DAMASIO (Alain), La Zone du dehors, [s.l.], CyLibris – La Volte, [1999] 2007, 492 p.
Damasio, deuxième approche après la très hype polémique Horde du
contrevent. Reste que ledit bouquin, si l’on acceptait de faire preuve de mansuétude à l’égard de ses travers les plus agaçants, était pas mal du tout, ma foi. Pas aussi bon qu’on
avait bien voulu le dire, mais certainement pas aussi mauvais non plus. Au moins de quoi vouloir en savoir plus. C’est ainsi que j’ai acheté La Zone du dehors, le premier roman du
Monsieur, qui venait d’être réédité chez la Volte, c’est-à-dire… Bon, on y reviendra. Je ne cacherai pas que le bouquin a traîné un certain temps dans ma pile à lire. J’avais quelques doutes,
faut dire : un premier roman résolument politique, par un jeune gauchiss’ (celui à l’origine d’Appel d’air) qui aime vraiment beaucoup citer Deleuze et compagnie et montrer qu’il a une intelligence grosse comme ça… D’autant que le « héros » du bouquin
est (horreur glauque) un prof de philo… Aïe. Ayayayayaye. Pas vraiment étonnant qu’il se soit payé une fâcheuse réputation de pamphlet bouffon et horripilant : cette tendance à l’essai
vaguement science-fictionnel saturé de références, ça a quand même généré quelques vilaines pénibilités… En même temps, je ne le cacherai pas, ce sont bien les réflexions politiques et sociales
qui me séduisent le plus souvent dans la science-fiction ; et j’avais entendu parler ici ou là de quelques thématiques dans cette Zone du dehors qui ne me paraissaient pas du tout
inintéressantes, bien au contraire. Il était donc bien temps d’entamer ce pavé, avec quelques préjugés, certes, mais sous le bras, histoire qu’ils ne gênent pas trop.
Alors posons le cadre. Nous sommes en 2084. Ah. On va dire que ça attaque fort dans la référence lourdingue. Rajouter un siècle ou deux n’aurait d’ailleurs pas été inutile pour la
crédibilité science-fictionnelle : en 2084, ici, le système solaire est largement colonisé, et l’action se déroule d’ailleurs sur une lune de Saturne, bien peuplée tout de même. Voui. Bon,
on voit donc d’entrée de jeu que la science-fiction est ici un prétexte, ne s’embarrassant guère de réalisme (ce qui n’exclut pas, d’ailleurs, quelques belles idées à l’occasion).
Mais le cadre politique est heureusement bien plus intéressant. Ici, la (jolie) couverture du roman annonce les couleurs : du rouge et du noir ; la version manifestant
poing tendu, pas Stendhal et encore moins Jeanne Mas (enfin…) ; ah oui, y’a du blanc aussi, mais on y reviendra… Y’a surtout des cercles panoptiques : à l’évidence, Damasio a lu
Foucault, et même qu’il a kiffé sa race (comme beaucoup de p’tits jeunes plus ou moins gauchiss’). L’idée du panoptisme n’est pas forcément neuve dans le genre, certes : avant même que
Foucault ne déterre Bentham, la surveillance omniprésente de Big Brother dans 1984 n’en était après tout guère éloignée, et j’ai même cru comprendre que cette idée se trouvait bien plus
explicitement au centre du méconnu Nous autres de Zamiatine, ouvrage précurseur s’il en est, qui figure dans ma pile à lire depuis bien trop longtemps… L’utilisation que fait Damasio du
panoptisme est cependant fort intéressante, dans la mesure où, dans une logique éminemment foucaldienne, celui-ci n’apparaît pas dans le classique cadre indéniablement totalitaire des œuvres
précédemment évoquées, mais dans celui d’une « société de contrôle » en apparence bien plus présentable et sympathique, qui a tout de la démocratie libérale. Et n’en est pas moins
hideuse sous des dehors souriants et séduisants. Là encore, l’idée de ce totalitarisme discret dans un cadre démocratique n’est pas forcément neuve en science-fiction (par exemple, lisez
Dick ; c’est un ordre), ni a fortiori dans la pensée politique (voyez les grands classiques de la pensée libérale sur la souveraineté populaire et le fait démocratique, Benjamin
Constant, et surtout l’immense Tocqueville). Mais force est de reconnaître que Damasio manie bien sa sauce, évite les pires clichés du genre, et peut ainsi aborder une réflexion finalement assez
originale, et probablement plus pertinente que bon nombre d’œuvres jouant dans le même registre.
On reprend. 2084, une lune de Saturne, une cité panoptique démocratique. Tout le monde y vote pour tout le monde, dans un sens : dans cette méritocratie totale, l’identité se
réduit à un code de lettres témoignant du rang conféré par les concitoyens, appelés à noter leurs proches (c’est le système du Clastre). Tout en haut de la pyramide, l’identité se réduit
ainsi à une lettre : le président est A, puis il y a B, etc. Et on descend ainsi, jusqu’aux cinq-lettres qui forment la base de la société. Système qui convient à beaucoup de monde, qui n’y
trouve rien à redire. Pas tous, bien sûr : il y a la Volte.
Oui, la Volte, comme l’éditeur. Ce qui en dit long, et pas forcément pour le mieux… La Volte, à la base, c’était tout simplement la Révolte ; elle est devenue l’Evolte, plus
vigoureuse, plus critique, portée par l’idée d’évolution ; puis la Volte quand le big boss du mouvement a été condamné à mort pour assassinat (Volution, volition, tout ça ;
Damasio aime toujours autant les jeux de mots...). La Volte, donc. Une brochette d’anars, mi-bobos, mi-prolos, enfin, surtout bobos, quand même. Ces anarchistes ont bien évidemment des chefs,
oui, enfin, non, mais, c’est-à-dire que… Passons. En dépit de tous leurs discours, le fait est que la Volte a des chefs autoproclamés héritiers légitimes du Prophète, les cinq pitres que l’on
connaît sous le nom collectif de Bosquet. Parmi eux, celui qui nous retiendra le plus est Capt, prof de philo donc, et semble-t-il faire-valoir des ambitions mégalomanes de l’auteur. L’autre
personnage charismatique (enfin, façon de parler), c’est Slift, son antithèse prolo-bourrine. Et toute une bande de p’tits jeunes qu’en ont grave après la société, tu vois, non mais j’veux dire,
aux pieds de ces gens-là.
Très vite, la Volte se remet en cause, et se sépare de ceux qu’elle appelle dédaigneusement la Molte, les ch’tis bobos réformistes amateurs de slogans (ce qui me rappelle une
histoire de poutre et de paille...) et d’attentats symboliques. Sur l’impulsion de Slift, la Volte prend le parti de la violence politique. De la vraie violence. Il y a toujours un plan
symbolique, bien sûr, mais on se place quand même clairement dans la filiation trouble des anars poseurs de bombes et autres zélés prosélytes de l’action directe. La Volte déclare ainsi une
guerre ouverte aux autorités du Cerclon, au confortable aveuglement petit-bourgeois, à à peu près tout ce qui fait la société de la lune de Saturne. Camarades, l’heure de la Volution a
sonné !
Alors ? Alors.
Alors il y a bien des choses intéressantes dans tout ça. Déjà, poser la question de la violence politique de manière aussi frontale est audacieux et bienvenu (et, perso, ça
m’intéresse d’autant plus que ça rejoint indirectement mon objet de recherche). Damasio évite également l’écueil du manichéisme, et sait à l’occasion multiplier les points de vue pour mettre en
cause l’horreur du système et la légitimité de la volution. Il y a ainsi, très régulièrement, nombre de réflexions intéressantes et plutôt bien vues, qui n’abusent en outre pas excessivement des
références, et ne sombrent en tout cas pas dans l’hermétisme pédant, comme on pouvait le craindre. Très bien sous cet angle, donc. La critique est souvent (pas toujours, hélas, mais on y
reviendra) pertinente, qu’elle porte sur le Cerclon ou sur la Volte.
Mais il est un autre aspect de la thématique politique qui a plus particulièrement retenu mon attention, et dont je ne garantis pas vraiment qu’il figurait consciemment dans les
intentions de l’auteur. Attention, tout ce qui suit est hautement subjectif, potentiellement débile, et contient même des vrais morceaux de 3615 Mavie (et vous avez bien raison de vous en foutre,
mais bon, d’abord, c’est MON blog, et je suis LIBRE – aha – et je fais QUE C’QUE J’VEUX, d’abord).
Donc, Nébal et l’anarchisme. Une relation trouble, enfin bof. Auprès de certains droitiers de sa connaissance, Nébal se paye une réputation d’anarchiste (on me l’a dit ;
ça, ou bien « rouge révolutionnaire », je cite) ; tandis qu’auprès de certains anarchistes de sa connaissance, Nébal se payerait presque une réputation de droitier. Ce en quoi
les deux se plantent. Bon, je n’ai toujours pas eu l’occasion d’entamer vraiment la section politique de ce blog miteux (d’autant qu’elle n’intéresserait personne, je sais), et je ne vais donc
pas m’étendre sur le sujet. Juste ceci : si je me pense assez, voire carrément, libertaire, je ne me reconnais pas dans la pensée anarchiste. Plusieurs raisons à cela : tout d’abord, je
suis beaucoup trop pessimiste et misanthrope (quand bien même humaniste) pour être anarchiste – je n’y crois pas, tout simplement ; ensuite, j’ai tendance à considérer la
« démocratie » comme un état de fait (lisez et relisez ce glorieux précurseur de la pensée libertaire qu’est le Discours de la servitude volontaire de La Boétie) : on a
les hommes politiques et le régime qu’on mérite, on ne peut pas faire le bonheur des gens malgré eux, la Révolution ne peut fonctionner et ne devient légitime que si elle est
« démocratique », j’entends par-là qu’elle est illusoire si elle ne peut susciter, au mieux l’adhésion, au pire l’indifférence, d’une majorité (là, dans un sens, c’est un peu marxiste,
avant la dénaturation léniniste du « parti de révolutionnaires professionnels » ; mais peut-être serait-il plus juste de faire le lien avec le « conventionnalisme
sociologique » de certains sophistes) ; c’est sans doute en raison de ce scepticisme à l’encontre du volontarisme révolutionnaire que j’avoue ne pas me reconnaître, mais alors pas du
tout, dans les grands théoriciens anarchistes (j’y préfère sans l’ombre d’un doute les socialistes dits « utopiques » non anarchistes et les libéraux et libertaires – plus les gros
pessimistes du genre de Hobbes, mais que voulez-vous…) : pour n’en citer que quelques-uns parmi les « classiques », Proudhon m’ennuie à force de contradictions, Bakounine
m’indiffère, et Kropotkine me sidère de par sa profonde imbécillité. Ce qui m’amène au dernier point, et nous ramène à La Zone du dehors (si, si, z’allez voir).
Il est un lien indéniable, quand bien même surprenant voire absurde si l’on n’y regarde pas d’assez près, entre anarchisme et fascisme. Là, c’est dit. Je ne prétends certainement
pas inventer le fil à couper le beurre ici, je ne fais que reprendre un classique de l’étude du fascisme (on peut se référer à Pierre Milza, par exemple). Les faits sont là, les passerelles sont
nombreuses : Proudhon, ainsi, a eu très tôt une postérité d’extrême droite, par exemple avec Valois, fondateur d’un « cercle Proudhon », un temps membre de l’Action française, puis
fondateur sous l’Occupation des « Faisceaux », qui sont une des rares formes authentiques de fascisme français ; Sorel, de même, théoricien de la violence politique désireux de
réconcilier Marx avec Proudhon, a un temps fréquenté l’Action française, et l’on sait que ses ouvrages figuraient parmi les lectures de chevet de Mussolini, lequel a d’ailleurs constitué le
parti fasciste comme une symbiose de courants socialistes révolutionnaires non-marxistes et de nationalisme (pas un hasard si les chemises fascistes étaient noires…). Ce mélange de
socialisme non marxiste et de nationalisme, toujours dans une perspective révolutionnaire, est bien la principale caractéristique du fascisme, avec sa volonté de créer un homme nouveau, et
avant le totalitarisme (davantage un moyen qu’une fin, comme la « dictature du prolétariat »). On le retrouve à vrai dire chez un Bakounine, militant panslaviste (on peut ajouter à
cela, de manière particulièrement sensible dans le cas de l’Allemagne nazie, la postérité de l’antisémitisme de gauche, très sensible chez Proudhon, notamment – mais à vrai dire aussi, quand bien
même de manière paradoxale, chez Marx…). La Révolution sociale et nationale pouvait d’ailleurs très bien s’accommoder d’un certain conservatisme sous d’autres angles (voyez Proudhon sur la
famille…). Enfin se pose la question du volontarisme révolutionnaire, dans une perspective nihiliste : on connaît les postérités douteuses et absurdes de Nietzsche (qui est d'ailleurs
souvent cité par Damasio)… Mais Kropotkine, figure de proue du nihilisme russe, est sans doute ici un exemple plus révélateur, et moins contestable ; à la lecture de La Morale
anarchiste, on ne peut s’empêcher de faire un lien avec l’idéologie fasciste. En parlant de postérités étranges, on peut d’ailleurs évoquer ici Sade : dans Salo ou les 120 journées
de Sodome, film de Pasolini par ailleurs plutôt décevant à mon sens (car trop lourd d’intellectualisme soixante-huitard, avec bibliographie dans le générique s’il vous plaît et des slogans
en veux-tu en voilà), un des passages les plus percutants est celui où l’un des libertins proclame solennellement : « Nous autres fascistes sommes les seuls véritables
anarchistes. » Pas de doute là-dessus en ce qui me concerne.
Et j’ai trouvé ça frappant dans La Zone du dehors. Peut-être était-ce intentionnel de la part de Damasio (qui n’est certainement pas un con), mais j’avoue en douter :
en tout cas, les chefs de la Volte sont franchement insupportables, et sont bien des gros fafs, sans doute inconsciemment (et, dans la lignée d'un Proudhon et des sinistres gauchiss'
franchouillards qui pullulent à l'heure actuelle, ils sont passablement réac sur certains points, voyez leur anti-technologisme, par exemple). Ces chefs qui prétendent n’en être pas
multiplient les ordres incontestables, ne s’embarrassent guère du débat (assez tordant de voir dans ce roman des AG constructives ; et puis quoi encore…), et jouent volontiers du culte de la
personnalité. Ils rejettent en bloc la limitation morale, Slift en particulier : ils sont bien au-dessus de tout ça. Il sont à vrai dire au-dessus de tout, Capt notamment ; confronté à
la masse des veaux marins lambda qui se foutent de tout (là encore, lisez Constant et Tocqueville), Capt et ses potes entendent bien s’ériger une place de détenteurs de la Vérité (par nature
incontestable ; ce qui ne les empêche pas de recourir à l'occasion au mensonge comme à une arme – un « pieux mensonge », lointain héritage de Platon ?), d’éducateurs du peuple,
quand bien même (ou peut-être surtout parce que) celui-ci ne leur a rien demandé : ils entendent bien faire le bonheur des gens malgré eux, et peu importe le prix à payer (l’élitisme foncier
de ceux qui se disent anarchistes m’a toujours scié, personnellement). Oui, une belle brochette de fafs…
En moins classe, ceci dit, mais c’est là encore quelque chose d’assez réaliste. Les anarchistes ne sauraient le plus souvent envisager cette assimilation, ils sont incapables de
l’assumer. Ils assument peu, d’ailleurs : même pas le titre de « terroristes » que les médias s’empressent de conférer à la Volte, et qui est pourtant indéniable… Il s’agit bien
pour eux, après tout, de faire peur pour faire changer les idées et parvenir à leur but, ce qui est la définition même du terrorisme. Mais non : ils sont au-dessus de ça, là encore. Ils sont
assez paranoïaques, aussi ; et, là encore, ça m’a rappelé des exemples très concrets…
Bref : La Zone du dehors, à mon sens, décortique autant les rouages de l’anarchisme que ceux de la société de contrôle. Je ne sais pas si c’est volontaire, mais c’est
en tout cas saisissant. Et bien plus intéressant, en tout cas, que le final grossier du roman, d’un aveuglement et d’une mégalomanie impressionnants ; franchement, les gens, si vous voulez
lire un bon bouquin de SF décrivant intelligemment la mise en place d’une véritable « utopie » anarchiste, lisez plutôt Les dépossédés d’Ursula Le Guin…
Bon, je me suis étendu sur l’aspect politique du bouquin, mais c’est un peu le but, aussi… Concluons vite sur le reste. Le mélange essai / roman fonctionne plus ou moins bien selon
les passages. Mais l’action, quand il y en a, est plutôt bien menée. Le style oscille plus encore que dans La Horde du contrevent entre très bon et carrément ridicule et
hautement agaçant : certains dialogues, notamment, sont à mourir, riches en jeux de mots pourris et en slogans ridicules, débordant d’emphase et faussement populos : Slift, notamment,
est à baffer… On peut par ailleurs critiquer le procédé, repris davantage à bon droit et de manière plus pertinente dans La Horde du contrevent (malgré le côté gadget des glyphes, pas encore employés ici), des points de
vue multiples s’enchaînant sur de brèves séquences : c’est souvent gratuit, et ça ne facilite guère la lecture… Surtout, c’est long : ça se lit bien, voire très bien, jusqu’à la moitié
environ, puis l’intérêt diminue au fur et à mesure des coups d’éclat de la Volte (qui rencontrent bien entendu une forte adhésion populaire, mais bien sûr…) ; la fin du roman, en gros à
partir du ridicule procès de Capt (bien qu’opposant farouche à la peine de mort, je crois que j’aurais très vite voté pour exécuter ce cuistre, si ça pouvait abréger le supplice...), est même
franchement chiante et horripilante.
Restent quand même quelques bonnes choses ici ou là, quelques éclats d’intelligence et de bon goût, qui font de La Zone du dehors un premier roman pas abouti, très
critiquable, mais pas totalement inintéressant non plus : je ne regrette pas ma lecture et c’est déjà bien.
Voilà.
…
« Eh, Nébal, t’oublies pas quelque chose ? »

Ah si, c'est vrai : le bouquin est accompagné d'un DVD intitulé Radmovies (aha), et réalisé par Ludovic Duprez et Erwan Castex, présentant sous le titre damasien
au possible (dans ce qu'il a de pire) de Dieu n'a pas d'yeux, un court-métrage inspiré par La Zone du dehors, et destiné semble-t-il à préfigurer une adaptation en long-métrage
du roman (plein de petits machins à côté reviennent sur le développement du projet). Et franchement, les gens, je crois pas que ça soit une bonne idée : parce que ce que vous nous offrez là avec
une prétention et une emphase éléphantesques, ben c'est quand même franchement hideux et ridicule, et tout simplement inutile. Je vous jure.