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Trop tard...

Publié le par Nébal

Il s’est passé bien trop de temps depuis ma lecture de ces quatre bouquins pour que je sois encore en mesure d’en faire des comptes rendus corrects. Adonc, une fois n’est pas coutume, je vais me contenter de notules lapidaires. Désolé…


 

SILLIG (Olivier), Bzjeurd, Paris, L’Atalante – Gallimard, coll. Folio Science-fiction, [1995] 2000, 191 p.

Un monde autre, peut-être de fantasy, peut-être post-apocalyptique (il y a quelques indices en ce sens), peut-être les deux. Bzjeurd rentre chez lui à travers les limbes, pour découvrir son village anéanti et toute sa population massacrée. Il devient alors un cavalier du deuil, et entame sa quête de vengeance en se rendant dans la mystérieuse forteresse de Kazerm. Commence alors pour lui un long périple qui l’amènera à devenir son ennemi…

Eh bien heureusement qu’on ne doit pas juger les livres à leurs couvertures, fouyayaye ! Parce que là, en l’occurrence, on passerait à côté de quelque chose de vraiment très bon. Un roman très fort, qui séduit par son épure et son extraordinaire économie de moyens. Le style est d’une sobriété et d’une élégance rares, et ce court roman passablement allégorique se dévore. Merci aux cafards et au libraire qui ont fait de la propagande pour ce petit bouquin, car il le vaut bien.

 


 

 

DISCH (Thomas), Sur les ailes du chant, [On Wings of Song], traduit de l’américain par Jean Bonnefoy, Paris, Denoël, coll. Présence du futur, [1978-1979] 1980, 380 p.

 

Un futur proche. Une Amérique ultra-conservatrice (et visionnaire…). Dans ce monde-là, chanter est mal vu ; car chanter, c’est avoir peut-être l’occasion de voler, et ainsi de s’évader… Daniel Weinreb veut voler. Ce livre est en quelque sorte sa biographie…

 

Un chef-d’œuvre, tout simplement. Un livre bourré d’idées, mais où les éléments relevant proprement de l’imaginaire sont comme en retrait. Une transfiction, diraient certains… Une petite merveille en tout cas, séduisante de par sa justesse et son inventivité. Mille mercis au citoyen Tétard pour ce très beau cadeau.



 

 

 

DENIS (Sylvie), Pèlerinage, Ris Orangis, ActuSF, coll. Les Trois Souhaits, [1991, 1998, 1999, 2004] 2009, 149 p.

 

On m’a régulièrement vanté les qualités de nouvelliste de Sylvie Denis, et je croyais me souvenir de deux ou trois lectures allant dans ce sens. Je me suis donc jeté sur ce petit volume des éditions ActuSF. Las, ce fut une bien triste déconvenue : sur ces cinq nouvelles, seule une (« Le Zombie du frère » ; mais rien à voir avec les sympathiques bestioles romériennes) m’a paru présenter le moindre intérêt. Le reste ne brille ni par le style, ni par les idées. Un recueil médiocre, et une déception à la hauteur des espoirs que j’avais placés dans ce petit volume…

 


 

 

VONNEGUT Jr (Kurt), Le Breakfast du champion, ou Adieu lundi bleu !, [Breakfast of Champions], illustré par l’auteur, traduit de l’américain par Guy Durand, [1974] 1976, 344 p.

 

L’histoire d’une rencontre déterminante, celle de l’écrivain de science-fiction raté/génial Kilgore Trout (Dieu que j’aime ce personnage…), et du vendeur de voitures (entre autres) à moitié fou Dwayne Hoover. Et une magnifique virée à travers l’Amérique.

Celui-là, ça faisait un moment que je courais après… Et me voilà réconcilié (sans surprise…) avec Kurt Vonnegut après la déception causée par Un Homme sans patrie. Le Breakfast du champion est un sale petit chef-d’œuvre, qui se rapproche du niveau d’excellence d’Abattoir 5. Un vrai régal de la première à la dernière page que ce roman au ton délicieusement naïf (et émaillé d’illustrations à l’avenant) et littéralement bourré d’idées toutes plus géniales les unes que les autres. Et, pour le coup, un vrai pamphlet sur l’Amérique, mille fois plus intéressant et pertinent que les radotages d’Un Homme sans patrie. Une merveille, à lire à tout prix.

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B

L'année de la première parution de Bzjeurd (1995), j'ai écrit une suite, actuellement inédite, peut-être parce que trop crue pour les éditeurs. Suite à un récent article qui établissait un lien
avec Bzjeurd, je viens de lire "La Route", le roman de Cormac McCarthy (2006). J'ai été stupéfait par l'analogie de situation, mais plutôt entre "La Route" et "Kazerm", la suite inédite de Bzjeurd.
Cette analogie m'a simplement confirmé que, dans notre imaginaire, nous, humains, étions tous cousins, sachant aussi imaginer le pire. Comme "Kazerm" demeure inédit et que je m'occupe actuellement
de mes textes plus récents, j'ai décidé de mettre "Kazerm", provisoirement, en libre accès et texte intégral sur le Net. Olivier Sillig, février 2010 http://www.perso.ch/olivier.sillig
/kazerm.html


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R
La nef des fous, c'est l'utilisation ultra efficace de (grosses) ficelles, ca marche très bien, contrairement au livre suivant de russo ou les ficelles cassent en chemin.
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N

Je note, je note.


T
La nef des fous mérite d'être lue, mais ne marque pas durablement le lecteur. Les cent dernières pages m'ont bien tenu en haleine (difficile de ne pas penser à Alien). Le traitement des motivations des aliens comme : ou bien incompréhensibles par les humains/ou bien "maléfiques" me laisse un peu sur ma faim.
S'il s'agit bien d'une lecture distrayante, je trouve difficile de comparer la qualité de ce roman à Hypérion (contrairement à G. Dumay; voir critique sur Noosfere).
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S
Hello,

Pas vu de mail sur le blog donc je pose ma question ici : tu en parles où des Echos de Cimmérie ?

Bonnes lectures
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N

Sur le Cafard, bientôt.


É
P.S: au fait, as-tu eu l'occasion de voir "Slaughterhouse-five" the movie ?

É.
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N

Nan, toujours pas. Je sais, c'est mal...


É
Hello Nebal,

Concernant Vonnegut, j'aime bien constater que tu confirmes lecture après lecture la qualité de son œuvre. Je sais qu'il n'y aura pas à hésiter lorsque je tomberai chez des bouquinistes sur un bouquin portant son nom en couverture.

Breakfast of champions a bénéficié d'une adaptation ciné assez tarée. J'ignore le niveau de fidélité par rapport au roman, mais le film propose une plongée dans un microcosme outrancier qui explose pas mal les névroses de la société américaine (et dont on aurait tort de penser qu'elle seule en a l'exclusivité). En plus des rôles atypiques de Bruce Willis et Nick Nolte, je me souviens surtout du personnage du romancier, figure littéraire respectée mais vivant dans une quasi-misère. Peut-être y a-t-il beaucoup de Vonnegut là-dedans, moi j'y voyais pas mal du Bukowski.

É.
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N

Ouep, Vonnegut est grand. Mais pas vu l'adaptation ciné là non plus...


E
Au sujet de Bzjeurd (très chouette roman qu'on ne conseillera jamais trop), l'illu de la première édition à L'Atalante est très jolie.
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N

Certes, certes. Ca fait comme un contraste...


T
La lecture de Bzjeurd est prévue pour bientôt (hier, j'ai interrompu celle de la profondeur des tombes pour me débaucher à la lecture d'un honnête space-opera (La nef des fous de R. P.Russo)).
Autre chef-d'oeuvre de Disch à lire (d'urgence, cela va de soi): 334. Je relirai tantôt les deux d'affilée.
Reste à méditer sur cette info de G. Dumay (forum du Bélial) : "C'est malheureux à dire mais les ventes de Disch sont catastrophiques et donc d'éventuelles rééditions ne sont imaginables que chez des petites structures genre actusf qui ont des frais de fonctionnement infiniment moins importants que Denoël ou Gallimard."
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N

Ouep, 334 figure dans mes intentions d'achat. Quant à La Nef des fous, pas lu, mais il a la réputation d'être plus qu'honnête, non ?


W
Jardins virtuels.
Et puis c'est tout !
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N

Je veux bien te croire, et je tenterai sans doute l'expérience un jour prochain, mais là je suis un peu refroidi...