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CR "Inflorenza" : les chemins de Compostelle (3) : Glaise

Publié le par Nébal

Aubeterre.jpg

 

 

(Photo : église monolithe d’Aubeterre.)

 

Nouvelle partie d’Inflorenza, qui fait directement suite à la précédente.

 

Nous étions les trois mêmes joueurs (les retours à la ligne marquent les instances ; les thèmes tirés aux dés sont indiqués en italiques et entre crochets ; je n'étais pas Confident). Nous avons employé un théâtre spécialement créé par le Confident : Glaise, une halte sur les chemins de Compostelle (la description suit). Nous avons repris les mêmes personnages (Gritte, Tak et le Baveux).

 

Les « phrases » sont indiquées par le soulignement (j’ai également relevé quelles phrases étaient rayées en cas de sacrifice).

 

Théâtre

 

Glaise se situe quelque part au nord de Rift, sur une importante route menant à Compostelle. C’est un havre pour les pèlerins au milieu d’une région particulièrement désertée. La cité est troglodyte, creusée dans des caves d’argile. Quelques rares bâtiments subsistent en surface où s’organise un commerce intense entre pouilleux parcourant les routes et habitants du coin.

 

FOLIE : Vertige des profondeurs, la vie troglodyte provoque toutes sortes de dérangements et de maladies : maladies de peau, hypersensibilité à la lumière, agoraphobie ou claustrophobie, désir ou peur de la solitude.

 

MEMOIRE : Les pèlerins sont-ils déjà passés par là ? Y ont-ils laissé des traces, des messages, des rencontres ? Un homme stocke des messages que les gens se laissent à eux-mêmes, mais la plupart oublient qu’ils existent

 

SOUTERRAINS : on creuse toujours plus bas à mesure que les gens affluent dans la ville. A moins que certains ne remontent des profondeurs ? Certains passages sont à peine creusés, d’autres sont usés par le temps. Parfois on débouche dans une grotte immense, un lac y stagne, parfois la rue redevient une chatière où il faut se faufiler

 

HORLAS : Ce qui se cache au sein de la terre, esprits chthoniens prenant vie dans la boue et dans l’ombre, ombres effrayantes, vers gigantesques creusant leurs propres galeries, plus profonde est la strate, plus présentes les aberrations nées des peurs de l’homme

 

RELIGION : cultes concurrents, controverses religieuses sont fréquentes. De nombreux pèlerins se retrouvent ici pour faire une halte et sont la victime d’imposteurs et de cultes dévoyés. Plus profond sous terre, on adore les puissances souterraines et la terre-mère dans des chapelles-utérus. Parmi les marchands, le culte du roi en jaune se répand. Cérémonies impies côtoient les variantes personnelles du rite chrétien. Docteurs de la foi installés de longue date luttent contre les influences sombres. Qui adore ces idoles tordues que l’on croise ici et là ?

 

SOCIETE : comment régir une ville pareille ? Confréries, instances municipales, infiltration des cultes et puissance de l’argent…

 

BRIGANDS : Commerce abondant amène son lot de brigands : dépouillement des pèlerins, arnaques aux reliques saintes, disparitions des plus faibles et des plus solitaires, caches secrètes dans les galeries reculées, l’ombre est propice à l’action

 

PELERINS : Nombreux, égarés, parfois organisés en confrérie, les pèlerins pullulent à ce nœud auquel débouchent plusieurs routes. C’est aussi l’occasion de se retrouver après s’être égarés le long de la route ; ou de se faire de nouveaux ennemis. Transformation du pèlerinage en compétition : qui ira le plus vite ?

 

COMMERCE : Ici les pèlerins abandonnent leurs affaires. On revend ce qui a été ramassé au long de la route, ce qu’on extrait de sous terre : mines et fouilles dans des dépotoirs ensevelis : tout ce que la terre donne on le vend dans un gigantesque marché de tentes, à la surface, non loin des béances qui permettent d’accéder à la ville et dans les étages supérieurs

 

URBANISME DELIRANT : Chacun construit de son côté, tout le monde fait sa galerie, se taille son habitat. Parfois on tombe sur de vieux couloirs abandonnés ou une construction pérenne, après de longues errances, des passages en toboggan, là où l’air est plus rare, des catacombes ou une champignonnière. Dans les étages du dessus, luxe et abondance : tentures cachant les parois ruisselantes, chatoiement de nombreuses lampes et odeurs très fortes de la foule agglomérée. On est soit à l’étroit (trop de monde, petits passages) soit tout seuls.

 

PULSIONS : envie de revenir à la surface ou de s’enfouir au plus profond des mines, désirs de luxure, ou envies fabuleuses des richesses accumulées. Comportements morbides, faims dévorantes, engloutissement de la terre.

 

CHAIR : la promiscuité est permanente : on vit avec les autres, corps serrés contre corps, dans les relents corporels et excrémentiels, hygiène précaire dans les profondeurs. Maladies de peau nombreuses, albinisme et hypersensibilité.

 

Thèmes :

 

1- Folie

Hallucinations, claustrophobie, angoisse des profondeurs, peur de l’ensevelissement, désorientation, hantise, peur de la lumière, des ombres prennent vie, fusionner avec la ville, solitude totale, des échos menaçants profèrent de sombres menaces, sens perturbés

 

2- Mémoire

Route du retour, divination, Syndrome de l’oubli, souvenirs partagés, sensation de déjà-vu, attaches anciennes, liens, généalogie, amnésie totale, vengeance, témoignage, faux espoirs, mensonge,

 

3- Souterrains

Glaise, ténèbres, bruits dans les profondeurs, enchevêtrements labyrinthiques, source souterraine, escaliers raides, boyaux étroits, carrefours improbables, champignons luminescents, animaux aveugles, albinos, étendue d’eau silencieuse, creuser toujours plus profond, odeurs très fortes

 

4- Horlas

Métamorphose, golems, Horsaint, créatures de boues, habitants de lacs silencieux, populations mutantes, ombres vivantes, suppurations, superstitions, possessions, tortures mentales, pactes indicibles

 

5- Religion

Extase, résurrection, foi déplaçant les montagnes, faux miracles, culte du roi en jaune, chapelles souterraines, idoles biscornues, signes cabalistiques, sectes concurrentes, chapelles-utérus, cérémonies chthoniennes, cultes dévoyés

 

6- Société

Ville, état, morale, féodalité, lois, guerre, anarchie, extérieur, autorité, voyage, philosophie, peuple

 

7- Brigands

Faux pèlerins, peuple forestier, habitants des profondeurs, tire-laines, kidnappeurs, enlèvements rituels, arnaqueurs, estropieurs d’enfants, prédicateurs fous, disparitions, sévices gratuits, sadiques, dépouillés

 

8- Pèlerins

Egarés, confrérie de pèlerins, moines et nonnes, perte de la foi, poursuite d’un amant, pèlerin épicurien, rupture de vœu, réminiscence d’un précédent passage, acte de foi, groupes adverses, signes de passage, messages et communications au long de la route

 

9- Commerce

Point de passage, commerce de fausses reliques, marchandises exotiques, abondance, monnaies, troc, officines reluisantes, marchands à la sauvette, péage, charlatans et bonimenteurs, tout s’achète et tout se vend, nourriture, marché permanent, matières-premières extraites de sous terre

 

10- Urbanisme délirant

Foule nombreuse en des lieux resserrés, escaliers, couloirs étroits, caverne urbanisée, éclairages chatoyants, cimetière souterrain, lieux publics bondés, habitations improbables, labyrinthe de passages, raccourcis creusés à la main, perte des repères, marché géant de la surface

 

11- Pulsions

Orgueil, avarice, luxure, envie, paresse, gourmandise, colère, prudence, tempérance, justice, courage, inconscient

 

12- Chair

Combat, sexe, beauté, promiscuité, maladies de peau, putréfaction, mort, bestialité, athlétisme, faim, douleur, mutilation

 

Tour préliminaire : PNJ

 

Cette fois, au lieu de créer un décor – le théâtre y pourvoyant –, nous avons, sur la suggestion du Confident, créé chacun un PNJ pour l’animer.

Un prêtre dans les galeries intermédiaires de Glaise. Il a une petite chapelle, fréquentée par des simples d’esprit. On le surnomme le Lapin mystique, car il a élaboré une doctrine selon laquelle l’homme n’est pas central, mais Dieu a créé le lapin à son image…

Lizard, un tatoueur « à la Memento », qui tatoue ce dont les gens veulent se souvenir ; mais, si on ne le paye pas assez, il utilise une encre pourrie qui s’efface progressivement…

Moi : Victor Champagne est un inquisiteur itinérant auto-proclamé, obsédé par les cultes dévoyés du Roi en Jaune et de Shub-Niggurath. Il se lie avec les patriciens et les marchands grâce à sa richesse et à ses connaissances (il est arrivé assez récemment à Glaise, mais suffisamment pour cela) ; il appelle à une croisade dans les profondeurs.

 

Premier tour (transition)

 

(On reprend exactement là où la précédente partie s’était arrêtée.)

 

Dans l’église, tout le monde est somnolent quand Gritte rentre. Elle dénoue le lacet de cuir qui lui sert de ceinture et étrangle le Gringalet. Le bébé, sur l’autel, se met à pleurer, et les autres pèlerins commencent à réagir. Quelques-uns arrivent à attraper Gritte, et essayent de lui faire lâcher prise. Ils y parviennent. Elle raye Suis-je arrivée au bout ? et L’obscurantisme m’a chassée de mon village.  Elle s’effondre en sanglots pendant que les pèlerins la traînent dans un coin de l’église. « Mon Dieu, mais qu’ai-je fait ? » Je raye Je fais un compromis terrible : je protègerai l’enfant contre tout le monde. Le Baveux raye Je vais à Compostelle parce que j’ai tout le temps faim.

Je rentre un peu plus tard dans l’église, après m’être assuré que le Baveux était bien vivant. Je redoute ce que Gritte peut faire. Mais quand j’entre, les pèlerins s’en prennent violemment à elle ; j’essaye de les en empêcher, voulant croire à la possibilité de la rédemption pour tous (moi y compris…), mais je n’y parviens pas. [Mémoire] Mes actions font souffrir les autres. Gritte [Religion] Mes pulsions sont un péché, je dois les restreindre. Les pèlerins disent que je suis complice de Gritte, et que je n’ai fait que prendre des mauvaises décisions depuis le départ : ils me passent également à tabac…

Le Baveux achève de se réveiller, sous l’effet du vent. Le ciel commence à s’éclaircir. Il se souvient de tout… puis de plus rien, et vomit tout ce qu’il a avalé quand Gritte a essayé de le tuer. Les souvenirs reviennent ensuite de manière plus ordonnée (ses sentiments pour Gritte, la venue de Tak le prédicateur…). La tête lui tourne, sa migraine est terrible. Il reste une dizaine de minutes à réfléchir, puis décide de remonter vers l’église : il y rentre au moment où les pèlerins sont le plus violents. Il crie, mais la clameur est telle qu’on ne l’entend pas. Il brise alors le dernier vitrail de l’église avec une pierre, ce qui calme tout le monde. « Arrêtez ! Ce n’est pas le moment ! Nous ne savons pas où aller, ni même ou nous sommes ! Les tuer ne servirait à rien ! » Ses souvenirs lui ont rappelé qu’une ville se trouve un peu plus au sud, peut-être peut-on commencer par s’y rendre ? Il insiste pour qu’on ne tue pas des gens dans une église (il se souvient qu’il l’avait lui-même fait autrefois…). « On s’en va ! » [Folie] J’ai tendance à confondre mes souvenirs lointains avec la réalité.

 

Deuxième tour

 

Le discours du Baveux – qui veut qu’on l’appelle Romuald, désormais – finit par produire son effet. Le groupe est reparti ; Gritte a mécaniquement suivi, en prenant le bébé. Pendant quelques semaines, tout le monde suit le Baveux, Gritte et Tak en fin de cortège. On croise régulièrement des bornes arborant la coquille Saint-Jacques, ainsi que d’autres pèlerins, dans les deux sens, mais tous persuadés de se rendre à Compostelle. On arrive enfin à la ville de Glaise. [Folie] Tous les chemins mènent à Compostelle.

Je suis le groupe avec Gritte. Je suis très déprimé tout au long du voyage, accablé tant par ce qui s’est passé que par le poids de ma culpabilité. Mais quand nous arrivons à Glaise, une scène me rend le sourire. Le Lapin mystique réprimande en effet gentiment des pèlerins de passage qui font cuire un lapin, mais qui n’y mettent pas les formes, ce qui est indigne du corps du Seigneur. L’atmosphère est bon enfant. Mais l’Inquisiteur Victor Champagne observe la scène, et demande bientôt de cesser ces blasphèmes. J’interviens, prenant la défense du Lapin mystique, arguant que ceci n’est pas bien grave, que le pardon est au cœur de la religion, et que de toute évidence le pauvre homme n’a pas toute sa tête et n’est pas dangereux ; Romuald me soutient. Je raye Mes actions font souffrir les autres. Je me concilie l’assistance, en tournant tout ça à la blague, et fais ainsi comprendre indirectement à l’Inquisiteur qu’il ne pourra rien faire tant nous sommes nombreux. Il s’en va en se drapant dans sa toge, après avoir adressé des remarques perfides au Lapin mystique et à « ces pèlerins qui ne savent ni ce qu’ils font, ni pourquoi ».

Romuald est impressionné par l’Inquisiteur. Le Lapin mystique propose de partager le corps du Seigneur dans sa chapelle. Tak joue l’invité qui se plie aux coutumes locales, et, même s’il ne pratique pas le culte du Lapin, accepte volontiers de suivre les rites de leur hôte. Le bébé tend la main pour attraper la croix (avec un lapin) du prêtre. Tout le groupe se met à suivre le Lapin mystique dans les entrailles de la ville. On croise en chemin de nombreux cultes bigarrés. On passe par de nombreuses galeries. Romuald essaye d’éviter que le groupe, séduit par l’opulence de la ville, ne se disperse. C’est difficile… Les pèlerins veulent en effet oublier les terribles révélations qui leur ont été faites, et ne comptent pas attendre trois ans que le syndrome de l’oubli fasse son effet : ils veulent boire ! Le Gringalet veut rester ici. Il entre dans un bâtiment d’où s’échappent musique et fumées délicieuses. Les douleurs reprennent Romuald. Il raye L’eau de la rivière me rend la mémoire. Le groupe ne se disperse pas ; Romuald rattrape le Gringalet ; dans la pièce, il y a une huitaine de personnes dans des burqas, autour d’une pipe, qui ont l’air interloquées. Romuald et le Gringalet, ramené à la raison, ressortent, et suivent de nouveau le Lapin mystique, qui dit que ces fumées sont mauvaises, et que l’air est bien meilleur dans sa chapelle. On finit par y arriver. Un grill se trouve à la place de l’autel ; une vieille femme y fait cuire un lapin. Le prêtre nous dit de nous asseoir.

 

Troisième tour

 

Les pèlerins se sont assis en cercle autour du grill. Le Lapin mystique fait des signes rituels, et la Vieille distribue les morceaux. Tout le monde a faim, et personne n’écoute les élucubrations du prêtre. Gritte est assise un peu à l’écart. La Vieille vient lui apporter un morceau de lapin. Gritte fait suçoter un os au bébé. « C’est ton gamin ? » lui demande la Vieille. Gritte le sert contre elle. La Vieille lui raconte qu’elle avait deux enfants, mais qu’elle les a étranglés un jour avec ses propres cheveux ; c’est pourquoi elle les attache désormais en chignon, et sert le Lapin mystique. Romuald est écœuré par ce récit. Gritte en a une peur bleue, et s’enfuit en courant avec le bébé. Elle rebondit contre des étals, renverse des paniers, aussi des gens essayent-ils de l’arrêter. [Brigands] Gritte prend ensuite les galeries les moins bondées, et finit par prendre un tunnel désert, qui déboule sur une place où sont rassemblés des enfants estropiés. Elle tombe à genoux. Mon chemin croise celui des criminels.

J’ai vu Gritte partir. Poussé par un sentiment paternaliste de responsabilité à son égard et à celui de l’enfant, j’essaye d’inciter Romuald à la poursuivre, mais il fait la sourde oreille, et me renvoie à mes propres erreurs. J’accuse le coup, et décide de suivre Gritte seul. En me repérant aux attroupements suscités par son passage, je parviens à retracer son itinéraire, jusqu’au tunnel déserté, dont je me doute qu’elle l’a emprunté. Je me rends sur la place alors que les enfants estropiés sortent des couteaux et s’avancent l’air menaçant vers Gritte et le bébé. J’essaye de les inciter à partir, mais rien n’y fait. [Horlas] Alors que je leur parle, de plus en plus paniqué, la boue se met à glouglouter au centre de la place ; quand les enfants s’en rendent compte, ils fuient terrifiés ; un golem se matérialise dans la boue, qui nous fixe, autant qu’il est possible de le faire avec un visage sans yeux… Le tatoueur Lizard arrive derrière nous ; il nous demande un paiement contre sa protection. Des puissances supérieures nous protègent.

Le lapin passe mal, Romuald ne se sent pas très bien… Il a dédramatisé quand les deux parias sont partis, alors que le Lapin mystique poursuivait ses rites. Peut-être connaît-il le chemin de Compostelle ? Tout le monde est très fatigué. La « nuit », artificielle – on souffle les flambeaux –, tombe. Romuald rêve de Gritte, il repense à ses sentiments pour elle, et s’en veut de l’avoir laissée partir. Il se dit qu’il faut faire quelque chose. Il va réveiller le Lapin mystique, qui dort avec la Vieille. Mais celui-ci dit qu’il ne peut pas faire grand-chose : « Il y a peu de chances pour qu’ils reviennent, ils peuvent être partout… » Romuald sait qu’il ne pourra pas compter sur le reste du groupe, qui en veut toujours à Gritte et Tak. Désemparé, il part à leur recherche. Mais la peur le saisit vite, et il retourne dans la chapelle. Le Lapin mystique a l’air inquiet : des gens sont venus lui parler ; Gritte et Tak auraient été pris par le gang de Lizard, tatoueur qui fabrique ses encres avec les ombres des souterrains, ce qui lui donne des pouvoirs magiques. Il vivrait loin en dessous, où il créerait un peuple à son image. Quand les gens ne peuvent pas le payer, il les emmène chez lui dans les profondeurs, et personne ne sait ce qu’il leur fait. Romuald s’en veut terriblement, alors que son mal de tête le reprend. [Souterrains] Il y a des choses là-dessous, et elles ne sont pas amicales.

 

Quatrième tour

 

Gritte voit Lizard qui réclame son paiement. Depuis l’épisode de Childe, elle sait qu’on peut payer autrement qu’en pièces… Tak et elle se laissent guider sans résister dans un escalier en colimaçon. Le golem apparaît de loin en loin dans la paroi. On arrive dans une grande pièce très encombrée d’étranges sculptures de glaise. Il y a un fauteuil en glaise au milieu de la salle, avec tout un attirail de tatoueur à côté. Lizard demande à nouveau son paiement. Gritte s’assoit sur le fauteuil, et lui dit qu’elle lui donnera son talent pour voir la vie chez les femmes et la favoriser, et ses pulsions de meurtre. Le Tatoueur sort un flacon qui a l’air vide, y trempe une aiguille, et la tatoue sur chaque bras (on ne voit pas les motifs). Quand il en a fini avec le premier bras, une silhouette de Gritte bienveillante sort du mur ; quand il en a fini avec le deuxième bras, c’est une silhouette de Gritte avec quelque chose de dur et de violent dan les traits. Les deux silhouettes s’éloignent. [Chair] On a posé deux tatouages d’ombres sur mes bras.

Je reste paralysé pendant l’opération sur Gritte. Ce n’est que quand le Tatoueur a achevé sa tâche que je me mets à réagir, très violemment. Je lui dis qu’il est un hérétique, qui, par son opération, a privé Gritte de toute possibilité de rédemption. Le tatoueur dit qu’il s’agit là d’un paiement, qu’il vaudra pour nous deux même s’il aurait sans doute mieux valu pour tout le monde que ce soit moi, avec toute ma rancœur, qui y passe, et nous laisse partir, après avoir regardé le bébé, songeur. Je ramène Gritte dans les étages supérieurs, en faisant bien attention de ne pas toucher ses bras. Le golem nous conduit en apparaissant régulièrement, et nous laisse sur une place où se trouve le tribunal de l’Inquisiteur, dans lequel je reconnais une sorte de double, qui me fascine d’autant plus (Romuald est également présent). [Pulsions] La justice arme mon bras vengeur ! Je dénonce Lizard et ses pratiques impies à l’Inquisiteur, et réclame justice.

Romuald a poursuivi ses recherches en l’absence de Gritte et de Tak. Le Lapin mystique n’a pas pu faire grand-chose. Il a sorti une cage à lapins, qui sont partis dans tous les sens. Romuald s’en va sous le coup de la colère, et cherche quelqu’un de plus expérimenté et compétent ; c’est pourquoi il se rend auprès de l’Inquisiteur. Il allait s’avancer vers lui quand Tak l’a doublé pour plaider sa cause. L’Inquisiteur réclame, en guise de préalable, la repentance de Tak, qui dit expier ses péchés. Il appelle alors à une sorte de croisade. Tandis que Romuald se perd dans ses souvenirs, la foule se masse, et les échoppes ferment de peur que ça ne dégénère. Après une prière, la foule me suit, je pense pouvoir retrouver Lizard. Je raye Je ne peux pas exercer mon ministère par la manipulation. Romuald cherche Gritte, il est persuadé que cette foule s’est assemblée pour la brûler comme sorcière. Mais, alors qu’il tombe inconscient, il a le temps de la voir ainsi que l’enfant, ce qui le soulage quelque peu.

 

Cinquième tour

 

Gritte, qui était hébétée depuis le tatouage, a repris conscience quand Tak est monté sur l’estrade du tribunal. Au cours du prêche, des bribes de son propre procès lui sont revenues, aussi s’est-elle reculée. Finalement Tak a indiqué une direction, et tout le monde est parti à sa suite. Il ne reste plus que Romuald, sonné. Quand elle s’approche de lui, il s’effondre. Elle reste à ses côtés jusqu’à ce qu’il revienne à lui. Quand c’est le cas, il s’étonne qu’on n’ait pas brûlé Gritte : « Ils croient que tu as tué la mère de l’enfant ! » Mais Gritte lui rappelle que c’était ailleurs et autrefois. La foule est partie s’en prendre à Lizard. Mais « Tu sais ce qui se passe quand on suit Tak… » Gritte est persuadée que, s’il arrive du mal au Tatoueur, il lui arrivera également quelque chose à elle. Gritte et Romuald veulent revoir le Lapin mystique, pensant qu’il pourra peut-être les aider. Ils ne sont pas sûrs du chemin. Ils se retrouvent à un embranchement où les attendent les deux silhouettes de Gritte en boue, chacune indiquant une direction différente. Gritte suit machinalement la silhouette douce et bienveillante, qui, petit à petit, se dissout dans un coin d’ombre. Gritte et Romuald se retrouvent devant la chapelle du Lapin mystique ; il est absent, de même que ses ouailles. Ils sont seuls dans le sanctuaire vide, où la boue n’a pas l’air de pouvoir prendre vie. [Souterrains] Il y a un motif que je ne comprends pas dans le labyrinthe. Romuald [Société] J’ai failli à mes responsabilités.

Je suis persuadé de connaître le chemin qui nous mènera à Lizard. Je suis poussé par une forme d’exaltation religieuse, qui me rappelle ma charge d’antan. Au bout d’un moment, cependant, nous arrivons devant un embranchement qui ne me dit rien, et je ne sais plus quoi faire. C’est à ce moment que surgisse, des deux chemins qui s’ouvrent à nous, deux lapins. Ils nous regardent l’air étonné un instant, puis détalent ensemble dans la même direction. L’Inquisiteur en profite aussitôt, et dit à la foule de suivre ce signe d’activités impies. Craignant que la situation ne tourne mal (une fois de plus à cause de moi…), j’essaye de les en dissuader. Cependant, quand la foule arrive à la chapelle du Lapin mystique, elle la saccage, détruisant ou volant tous les objets du culte, à la grande joie de l’Inquisiteur. Je finis cependant par reprendre l’ascendant, disant que ce n’est pas là que réside le vrai mal qui pourrit Glaise, et reprenant la direction des profondeurs. Je ne sais pas où je vais, mais ma seule intention est d’éloigner autant que possible la foule de la chapelle du Lapin mystique… Je raye Je n’ai pas le charisme d’un chef. Le groupe me suit un moment, et, quand je me mets à hésiter une nouvelle fois sur la route à prendre, ce qui pourrait avoir de fâcheuses conséquences, le golem sort du mur.

Romuald reste dans la chapelle saccagée. Les gens sont partis avec les cages et les outils du sacrement. Le Lapin mystique arrive dans un grand silence. Il tombe à genoux devant le désastre, et se met à pleurer comme un petit garçon. Il se demande pourquoi son dieu l’a abandonné. S’est-il détourné du chemin ? N’a-t-il pas choisi le bon animal ? L’enfant gémit légèrement. Romuald se tourne vers Gritte, et voit qu’elle ne ressemble pas à ses souvenirs d’avant la venue de Tak dans le village. Cela fait des mois qu’ils avancent en haillons dans la forêt. Tak et lui ont été de piètres chefs depuis la mort de Childe. Ses illusions sont anéanties, comme celles du Lapin mystique. Une chose qui le réconforte, pourtant, c’est que le regard que Gritte porte sur lui a changé… Il faut retrouver les autres, et régler les choses dans les profondeurs. Un lapin vient poser sa tête contre le genou du Lapin mystique. [Urbanisme délirant] Les voies modestes mènent au but.

 

Sixième tour

 

Gritte a eu un geste pour réconforter le Lapin mystique, mais ne l’a pas achevé, le bébé réclamant son attention. Elle s’est figée dans une image de vierge à l’enfant. Elle fait le constat de l’étendue des dégâts, de ces spirales de folie qui n’en finissent pas. Mais c’est comme si elle commençait à oublier ce que cela fait d’être entière, elle se sent légère mais pas vide. Le petit lapin a-t-il parlé au prêtre ? Toujours est-il qu’il relève la tête avec un air déterminé. Il part dans un couloir étroit et sombre que personne n’avait encore remarqué. Ses ouailles le suivent bêtement. Gritte de même, en entraînant Romuald. La troupe marche longtemps sans éclairage, presque à tâtons. Ils finissent par entendre une clameur et par voir des flammes qui dansent sur les murs. [Commerce] Le Tatoueur ne m’a pas volée.

Nous sommes dans une immense salle, dans laquelle je reconnais une église monolithe. J’affirme que le golem est une créature impie, témoignage des maléfices de Lizard. La foule en a peur, mais des mineurs finissent par en sortir, qui s’attaquent à la créature à coups de pioche. Mais cela ne lui fait absolument rien… C’est alors que le Lapin mystique arrive avec ses ouailles… et bientôt Lizard se retrouve également de la partie, qui arrive le sourire aux lèvres. Je lui dis qu’il va payer pour le mal qu’il a fait, notamment en corrompant ce lieu sacré. Le Lapin mystique intervient… et l’on se retrouve à avoir une sorte de débat théologique farfelu. Poussé par mon exaltation religieuse et un sursaut de confiance en moi, je finis par me jeter sur Lizard. Je raye Ce n’est pas la première fois que mon ambition me nuit. Je frappe le Tatoueur avec une vigueur et une violence peu dignes d’un homme d’Eglise… Je l’ai surpris en agissant ainsi, ce qui l’empêche d’user de ses pouvoirs surnaturels.

Les créatures d’argile de la salle cessent de bouger. Tout le monde regarde la bagarre. Les fidèles du Lapin mystique – qui connaît une véritable extase dans ce lieu saint – se dispersent dans l’église. Romuald regarde sans trop comprendre. Il s’approche de l’Inquisiteur, et lui demande ce qui lui tient par-dessus tout à cœur : où est Compostelle ? C’est pour le bébé… L’Inquisiteur demande s’il a été baptisé ; devant la réponse positive de Romuald, il affirme que Compostelle se trouve au sud et à l’ouest de Glaise. [Société] Il faut croire ceux qui savent. Pendant ce temps, le combat s’éternise. Le sol sous le Tatoueur se teinte de l’encre de ses flacons brisés.

 

Septième tour

 

L’encre s’est écoulée, a serpenté par terre, puis est remontée sur les créatures de glaise, comme des larmes qui coulent à l’envers. Les golems se sont animés, ont repoussé délicatement Tak, et emporté le corps de Lizard. Une des silhouettes de Gritte, également présentes, s’est retournée, et a fait un geste à la sage-femme. Un serpent d’ombre est tombé de sa main et s’est mis à ramper vers Gritte. Romuald raye Je dois trouver ma place au sein du groupe. Il écarte violemment Gritte du passage du serpent ; elle s’écrase contre un pilier, son bras craque. Le serpent se perd en direction du groupe qui s’enfuit ; s’est-il enroulé autour de la jambe de l’Inquisiteur ? Gritte, sous le choc, lâche le bébé, mais Romuald le rattrape. « Faut pas traîner ici ! Remontons Tak, il a l’air d’avoir souffert… » Gritte [Pèlerins] Romuald m’a empêchée d’atteindre la rédemption.

 

(Nous avons décidé d’arrêter là pour l’instant.)

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Thomas Munier 27/08/2014 19:05

oui, je veux bien le word si il y a des infos en plus que dans ce CR. Sinon, une chose : je crois comprendre que vous jouez sans la règle optionnelle des pouvoirs. ça peut être intéressant de la
mettre en place lors de la prochaine séance. Sinon, si les personnages commencent à accumuler les phrases, ne pas oublier qu'ils s'accomplissent une fois qu'ils atteignent 12 phrases (le perso sort
du jeu, mais c'est une sortie super classe). ça apporte un peu de piquant supplémentaire : est-ce que je préfères continuer à jouer mon perso (auquel cas je vais devoir consentir des sacrifices) ou
est-ce que je monte mon perso jusqu'à l'accomplissement parce qu'il a bien mérité sa retraite ?

epiphanie 27/08/2014 17:11

Oui, définitivement, les pnj c'était une bonne idée. Et je dois dire que je suis assez fier de mon théâtre ^^
Si tu veux que je t'en envoie une version word Thomas, n'hésite pas. J'y adjoindrai une description des trois pnj.
Pour les phrases, on a noirci, mais on n'a pas reformulé. Ca va vraiment être nécessaire là, tant les persos ont changé en deux sessions.

Thomas Munier 27/08/2014 09:32

ça a l'air d'avoir été une belle partie ! Beaucoup de boulot sur le théâtre et vous l'avez bien exploité (les thèmes de substitution sont efficaces pour ça). Ce n'est pas une mauvaise idée
d'imaginer des PNJ au début, car en cours de jeu, tu n'as pas l'occasion d'en imaginer beaucoup de nouveaux.
Je suis content que vous parveniez à jouer Inflorenza en campagne ! Il faut que je t'envoie Rift sans tarder. Je ne sais pas si vous l'avez fait, mais à la fin d'une séance de campagne, il faut
penser à noircir ses phrases barrées, et il est possible de reformuler ses phrases pour marquer l'évolution du perso.