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"Preacher", t.3. "Fiers Américains", de Garth Ennis et Steve Dillon

Publié le par Nébal

 

ENNIS (Garth) & DILLON (Steve), Preacher, t. 3. Fiers Américains, préface de Penn Jillette, Panini Comics / Vertigo, [1996-1997, 2004] 2008, [n.p.]

 

(Tiens, ça faisait un bail que j’avais pas fait de comptes rendus de BD sur mon blog miteux… C’est que ça coûte cher, ces sales bêtes. Mais bon, comme j’ai fait tout récemment quelques chouettes acquisitions, je vais tâcher de combler un peu le retard : du Preacher aujourd’hui, mais aussi, bientôt, du The Goon, Filles perdues, du Transmetropolitan, du Ex Machina et du Peanuts. Et plus si affinités.)

 

(Ah, au passage : il est précisé sur la couverture de ce troisième tome de Preacher que c’est une publication « pour lecteurs avertis » ; ça veut dire qu’il y a du sang, de la sodomie, du vomi, des Français et plein de gros mots.)

 

(Vous êtes avertis.)

 

« Vous la connaissez, celle du pasteur, du vampire et de la tueuse à gage ? »

 

Paraît que c’est comme ça, en gros, que les gens de chez Vertigo avaient présenté Preacher, dans le temps. Je sais pas si c’est vrai, mais je sais une chose : Preacher, c’est bon, putain. Le cultissime bébé de Garth Ennis, une des productions phares du label Vertigo après le fantabuleux Sandman de Neil Gaiman (rien à voir ou presque), est une BD à peu près unique en son genre, qui a allègrement piétiné toutes les limites imposées jusqu’il y a peu aux comics. Heureusement, quelque temps auparavant, Watchmen d’Alan Moore et The Dark Knight Returns de Frank Miller, notamment, avaient un peu remis les pendules à l’heure, avec leurs héros immoraux, leur violence, leur noirceur. Et si Preacher se place assez clairement dans cette filiation, c’est en poussant le bouchon encore plus loin. Et ça fait plaisir.

 

Putain.

 

Petite présentation pour ceux qui connaîtraient pas. Le Preacher n’est pas un super-héros à proprement parler, avec costume de tapette, identité secrète et tout et tout. C’est simplement Jesse Custer (ouais, les initiales, ouais, vu…), un pasteur texan qui recherche Dieu.

 

Pour lui botter le cul.

 

Parce que l’autre enflure de vieux barbu, là, a démissionné, foutant un bordel pas possible au Paradis et de par chez nous, et que Jesse en a fait les frais : il s’est retrouvé possédé par Genesis. Et Genesis, c’est pire que tout ce que vous pouvez imaginer. Ouais, même que Phil Collins. Genesis, c’est le rejeton pas désiré fruit de l’union contre-nature entre un ange et un démon. Une sale bestiole sans pareille, et très très puissante. Qui s'est planquée dans le corps de Jesse Custer en tuant tout le monde autour (pas discret, le morveux), et a donné au pasteur un pouvoir terrible : les gens sont contraints d’obéir à tous les ordres de Custer. Et Custer a de l’imagination.

 

Mais il est aussi dans la merde, parce que sa petite aventure en fait une cible toute désignée pour des anges glauques comme le cowboy bourrin dit « Saint des Tueurs », pour des religieux dégénérés comme les abrutis du Graal, pour les flics, plus largement pour les rednecks du coin (et ils sont nombreux)… Pour plein de monde, en fait. Y compris mamie (voir tome 2). Heureusement pour lui (ou pas), Custer n’est pas tout seul dans la mélasse. Il est accompagné de sa petite amie Tulip O’Hare, blonde incendiaire, comme on dit, mais pas trop fort si elle est dans le coin parce qu’elle aime jouer de la gâchette ; et aussi, en temps normal, de Cassidy, un vampire irlandais (ouais, ben, on a les potes qu’on peut, hein…).

 

En temps normal. Parce que voilà : ces putains d’enculés de bâtards du Graal se sont emparés de Cassidy. Enfin, plus exactement, c’est cette petite enflure de Starr qui s’en est emparé : Starr qui se sert de Cassidy comme d’un appât pour attirer entre ses griffes Custer, ou plutôt Genesis, et en tirer profit dans son complot contre le big boss officiel du Graal, ce gros porc dégueulasse de D’Aronique (avec le Fils à ses basques, pipichattacaca). ‘Fin bref : Starr se rend à la grosse base du Graal à Massada, dans le sud de la France, et y confie Cassidy aux bons soins de Frankie l’Eunuque ; et depuis qu’on lui a coupé la bite au sécateur, le Rital l’a mauvaise ; il prend donc son pied à torturer le vampire bien salement – et ce qui est bien, quand on torture un immortel, c’est que ça peut durer trèèèèèèèès longtemps…

 

Or Jesse en doit une à Cassidy. Et il a un certain sens de l'honneur. Il se rend donc avec sa psychopathe de poule chez les putain de bouffeurs de grenouilles pour partir à l’assaut de la putain de forteresse du putain de Graal. Dur, putain, dur. Même s’il faut reconnaître « que ces gens savent cuisiner un steak. Ils sont moins doués pour gagner des guerres, ou pour l’humilité, par exemple, mais personne n’est parfait… »

 

« Et vous vous y connaissez en humilité, n’est-ce pas, révérend ? »

 

« Ce que je suis, c’est une chose. Lâcher un engin thermonucléaire dans le Pacifique parce qu’on a les glandes de ne plus avoir d’Empire, c’en est une autre. »

 

Merci Chichi. Putain. Bon, bref, c’est dur. Surtout quand on a le putain de Saint des Tueurs aux basques. Et puis la putain de Voix de Genesis, c’est pratique… sur ceux qui comprennent l’anglais.

 

Putain.

 

Putain putain putain.

 

Ca, c’est la putain de trame qui occupe le plus gros du putain de recueil. Et putain, c’est bon.

 

Mais faut aussi y ajouter un putain de chouette prologue, où Jesse, grâce à son putain de briquet « Fuck communism », en apprend un peu plus sur son put… sur son père. Et sur John Wayne, tant qu’à faire. Son héros. Et puis, à la fin, un putain de très chouette épilogue en deux putains d’épisodes, où Cassidy nous raconte enfin sa putain de vie. Et là, putain… c’est beau…

 

Bref (putain de bordel à bite), un très bon cru que ce troisième tome de Preacher (reprenant les épisodes 18 à 26 de la série originale), avec tout ce qui fait qu’on aime Preacher. Ca cogne, ça suinte, ça hurle, ça baise, ça vomit, ça se bourre la gueule, ça tranche, ça explose, ça déchiquette, ça massacre. La BD préférée des censeurs, son langage si chaste, son mauvais goût outrancier, son humour génialement lourd et gras et glauque. Que du bonheur gore et trash, et on aurait tort de s’en priver. Ennis s’y montre très en forme, Dillon très correct ; les couleurs sont bof bof, comme souvent chez Vertigo dans le temps, mais c’est pas un souci. La traduction est pas forcément géniale, par contre… Mais bon. Pas grave. Preacher reste un excellent comic, quasiment unique en son genre, subversif et rentre-dans-le-lard, parfaitement indispensable, remarquablement bien écrit et tout simplement jouissif.

A suivre, putain.

CITRIQ

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N
Ouais (putain).

PS : J'espère aussi.

PPS : 'foiré...
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B
Putain, ça y est, c'est sorti, ça fait plaisir. Jesse et Cass m'ont manqué, je vais me faire une joie de les retrouver hé hé hé.
P.S. : Normalement je viens samedi au Champagne, j'espère bien que tu feras le DJ.
P.S.S. : Juste pour retourner le couteau dans la plaie, le concert de Laibach c'était très très très bien ;-). Bisous.
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