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"Comme un automate dément reprogrammé à la mi-temps", de Laurent Queyssi

Publié le par Nébal

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QUEYSSI (Laurent), Comme un automate dément reprogrammé à la mi-temps, préface de Xavier Mauméjean, Chambéry, ActuSF, coll. Les Trois Souhaits, 2012, [édition numérique]

 

Au fil de mes lectures, j’ai eu de temps à autre l’occasion de croiser le nom de Laurent Queyssi (à plusieurs postes), dont voici le premier recueil de nouvelles. J’en connaissais déjà deux textes : « Fuck City », une histoire plutôt sympa à base d’univers parallèles et d’ordinateurs quantiques, lue dans le n° 5 de Fiction, et « 707 Hacienda Way », texte co-écrit avec Ugo Bellagamba, dans Dimension Philip K. Dick, et séduisant de par son évidence (même si on peut peut-être y trouver quelques lourdeurs de jeunesse, malgré les réécritures). Deux expériences plutôt concluantes, donc. Aussi, et le titre de ce recueil – celui du seul texte inédit qu’il comprend – étant plutôt sympa et intriguant, de même que la couverture, je me suis décidé à en tenter la lecture. Notons rapidement qu’il s’ouvre sur une préface un brin cryptique de Xavier Mauméjean (« Portrait en découpe sur écran ») et qu’il se conclut sur une interview de l’auteur ; chaque nouvelle est en outre accompagnée d’un petit texte de présentation.

 

Maintenant, décortiquons, décortiquons (je ne reviendrai pas ici sur les deux textes précédemment cités). On commence avec « Sense of Wonder 2.0 », une nouvelle bourrée d’idées jusqu’à la gueule et plutôt bien vue ; même si l’on met du temps pour y arriver, la description de l’effet « sense of wonder » est enfin pertinente, entre la fascination et l’angoisse mêlée de dépit face aux promesses non tenues. Une bonne entrée en matière.

 

Après « Fuck City », on passe donc à « Comme un automate dément reprogrammé à la mi-temps », nouvelle qui se déroule dans le milieu des séries TV américaines, et fait intervenir en définitive ce bon vieux Pac-Man. Instructif, amusant, là encore bien vu, c’est une réussite indéniable.

 

« La Scène coupée (Fantômas, 1963) » fait intervenir le génie du mal de Souvestre et Allain dans la production des films avec l’odieux De Funès et Jean Marais. Rigolo…

 

Passons sur « 707 Hacienda Way » pour arriver directement à « Rebecca est revenue », si je ne m’abuse la nouvelle la plus ancienne de ce recueil. Je ne suis pas sûr d’y avoir tout compris – et j’ai chopé une migraine en essayant – mais j’en garde néanmoins plutôt un bon souvenir. Là encore, il y a un certain sentiment d’angoisse et de frustration qui est bien rendu.

 

« Planet of Sound », texte écrit en collaboration avec Jim Dedieu, est un texte peut-être un peu trop long mais assez intéressant dans le fond comme dans la forme. Hommage aux Pixies (ouééé) au moment de leur reformation (aïe), c’est en outre une histoire paranoïaque du rock passablement déjantée ; tout à fait intéressant (mais faites-moi la même chose avec Sonic Youth).

 

Ne reste plus que « Nuit noire, sol froid », à nouveau un texte où la musique joue un rôle fondamental, récit dans le récit alors qu’une arche stellaire arrive enfin à destination (scandale !). Pas mal.

 

Dans l’ensemble, le recueil, qui ne manque donc pas d’idées venant de tous les horizons, est plutôt bien écrit, même si l’on relèvera de temps à autre quelques pains stylistiques, lesquels, si on y ajoute un taux relativement élevé de coquilles, laissent supposer que le recueil n’a pas été suffisament ou correctement relu, ce qui est tout de même un peu dommage. Pour le reste, on a un peu le sentiment d’un auteur très geek qui fait ses gammes, de manière assez convaincante dans l’ensemble, sans que ce soit transcendant pour autant. Un sentiment finalement assez comparable, quoique de manière différente, à celui suscité par Singulier Pluriel de Lucas Moreno, pour évoquer une autre lecture récente ; y a de l’idée, même si ce n’est pas encore tout à fait ça. Mais c’est déjà pas mal, et on va dire, bon prince (il vous en prie), assez prometteur.

CITRIQ

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C
Salut NEBAL,
Je trouve que le qualificatif "auteur très geek" que tu utilise est parfaitement adapté à Laurent QUEYSSI. Je pense à l'utilisation qu'il fait des séries TV americaines, le rock anglais, Phil DICK
et surtout le PAC MAN! Un bon bouquin pour moi aussi.
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