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"Cyberpunk", de Mark Downham

Publié le par Nébal

Cyberpunk.jpg

 

 

DOWNHAM (Mark), Cyberpunk, [Cyberpunk], traduit de l’anglais par Aude-Lise Bémer, Paris, Allia, [1988] 2013, 63 p.

 

Aujourd’hui on va faire très bref, pour un tout petit bouquin qui ne mérite en effet guère qu’on s’y attarde. Cet article avait originellement été publié dans Vague en 1988, et visait à décortiquer ou présenter le mouvement cyberpunk, donc. Un courant de la science-fiction qui a longtemps eu ma sympathie, même si je m’y intéresse sans doute moins aujourd’hui que quand j’étais ado, époque où je dévorais les livres de William Gibson, notamment (au point, pour l’anecdote, de tenter de former un groupe d’indus entièrement basé sur Neuromancien et compagnie). J’étais donc curieux de lire ce petit essai, qui portait avec à peine un peu de décalage son regard sur ce grand chamboulement de la science-fiction (et au-delà, sans doute).

 

Las, ça n’est pas passé. Sans doute parce que le journaliste Mark Downham est passablement situationniste. Je n’ai pas vraiment une dent contre le situationnisme, je trouve même ça plutôt intéressant (même si ma connaissance en est très limitée), mais je lui reproche néanmoins une chose, hélas très sensible dans La Société du spectacle pour le peu que j’ai essayé d’en lire : l’usage d’une rhétorique absconse et volontiers jargonneuse, un tantinet pédante tout de même, et franchement hermétique en tout cas. Et ici, ça n’a pas manqué, hélas. Juste un passage, là, comme ça, peu de temps avant que j’abandonne la lecture de ce machin :

 

« Le cyberpunk comprend la violence ultime, les cadavres, le nihilisme des zones mortes urbaines, le Métrophage lui-même et il ne consiste plus en de simples propriétés isolées censées être intrinsèques à un système sémiotique autostabilisant pouvant s'interpréter comme une transmission super-structurelle par laquelle le pouvoir s'exerce – le cyberpunk lutte sans relâche contre un système d'apparences si profondément ancré dans le social et le matériel que ses opérations et celles de l'ordre hégémonique total sont indifférenciables. Elles sont l'ordre hégémonique. »

 

Non mais franchement : « intrinsèques à un système sémiotique autostabilisant pouvant s’interpréter comme une transmission super-structurelle » ? Ce doit être une blague… En fait, c’est très possible. Et possible aussi, pour le coup, que je n’aie pas d’humour. J’ai donc laissé tomber cette horreur à laquelle je ne pannais rien. Vous êtes sans doute plus intelligents que moi, aussi pouvez-vous tenter l’expérience, hein. Mais moi, tout ce que j’en ai retenu, outre cette impression d’un pédant qui se foutait de ma gueule, c’est la liste d’auteurs précurseurs évoquant entre autres « Hailan Ellison », « Samuel Delaney », « Brian Aldis » et « Roger Zelazney » (sic, oui). Z’auraient quand même pu faire un effort…

 

Oui, moi aussi, peut-être. Mais en fait non.

CITRIQ

Commenter cet article

chris 07/02/2014 15:20

Bah, on aime ou pas un auteur, ça je le ne le conteste pas... Je répondais juste au "sic oui"... Alors effectivement pas vraiment cyberpunk mais quelques touches...

Escrocgriffe 07/02/2014 15:15

Hihi ^^

Escrocgriffe 07/02/2014 14:09

La phrase me fait penser à une parodie des Inconnus du groupe Indochine ^^

Nébal 07/02/2014 15:03



Et vice et versa.



Johnny La Warsenure 06/02/2014 21:46

Ils ne citent pas Philippe Caduc ni Jugez Balard ? je suis déçu.

Nébal 07/02/2014 15:02



Si, abondamment, mais sans faute...



chris 06/02/2014 10:18

Pour Zelazny, je n'irais pas jusqu'à dire qu'il est un précurseur du cyberpunk mais il y a quelques traces de certains aspects du cyberpunk dans son oeuvre avant le genre :


prenons par exemple le très bon "damnation alley" (d'abord traduit sous les culbuteurs de l'enfer puis dans une nouvelle traduction route 666), un madmax écrit en 1966, avant l'heure.


Engrenages écrit avec Fred Saberhagen en 1982, sur l'aspect réseau informatique, mais ici dû à un "pouvoir mutant"...

Repères sur la route (1979) où sont utilisés des intelligences artificielles insérées dans des "livres"..;

Aujourd'hui nous changeons de visage...où le clonage est une affaire de masque,

L'homme qui n'existait pas : l'idée qu'une personne "qui n'existe pas dans les banque de données", peut travailler dans les interstices d'une société où l'information devient omniprésente.

Donnerjack a été écrit bien plus tard, on ne peut donc en parler de cette façon, mais cela a été poursuivi après sa mort par sa compagne.

(l'écrivain n'a toutefois pas toujours été très bien traduit semble-t-il. Lunes d'encre fait un effort à ce sujet).

Nébal 07/02/2014 15:02



Je connais mal Zelazny, auquel je n'ai jamais vraiment accroché (sauf pour Une rose pour l'Ecclésiaste), mais je ne nie rien de tout cela, hein.