Le ridicule ne tue pas.
Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort.
Donc le ridicule nous rend plus fort.
... Et je compte bien devenir super balaise !

MOORE (Alan) et SPROUSE (Chris), Tom Strong, tome 3, [s.l.], Panini, coll. Panini Comics / America's Best Comics, 2007, [n.p.]
Le 3e tome de Tom Strong est – enfin – sorti en français il y a quelques semaines chez Panini/ABC, et il est vraiment excellent.
Petite présentation du personnage à tout hasard ? Tom Strong est un des
héros créés par le génial Alan Moore quand il a lancé son propre label de comics, modestement dénommé America's Best Comics (ou ABC pour les intimes ; et le pire, c'est qu'il a raison, le
bougre). C'est un héros « archétypal », fort, beau, honnête et intelligent, qui traverse tout le XXe siècle. Fruit d'une expérience « scientifique » menée sur lui
par ses parents qui voulaient en faire un surhomme, il a effectivement acquis des capacités phénoménales ainsi qu'une longévité impressionnante en consommant de la racine de goloka. Il est le
plus souvent accompagné dans ses aventures par sa femme Dhalua, leur fille Tesla, le robot majordome so british Pneuman et le gorille parlant Samson, so british de même. La BD
se veut un hommage à la littéature « pulp » et aux comics de « l'âge d'or » (un peu à la manière de ce que Moore avait déjà fait avec l'excellent Suprême).
Il n'y a pas vraiment de trame narrative à long terme : un épisode situé en 2000 peut très bien être suivi d'un épisode en 1945, etc. Les histoires sont généralement assez
courtes.
C'est particulièrement vrai pour ce volume, très différent des deux précédent (lesquels m'avaient à vrai dire
moins convaincu que Suprême, sauf pour ce qui est du dessin limpide de Chris Sprouse, qui apporte une homogénéité manquant parfois à la série Awesome). Ici, les petites histoires
s'enchaînent, et sont souvent passablement débiles, et parfois même franchement hilarantes. Du coup, bien plus qu'aux précédents Tom Strong, ou même aux Tom Strong's Terrific
Tales, cela fait davantage penser aux géniales Tomorrow Stories (dont seul Jack B. Quick, enfant prodige a été traduit jusqu'à présent ; à quand la suite ?). La famille
Strong se retrouve en effet entraînée dans des histoires toutes plus improbables que les autres, à base, entre autres, de paradoxes temporels (très joliment employés) ou d'univers parallèles :
ainsi dans l'hilarant Funnyland, où le « héros de la science » se retrouve projeté dans un monde cartoonesque où les lois de la comédie l'emportent sur celles de la physique ;
la rencontre avec son alter ego Warren Strong vaut son pesant de carottes.
Seule véritable exception, mais tout sauf désagréable, la saga en deux épisodes (11 et 12) qui prépare le
sympathique spin-off Terra Obscura (plus ou moins une histoire d'univers parallèle, mais en fait non...). A quand une traduction, là aussi ?
En conclusion, une excellente lecture, qui contient tout ce que l'on aime dans les productions les plus
récentes d'Alan Moore : beaucoup d'humour, d'inventivité et d'érudition, qui servent une narration fluide, pour avoir au final une BD à la fois intelligente et divertissante. Gloire à
Lui.
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