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"Maudit soit l'Eternel ! suivi de Dieu n'a pas que ça à foutre...", de Thierry Marignac

Publié le par Nébal

 

MARIGNAC (Thierry), Maudit soit l’Éternel ! suivi de Dieu n’a pas que ça à foutre…, ouvrage publié sous la direction d’Éric Holstein, avec la collaboration de Charlotte Volper et Jérôme Vincent, Lyon, ActuSF, coll. Les Trois Souhaits, 2008, 75 p.

 

Ah, qu’ils sont jolis, les petits bouquins d’ActuSF via Les Trois Souhaits ! Acheteur compulsif, je me précipite presque systématiquement sur chaque nouveauté, n’ayant jamais été déçu jusque-là ou presque. Du coup, cet opuscule de Thierry Marignac y est passé comme les autres. Et ce en dépit de sa couverture, pas forcément désagréable, mais qui tranche sur le reste de la production des Trois Souhaits, et de l’argot forcené de la quatrième de couv’, qui me file facilement des boutons (voir plus bas). Je voulais tenter, voilà. Surtout sur un thème aussi dangereux que la religion, où la caricature est un exercice particulièrement périlleux, d’autant plus jubilatoire quand elle est réussie, mais hélas souvent consternante, du genre à susciter chez moi (agnostique tendance athée, laïque, anti-clérical et tout et tout, mais libéral et tolérant, s’il faut faire défiler les étiquettes, pfff...) quelques fulminations matraqueuses contre les maladroits qui se trompent de cible.

 

Un bouquin dont j’ai entendu dire surtout du mal, mais un peu de bien quand même, alors que je l’avais déjà commandé. Mais bon, faut voir, hein…

 

Ayé, j’ai vu.

C’est là « l’unique incursion dans le domaine de la SF » de la part de Thierry Marignac. Prions, mes frères, prions, pour que ce soit aussi la dernière…

 

Encore que… nan, même pas.

Le truc, c’est que je n’ai même pas envie d’être méchant.

 

Et étrangement, c’est pas bon signe.

 

Donc : Maudit soit l’Éternel ! suivi de Dieu n’a pas que ça à foutre… Deux nouvelles, qui se suivent, dans le même univers et avec les mêmes protagonistes. L’univers est très abstrait : d’un côté, l’Eglise MultiCulte (sorte de christianisme œcuménique, essentiellement), de l’autre, le Califat Unifié et ses Musuls (semble-t-il unifiés aussi, mais bon). Entre les deux, la Zone, avec des murs de chaque côté. Les bigots des deux bords se tapent dessus, les chrétiens ayant des commandos du Juste et une Inquisition, les musulmans des terroristes. Normal, quoi. Les personnages sont essentiellement des grouillots côté MultiCulte, pas vraiment fanatiques. Ils vont dans la Zone pour baiser des nonnes (ah ah ah !), montent des combines avec les Musuls (oh oh oh !), et se bourrent la gueule (ouarf ouarf ouarf !). Voilà. Oui, pendant les deux nouvelles, en gros.

 

Donc : univers sans intérêt, personnages sans intérêt, histoires sans intérêt.

 

Certes, je ne m’attendais pas à quelque chose de fin, ni transcendant. J’osais espérer, par contre, que ça serait drôle. Ça me paraît légitime : en temps normal, c’est ce qu’on attend d’une blague, même mauvaise… Mais non, même pas ; tout juste un mini-sourire ici ou là. Sinon, c’est plat. Terriblement plat. Assez lourd, aussi. Mais jamais subversif ou acide, contrairement aux prétentions de la quatrième de couv' ; certainement pas assez outrancier pour m’énerver, du coup. Non, ni satire pertinente ni grosse bourrinade au mauvais goût réjouissant / ulcérant, c’est juste du blasphème potache de communiants, même pas assez salé pour faire ricaner les laïcards d’avant-guerre les plus séniles. Thierry Marignac a beau se placer plus ou moins dans l’abondante lignée de la littérature anticléricale des clubs de libre-pensée – laquelle, en 150 ans, a pu commettre quelques pépites au milieu d’une infinité de nullités –, il fait tristement petit joueur… Je craignais éventuellement le vieillot qui fait croa-croa devant la soutane, mais non, même pas.

C’est très gamin, en fait. Du coup, j'ai même pas envie de fulminer contre les (nombreuses) conneries proférées par l'auteur en matière de théologie ou d'histoire, et ce dès le premier paragraphe. Je suppose (et j'espère) que c'est voulu : sans doute était-il désireux de faire dans le bête et méchant, et, en matière de caricature, la simplification abusive est bien légitime. Le problème est qu'il ne fait que du bêtasse, du gentiment couillon, qui glousse en rougissant.


Quant au style… eh bien, c’est essentiellement du pseudo-argot, totalement anachronique et inapproprié (sans que le décalage ne soit drôle pour autant, encore une fois), et qui plus est sans saveur. La quatrième de couv’ compare à Frédéric Dard ; mais, pour moi, c’est un peu comme tous ces groupes ou chanteurs abominablement franchouilles de pseudo-titis prolo-bobo à guitares et accordéons, qui prétendent faire dans la chanson à texte et révérer Brassens, quand ils ne font que de la merde archaïque, maladroite et sans intérêt. Autrement dit : du réac franchouille de faux anars et de faux prolos, et qui, sans surprise, sonne faux. Le bouquin de Thierry Marignac, c’est un peu ça. En même pas aussi énervant.

 

Juste sans intérêt.

Une fausse note pour Les Trois Souhaits. Bon, ça devait bien arriver un jour, hein… Cela dit, ça ne m’empêchera pas de lire prochainement le recueil de Jean-Marc Ligny sorti en même temps que ce petit machin, ainsi que le court roman de Roland C. Wagner qui est sorti depuis… puisque, honnêtement, c’est comme si je n’avais rien lu.

CITRIQ

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M

Je m'en voudrai, bande de trous du cul SF,jaloux de leur bout de macadam, de vous plaire.
C'est donc avec bonheur têtes de nœuds, que je vous pisse àla raie constipée de Essefeux régressifs.
Vous êtes aussi cons et aussi cheap que les gros culs du polar.


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N

Charmant...


N
Bon, maintenant, c'est juste mon avis, hein, mais... heu...

@ efelle : oui, ces trois-là s'en sortent très bien, mais, je sais pas, je trouve Egan moins drôle que les deux autres... ;)
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E
+1 avec Ubik
Sinon en matière de religion dans mes lectures, seuls Pratchett, Egan et Messac s'en sont bien sortis.
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U
La vache !
ça ne fait effectivement pas du tout envie.
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G
Tout à fait d'accord.
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