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"Daemone", de Thomas Day

Publié le par Nébal

Daemone.jpg

 

DAY (Thomas), Dæmone, Saint-Mammès, Le Bélial’, [2011] 2012, [édition numérique]

 

Les Thomas Day se suivent et ne se ressemblent pas (et c’est tant mieux). Entre La Maison aux fenêtres de papier et This Is Not America d’une part, et Du sel sous les paupières et Women In Chains d’autre part, j’avais laissé passer ce Dæmone, réédition augmentée du court roman Les Cinq Derniers Contrats de Dæmone Eraser. Avec ce roman indépendant prenant place dans le « cycle des Sept Berceaux », « l’histoire du futur » de l’auteur, celui-ci fait dans la science-fiction régressive, définitivement adolescente, mais avec ce qu’il faut de sexe et de sang (eh : c’est du Thomas Day, quand même). Tout juste ce qu’il me fallait, là, présentement. Alors hop (et plus vite que ça).

 

Il a été David Rosenberg. Il est mort. Il est maintenant Dæmone Eraser, un terrible gladiateur également connu sous le nom de « Golem de New Edo ». Une machine à tuer… mais pas totalement dénuée de sentiments. C’est qu’il aime toujours Susan, à l’heure actuelle en animation suspendue. Et il ferait tout (ou presque) pour la « ressusciter ». Et c’est pourquoi il va conclure un pacte faustien avec Lhargo, le Guerrier du Temps insectoïde. Cinq derniers contrats. Cinq cibles à abattre. « Pas d’enfants. Pas d’innocents. » (Tapette ! Même pas drôle…) Le reste, pas de problème. Et Dæmone Eraser de se mettre en route pour son baroud d’honneur, accompagné de ses « gardes du corps » l’überkriegrische Kimoko, femme fatale s’il en est, et l’homme-chat Gilrein. Va y avoir du sport…

 

SPLATCH !

 

Disons-le tout net : ce n’est pas pour Dæmone que Thomas Day restera dans l’histoire, et il n’y fait pas vraiment dans la finesse. Il en fout partout, oui ! Et ma foi, du coup, il atteint parfaitement son but : faire une pure SF pop-corn, largement décérébrée, et – lâchons le mot fatidique – divertissante. Et il fait ça très bien. C’est court, c’est dense, et il est impossible de s’y ennuyer. Aussi la naïveté du propos (oui, il me semble qu’on peut parler de « naïveté », même si c’est entre une éviscération et une sodomie à sec) n’est-elle en rien gênante. Elle participe du côté très ado de ce joyeux délire baignant dans les fluides corporels. Et dès l’instant que le lecteur est prêt, lui aussi, à conclure ce pacte faustien, il aurait bien tort de se plaindre parce que Dæmone ne révolutionne pas la pensée occidentale. C’est pas le propos. On est ici pour s’amuser et en foutre partout. Foutons-en donc partout.

 

SPLATCH !

 

Yeah.

 

Il en reste un peu, là, au fond.

 

SPLATCH !

 

Quel fond ?

 

Voilà. C’est ça, Dæmone. C’est con comme un balai (mais pourquoi un balai serait-il particulièrement con ?), mais ça fait du bien par où ça passe. Aussi pardonnera-t-on bien des choses à Thomas Day (je parle du contenu de ce roman, pas de Du sel sous les paupières), parce que de temps en temps, régresser, c’est bien bon.

 

Oh les jolies couleurs !

 

SPLATCH !

CITRIQ

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NicK 17/09/2012 17:09

Tu es bien taquin Nébal !
C'est un chef d'oeuvre ...
(nan, je déconne)

Efelle 16/09/2012 09:02

Un roman efficace et bien distrayant.