut aussi symboliser le grand échiquier cosmique, le futur le plus lointain ou le passé le plus reculé – voire tout cela à la fois.

La troisième carte est la Dextre, qui est considérée comme favorable : elle représente des actions qu’il faudra accomplir, des avantages dont il faudra tirer parti, les moyens à utiliser ou une assistance dont il faut s’assurer au préalable. En l’espèce, il s’agit du Courage : cette lame représente la bravoure, la volonté et la maîtrise dans l’action, mais peut aussi symboliser le danger, le conflit ou la prise de risque (cependant, c'est peu probable, puisqu'elle a donc été tirée en Dextre).

Enfin, la quatrième carte est la Basse. Elle peut désigner une voie secrète ou latente, un ennemi caché, ou encore la voie qu’empruntera la destinée si la voie principale (reflétée par la lame Haute) se trouve contrecarrée ou compromise. Németh tire l’Empereur : cette lame est le plus souvent associée au pouvoir impérial, mais peut aussi représenter la notion plus large de souveraineté et de pouvoir.

 

Reste à interpréter tout cela… Il faudra que Németh y consacre du temps, afin d’en dégager des informations véritablement utiles. Mais, instinctivement, elle essaye d’ores et déjà d’y comprendre quelque chose… L’Univers laisse supposer un enjeu immense, dépassant largement Gebnout IV et les Ptolémée – ce qui correspond à ce que la Révérende-Mère Taestra Katarina Angelion avait dit à Németh. Mais elle a du mal à établir un lien, concrètement, avec la question posée… La Senestre laisse entendre un sale coup, mais, le tirage, ce n’est pas seulement les cartes qui sont tirées, c’est aussi celles qui ne le sont pas ; or la Dague n’est pas le Masque : Németh avait d’abord envisagé un coup fourré, en douce, mais la carte semble en fait désigner quelque chose de plus brutal et peut-être aussi massif, qui serait à craindre sous peu… La Dextre conforte Németh dans l’idée que, si les Ptolémée veulent avoir la moindre chance de s’en sortir, il leur faudra prendre des risques conséquents – le Courage semble assurer que cette option sera payante, mais sans encourager à la précipitation pour autant, loin de là, en fait ; ceci étant, Németh vient tout juste de menacer Iapetus Baris de lui porter un coup fatal en faisant sauter peu ou prou Gebnout IV, et elle ne peut s’empêcher d’y repenser ! Reste la Basse : l’Empereur lui évoque forcément au premier chef la Maison Corrino… Peut-on l’envisager comme un véritable contre-pouvoir face à la Guilde ? Németh suppose en tout cas que l’Empereur représente un antagoniste de choix face à la toute puissance des Navigateurs – qu’il s’agisse de l’Empereur lui-même, ou, plus abstraitement, de l’idée même de pouvoir ou de souveraineté. Mais, comme dans le précédent tirage, cela ramène en fait aussi Németh à ses ambitions plus ou moins frustrées : elle se voit comme le véritable pouvoir au sein des Ptolémée… Que faire, alors ? Tenter le coup de bluff auprès de la Guilde, concernant le sort de Gebnout IV ; tirer son épingle du jeu en jouant les informateurs auprès de la Maison Corrino… Et, dans l’immédiat : dormir ! Németh s’écroule sur son lit, et sombre comme une masse.

 

II : PEUPLE DE GEBNOUT IV !

CR Imperium : la Maison Ptolémée (30)

[II-1 : Ipuwer : Ludwig Curtius ; Anneliese Hahn] Ipuwer a pu dormir, au Palais de Cair-el-Muluk. Comme chaque matin, il se consacre tout d’abord à son entraînement d’escrime, avec son maître d’armes Ludwig Curtius il avait convié Anneliese Hahn à se joindre à eux, mais la jeune Delambre, encore traumatisée par les événements récents, a sans surprise décliné l’invitation. L’adrénaline et la haine submergent toujours Ipuwer, qui brille dans ses assauts, au point en fait où Ludwig Curtius est plus que malmené… Après quoi le siridar-baron fait un détour pour jeter un œil à sa piscine adorée : en dépit du beau temps, au lendemain de la tempête, elle est dans un triste état… Le vent a entraîné quantité de branches et de feuilles, tandis que les pluies diluviennes l’ont fait déborder ; l’eau est sale et peu engageante, le pourtours de la piscine peu ou prou impraticable. Sans doute pourra-t-on y remédier assez vite, mais, en l’état, cela ne contribue guère à la bonne humeur d’Ipuwer.

 

[II-2 : Ipuwer : Abaalisaba Set-en-isi] Or Ipuwer a quelque chose de bien autrement pressant à faire – et qui l’agace au plus haut point : en tant que dirigeant de Gebnout IV, il est de son devoir d’octroyer à ses sujets une allocution revenant sur la catastrophe qui a affecté la planète la veille. Un exercice que le jeune siridar-baron déteste… Il se sait guère charismatique, et fort peu habile avec les mots. Certes, il a confié la tâche de la rédaction du discours à des individus autrement compétents que lui-même, Abaalisaba Set-en-isi en tête, mais il va tout de même falloir le prononcer… En direct ? Impensable – tous ses conseillers sont formels, au risque de brusquer un peu Ipuwer mais, en fait, il est d’emblée d’accord avec eux sur ce point, aussi ne le prend-il pas mal… Il va donc enregistrer l’allocution en studio, pour lui assurer un minimum d’efficacité – et elle sera ensuite radiodiffusée (vers le déjeuner). Un discours sobre, digne, bref, pas trop agressif ni allusif… Il s’en tient en tout cas à l’idée de qualifier les événements comme une « catastrophe naturelle ». Voici en substance ce qu’il dit – ce qui, en dépit d’une bonne préparation mentale (Ipuwer fait preuve de discipline, et fait le vide avant de s’atteler à la tâche), nécessite tout de même plusieurs prises, quelques conseils bien placés, et un montage attentionné [le discours a été rédigé par le joueur incarnant Ipuwer] :

 

Peuple de Gebnout IV !

C’est une guerre sans front, une bataille contre un ennemi volatile et capricieux qu’il Nous a été donné de subir en ce triste jour de l'an 9967 après la Guilde. Notre planète a été touchée par une catastrophe naturelle sans précédent dans toute Notre histoire. Cair-el-Muluk et les Îles Salihah sont endeuillées après le passage de l’Ouragan Tethmis.

Tant de vies littéralement englouties sont une perte immense pour Notre planète. Sachez que Notre cœur est avec vous en ces moments difficiles. C’est un devoir immense pour Notre Maison, mais Nous vous l'assurons : les corps des disparus seront retrouvés, et tous seront honorés comme il se doit lors de la prochaine fête d’Osiris.

Nous avons d’ores et déjà commencé à employer toutes les ressources nécessaires à la recherche des survivants et aux premiers secours dans les zones sinistrées. Nous appelons aussi tous Nos sujets qui auraient le désir et les moyens d’aider à cette tâche difficile à Nous prêter main forte. Chacun peut, la Maison Ptolémée doit. Tel est le grand honneur que vous Nous avez confié depuis des millénaires.

Des villages entiers, des quartiers de Cair-el-Muluk, furent réduits en quelques minutes à l’état de décombres. Nous réquisitionnons dès à présent tous les moyens disponibles pour offrir un asile à ceux qui ont perdu leur foyer.

Le contrôle climatique dont Gebnout IV est dotée a connu une grave défaillance : nulle machine n’est infaillible. Malgré le respect des préceptes butlériens et l’excellence dont, de temps immémorial, a toujours fait preuve ce système, cette catastrophe a pu se produire. Nous renforcerons notre vigilance, en collaboration avec Nos alliés. Et, à l’avenir, Nous mettrons sur pied un plan de protection des populations contre les catastrophes naturelles.

Vous protéger est Notre mission, et Nous ne faillirons pas.

 

[II-3 : Ipuwer : Abaalisaba Set-en-isi ; Vat Aills] Pas fâché de sa prestation (et son entourage, Abaalisaba Set-en-isi au premier chef, en est tout aussi content, ça s’est bien passé – mieux que ce qu’il craignait, sans doute, même s’il ne le dit pas…), Ipuwer s’attelle à un autre dossier : il est bien temps de compulser par le menu les rapports établis par le Docteur Suk Vat Aills concernant son expédition dans le désert de sable du Continent Interdit, à proximité de la Tempête. Mais c’est un peu obscur à ses yeux – le rapport adopte un ton scientifique, et pointu… Il comprend le plus souvent les grandes ligne (par exemple, la présence d’insectes fouisseurs – la faune l’intéresse tout particulièrement ; en fait, il semblait guetter la description d’un gibier inédit, mais le Docteur Suk n’en fait hélas pas état...), mais c’est bien trop abstrait pour qu’il puisse en tirer des conséquences, du moins pas sans prendre le temps d’une étude véritablement approfondie, à mûrir en recourant à d’autres documents.

 

III : ALLÉES ET VENUES

CR Imperium : la Maison Ptolémée (30)

[III-1 : Bermyl : Ameni ; Németh] Bermyl, sur la lune de Khepri, laisse Németh se reposer, et part en quête d’informations auprès des agents de ses services sur le marché-franc. Ils sont rares, et triés sur le volet (il faut au moins ça, dans cet environnement où la Guilde est toute-puissante…) – même si leur loyauté est éventuellement aussi problématique que sur Gebnout IV. Le maître assassin use des protocoles mis en place et régulièrement renouvelés, et entre en contact, en personne, avec un certain Ameni – un individu massif et compétent, qui travaille parmi les dockers en tant que contremaître.

 

[III-2 : Bermyl : Ameni ; Ra-en-ka Soris] Ameni a-t-il eu vent de nouvelles cargaisons suspectes, comme celles dont Ra-en-ka Soris leur avait parlé ? Ils y ont fait tout particulièrement attention, depuis, mais ça n’a pas forcément donné grand-chose : rien d’aussi « gros » que ce qui leur avait mis la puce à l’oreille, en tout cas. Mais peut-être des choses s’inscrivant dans la durée ? Des cargaisons difficiles à tracer – un carton par-ci, un carton par-là, qui n’arrivent jamais à Heliopolis. Impossible d’en dire beaucoup sur le contenu, mais divers indices laissent supposer qu’il s’agit de technologie de pointe – des produits à très haute valeur ajoutée. Rien de vivant ? Non – du plastique, du métal… mais bien plus que cela en vérité. Où disparaissent ces caisses ? Prennent-elles de suite la destination du Continent Interdit ? Probablement pas – mais c’est difficile à déterminer… Ameni suppose, mais il ne dispose pas d’éléments très concrets, que ces marchandises empruntent tout un réseau de prête-noms, à diverses escales, pour semer toujours un peu plus ceux qui tenteraient de les suivre.

 

[III-3 : Bermyl : Ameni ; Iapetus Baris] Bermyl interroge ensuite Ameni sur les allées et venues des gens de la Guilde. A-t-il remarqué des éléments notables ? L’arrivée de troupes, ou celle de dignitaires non prévus ? Pas de troupes, non – ni sur Khepri, ni bien sûr sur Gebnout IV : Bermyl en aurait été aussitôt averti ! Mais il y avait par contre une rumeur… ou plus qu’une rumeur, en fait : la certitude que deux émissaires de la Guilde sont arrivés il y a quelque temps de cela sur la lune. Il n’a pas été possible de déterminer leur identité, mais ils se sont longuement entretenus avec Iapetus Baris. Mais tout cela est assez flou… Sont-ils toujours là ? Sont-ils déjà repartis ? Ameni n’en sait rien. C’est que la Guilde verrouille tout, et… Il semble réfléchir un instant, mais n’en dit pas plus. Bermyl le presse de poursuivre – il a visiblement quelque chose à lui dire ; toute information est bonne à prendre ! Le contremaître répond qu’il ne s’agit que d’hypothèses de sa part, pas de faits objectifs – Bermyl l’engage cependant à lui en faire part. Ameni explique donc que, si l’arrivée de ces Navigateurs sur Khepri a été connue de leurs services, c’était forcément parce qu’ils le souhaitaient. Ils avaient la main. Faut-il en déduire quelque chose quant à l’imprécision autour de leur départ éventuel ? Il n’en sait rien…

 

[III-4 : Bermyl : Ameni ; Druhr] Bermyl soumet alors à Ameni le vieux portrait-robot de Druhr – que l’espion connaissait forcément. Des clones de ce type ? Non, ça ne lui dit rien…


 

 

[III-5 : Bermyl : Ameni] Bermyl remercie Ameni pour son bon travail. Il faut qu’il continue à ouvrir l’œil, car les relations sont plus que jamais tendues entre la Maison Ptolémée et la Guilde. Des troubles sont à craindre, et peut-être très vite… Qu’il se fasse discret, Iapetus Baris ne doit rien savoir de tout cela, mais les informations sensibles doivent atteindre Bermyl au plus vite.


 

[III-6 : Bermyl : Ameni ; Nadja Mortensen] Alors que Bermyl se levait pour s’en aller, Ameni l’interrompt : il a une dernière chose à lui dire – qui allait faire l’objet d’un rapport, mais, puisqu’il se trouve ici… Il avait demandé à ses services de le prévenir de toute information concernant une certaine Nadja Mortensen, troubadour impérial ? Ils ont appris il y a deux heures à peine qu’elle a été vue sur la lune de Khepri. Ameni ne sait pas où elle se trouve, elle a seulement été signalée à l’enregistrement ; peut-être est-elle toujours sur la lune, ou bien elle peut avoir déjà gagné Gebnout IVBermyl en prend bonne note, et remercie à nouveau son agent.


 

IV : AU RAPPORT

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[IV-1 : Németh, Bermyl : Ameni, Ipuwer] Németh a bien profité de ses quelques heures de sommeil – elle en avait grand besoin. Mais elle ne peut pas lézarder pour autant… Sitôt réveillée, elle contacte Bermyl sur son communicateur privé : qu’il la rejoigne dans ses quartiers (ils évitent d’en dire davantage, car ce n’est pas le moyen le plus sécurisé de converser – tout particulièrement sur Khepri, à vrai dire…). Le maître assassin se trouvait non loin, sortant juste de son entrevue avec Ameni, et se rend aussitôt auprès de la noble sœur de son maître Ipuwer.

 

[IV-2 : Bermyl, Németh : Nadja Mortensen, Iapetus Baris, Ra-en-ka Soris] Bermyl fait à Németh un rapport exhaustif sur ce qu’il a appris. Németh engage le maître assassin à s’entretenir au plus tôt avec cette Nadja Mortensen (qu’il apprécie visiblement beaucoup…), elle est anxieuse de savoir ce que la Maison Corrino a à dire concernant les affaires de Gebnout IV. Bermyl explique qu’elle avait semble-t-il bien pris la mesure de ce que la situation était très inquiétante, elle a quitté la planète pour en faire part en haut lieu, et sans doute a-t-elle effectivement des choses à leur dire… Németh est particulièrement intéressée, en outre, par l’idée que ces deux mystérieux émissaires de la Guilde auraient pu délibérément faire en sorte que l’information concernant leur présence sur Khepri atteigne la Maison Ptolémée, par-dessus les filtres de Iapetus Baris. Faut-il en déduire des dissensions dans les rangs même des Navigateurs ? Difficile d’en dire plus pour l’heure – mais, dans tous les cas, et tout d’abord en ce qui concerne les cargaisons suspectes, il leur faut s’entretenir avec Ra-en-ka Soris. Ils s’y rendent ensemble.

 

V : D’AUTRES RAPPORTS, D’AUTRES PLANS

CR Imperium : la Maison Ptolémée (30)

[V-1 : Ipuwer : Vat Aills, Kiya Soter, Ngozi Nahab] Le discours prononcé par Ipuwer a été diffusé – mais il est bien trop tôt pour en calculer l’effet. Le siridar-baron, qui a lâché l’affaire concernant les rapports de Vat Aills, revient à des tâches pour lesquelles il se sent plus compétent : l’organisation des secours et des camps de réfugiés, d’abord à Cair-el-Muluk. Il fait le tour des installations, et constate que les choses se passent « plutôt bien », surtout au regard du nombre démesuré de sans-abris dans ces quelques jours suivant immédiatement la catastrophe. Les troupes, bien gérées par Kiya Soter, effectuent un bon travail, et aucun trouble de véritable ampleur n’a été signalé – les agitateurs, qui s’étaient montrés si menaçants au moment même de la catastrophe, ne font plus entendre parler d’eux, la tendance est plutôt à l’abattement. Dans les Îles Salihah, la situation est plus délicate : quelques rares survivants ont été secourus, mais les pertes se chiffrent bien en dizaines de milliers… Par ailleurs, on ne peut pas héberger les rescapés sur place – tout a été détruit. Il faut donc les évacuer ailleurs : Cair-el-Muluk a déjà bien assez de soucis comme cela, les destinations privilégiées sont donc Heliopolis au premier chef, loin devant, Memnon autrement.

 

[V-2 : Ipuwer : Suphis Mer-sen-aki, Soti Menkara] Ipuwer sait aussi qu’il est de son devoir de gérer les aspects religieux de la crise. Il enjoint le Culte Épiphanique du Loa-Osiris, via le grand-prêtre Suphis Mer-sen-aki, à faire en sorte que cercueils et « bateaux des morts », pour la prochaine grande fête d’Osiris, soient fournis gratuitement aux familles des victimes – ce qui représente des sommes non négligeables. Mais, en fait, ce n’est pas le domaine du seul Culte officiel, ainsi que le grand-prêtre en fait aussitôt la remarque… Il faut traiter directement avec la Maison mineure Menkara, qui dispose du monopole sur la vente de biens cultuels – ce qui inclut entre autres les cercueils et les « bateaux des morts ». Ipuwer va s’en charger – cela fait bien trop longtemps qu’il reporte sans cesse une entrevue avec Soti Menkara

 

[V-3 : Ipuwer : Hanibast Set ; Bahiti Arat, Ngozi Nahab, Sudi Abdamelek, Ra-en-ka Soris, Soti Menkara, Abaalisaba Set-en-isi, Seken-en-ra Sebek] Ipuwer compte de toute façon dresser un bilan du comportement des Maisons mineures suite à la catastrophe – et notamment de « cette folle de Bahiti Arat »... À Cair-el-Muluk, il a pu constater que plusieurs de ces Maisons, et pas seulement les Nahab directement contactés à cet effet par ses soins, se sont impliquées dans l’affaire, souvent d’elles-mêmes, et de manière assez efficace. Concernant les Maisons marchandes, les Abdamelek, qui ne sont rien d’autre qu’une « façade » de manière générale, ont joué ce rôle de « façade » : Sudi Abdamelek a fait étalage de sa fortune, intervenant de manière très voyante pour faire la démonstration de sa charité… En fait, son aide est restée parfaitement dérisoire. Ngozi Nahab, qui en attend des revenus conséquents, a quelque peu précipité les choses, devançant les besoins établis par les services des Ptolémée, avec une efficacité admirable – en fournissant essentiellement des moyens d’hébergement d’urgence, pour l’heure. La Maison Soris ne s’est guère impliquée – elle est basée sur Khepri, ce n’est littéralement pas son monde… Ils ont fourni cependant un peu de matériel technologique aux services de secours – des communicateurs, ce genre de choses ; difficile pour eux d’en faire davantage. La Maison Menakara a joué le jeu, au travers de son monopole sur la vente de biens cultuels – rien de très utile dans l’immédiat : il faudra donc voir pour les cercueils et les « bateaux des morts », pour l’heure cela tient quelque peu de la vente de cierges à prix bradés… Cela n’est pas pour autant sans impact : au lendemain de la catastrophe, la population de Gebnout IV est portée à faire la démonstration de sa foi, la religion est plus que jamais un refuge… La Maison Set-en-isi, dont le domaine est la diplomatie, n’a guère de choses à faire dans cette situation – mais, à l’initiative d’Abaalisaba, elle a cependant mis en place des cellules d’assistance juridique gratuite, pour traiter avec les assurances, etc. Pour ce qui est des Maisons mercenaires, la Maison Sebek n’a pas pris l’initiative d’agir de quelque manière que ce soit : Seken-en-ra Sebek, mercenaire jusqu’au bout des ongles, n’est pas du genre à faire quoi que ce soit tant qu’on ne le paye pas ; nul doute cependant que, si la Maison Ptolémée débloque des fonds à cet effet, les Sebek interviendront, et, en l’espèce, ce serait sans doute d’une utilité cruciale – Ipuwer en avait parfaitement conscience, et va voir ce qu’il est possible de faire à cet égard : il charge son Conseiller Mentat, Hanibast Set, à peine remis de son « gel du Mentat » mais plutôt confiant en l’espèce, de réfléchir au coût de cette association qu’il suppose plus que jamais nécessaire, et urgente.

 

[V-4 : Ipuwer : Hanibast Set ; Bahiti Arat, Németh, Seken-en-ra Sebek] Car reste le cas à part de la Maison Arat, dont se méfiait tout particulièrement Ipuwer… et à bon droit : elle ne fait quant à elle absolument rien pour arranger la situation, bien au contraire ! En fait, c’est en son sein que l’on trouve encore des agitateurs actifs, qui ne cessent de blâmer la Maison Ptolémée pour des torts réels ou imaginaires, lui imputant la responsabilité du drame – en raison sans doute de son impiété fondamentale (le Culte Épiphanique du Loa-Osiris ne joue bien sûr quant à lui pas du tout de cette carte, il est soumis aux Ptolémée). En fait, Bahiti Arat charge tout particulièrement la barque en ce qui concerne Németh, dont elle fait la grande responsable de tout ça… C’est que la secte, très présente au sein de la Maison mineure, qui met en avant le culte d’Isis, évolue sous l’impulsion de la dirigeante fanatique : plus rares désormais sont ceux qui identifient Németh à Isis, et en déduisent que la meilleure union matrimoniale pour Ipuwer serait avec sa propre sœur ; Bahiti Arat, prise de folie des grandeurs, est parvenue à infléchir la doctrine dans le sens du courant minoritaire il y a peu encore qui considère qu’elle doit elle-même endosser le rôle d’Isis : Németh, femme détestable pour son incroyance, est clairement une rivale aux yeux de la dirigeante… La secte ne semble pas avoir pris véritablement en dehors de la Maison Arat, mais il est assez difficile de déterminer sa portée exacte ; sans doute s’est-elle avant tout développée à Nar-el-Abid et la catastrophe, si récente, a déjà enhardi Bahiti Arat et ses partisans. Approcher les Sebek n’en demande que davantage de discrétion, Hanibast Set en a bien conscience : si la Maison Arat a vent d’une importante transaction entre les Ptolémée et l’autre Maison mercenaire, elle ne manquera pas de réagir !

 

[V-5 : Ipuwer : Bahiti Arat, Soti Menkara, Labaris Set-en-isi, Németh] Ipuwer prend bonne note de tout cela. La situation concernant la Maison Arat est préoccupante, mais sans doute faut-il commencer par s’entretenir avec Soti Menkara. Le siridar-baron sait cependant qu’il n’est pas le plus habile des négociateurs, et songe à s’adjoindre les services de son ami Labaris Set-en-si pour discuter avec la commerçante de biens cultuels. À moins de laisser Németh s’en charger ?

 

[V-6 : Ipuwer : Iapetus Baris, Németh] Dans un tout autre domaine, Ipuwer songe à constituer un dossier d’ordre stratégique, incluant cartes, etc., sur la lune de Khepri, afin de réfléchir à des possibilités d’action sur place – pour rendre la pareille à Iapetus Baris, sinon à la Guilde dans son ensemble : où débarquer des troupes, où attaquer, qu’est-ce que l’on pourrait faire sauter, ce genre de choses… Mais c’est une initiative totalement personnelle – il ne demande à personne de chercher les renseignements pour lui, et ne compte en parler à personne, pour l’heure en tout cas (pas même Németh dans l’immédiat – même si Ipuwer suppose qu’il faudra bien lui en parler à terme). Toutefois, pareille entreprise prendra d’autant plus de temps… Et pour un résultat douteux : par exemple, les plans dont disposent les Ptolémée ne sont probablement pas réactualisés, il est peu ou prou impossible de savoir ce que la Guilde a conçu comme infrastructures sur le lune de Khepri depuis sa cession en tant que marché-franc… en l’an 4482, c’est-à-dire il y a plus de 5000 ans ! Pour en savoir davantage, il faudrait se livrer à une entreprise d’espionnage conséquente, ce qui va contre les principes qu’Ipuwer lui-même s’est fixé… Mais peut-être d’autres approches, plus subtiles, pourraient-elles porter leurs fruits – par exemple en réfléchissant aux procédures de quarantaine du marché-franc… Se pose aussi la question des vaisseaux qui pourraient être employés à cet effet – la Maison Ptolémée s’est tout naturellement reposée, depuis des millénaires, sur les vaisseaux d’interface de la Guilde, qui sont par essence hors concours… Construire des vaisseaux à cet effet (selon le principe applicable partout ailleurs voulant que les vols orbitaux soient du ressort des Maisons, la Guilde n’intervenant normalement que pour les trajets interplanétaires et surtout interstellaires) n’est pas inenvisageable, mais ce serait coûteux (dans les moyens cependant de la Maison Ptolémée, à condition toutefois d’immobiliser des fonds conséquents)… et par ailleurs plus que suspect.

 

VI : LES ENJEUX SUR GEBNOUT IV

CR Imperium : la Maison Ptolémée (30)

[VI-1 : Németh, Bermyl : Ra-en-ka Soris] Németh et Bermyl rendent visite à Ra-en-ka Soris, au siège de la Maison mineure sur la lune de Khepri. À son habitude, il les reçoit dans son bureau (protégé par un cône de silence), sans faire de manières – il est courtois, mais sans flagornerie.

 

 

[VI-2 : Németh, Bermyl : Ra-en-ka Soris ; Iapetus Baris, Ameni] Németh se montre directe : elle a besoin d’informations, car les événements récents sur Khepri et sur Gebnout IV demandent à être interprétés avec une certaine assurance. Ra-en-ka Soris a eu vent de l’arrivée des deux Navigateurs sur le marché-franc ? Oui – mais il n’a pas été en relations avec eux ; ils ne se sont entretenus qu’avec Iapetus Baris. Ils sont restés au moins quelque temps encore après cela – ils ne sont de toute façon pas en mesure de déambuler incognito dans les rues… Mais c’est comme s’ils s’étaient livrés à une inspection du marché-franc, pendant quelques jours. Plus de nouvelles depuis – mais Soris n’ose rien en déduire : ils ont pu partir, ou simplement ne pas se montrer… Bermyl mentionne (ouvertement) son agent Ameni, qui supposait que les envoyés de la Guilde avaient délibérément fait en sorte que la Maison Ptolémée soit au courant de leur venue ; Ra-en-ka Soris est-il de cet avis ? Ce dernier a un temps d’arrêt, il prend le temps de « calculer », car tel est son mode de fonctionnement ; au bout d’un moment, il concède que cela paraît plausible, et même probable : ils auraient pu arriver en toute discrétion. Il est difficile de sonder leurs intentions… Peut-être était-ce un appel du pied à la Maison Ptolémée, voire à Németh plus précisément ; ou, en prenant les choses à l’envers, peut-être s’agissait-il seulement de mettre la pression sur Iapetus Baris. Mais, de son propre aveu, Soris n’est pas un fin politique, ni même un fin psychologue…

 

[VI-3 : Bermyl : Ra-en-ka Soris ; Nadja Mortensen] Bermyl, cependant, interroge Ra-en-ka Soris sur ce qu’il pourrait savoir concernant les relations – des dissensions, éventuellement ? – entre la Guilde spatiale et le Bene Tleilax. Mais le vieux marchand manque bien trop d’éléments ; les deux entités sont par essence secrètes, les informations insuffisantes pour déterminer quoi que ce soit avec un semblant d’assurance. Le maître assassin évoque aussi le retour du troubadour impérial Nadja Mortensen, mais ce n’est vraiment pas du domaine de Ra-en-ka Soris, « simple commerçant ».

 

[VI-4 : Bermyl, Németh : Ra-en-ka Soris ; Ameni] Bermyl revient alors à des considérations davantage dans la partie de Ra-en-ka Soris : a-t-il découvert de nouvelles « cargaisons inhabituelles » ? Ameni lui a parlé de matériel technologique de pointe qui aurait transité par Khepri puis disparu – peut-être à destination du Continent Interdit. Le commerçant y avait prêté attention, suite aux découvertes récentes en l’espèce. Les employés de la Maison mineure Soris, s’ils sont avant tout des marchands, se doivent, du fait des attributions de ce commerce bien précis, d’avoir des connaissances technologiques notables, et même plus que ça ; parfois, cependant, ils ont à s’occuper de produits dont ils ne comprennent pas très bien le mode de fonctionnement, voire le but. C’est problématique… Il y a une semaine de cela environ, un de ses hommes lui a bien mentionné une cargaison dont ils ont très vite perdu la trace ensuite (faute de s’être montrés assez discrets, sans doute) ; pas des pièces détachées, mais bien un produit fini, et de taille – des sortes de « cuves » cylindriques (une seule a été « vue » à proprement parler, mais la cargaison semblait impliquer plusieurs objets comparables, en nombre indéterminé toutefois), d’un diamètre de un mètre cinquante et de trois mètres de haut (estimés : l’employé n’a pas pu faire de relevés précis), avec des espaces en bas et en haut réservés à des instruments de mesure et de contrôle impliquant une technologie extrêmement avancée, tandis que les deux mètres restant entre les deux évoquaient une sorte d’aquarium, avec leurs grandes vitres ; des mécanismes divers semblaient servir à effectuer des injections, au moins de gaz ou de liquide dans l’ensemble de l’habitacle, mais avec aussi des dispositifs peut-être médicaux et plus précis. Mais il n’a donc pas été possible d’en apprendre davantage : ces « cuves » ont presque aussitôt disparu – entendre par-là, et Ra-en-ka Soris le souligne de lui-même, que cette cargaison n’a pas disparu entre Khepri et Heliopolis, mais sur Khepri même. Aucune idée d’où elle se trouve maintenant – peut-être sur Gebnout IV, oui, ou encore sur Khepri – il concède même qu’elle pourrait très bien se trouver, tout simplement, dans un autre entrepôt appartenant à sa Maison mineure ! « Égarer quelque chose n’est pas si difficile. Des bordereaux trafiqués peuvent suffire à susciter la confusion en l’espèce… L’aiguille dans la botte de foin ; une fois l’aiguille trouvée, si cela se produit, la déplacer dans la botte voisine revient à la rendre à nouveau indétectable, et il faut tout recommencer du début. »

 

[VI-5 : Bermyl, Németh : Ra-en-ka Soris ; Vat Aills] Bermyl suppose qu’il faudrait renforcer la surveillance, de manière générale ; il s’adresse à Németh, mais c’est Ra-en-ka Soris qui lui répond : « C’est compliqué, Maître Bermyl. Nous parlons d’un volume considérable de marchandises. La Guilde sait tout ce qui transite – peut-être ; mais la Maison Soris a beau avoir un rôle d’interface… Je ne suis pas naïf au point de prétendre savoir tout ce qui passe par Khepri» Bermyl songe aussi à mettre en place un « observatoire » sur la lune pour garder à l’œil le Continent Interdit sans avoir à recourir à des vols orbitaux suspects, comme celui auquel s’était livré le Docteur Suk Vat Aills. Il s’en ouvre devant Ra-en-ka Soris, en qui il a confiance.

 

[VI-6 : Németh, Bermyl : Ra-en-ka Soris] Mais Németh aimerait aborder un autre sujet avec Ra-en-ka Soris – un sujet qui pourrait lui paraître étrange… Mais, d'après lui, avec son expérience du commerce interstellaire, qu’est-ce qui, sur Gebnout IV, pourrait représenter un enjeu de taille pour des entités telles que la Guilde spatiale ? Comme souvent quand on lui pose des questions de cet ordre, Ra-en-ka Soris se fige littéralement, le temps de bien évaluer la situation, afin de se livrer à quelques « calculs ». L’atout de Gebnout IV, si l’on s’en réfère à l’histoire de la planète telle qu’elle est narrée dans la littérature impériale, a fortiori depuis l’établissement du marché-franc de Khepri, c’est qu’elle est très bien placée sur les routes commerciales interstellaires ; cette position particulière en fait un lieu de passage propice aux échanges de toutes sortes – et, comme Németh le sait très bien, éventuellement des échanges en délicatesse avec les préceptes butlériens. Németh envisage avec lui les atouts potentiels, à cet égard, du Continent Interdit ; le problème, ici, c’est justement ce tabou, qui fait qu’on n’en sait presque rien… Il s’y trouve peut-être des ressources de valeur, et la Guilde le sait peut-être, mais qui d’autre ? Ra-en-ka Soris bloque encore un instant, mais reprend la parole au moment même où Bermyl commençait à le relancer : « La question n’est peut-être pas que commerciale : chercher des ressources de valeur dans le Continent Interdit serait alors un leurre. Car, d’un point de vue stratégique plutôt que commercial à proprement parler, le fait que le Continent Interdit soit, eh bien, interdit… Cela pourrait constituer un atout. » Le maître assassin acquiesce : on leur a fait comprendre que cet interdit avait été « calculé », il y a des millénaires de cela, pour servir à un dessein inconnu – ce qui est plus qu’inquiétant. L’importance de Gebnout IV dépasse visiblement l’entendement de la Maison Ptolémée – et les enjeux se situent sans doute à une échelle bien plus large, peut-être même celle de l’Imperium entier… Németh se demande d’ailleurs si des installations semblables à la lune de Khepri sont monnaie courante, ou si le cas de Gebnout IV est vraiment spécifique à cet égard. Ra-en-ka Soris suppose que « c’est particulier, ou même rare, sans être pour autant vraiment exceptionnel ». Bermyl s’interroge sur les ressources qui ont le plus de valeur pour la Guilde – ce qui inclut bien sûr l’Épice, ou d’autres choses encore, comme le commorium, minerai très rare indispensable à la conception des longs courriers, mais, à l’évidence, aucune de ces choses n’est véritablement liée à Gebnout IV ; et même le rapport particulier de la Maison Ptolémée à la technologie de pointe ne représente sans doute pas grand-chose pour les Navigateurs : la technologie guildienne est de toute façon incomparablement supérieure. Bermyl est pour le moins frustré par cette réponse…

 

VII : LE POULS DES INVITÉS

CR Imperium : la Maison Ptolémée (30)

[VII-1 : Ipuwer : Nathifa ; Németh] Ipuwer suppose qu’il est de son devoir de s’enquérir de la situation de ses invités rassemblés au relais de chasse de Darius. Il s’entretient d’abord avec Nathifa, la militaire affectée par Németh à la direction des opérations sur place, qui l’assure que tout se passe bien, même si certains invités commencent à se plaindre de cet exil ; il est vrai qu’elle a interprété strictement les consignes de Németh : rien n’arrivait à Darius, rien n’en partait. La question du rapatriement est bien la principale qu’il leur faut discuter – un plan a été élaboré pour y remédier dans les meilleures conditions ; on va progressivement permettre à ces invités de quitter le relais de chasse, dès l’instant que les autorités militaires donnent leur feu vert pour permettre davantage de souplesse, mais Ipuwer, sans vouloir entraver leur liberté de circulation, aimerait les revoir avant qu’ils ne quittent la planète (certains ont bien mentionné qu’ils comptaient le faire au plus tôt – pour l’essentiel pas des personnalités de premier ordre ; parmi ces individus, on compte toutefois des natifs de Gebnout IV, que l’ambiance pesante de ces derniers temps incite à se mettre au vert…).

 

[VII-2 : Ipuwer : Mandanophis Darwishi ; Németh, Nathifa] Mais Ipuwer dispose d’une autre source pour envisager l’ambiance au relais de chasse de Darius : son maître de cour Mandanophis Darwishi (et qu’importe si Németh ne peut pas le sentir !). Toutefois, il ne fait guère que confirmer les informations de Nathifa : l’indécision règne sur place, et la mauvaise humeur commence à remplacer la peur...

 

 

[VII-3 : Ipuwer : Németh, Clotilde Philidor, Anneliese Hahn] Le siridar-baron hésite en fait à se rendre lui-même à Darius – d’autant que Cair-el-Muluk ravagée par le cataclysme, avec ses bâtiments en ruines et ses immenses camps de réfugiés, n’offre pas exactement la meilleure des vitrines touristiques pour ceux qui devraient y revenir sous peu… Németh rentrant bientôt à la capitale, peut-être Ipuwer pourrait-il s’en absenter brièvement ? Rien n’est encore décidé, mais il y songe – d’autant plus, en fait, que Clotilde Philidor est sur place ; peut-être pourrait-il se faire accompagner d’Anneliese Hahn, que les deux cousines se retrouvent ? Le protocole le justifierait assez…

 

À suivre...

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