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"Apocalypses", de Clive Barker

Publié le par Nébal

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BARKER (Clive), Apocalypses, [Clive Barker’s Books Of Blood, Vol. 4], traduit de l’anglais par Hélène Devaux-Minié, Paris, J’ai lu, coll. Science-fiction – Fantastique, [1985, 1991] 1995, 251 p.

 

« Livres de sang », tome 4, cinq nouvelles de plus dans la collection horrifique de Clive Barker.

 

« Le Corps politique » part d’un postulat totalement absurde, et teinté de burlesque : les mains d’un homme se révoltent contre la tyrannie du corps et réclament leur indépendance. S’ensuivent moult scènes gores aussi horribles que drôles. Une nouvelle finalement assez originale, bien ficelée, et une délicieuse satire politique. Une réussite.

 

« La Condition inhumaine » débute à la Orange mécanique, quand quatre jeunes crétins molestent un vieux clochard et lui dérobent ses maigres possessions. Le « héros » se prend de passion pour une cordelette à nœuds, nœuds qu’il entreprend de délier ; mauvaise idée… Le fantastique n’intervient qu’assez tardivement dans cette nouvelle, avant tout le portrait d’un jeune troublé, à l’univers intérieur plus riche que ce que son attitude de racaille laisse supposer. Si « l’explication » n’est guère convaincante, l’ambiance est cependant très chouette.

 

Dans « Apocalypse », nous faisons la connaissance d’un abominable connard d’évangéliste en tournée, qui s’arrête dans un motel avec sa femme et son assistant. Problème : un crime passionnel a été commis trente ans auparavant dans leur chambre, et le couple de fantômes revient sur place pour une (nécessairement vaine) tentative de conciliation… On se doute que ça va dégénérer, et comment. Mais il s’agit néanmoins d’une très bonne nouvelle, bien construite et dotée d’une ambiance parfaite (qui n’est sans doute pas sans évoquer Psychose, contexte du motel oblige).

 

Suit une très courte nouvelle, « Retro Satanas », aux (faux ?) airs de fable : un milliardaire désireux de toucher Dieu décide qu’il est sans doute plus aisé de rencontrer le diable, et construit à cet effet un gigantesque appat, sous la forme d’un Nouvel Enfer en Afrique du Nord. Mouais… J’ai trouvé ça très anecdotique, tout de même.

 

Et le recueil de s’achever sur « Le Siècle du désir », nouvelle aux allures de polar horrifique dans laquelle un obsédé sexuel particulièrement acharné est lâché dans la ville. C’est d’un mauvais goût réjouissant, et la scène de viol d’un flic restera à n’en pas douter dans les mémoires. Pas mal du tout.

 

Au final, si aucun texte ne se détache vraiment pour mériter le titre de chef-d’œuvre, le niveau global est quand même très bon. Un chouette « Livre de sang » de plus.

 

Suite avec Prison de chair.

CITRIQ

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