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"Crépuscules", de Thierry Di Rollo

Publié le par Nébal

Crepuscules.jpg

 

 

DI ROLLO (Thierry), Crépuscules, Ris Orangis, ActuSF coll. Les Trois Souhaits, [1991, 1997-1998] 2011, 108 p.

 

L'autre jour, j'étais bien embêté. Voyez-vous, Lasth venait dédicacer à Scylla à l'occasion des troisièmes dystopiales, ce qui était une belle et bonne chose. Las ! J'avais déjà tous les livres qu'il avait illustrés et qui m'intéressaient, mais pas à portée de la main ; je comptais bien, cependant, repartir avec un zouli dessin. Et là, je me suis souvenu que j'avais bien aimé à l'époque Cendres, le premier recueil de Thierry Di Rollo chez ActuSF (superbe couverture de Daylon) ; or il y avait Crépuscules, son deuxième recueil, illustré cette fois par Lasth, justement. Je me suis donc emparé de la bête, et j'ai eu mon zouli dessin (merci !).

 

Restait tout de même à lire la chose, et là, je dois vous avouer que mes sentiments étaient partagés : si, comme je vous l'ai dit, j'avais gardé un plutôt bon souvenir de Cendres, il me fallait cependant compter avec les, disons, interférences de l'auteur, lequel, sur les forums du Bélial', donne souvent de lui une très mauvaise image, faite de suffisance et de mépris paranoïaque, qui lui valent bien un très respectable 9,7 sur l'échelle de Wagner (d'autant que lui aussi a sa secte). J'ose espérer être capable de distinguer l'homme et l'auteur, et d'apprécier l'œuvre quel que soit l'homme ; mais il me fallait tout de même, pour être honnête, vous livrer mes sentiments à cet égard. Juste au cas où.

 

...

 

Donc. Crépuscules. Deuxième recueil de nouvelles de Thierry Di Rollo chez ActuSF. Un tout petit bouquin, mais joli, une fois de plus. Contient six nouvelles, dont deux inédites, et les autres ont été passablement retravaillées pour l'occasion. Oscille entre science-fiction et fantastique, ce qui est bien. Je vous épargne la quatrième de couv', même si j'adore les quatrièmes de couv' de chez ActuSF.

 

On commence par la SF, sous forme de polar, avec « Éléphants bleus ». Un duo d'enquêteurs, dont un robot (tiens ! Ça me rappelle quelque chose...), se rend sur la planète minière Loren III afin de faire la lumière sur une série de morts inexpliquées. C'est plutôt bien foutu, malgré quelques niaiseries de temps à autre et une plume dans l'ensemble très fade. Soyons bon prince : c'est très correct.

 

Et nettement plus convaincant que la suite, « Hippo ! », qui se situe dans le même univers. Encore des forçats de la terre impitoyablement exploités par des ordures capitalistes. Sauf que cette fois l'intérêt est proche du néant.

 

On passe au fantastique avec « Seconde Mort », ghost story et love story tournant autour d'une pute boiteuse. C'est affreusement banal et cliché. Sans intérêt.

 

« Un dernier sourire » est ensuite une courte et cinglante histoire d'horreur. Cela pourrait être efficace, mais, hélas, ça se contente d'être un peu vain.

 

Ce qui n'est pas le cas de « La Ville où la mort n'existait pas », qui commence par une jolie séquence claustrophobe et se poursuit agréablement, malgré une plume qui en fait parfois des caisses. De très loin la meilleure nouvelle du recueil à mes yeux.

 

Reste « Le Crépuscule des dieux », avec ses crucifiés, récit dont le véritable intérêt m'a pour le moins échappé.

 

Au final, Crépuscules est donc un recueil fort médiocre, où seul un texte brille pleinement, le reste étant au mieux pas désagréable. Pas grand intérêt, donc. Il faudra qu'un jour j'essaye un roman de Thierry Di Rollo... mais pas tout de suite.

 

Heureusement, j'ai un zouli dessin.

CITRIQ

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M
J'aimerais bien que tu développe un tout petit peu : c'est quoi exactement le "manque d'intérêt". Je suis curieux d'avoir ton point de vue.
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N


Ben, c'est que ça remonte... et je n'avais effectivement pas grand-chose à dire.


 


Aussitôt lu, aussitôt oublié. Généralement c'est pas très bon signe.


 


Je n'ai rien trouvé dans ces nouvelles (sauf une) qui sorte du lot. Ce n'est peut-être pas franchement mauvais, mais assurément médiocre. Son précédent recueil chez ActuSF, sans aller jusqu'à en
faire un grand moment de littérature, était tout de même bien meilleur.