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"Miel des lunes", de Michèle Sébal

Publié le par Nébal

SÉBAL (Michèle), Miel des lunes, Paris, Glyphe, coll. Imaginaires, 2009, 241 p.

 

À la lecture de l’anthologie Identités dirigée par Lucie Chenu, un des textes qui a le plus retenu mon attention était celui de Michèle Sébal, intitulé « Constance Lolita ». La nouvelle ne me paraissait pas totalement convaincante, mais elle se lisait toute seule, et la plume de l’auteur me semblait fort intéressante, vive et personnelle. C’est pourquoi je me suis finalement tourné vers son premier roman, également chez Glyphe… en passant outre, il faut bien le reconnaître, un titre peu engageant (comme le faisait remarquer Bruno Para dans Bifrost, ça sonne "Harlequin"...), et une couverture (due à l’auteur) à l’avenant.

 

Donc, Miel des lunes. Nous y faisons la rencontre d’une jeune femme orpheline, mal dans sa peau et repliée sur elle-même, Janice Klein. Elle vit avec sa nounou tahitienne et son chat Ramsès, et exerce un boulot minable, où elle est en but à l’hostilité et à la mesquinerie de tout un chacun. Mais, si sa vie est terne au possible, son imaginaire (notamment érotique…) est d’une richesse rare, multipliant figures et jeux…

 

Arrive cependant ce qui devait arriver : Janice, à bout, sombre dans la dépression. C’est alors qu’elle commence une analyse avec le docteur Raoul Alcan (aha ; précisons que Michèle Sébal est elle-même psychanalyste), analyse au terme de laquelle le bon docteur deviendra fou, obsédé par « la troublante Miel »…

 

Alors, alors.

 

Ben, même verdict que pour la nouvelle. La trame en tant que telle – vous l’aurez compris – n’est pas forcément très intéressante, d’autant qu’elle se montre largement prévisible, et en définitive un peu frustrante…

 

Pourtant, ça se lit plutôt bien. Très bien, même. L’auteur a décidément une plume agréable, vive et leste. Elle sait également camper des personnages. Aussi, pendant la première moitié du roman environ, on se prend volontiers au jeu, et Michèle Sébal nous ballade sans souci au fil des pages, sans que l’ennui perce un seul instant. Les personnages de Janice et du psychanalyste sont très réussis, humains, complexes, parfois attachants. De même pour la nounou Tarita, un peu caricaturale cela dit. La vie maussade de la jeune femme est disséquée avec une certaine finesse, sans excès d’analyse, et les premiers temps de la thérapie sont tout à fait intéressants.

 

Puis le postulat fantastique imprègne de plus en plus le roman… et on en vient étrangement à le regretter. Il donne en effet une impression de superflu assez gênante, et la seconde moitié du roman s’enlise là où les premiers chapitres séduisaient… On ne s'ennuie pas, mais...

 

Dommage. Miel des lunes n’est pas un mauvais roman ; au pire pourrait-on le considérer médiocre. Il a déjà pour lui de ne pas ennuyer un seul instant… mais il ne suscite pas de véritable passion pour autant.

Mais, si Miel des lunes n’a rien d’une lecture indispensable, il contient néanmoins quelques éléments fort intéressants, qui laissent augurer du meilleur pour la suite. Aussi ne manquerai-je probablement pas de jeter un œil aux productions ultérieures de l’auteur, en en attendant davantage.

CITRIQ

Commenter cet article

Michèle Sébal 22/11/2012 01:45

Mi-assassin mi-caressant, I see !
La suite ? Bah ! un recueil de nouvelles, "Croque mi-teintes", qui t'a échappé,un changement d'éditeur, (Glyphe, mon ex-éditeur n'a pas voulu l'envoyer aux chroniqueurs, et ne me verse plus de
droits d'auteure depuis 2010), et la parution en septembre dernier d'un nouveau roman "Secrets d'anges" (Arlequinade, diras-tu :)). Si tu souhaites que mon nouvel éditeur, Trinôme, te l'envoie, y'a
qu'a demander... Et si tu me massacres, tu subiras le sort de Tristan Verneux, non mais !!
à te lire
Michèle