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CR "Inflorenza" : Florenza (1)

Publié le par Nébal

Florenza-1.jpg

 

 

[Nouvelle partie d’Inflorenza, totalement indépendante des précédentes. Nous avons adopté le théâtre « Florenza » tiré du livre, un peu retouché et allégé par Turtle ; l’idée de base était en outre de jouer dans un style plus « capes et épées » que d’habitude, avec du panache, et une touche de « réalisme magique » impliquant que les joueurs n’usent pas trop pour eux-mêmes de la carte du surnaturel… Nous étions quatre joueurs : Epiphanie, Turtle, AK et moi-même. Les retours à la ligne marquent les instances (il y a eu parfois des bouleversements dans l’ordre, et c’est pourquoi j’indique à chaque fois en tête de paragraphe le joueur dont c’est l’instance) ; les thèmes tirés aux dés sont indiqués en italiques et entre crochets, de même que les moments où le compte rendu sort du récit pur pour revenir aux joueurs, de manière générale, essentiellement les conflits ; il n’y avait pas de Confident à proprement parler ; par contre, nous sommes souvent intervenus dans les tours des autres, et nous sommes tous conseillés mutuellement). Les « phrases » sont indiquées par le soulignement (j’ai également relevé quelles phrases étaient rayées en cas de sacrifice).]

 

Epiphanie : Au nord de Florence, à proximité du couvent de saint Pierre. Il y a eu récemment des processions qui ont mal tourné, à cause de fanatiques s’opposant au Podestat. Les Guelfes doivent se réunir dans le couvent, ils entendent trouver de quoi faire tomber le Duc. Epiphanie joue l’âme damnée du Duc, qui s’infiltre dans cette réunion des opposants. [Politique] Le Duc veut savoir ce qui se passe au couvent, j’y vais pour lui. L’âme damnée a revêtu un déguisement de moine, avec la tonsure. Il pénètre dans la chapelle principale du couvent au milieu des Guelfes qui s’y pressent. Personne ne semble le remarquer. On trouve là des moines qui ont fait vœu de silence, mais aussi des nobles, dont un éminent représentant de la famille Borgia. Les autres grandes familles se font dans l’ensemble plus discrètes. On trouve sur l’estrade un grand siège vide avec un coussin pourpre. On attend quelqu’un de véritablement important, plus que le cardinal Dante et l’archevêque.

 

Turtle : Pendant ce temps, au sud de la ville, le personnage de Turtle se bat sur les toits contre une dizaine de gardes de la cathédrale, qui l’ont surpris en train de fouiller dans un reliquaire. Il défait ses adversaires et passe sur les toits des palais proches. Un garde crie : « On te retrouvera, Di Giovanni ! » Il finit par rejoindre les ruelles et la foule, et se rend au palais du Duc. Ses apprentis s’étonnent de son retard. C’est le maître d’armes du palais, et le professeur du Duc. Il cherche un adversaire à sa mesure. [Arts & sciences] Je veux trouver un adversaire à ma mesure dans l’art de l’épée, l’âme damnée du Duc saura m’y aider.

 

Nébal : Je suis Fra Dario, un moine défroqué qui répand l’athéisme et le blasphème au service du Duc. Juste quand je remonte ma braguette – j’étais en train de pisser contre la cathédrale –, j’assiste au combat de Di Giovanni contre les gardes, et me dis que je peux en profiter. Je dépose des pamphlets contre « le Dieu de pisse et de merde » partout à l’intérieur de la cathédrale. Je me fais tout de même repérer… Mais je parviens tout de même à m’éloigner sans plus de soucis : on sait que je suis protégé. Je rentre au palais du Duc, où on me parle de la réunion au couvent de saint Pierre, et me suggère de m’y rendre pour faire diversion ; j’accepte volontiers, cela m’amuse, et je déteste les Guelfes. [Religion] Je veux blasphémer au cœur de la réunion des Guelfes pour détourner l’attention de l’âme damnée du Duc. Je me rends sur place, accompagné de quelques joyeux camarades chargés de ma protection.

 

AK : Sixtine Da Vinci, maîtresse espionne du Duc, pénètre dans son bureau, où elle le trouve affairé. « J’ai le rapport sur la taupe qui vend des informations vous concernant à vos ennemis. » Elle pose sur le bureau trois dossiers. Le premier suspect est Di Giovanni, qui fait le beau, mais s’absente souvent. Le deuxième est Fra Dario : « Nous savons pourquoi c’est votre protégé, nous ne rentrerons pas dans les détails. » Elle avait suggéré de l’exiler ; il disparaît régulièrement dans des orgies, elle se méfie énormément de lui. Le troisième suspect est l’âme damnée du Duc, qui a accès à toutes les informations confidentielles ; elle avait déjà dit au Duc qu’il ne devrait pas se confier autant. Le Duc a été trop bon par le passé, des mesures drastiques s’imposent. Elle le rassure en ce qui concerne les autres suspects, qui ont été blanchis. [Relations] Je veux sacrifier les trois suspects pour asseoir mon pouvoir sur le Duc. Elle suggère d’arrêter les trois suspects au plus tôt.

 

Epiphanie : La réunion est censée être une célébration en l’honneur de saint Pierre et une messe pour les morts des dernières semaines. Les officiels se montrent enfin. Entrent l’archevêque et le cardinal Dante, ainsi qu’une troisième personne, vêtue de noir, d’allure très simple et passe-partout, qui s’installe sur le siège principal. Murmures ; l’archevêque demande le silence. S’ensuit une prière qui dure une vingtaine de minutes. Le troisième homme ne fait pas un geste, mais ses yeux s’arrêtent un instant sur l’âme damnée du Duc. Le cardinal dit ensuite que Rome a entendu leur appel, et que le pape a envoyé son propre confesseur. La lutte contre les athées, impies et autres suppôts de Satan va prendre un nouveau tournant ce soir. Ce sera le renouveau de l’église florentine. C’est alors qu’on entend du bruit près de l’entrée ; le jardin potager n’est plus entretenu depuis l’arrivée au pouvoir du Podestat ; c’est là que Fra Dario hurle ses obscénités : « J’ai besoin de fourrer ! Je veux fourrer ! Faut que je fourre ! Ça a l’air d’être une chouette partouze de pédales ici ! Je veux planter mon énorme bite dans le cul du cardinal ! » Des murmures réprobateurs s’élèvent. Fra Dario est accompagné d’une petite troupe d’agitateurs qui chantent des chansons paillardes : « les prêtres ont des ronces au cul », etc. Le confesseur du pape se retire, les autres officiels font de même. L’âme damnée du Duc emboîte leur pas. Il suit le cardinal et lui brise la nuque dans son appartement ; il peut modeler son visage, et se grime de manière très saisissante pour lui ressembler. [Masques] Je peux imiter le visage d’à peu près n’importe qui.

 

Nébal : Je continue de foutre le bordel dehors avec mes amis agitateurs. La foule s’énerve vraiment. Un excité – que je sais, c’est presque notoire, être membre du Bûcher des Vanités – hurle que je suis allé trop loin et qu’il est temps de payer. La foule en colère s’empare de gourdins et s’avance vers moi. Mais mes amis et moi dégainons nos mousquets et les pointons sur nos assaillants. « Suce ou crève ! » Je réclame des nonnes, en supposant qu’elles seront moins coincées que les bigots de la réunion. C’est alors que se fait entendre la voix d’un jeune homme au milieu de la foule : « Père, arrêtez ; vos bêtises ne font plus rire que vous. » Je suis stupéfait de voir mon fils ici. [Relations] Mon propre fils fait partie du camp des Guelfes. Je lui demande pourquoi, et où est sa mère, mais ce n’est pas le lieu d’avoir cette discussion ; nous nous éloignons sous la protection des mousquets pour en discuter dans une taverne devant une chope de bière (moi, en tout cas).

 

Turtle : Di Giovanni a suivi Fra Dario pour lui servir d’escorte ; il s’est amusé du souk à l’entrée (tout cela n’est pas très correct, mais on a l’habitude). Il a cru devoir intervenir quand la foule s’est avancée avec les gourdins, mais finalement Fra Dario s’en est tiré tout seul. Il attend du coup la sortie de l’âme damnée du Duc pour savoir s’il a trouvé son adversaire. C’est alors que deux hommes vêtus de noir, le visage masqué par des loups de la Comedia dell’Arte s’avancent vers Di Giovanni ; ils essayent de l’embarquer en le prenant chacun par un bras, mais il résiste. Sixtine apparaît alors pour lui dire qu’il est aux arrêts sur les ordres du Duc. Di Giovanni se laisse alors faire, parce qu’il a confiance dans le Duc, qui sait qu’il ne porte pas de masque. [Masques] Le Duc sait bien que je ne porte pas de masque.

 

AK : Le Duc a donné à Sixtine l’autorisation d’arrêter les trois suspects, mais en exigeant d’assister à leur interrogatoire. Elle espère bien que l’un d’entre eux au moins résistera pour qu’il n’y ait pas d’interrogatoire… Elle envoie trois hommes arrêter Fra Dario dans la taverne où il s’est retiré avec un jeune évêque. Di Giovanni ne résiste pas ; elle confie à ses hommes le soin de le ramener au palais du Duc. Elle s’infiltre dans le couvent, en se faufilant dans l’ombre. Elle se glisse enfin dans une pièce où sont réunis plusieurs dignitaires : l’archevêque, le cardinal Dante, l’homme en noir, le gros Borgia (qu’elle cherche à impliquer aussi, tant qu’à faire). [Florence] J’ai une preuve supplémentaire de la culpabilité des Borgia.

 

Epiphanie : Il dissimule le corps du cardinal et prévoit de maquiller sa mort ; il voulait tout d’abord le mettre dans le roncier, mais il y a là une vingtaine d’hommes armés de longues épées, de toute évidence pas des prêtres. Il se rend ensuite à un repas avec les autres officiels, où il apprend de nombreuses choses. Le confesseur, Fra Eusebio, ne dit rien de tout le repas et refuse qu’on lui serve à manger. L’archevêque déblatère avec le gros Borgia, qui acquiesce à tout ce qu’il dit. Fra Eusebio serait un puissant exorciste, touché par la grâce : sa voix porterait la mort au cœur même des hérétiques, et c’est pourquoi il parle peu. Cela intéresse l’âme damnée du Duc : il ne croit pas vraiment à la religion, mais bien à la magie (on le considère un peu sorcier lui-même). Il repère quelqu’un dans la soupente ; il ne l’identifie pas, mais a quelques soupçons impliquant Sixtine, ce qui l’oblige à changer ses plans. La fin de la soirée est passée en récitations liturgiques. Fra Eusebio finit par se retirer. L’archevêque est assez fier d’avoir fait jouer ses contacts au Vatican pour faire venir à Florence Fra Eusebio ainsi que les spadassins du roncier, avec à leur tête Rufio (qui a provoqué d’innombrables morts, notamment à Naples qu’il a ravagée ; il s’est mis au service du pape pour racheter son âme de ses nombreux péchés). L’âme damnée du Duc va ensuite dissimuler le corps du cardinal dans un coffre. [Vengeance] Sixtine me prépare un chien de sa chienne.

 

Turtle : Di Giovanni s’est laissé très poliment ramener au palais du Duc. La nuit étant tombée, il n’y avait pas beaucoup de spectateurs de cette humiliation. Di Giovanni sait que c’est une erreur et que le Duc le blanchira. Mais il doit passé une cellule, après avoir remis son épée à Sixtine. Les gardes essayent de le menotter, Di Giovanni dit que ce n’est pas nécessaire, mais il se laisse encore faire, même si ça l’énerve de plus en plus. Il attend jusqu’au cœur de la nuit, sans dormir. Un homme entre alors dans sa cellule. Di Giovanni veut lui faire confiance jusqu’au dernier moment, mais cet homme sort une dague et essaye de le planter. Sixtine veut se débarrasser du maître d’armes avant tout procès. Ça suffit ! Di Giovanni coince la dague de l’homme dans les anneaux de ses menottes et se débarrasse de lui avec panache. Il parvient à défaire les anneaux en les tordant. Il quitte la cellule, laissant le cadavre de son adversaire à l’intérieur ; Sixtine appréciera ! [Religion] Je soupçonne le Vatican de me piéger.

 

Nébal : J’entre dans la taverne avec mon fils, le tavernier me reconnaît et me sert d’office une bière. Parmi les hommes qui sont là pour me protéger, certains entrent dans la taverne tandis que d’autres forment un cordon de sécurité devant. Je parle à mon fils, lui reproche d’avoir intégré le camp ennemi. Il répond à tous mes arguments, mais on sent qu’il m’aime bien malgré tout : je suis son père ! Puis un de mes hommes vient me voir, m’annonçant que trois hommes du Duc désirent me parler. Ils entrent, et veulent me mettre aux arrêts. Je refuse, affirmant que le Duc n’a pas d’homme plus fiable que moi. Quand un des hommes dégaine sa rapière et essaye de me planter, mon fils sort une dague de sa soutane et l’égorge. J’en abats un autre de mon mousquet, et fous un coup de boule au dernier, l’étalant pour le compte. Je rassemble mes hommes. Il faut fuir, mais je ne sais pas trop où aller dans ces circonstances. Mon fils me dit de le suivre : il sait où me cacher. Il est tout de même furieux : « Père, avec vos conneries, vous avez grillé ma couverture ! » « Quelle couverture ? » « Vous ne pensez tout de même pas être le seul à vouloir protéger Florence des manœuvres anti-républicaines des Guelfes ? Nous en parlerons au calme. » [Masques] Mon fils n’est pas ce que je croyais.

 

AK : Minuit sonne. Sixtine entre dans l’appartement du cardinal Dante, qu’elle trouve affairé (il s’agit en fait de l’âme damnée du Duc). Elle s’agenouille devant lui : « Mon Père, bénissez moi. » Quand l’âme damnée s’est exécutée, elle reprend : « Tout se passe comme prévu : Di Giovanni ne pourra pas protéger le Duc, qui est d’accord pour mettre aux arrêts Fra Dario et son âme damnée. » Sixtine travaille avec le cardinal depuis des mois en vue d’affaiblir le Duc. Il s’agit de mettre en place d’importantes processions se concluant sur un exorcisme de la ville. L’âme damnée affirme que cet exorcisme aura lieu dès le lendemain. « Et l’assassin ? » demande Sixtine. « Il est en place. » « Mais il devait être au rendez-vous, où est-il ? » [Clan] J’ai fait allégeance au pape.

 

Epiphanie : Il sert deux verres, et verse un poison (pas mortel : il s’agit de faire parler Sixtine, puis de la faire dormir) dans l’un. Il dit : « Les plans ont changé ; nous avons pu faire entrer notre assassin au palais. » « Qu’est-ce que c’est ? Je ne bois pas d’alcool. » « Du jus de melon napolitain. » (L’âme damnée sait que Sixtine ne boit pas.) [CONFLIT DUEL : si Epiphanie l’emporte, Sixtine boit et déballe tout ce qu’elle sait ; si AK l’emporte, Sixtine démasque l’âme damnée. Je m’allie à Epiphanie, qui gagne.] Sixtine boit. Elle dit qu’elle a remis les dossiers falsifiés au Duc, a blanchi les Borgia, etc. « C’était une bonne idée d’impliquer Fra Dario, il attire l’attention. » L’âme damnée dit cependant qu’il se méfie des Borgia. Mais Sixtine a gardé les éléments d’accusation contre eux… L’âme damnée dit que, quand la cloche de la cathédrale sonnera six coups le lendemain soir, tout le monde passera à l’action (il cherche ainsi à pousser Sixtine à l’erreur). [Epiphanie raye Sixtine me prépare un chien de sa chienne. AK gagne deux phrases : [Péché] Mon orgueil m’aveugle. [Comédie] J’ai un rôle de choix dans la pièce à venir.] Sixtine s’éclipse. (Note : si l’âme damnée savait que Sixtine lui préparait un chien de sa chienne, c’est que mon fils l’en avait informée, c’est un agent double.)

 

Turtle : En sortant du palais, Di Giovanni aperçoit Fra Dario… avec son évêque de fils. Di Giovanni devient complètement paranoïaque : le Vatican a vraiment mis la main sur tout le monde ! Il se sent complètement dépassé par les événements. Di Giovanni remarque que les ennuis lui sont tombés dessus en cascade depuis qu’il a fourré son nez dans le reliquaire à la cathédrale ; il en déduit qu’il y a quelque chose de surnaturel dans tout cela. Il décide d’aller voir ses compagnons des Anges de la Boue pour savoir si ce sont eux qui ont mis à jour cette relique-là (une sorte de main de bébé en porcelaine), qu’il n’avait jamais vue auparavant. Il va chez l’orfèvre qui a forgé son épée, au milieu de la nuit. Il balance des pavés sur les volets en bois de l’étage jusqu’à ce qu’on lui ouvre. Il interroge alors l’orfèvre à propos de la relique. [Folie] J’ai besoin d’un exorcisme. Di Giovanni commence à avoir de la fièvre.

 

Nébal : Mon fils m’emmène dans un bâtiment borgne, après avoir dispersé mes hommes pour être discrets. Nous entrons dans une pièce où se trouvent plusieurs hommes en armes. L’un d’entre eux interpelle mon fils : « Alors, marquis ? Comment ça s’est passé ? » « Chut ! » (Mon fils s’adresse ainsi autant à moi qu’aux hommes de la pièce.) Nous pénétrons dans une salle séparée où nous nous retrouvons seuls. Mon fils ôte sa soutane et se change. Je suis abasourdi : « Marquis ?! » « C’est compliqué, Père… Il se peut que j’aie un tantinet travesti la réalité, et je souhaiterais que les hommes dans la pièce d’à côté ne l’apprennent pas… » « Tu es toi aussi au service du Duc ? » « Je suis au service de la République. » Mon fils me dit qu’ils avaient appris que les Guelfes mijotaient quelque chose, d’où son infiltration quand ils ont appris la venue de Fra Eusebio. Mais à cause de mon intervention, ils n’en savent pas plus aujourd’hui que quelques jours plus tôt… [Clan] J’ai une dette envers mon fils.

 

AK : Sixtine se réveille avec la migraine… Mais c’est un grand jour aujourd’hui ! On la prévient cependant que Di Giovanni s’est échappé, et qu’on a trouvé le cadavre d’un agent de Borgia dans sa cellule. Sixtine fait maquiller la scène afin d’inculper Borgia. Quelque temps plus tard, le Duc convoque donc le gros Borgia ; on lui lit la liste des griefs à son encontre. Sixtine incite le Duc à faire un exemple, avec une exécution sur la place publique, en comptant bien ainsi semer le trouble dans les rangs de la noblesse. Mais le Duc est perplexe. [CONFLIT SIMPLE : en cas de réussite, Sixtine parvient à persuader le Duc de faire exécuter Borgia au plus tôt. Réussite, AK gagne deux phrases : [Politique] La justice de la ville est dans ma poche. [Relations] Je sacrifie trop vite mes atouts.] On dresse rapidement une estrade sur la place du palais, et proclame l’exécution à venir ; Borgia est bientôt guillotiné. La foule exulte, mais les nobles sont inquiets…

 

Epiphanie : L’âme damnée fait son apparition au palais. « Vous savez, Duc, si Sixtine a raison, il est temps de faire un grand ménage. » Le Duc l’interroge sur les résultats de sa mission, et sur l’accusation portée à son encontre. L’âme damnée dit qu’il a appris l’existence de ce dossier de la bouche même de Sixtine quand elle est venue voir le cardinal Dante, et raconte tout ce qui s’est produit. [CONFLIT DUEL : si Epiphanie l’emporte, le Duc croit son âme damnée ; si AK l’emporte, le Duc croit Sixtine. Turtle et moi aidons Epiphanie. AK gagne.] Le Duc sonne pour qu’on arrête l’âme damnée, qui s’éclipse : « Je vous aurai prévenu ! » [Epiphanie gagne trois phrases : [Politique] Il me reste de nombreuses ficelles à tirer. [Mémoire] Le Podestat a la mémoire courte, je saurai m’en souvenir. [Folie] La paranoïa de mon ancien maître me contamine. AK gagne deux phrases : [Mémoire] Le Duc se souvient qu’il me doit beaucoup. [Vengeance] J’ai plus d’ennemis que je ne croyais.] Déçu par l’homme qu’il servait depuis si longtemps (quinze ans ?), celui qui n’est du coup plus l’âme damnée du Duc compte se venger de Sixtine. Il a besoin d’alliés : les deux autres accusés. Il va chercher Di Giovanni auprès des Anges de la Boue. Il arrive vers 15h chez l’orfèvre.

 

Turtle : Di Giovanni est en sale état, il a des accès de fièvre, des hallucinations (des mains de bébés partout, qui l’agrippent ou le pincent). L’orfèvre prend soin de lui, et conduit l’ex-âme damnée à son chevet. Di Giovanni dit avoir besoin d’un exorcisme, et est complètement paranoïaque. L’ex-âme damnée dit savoir ce qu’il lui faut. Di Giovanni rappelle qu’il était sans tache, et qu’on lui a volé son honneur. L’ex-âme damnée dit que Di Giovanni sait qui est son ennemie… « Mais si je la tue, le Duc ne me le pardonnera jamais ! » L’ex-âme damnée dit qu’il y a d’autres ennemis, et que d’autres personnes ont été accusées à tort. Di Giovanni accepte de suivre l’ex-âme damnée s’il peut ainsi récupérer son honneur. L’ex-âme damnée révèle ses traits, et dit qu’il a été inculpé également. [Florence] Je ne suis pas le plus grand bretteur de Florence pour rien. L’ex-âme damnée affirme qu’il leur faut également retrouver le dernier suspect, Fra Dario, et rassure Di Giovanni : l’évêque avec lequel il l’a vu n’est pas plus affilié à Rome qu’eux. Di Giovanni le croit, et ils partent retrouver Fra Dario.

 

AK : On informe Sixtine qu’on a failli attraper l’ex-âme damnée, et aussi que le cardinal Dante est mort ce matin. Il va donc falloir que Sixtine s’entretienne avec l’archevêque. En attendant, elle donne des ordres pour qu’on retrouve Di Giovanni et Fra Dario, que l’ex-âme damnée va sans doute chercher à contacter. [CONFLIT DUEL : si AK l’emporte, l’ex-âme damnée et Di Giovanni sont repérés et une troupe importante leur tombe dessus devant la planque de Fra Dario ; si Turtle l’emporte, ils be sont pas repérés et ont toute latitude pour faire ce qu’ils veulent. Epiphanie et moi aidons Turtle, qui gagne. Elle raye J’ai besoin d’un exorcisme (Di Giovanni pète maintenant le feu…). AK gagne deux phrases : [Comédie] Je ne suis pas la seule à jouer un rôle. [Arts] Florence m’érigera une statue après tout cela !] L’ex-âme damnée et Di Giovanni entrent dans la planque de Fra Dario.

 

Nébal : J’entends Di Giovanni qui provoque les « républicains » ; je viens calmer le jeu et nous nous retirons tous avec mon fils pour discuter. Ils m’exposent ce qu’ils savent. [Je sèche complètement sur cette instance, j’en parlerai plus loin… Tout le monde me fait des suggestions, et c’est notamment Epiphanie qui donne l’orientation de la scène en proposant ce qui suit.] Nous allons monter un grand carnaval pour semer la zizanie au couvent de saint Pierre et décrédibiliser les processions des Guelfes. [Comédie] C’est l’heure du grand carnaval blasphématoire ! Fra Dario, Di Giovanni et mon fils nous rendons sur place accompagnés des « républicains », pendant que l’ex-âme damnée va organiser une diversion par rapport à Sixtine.

 

AK : Sixtine va prendre contact auprès de l’archevêque, qui lui donne rendez-vous en ville avec l’assassin, qui a un signe distinctif (c’est sans doute Rufio). Ils se retrouvent en basse ville. Sixtine organise l’assassinat du Duc par Rufio grâce à ses entrées dans le palais ; elle va se réfugier au cas où dans un endroit fréquenté par les notables. [CONFLIT DUEL : si AK l’emporte, son plan se passe bien, et le Duc est assassiné ; si Epiphanie l’emporte, le plan rate et Rufio est mis en fuite. Turtle s’allie avec Epiphanie, qui gagne. Il raye la phrase Il me reste de nombreuses ficelles à tirer. AK gagne une phrase : [Politique] Mon pouvoir est sans limite. C’est la douzième phrase de Sixtine, qui quitte donc la partie par le haut…] À l’heure dite, Rufio s’introduit dans le palais. L’ex-âme damnée le suit discrètement jusqu’à la chambre du Duc. Il a de nouveau altéré ses traits, cette fois pour ressembler au Duc, et surprend Rufio au dernier moment en lui tapant sur l’épaule par derrière. Rufio, abasourdi, s’enfuit en lâchant sa rapière. Le Duc est tétanisé en se voyant lui-même. L’ex-âme damnée lui dit : « Peut-être me croirez-vous maintenant quand je vous dis que Sixtine prépare votre assassinat. » Le Duc s’approche de lui, fasciné par son propre visage… et l’ex-âme damnée lui enfonce la rapière dans le ventre. Le Duc s’écroule. L’ex-âme damnée tire la sonnette et s’enfuit par un passage secret, en espérant, si le Duc survit, que le nom de Sixtine lui restera en tête…

 

(À suivre…)

 

[Quelques remarques sur mon interprétation personnelle (il y aurait sans doute bien d’autres choses à dire sur cette partie – notamment sur les assez nombreuses incohérences qu’elle comprend, et qui, si elles pouvaient être discrètes en cours de jeu, deviennent flagrantes à la lecture de ce compte rendu – mais je manque de légitimité pour ce faire ; a fortiori pour ce qui est de la performance de chaque joueur…). Mazette, donc… J’ai repris Inflorenza avec grand plaisir après une longue et frustrante période sans jeu de rôle (j’étais en manque !), mais ça se sent que j’étais rouillé… Je suis content de mon personnage de Fra Dario, que j’ai trouvé très amusant et cohérent avec le théâtre, et suis satisfait de mes premières instances outrancières pour les mêmes raisons. Cependant, j’ai commis plusieurs erreurs par la suite, qui m’ont enfermé dans une trame dont il était difficile de se dépêtrer. Le problème venait du personnage de mon fils, que j’aime bien, et qui a monté en puissance au fil des instances – sans doute pourra-t-il faire des choses intéressantes par la suite –, mais je lui ai consacré beaucoup trop d’importance : mes phrases, mal choisies, tournaient presque systématiquement autour de lui plutôt que de moi ; il était difficile de les employer en jeu – en dehors de celle selon laquelle il n’était pas ce que je croyais –, et cela m’a notamment empêché de faire le moindre conflit tout au long de la partie, ce que j’ai trouvé un peu frustrant à force. D’où mon gros problème, mentionné au cours du compte rendu, lors de ma dernière instance : je souhaitais faire enfin un conflit, ce qui m’a été impossible, et ne voyais absolument pas comment intervenir moi-même dans la trame unissant les autres personnages de manière cohérente ; j’avais bien quelques idées de « blasphèmes » – que la suggestion d’Epiphanie, le carnaval, est venue prolonger et mettre en œuvre – mais qui risquaient trop de m’isoler encore une fois, même si elles pouvaient être amusantes… J’ai ainsi séché complètement lors de cette instance qui devait être cruciale, ce qui m’a passablement gêné – et a en outre cassé le rythme de la partie, pardon, pardon. Pas mal d’enseignements à tirer personnellement, donc, de cette session, sur des points « techniques » (en terme de narration et de « mise en scène ») que je n’avais pas forcément perçus auparavant.]

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Thomas Munier 11/12/2014 09:36

Pour vous donner du grain à moudre, deux comptes-rendus se passant également à Florence :
+ Florence Charnelle : http://www.terresetranges.net/forums/viewtopic.php?pid=10459#p10459
+ La Cité de la Chair :
http://www.terresetranges.net/forums/viewtopic.php?pid=12502#p12502

(attention ils sont bien trashcore tous les deux :) )

turtle 10/12/2014 23:30

Une précision sur les contraintes : on a posé avant de commencer qu'on serait tous au service du Duc Médicis, et qu'on aurait tous à un moment (soit dès le début soit au cours du jeu) une
appartenance à une 2e faction (société secrète, parti politique, ou puissance étrangère). Ça aidé à monter le sac de noeuds au début, je pense, même si ça ne se voit pas trop au final.

Je pense que je suis à l'origine de pas mal d'incohérences, j'ai bien patiné en pensant pouvoir vous rejoindre par un chemin compliqué (la folie, l'exorcisme) que j'ai ensuite laissé tomber quand
Epiphanie m'a montré un raccourci. Je plaide coupable, mais perso ça ne m'a pas bousillé la suspension d'incrédulité. L'important c'est qu'on soit retombés sur un équilibre et une dynamique et
qu'on ait pu clore proprement.

C'est vrai qu'on a laissé pas mal de trucs en plan mais qui peuvent encore soit resservir plus tard soit se faire oublier.

Pour ce qui est des conflits, je ne suis pas sûre que le problème vienne de tes phrases. Epiphanie et AK se sont pas mal opposés et l'absence de surnaturel nous a empêchés de participer à leurs
duels. Mais toi et moi, on aurait pu se poser chacun devant des conflits simples, si on avait voulu en jouer plus. Tu aurais pu mettre ton fils en danger ou t'opposer à lui... ça faisait un conflit
simple avec des phrases à jouer. A nous ensuite de récupérer le truc en impliquant ton fils dans nos enjeux.

Par contre, effectivement je vois mal comment tu aurais pu tout faire en une seule instance : gommer les incohérences, relier ton perso à l'histoire du complot de Sixtine et jouer un conflit. Ça
faisait beaucoup trop pour une dernière instance. Il a fallu choisir, et tu as lâché le conflit au bénéfice de l'histoire et c'était un beau geste.

Rien à ajouter sinon que ce fut une très chouette partie, qu'en ce qui me concerne mes attentes ont été pleinement satisfaites (et c'est rare) : belle partie, des intrigues, du panache, et de
chouettes persos. J'ai hâte qu'on se fasse la revanche des Avengers de Florence !

Thomas Munier 10/12/2014 11:10

Content de vous voir tester une autre facette d'Inflorenza !

Si j'ai bien compris, tu as rencontré un problème parce que tu voulais orienter ton personnage dans une direction (le moine organisateur d'évènement blasphématoires) mais que le jeu t'a entraîné
dans une direction différente (sa relation avec son fils). Pour pallier à ça, le jeu te propose diverses solutions :
+ faire une à deux instances sans conflit pour "réorienter" le personnage
+ tenter un conflit même avec peu de phrases concernées (celle du début, je pense)
+ faire un conflit impliquant à la fois l'organisation d'une bacchanale et la relation avec le fils (le fils est entraîné par erreur dans l'évènement, ou il s'y oppose, où il le récupère pour ses
propres plans)
+ demander au confident de cadrer le décor et les figurants pendant ton instance en lui précisant le genre de défi que tu recherches.
+ au pire, carrément faire un "reroll" du perso, c'est-à-dire supprimer autant de phrases que tu veux pour en réécrire de nouvelles. On peut le faire d'habitude au début d'une nouvelle séance
pendant une campagne, mais ça peut s'envisager en cours de séance si vraiment tu as trop l'impression de perdre le contrôle du perso.

Concernant les incohérences, ça peut arriver quand on fait de l'impro à plusieurs. Dans l'absolu, c'est le rôle du Confident de faire des points à intervalles réguliers pour solutionner ça. C'est
aussi son rôle de demander aux joueurs de nouer leurs intrigues ensemble et de s'assurer qu'on ne crée pas dans des directions trop différentes.
Ou alors on peut accepter les incohérences si on les intègre dans le cadre du réalisme magique ou des thèmes "masques" et "comédie" employé sur votre théâtre.

epiphanie 09/12/2014 16:19

Perso j'ai pris beaucoup de plaisir à cette partie et je ne trouve pas plus d'incohérences que ça. Certes, comme d'hab, beaucoup de choses ont été évoquées et pas utilisées, et le désir de conclure
précipite un peu l'action, mais pas plus finalement que dans d'autres sessions ou avec des maîtrises plus strictes, des histoires plus écrites.
Après, on a développé beaucoup de matériel (dont masse de PNJ), dans un genre, l'intrigue, que l'on n'avait encore quasiment jamais pratiqué avec le système d'Inflorenza. le temps de maîtriser tout
ça et on fera encore mieux.

Nébal 10/12/2014 10:43



Ah mais j'ai pris énormément de plaisir aussi, hein ! Sauf, donc, lors de ma dernière instance, où je me sentais tout con...


 


Pour les incohérences, si, franchement. Je crois que ça ressort encore de ce compte rendu, et pourtant, j'avoue, j'en ai gommé quelques-unes, les plus flagrantes (mais je ne pense pas que leur
absence ici soit dommageable, bien au contraire : il s'agissait d'éléments rendus impossibles par le déroulement de l'intrigue, et qui ne pouvaient plus être repris par la suite).


 


D'accord sur ton dernier paragraphe, bien sûr.