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Dans ma grotte

Publié le par Nébal

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Au début, je pensais faire un truc genre qui en jette, « la bibliothèque de Babel », t’vois, ou une allégorie de la « tabula rasa ». Ou un truc plus léger, mais bibliothécaire quand même, qui serait orange, et qui ferait « Ook ». Pis finalement je me suis dit que le mieux c’était encore de retourner à cette simple image du bonheur à l’état pur : Gaston faisant la sieste dans sa grotte de livres et de courrier en retard. Je sais pas vous, mais moi, cette illustration du génial Franquin m’a toujours fait fantasmer. Et elle m’a donc paru très appropriée pour revenir brièvement sur mes lectures non universitaires depuis l’interruption de mon blog (ben oui, j’en ai malgré tout tenu la liste ; on est maniaque ou on ne l’est pas, que voulez-vous…). Par contre, il va de soi que je ne serai la plupart du temps capable de livrer ici que de brèves notules, et non de véritables comptes rendus…

 

Commençons donc, et dans l’ordre alphabétique des auteurs, s’il vous plait (on est maniaque ou on ne l’est pas, que voulez-vous…). Ce qui nous fait commencer par du bref mais intense, du concentré de chef-d’œuvre, avec Rashômon et autres contes de Ryûnosuke Akutagawa (dans la collection « Folio 2€ », hein, pas « Connaissance de l’Orient »). C’est bien évidemment le film de Kurosawa qui m’a attiré vers cette lecture (même s’il s’inspire plus de la nouvelle « Dans le fourré » que de « Rashômon » à proprement parler), mais quelle baffe mes aïeux ! et s’il n’y avait qu’un texte à retenir, ce ne serait pas un de ces deux-là, mais bien plutôt « Figures infernales », un long conte magnifique, riche en image cruelles et superbes. À lire à tout prix. Or, le prix, c’est 2 €, alors, hein, merde…

 

Passons maintenant au cas de monsieur Anderson, Poul de son prénom. Un auteur dont je vous ai déjà dit beaucoup de bien… Mais pour une fois je vais en dire du mal : j’ai en effet péniblement lu Agent de l’Empire terrien, le premier tome des aventures de Dominic Flandry, et je vous le déconseille fortement ; c’est de la SF à papy qui a très très très mal vieilli. Totalement illisible aujourd’hui. Je vais probablement faire l’impasse sur la suite… Heureusement, le bougre est remonté dans mon estime presque aussitôt après avec Trois Cœurs, trois lions, suivi de Deux regrets, bel ouvrage comprenant un bon roman de fantasy et deux magnifiques nouvelles. Ouf. Maintenant, c’est ballot, j’attends avec impatience Le Chant du barde

 

Après quoi l’on passe au grand, à l’immense, au mort J.G. Ballard. Tout d’abord – rhaaaaaa, j’en fous partout – pour le fabuleux, l’extraordinaire, l’indispensable Nouvelles complètes, 2. 1963-1970, qui vaut bien le premier tome, et dans lequel on voit un tournant s’opérer, avec les premiers textes de La Foire aux atrocités. C’est excellent de bout en bout. J’ai également lu, du grand homme, son autobiographie, La Vie et rien d’autre ; un texte touchant, souvent drôle, que l’on sent cependant gagné par la rongeasse ; émouvant et dur, au final ; et beau.

 

Jacques Barbéri, maintenant, avec Le Tueur venu du Centaure, ultime volet au titre éminemment dickien de la trilogie « Narcose ». J’avoue avoir été un peu déçu par ce récit que j’ai trouvé un peu trop confus pour pas grand chose, au final… En définitive, de cette trilogie, seul le premier tome m’a totalement convaincu ; le reste, j’ai bien aimé, mais sans plus.

 

Un petit classique pour la suite avec Peter Pan de James Matthew Barrie. Je parle du conte, hein, pas de la pièce de théâtre originelle qui vient tout juste d’être rééditée chez Terre de brume. Ben voilà, étrangement, je n’avais jamais lu Peter Pan. Erreur enfin réparée. Un régal de bout en bout, bien sûr, à la Alice, même si l’univers de Lewis Carroll me parle davantage. Mais ce qui m’a stupéfait dans Peter Pan, c’est le côté horrible, voire carrément gore, de la chose. Pratchett a bien raison dans sa description des contes de fées, décidément… Mais là, dans le genre, je crois que c’est le pire que je connaisse.

 

Tiens, un autre Angliche, là, Stephen Baxter. L’homme qui est capable du meilleur comme du pire, avec le même thème. Mais l’expérience y est pour beaucoup. Prenez les Xeelees : dans Exultant (« Les Enfants de la destinée », 2), ça nous donne un space op’ militaire, limite starwarsien (si), et un gros pavé, en même temps hard science (si), et palpitant de la première à la dernière page ; c’est bien simple : je crois que c’est le meilleur space op’ que j’ai lu avec La Paille dans l’Œil de Dieu de Larry Niven et Jerry Pournelle (ce qui est un sacré compliment, au cas où vous en douteriez). Mais des années plus tôt, avec Singularité (« Les Xeelees », 2), ça donnait juste une vilaine grosse bouse écrite avec les pieds de la voisine, totalement illisible et chiante à mourir. Après un Gravité déjà pas top… Du coup, je ne sais pas si je vais les continuer, ces « Xeelees », moi… Alors que « Les Enfants de la destinée », si.

 

J’ai également lu le Bifrost, n° 57. Spécial Robert Heinlein… Un très bon numéro, avec deux chouettes nouvelles d’Heinlein, une sympathique de John Varley, et un dossier riche et intéressant. Mais, comme d’habitude, il faut que j’intervienne, bien après la bataille, pour faire mon compte rendu sur les razzies… Pour ce qui est de la « pire nouvelle francophone » je trouve très con que Daylon ait eu le prix, dans la mesure où j’avais bien aimé son texte pour Retour sur l’horizon… Moi, on m’aurait demandé, j’aurais choisi (mais il n’était pas dans la liste) « Kainsmal » de Ludovic Lavaissière, dans Identités ; mais il semblerait que le chroniqueur ait trouvé des qualités à cette nouvelle : moi pas comprendre… Je ne peux pas me prononcer pour la « pire nouvelle étrangère ». Pour le « pire roman francophone », bon, je m’en suis tenu à des extraits, hein, mais Cathédrales de brume m’avait l’air bien placé (par contre, les blagues sur Oksana & Gil Prou étaient vraiment nulles). La catégorie « pire roman étranger » m’a laissé très sceptique : déjà parce que j’ai entendu dire du bien de Orgueil et préjugés et zombies (mais j'aime les zombies, aussi), ensuite parce que j’ai bien aimé Un jour je serai invincible, roman pour lequel l’argumentaire me semblait pour le moins limité (« N’est pas Alan Moore qui veut » ? Certes, mais c’est un peu court, jeunes gens…). Pour la traduction, je constate avec effroi l’unanimité, qui a fait reculer Brasyl dans mon étagère de chevet ; eh merde… Pour le « prix Jackie Paternoster de la pire couverture », j’ai trouvé le jury bien sévère avec Sébastien Bermès ; pour ma part, j’aurais fait un ex aequo Atalante / Livre de poche. OK pour le « prix de la pire non-fiction », il était bien temps de le dire. Pour le « prix de l’incompétence éditoriale », j’ai trouvé le jury bien sévère avec Sébastien Guillot ; pour ma part, le coup de Bragelonne / Milady était quand même le plus énorme, et de loin ; mais je dois avouer, moi, le misérable insecte, que les arguments avancés dans ces pages à l’encontre de Dieu ne manquaient pas forcément de pertinence… et c’est bien triste. Pour le « prix putassier », en temps normal mon préféré, je m’insurge : l’attribuer à Patrick Imbert, c’est petit, mais alors vraiment tout petit ; tous les autres candidats le méritaient bien davantage… OK, par contre, pour le « Grand Master Award ». Quant au « prix des lecteurs de Bifrost », j’y suis toujours opposé, pour les mêmes raisons qu’auparavant (et je n’ai donc pas voté). Bon, on verra bien l’année prochaine…

 

Dans la catégorie « bref mais intense », j’ai également lu La Triste Fin du petit Enfant Huître et autres histoires de Tim Burton, recueil bilingue et illustré par l’auteur de poésies naïves sur des enfants freaks, qui date de l’époque où Burton avait du talent. Sympa, à lire en VO, par contre.

 

J’ai enfin lu du Orson Scott Card, en m’attaquant au « cycle d’Ender ». Pour le moment, je me suis enfilé les trois premiers volumes. Bilan : La Stratégie Ender m’a paru sympa, sans plus ; ça se lit bien, sans véritablement casser des briques ; ça s’inscrit dans la lignée de Starship Troopers et La Guerre éternelle, sans y apporter beaucoup plus d’éléments nouveaux, ai-je trouvé. J’y ai largement préféré La Voix des morts, que j’ai trouvé véritablement excellent : Card y met en place une écologie extraterrestre fascinante, et y développe des concepts culturels fort intéressants. Xénocide en prend la suite directe… mais se révèle abominablement long et verbeux, et donc chiant. Du coup, j’ai repoussé ma lecture du dernier tome…

 

Un tout petit bouquin ensuite, La Morale des elfes, de Gilbert Keith Chesterton. Un pamphlet contre le modernisme, en fin de compte ; c’est rigolo, mais sans plus. Non, décidément, je crois que Chesterton n’est pas un auteur pour moi…

 

Autre petit bouquin, mais beaucoup plus à mon goût celui-ci, Adolphe de Benjamin Constant (auteur dont je n’avais lu jusqu’alors – et je vous en avais parlé – que les écrits politiques). Ça commence un peu comme un mélange entre Les Liaisons dangereuses et Le Rouge et le noir, puis, subitement, cela prend une tonalité unique. Résumons Adolphe pour nos amis les djeuns : 1°) Whoa zyva la taspé comment qu’elle est trop bonne j’vais trop m’la faire ! 2°) Uh t’as vu comment que j’l’ai emballé la salope là tranquille et tout wesh wesh… 3°) Rhaaa putain c’est trop la demer elle veut plus m’lâcher la teupu non j’t’assure j’pète un câble là… 4°) Non mais putain mais merde quoi mais j’te jure zyva la pute elle est trop à fond moi j’peux rien faire t’sais si si la famille quoi c’est relou p’tain fait iech’… etc. C’est très subtil, en tout cas. J’ai beaucoup aimé.

 

On passe à quelque chose d’autrement volumineux avec Océanique de Greg Egan. Troisième tome de « l’intégrale raisonnée » de ses nouvelles (mais finalement il y en aura un quatrième, joie, joie !), et confirmation qu’Egan est à l’heure actuelle ZE écrivain de science-fiction. C’est bien simple (‘fin, façon de parler, bien sûr) : même quand on n’y capte rien – par exemple, quand, dès la première nouvelle, il nous parle de football quantique –, eh bien, même là, c’est beau, c’est fort, c’est intelligent, c’est juste, c’est vrai, c’est grand. C’est Egan, quoi, l’auteur à suivre à l’heure actuelle. Je ne le connais toujours que par ses nouvelles, il faudra que je m’essaye à ses romans un de ces quatre… Mais je ne sais pas s’il sera aussi efficace sur la durée… Boah, verra bien.

 

J’ai également lu Père des mensonges de Brian Evenson. Disons-le tout net : c’est franchement moins bon qu’Inversion ou La Confrérie des mutilés. Et ça se répète un peu… Mais c’est quand même pas mal du tout, cette histoire de prêtre pédophile – eh eh…

 

Quant au Fiction, t. 10, je n’ai pas grand chose à en dire, si ce n’est qu’il s’agissait là d’un numéro de grande qualité dans l’ensemble, avec de vraies petites merveilles de nouvelles. La norme de Fiction, quoi.

 

Un petit bouquin ensuite, de Gandhi, La Voie de la non-violence. Une déception. Le texte est composite, mêlant des extraits de diverses œuvres de Gandhi un peu à la va-comme-je-te-pousse, et c’est plus ou moins intéressant ; les passages autobiographiques m’ont bien plu (et ils permettent de montrer que le film de Richard Attenborough est assez fidèle à la réalité historique, du moins telle que Gandhi l’a rapportée) ; hélas, les passages spirituels/mystiques abondent, qui sont chiants comme la pluie, et, parfois, puent franchement du zboub. La toute fin, émouvante, ne rachète pas tout ça…

 

Les hasards de l’alphabet font que l’on continue dans les livres de sagesse (yeurk) mystico-spirituels (gni), mais cette fois sous forme de poésie (argh), avec Le Prophète de Khalil Gibran. Tout pour me plaire, a priori, hein ? Mais le pire, messieurs dames, c’est que ça m’a plu ! Honnêtement, c’est très beau. Je l’ai lu parce qu’une patiente m’avait suggéré de le faire, et que c’était court, et que après tout pourquoi pas, et je ne le regrette en rien. C’est effectivement une grande œuvre, qui contient des passages de toute beauté. Faudra probablement que je le relise dans de meilleures conditions…

 

Petit bouquin encore, mais dans un genre bien différent, avec les Souvenirs de la cour d’assises d’André Gide, où l’auteur rapporté son expérience de juré. Évidemment, tout cela date d’il y a un siècle environ, et d’une époque où la peine de mort existait, mais, pour le reste, ce petit livre reste d’une actualité troublante. Son épilogue, notamment, vaut le détour, et le regard que pose Gide sur la justice, son métier, et le rôle des jurés ne manque pas de pertinence.

 

On reste toujours et encore dans les petits bouquins (oui, je m’en étais fait un petit stock) avec Gilgamesh, dans l’adaptation de Léo Scheer (c’est-à-dire une version « grand public », et non « savante »). « Le premier roman de l’histoire », nous dit-on. On pourrait en débattre… Quoi qu’il en soit, j’étais curieux de connaître enfin le mythe de Gilgamesh, et j’avoue en être ressorti un peu déçu. Je ne sais pas, il y manque encore quelque chose, qui n’apparaîtra semble-t-il que chez les Grecs, mais que je serais bien incapable de définir… Enfin, je n’ai pas perdu mon temps, hein, et je mourrai un peu moins bête, mais ça ne m’a pas passionné…

 

Tiens, on parlait tout à l’heure de Robert Heinlein. Eh bien j’ai lu son juvenile Le Vagabond de l’espace (Dieu que ce titre français est plat, comparé à l’original : Have Space Suit, Will Travel !)… et j’en ai été terriblement déçu. Rien à voir avec l’excellent Citoyen de la galaxie ; mais sans doute Heinlein vise-t-il ici un public plus jeune, et peut-être la traduction y est-elle pour quelque chose ; quoi qu’il en soit, je trouve que ça a fort mal vieilli, et ne présente plus guère d’intérêt aujourd’hui…

 

 

Ah. Ça y est. On y arrive. Yama Loka Terminus, de Léo Henry & Jacques Mucchielli. Voyez-vous, tout est de leur faute. J’avais rédigé une chronique de Yama Loka Terminus, mais je l’ai trouvée tellement mauvaise, tellement ridicule, que j’ai préféré jeter l’éponge et arrêter de chroniquer, parce que je ne m’en sentais plus capable (enfin, c’était la phase 1 ; pour la phase 2, voir plus bas). Et je ne vais bien évidemment pas la reprendre aujourd’hui, mon texte – je l’ai toujours – ne s’étant bien évidemment pas bonifié avec le temps. Alors je me contenterai de vous dire qu’il s’agit là d’un excellent recueil de nouvelles, qui m’a tout simplement foutu sur le cul. Et je ne dis pas ça parce que les auteurs sont des gens charmants. Je dis ça parce que c’est vrai. Ce recueil est tellement bon que… ben… que même aujourd’hui je ne sais pas quoi en dire. À part : lisez-le.

 

Dans la catégorie « gros lourd qui tâche et qui n’est pas facile à chroniquer », La Forêt des mythagos. L’intégrale de Robert Holdstock se pose un peu là, aussi. Commençons par le commencement, c’est-à-dire L’intégrale 1/2 : en posant les choses clairement, La Forêt des mythagos au sens strict est un authentique chef-d’œuvre, une merveille de finesse et d’intelligence, au style sans faille ; lisez-moi cette merveille tout de suite. TOUT DE SUITE ! Pour le reste, c’est un peu différent : Lavondyss, ainsi, commence remarquablement bien, et, pendant longtemps, je trouve qu’il vaut bien le premier tome, voire qu’il lui est supérieur ; hélas, à mon sens, le roman s’éternise un peu trop, et part franchement trop en couille sur le tard… Par contre, la novella « La Femme des neiges » a un format idéal, et est de toute beauté. Passons à L’intégrale 2/2 : Le Passe-broussailles est un roman très correct, étonnant mais efficace, quoique peut-être un peu trop long là encore. Quant à La Porte d’ivoire, je ne peux pas encore vous le dire, puisque je ne l’ai pas encore lue [j’éditerai cette notule le moment venu]… EDIT : Ben c'était très bon !

 

On passe à quelque chose de bien plus léger avec Éric Holstein et ses Petits Arrangements avec l’éternité, amusante variation sur le vampirisme, gouailleuse et fantasque, argotique sans que jamais cela ne sonne faux (merci mon Dieu), et finalement plus inventive qu’il n’y paraît au premier abord. Ça se lit tout seul, et c’est très bien comme ça. À suivre, moi j’dis.

 

Puis l’on poursuit l’intégrale des œuvres de Robert E. Howard avec Bran Mak Morn. L’intégrale, rassemblant les récits « pictes » et du « petit peuple » du papa de Conan. En ce qui me concerne, il s’agit là d’un des meilleurs volumes de Howard publiés chez Bragelonne, bien plus intéressant que le précédent Seigneur de Samarcande. Il contient notamment une superbe nouvelle de fantasy, « Les Vers de la terre », et une autre très fameuse, « Les Rois de la nuit », qui convoque également le roi Kull. J’attends déjà le prochain volume avec impatience…

 

Retour à un de mes auteurs fétiches, ensuite, avec Joris-Karl Huysmans, dont j’ai lu (ou, en fait, relu, mais voyez plutôt…) deux petits ouvrages. Commençons par Gilles de Rais. La Magie en Poitou, suivi de deux documents inédits : n’achetez pas cette chose, c’est une escroquerie pure et simple. Il s’agit d’une simple reprise des passages « biographiques » du génial Là-bas… expurgés de tout ce qui pouvait avoir une dimension érotique ou trop violente ! Lisez Là-bas plutôt que cette brochure censurée totalement dénuée d’intérêt. J’ai ensuite lu Sac au dos, suivi de À vau l’eau, ce qui nous ramène cette fois à la veine naturaliste de l’auteur ; ou, plus exactement, j’ai lu « Sac au dos »… puisque j’avais déjà lu (et adoré) « À vau l’eau », superbe récit naturaliste d’un homme qui passe son ennui dans des restaurants tous plus désolants les uns que les autres… Mais « Sac au dos », donc ; joli récit – passablement autobiographique, ai-je cru comprendre – sur la débilité profonde de la guerre et la désorganisation totale de l’armée française lors de celle de 1870 : ça se lit tout seul, c’est beau comme… comme du Huysmans, et c’est très bien comme ça. Tout ça m’a donné envie de m’y remettre, tiens. Du coup, je me suis payé En rade. On verra bien ce que ça donnera.

 

On reste dans les tout petit bouquins (tout un stock, vous dis-je !) avec Sleepy Hollow. La légende du Cavalier sans tête de Washington Irving. On est là à des années-lumières du film de Burton et de ses ambiances à la Mario Bava. Le texte d’Irving est en fait une parodie très légère, dans laquelle l’ambiance est censée susciter le sentiment du fantastique mais n’y parvient pas (du moins en français), sans que le fantastique à proprement parler n’intervienne jamais. Une grosse déception en ce qui me concerne.

 

Par contre, dans les classiques du fantastique, je ne saurais trop vous recommander, postérieur d’un peu moins d’un siècle, Le Tour d’écrou d’Henry James. Là, on a une superbe ghost story paranoïaque, dans une magnifique ambiance victorienne. Très efficace, et étrangement flippant encore aujourd’hui. Par contre – et « on » m’a confirmé qu’il n’y avait là aucune étrangeté –, durant toute ma lecture, j’avais les images du film d’Alejandro Amenabar Les Autres qui défilaient dans ma tête. Ambiance…

 

 

Ah. Phase 2. Michel Jeury, Soleil chaud poisson des profondeurs. Après Yama Loka Terminus (voir plus haut), c’est celui-là qui m’a fait arrêter le blog. Tout simplement parce que, arrivé à la dernière page, et même si je savais que j’avais trouvé ça « pas mal », je ne savais absolument pas quoi en dire. Syndrome de la page blanche. Radical. D’où arrêt immédiat et prolongé. Deux à la suite, c’était mauvais signe. Aujourd’hui, trop de temps a passé pour que je sache davantage quoi en dire, hélas… Mais Le Temps incertain a rejoint mon étagère de chevet, on verra bien ce qu’il en sera de celui-ci (j’espère ne pas faire de blocage, cette fois…).

 

Passons à Daniel Keyes, avec Les Mille et Une Guerres de Billy Milligan, « suite » (que l’on n’espérait pas) du fabuleux Les Mille et Une Vies de Billy Milligan. Cette fois, on s’intéresse surtout au parcours de Billy dans le système carcéral américain (enfin, mi-psychiatrique, mi-carcéral) ; pas inintéressant, mais franchement pas indispensable, à la différence du « premier tome »

 

Re-petit bouquin avec Marouflages de Sylvie Lainé. Où celle-ci confirme bien qu’elle est une des meilleures nouvellistes SF eud’ chez nous ; cependant, je dois avouer avoir trouvé ce petit volume un cran inférieur aux précédents… Mais bon, rien de grave.

 

… Et là, je triche un peu, puisque je rajoute dans la liste un bouquin que je n’ai pas vraiment terminé, mais que je feuillette de temps à autre, quand j’en ai le courage : SF : la science mène l’enquête de Roland Lehoucq, compilation des articles de vulgarisation scientifique du susdit dans Bifrost. Le problème, c’est que, ça a beau être de la vulgarisation, trois fois sur quatre, j’y panne rien de rien… Mais le reste est intéressant… Et je sens que si je faisais l’effort de faire un peu chauffer mes neurones, je pourrais réduire la proportion à une fois sur deux. Pour le reste, je n’ai tout simplement pas le bagage : pas pour rien si j’ai arrêté les sciences dès la première, hein…

 

On passe maintenant à Roi du matin, reine du jour de Ian McDonald, un bouquin dont j’avais entendu dire le plus grand bien. À m’en tenir au début, je comprends pourquoi : c’est effectivement excellent. Puis ça part méchamment en couille… et beaucoup trop à mon goût. Sur le tard, j’ai même trouvé ça plutôt chiant. Bien écrit, oui, mais plutôt chiant quand même. Dommage…

 

Après l’excellent Quinzinzinzili, je suis retourné à l’excellent Régis Messac avec Valcrétin. Disons-le tout net, c’est un bon cran en-dessous, voire deux. Mais ça se lit quand même avec plaisir, cette farce caustique au cynisme destructeur. En attendant, là, je suis en pleine lecture de La Cité des asphyxiés, et je vous en dirai bientôt des nouvelles…

 

Retour aux petits bouquins mais aux grands auteurs avec Dojoji et autres nouvelles de Yukio Mishima. C’est évidemment très très bon, avec une préférence particulière pour la terrible « Patriotisme » (gulp !), et la plus sardonique « Les Sept Ponts » (les deux autres nouvelles étant un cran en-dessous à mes yeux). Il faudra vraiment que je me remette à Mishima un de ces jours.

 

En attendant, un petit peu de science-fiction tout de même, avec Nuigrave de Lorris Murail. Je ne serais pas aussi dithyrambique que d’aucuns ont pu l’être sur cette parution d’Ailleurs et Demain, mais il faut reconnaître que c’était pas mal du tout. Un page-turner efficace, avec une certaine causticité dans le ton qui passe pour le mieux. Sympathique, en somme.

 

Et puis, bien sûr, il y a Jérôme Noirez. C’est vrai que c’est bien, ce qu’il fait, ce jeune homme. En témoigne notamment Le Diapason des mots et des misères, recueil de nouvelles tout ce qu’il y a de fréquentable. C’est parfois un peu inégal, certes (mais comme tout recueil ou presque, j’aurais envie de dire), mais dans l’ensemble, c’est de la fort belle ouvrage. Chapeau bas, m’sieur Noirez.

 

… Ah. Oui. Là, il va falloir que je m’explique. Bon, c’est vrai, je le reconnais, j’avoue, je le confesse, mea culpa, mea maxima culpa, j’ai lu du Amélie Nothomb. Pour voir. Pour savoir ce que c’était, avant d’en dire du mal. Parce qu’un patient (écrivain, nous disait-il, mais avec des goûts littéraires un peu de chiottard, faut quand même dire ce qui est) me la recommandait malgré tout. Parce que c’était trèèèèèèèèèès court. Et parce que, après tout, je n’avais rien à perdre, si ce n’est un peu de temps, et du temps à perdre, à ce moment-là, j’en avais plein. J’ai donc lu du Amélie Nothomb. J’ai commencé par Cosmétique de l’ennemi… qui est une vraie merde. Très franchement, si ce n’était pas Madame qui avait signé la chose, aucun éditeur n’aurait voulu de ce torchon, évoquant une sorte de croisement bâtard et médiocrement théâtral entre du sous-Duras et du sous-Palahniuk. Ri-di-cule. Après quoi – deuxième chance – j’ai lu Journal d’Hirondelle ; bon, c’était moins pire, mais quand même totalement dénué d’intérêt, et là encore avec de fâcheux airs de sous-Palahniuk. Moi, ce patient, en échange, je lui ai fait lire Evenson, Pynchon et Vonnegut, qu’il ne connaissait ni d’Ève, ni d’Adam. Ben je soutiens que c’est mieux, na.

 

Mais, tiens, en parlant de Chuck Palahniuk, j’ai justement lu Le Festival de la couille et autres histoires vraies. Ne pas se fier à ce titre français racoleur (l’original est plus sobre : Stranger Than Fiction), ce bouquin-là vaut mieux que ça ; ce recueil de chroniques déviantes est étonnant et réjouissant, et tout à fait passionnant. Si l’on excepte le récit-titre, toute la première partie ou presque est à proprement parler fascinante : le récit sur les lutteurs est incroyablement émouvant, celui sur les bâtisseurs de châteaux et celui sur les combats de moissonneuses-batteuses sont réjouissants au possible, celui sur les stéroïdes marque durablement… Si la deuxième partie, consacrée aux interviews, est moins intéressante, la troisième, essentiellement centrée sur le ressenti de Palahniuk face au succès de Fight Club (et notamment du film) est également tout à fait passionnante. Un bouquin surprenant, mais qui vaut franchement le détour.

 

Un peu de copinage, maintenant, avec un bouquin publié à l’origine en micro-édition chez les potos des Éditions Personnelles, mais qui, ai-je cru comprendre, a été réédité depuis (peut-être pas évident à se procurer, quand même…) : Mort et vie des 26 maréchaux d’Empire, une aventure hystérique, écrit et (joliment) illustré par Stéphane Pêtre. Tout est dans le titre… ou presque. Disons qu’ici on ne fait pas exactement dans la légende napoléonienne, mais on présente les maréchaux pour ce qu’ils étaient ; c’est-à-dire, pour la plupart, une bande de médiocres et d’arrivistes, de fouteurs de merde et d’incompétents… L’ouvrage, s’il n’est pas sans menus défauts par-ci par-là (et il contient notamment une grosse bourde de datation, récurrente qui plus est, qui m’a fait bondir à maintes reprises, groumf…), se dévore néanmoins comme un roman, est très instructif et solidement documenté, et, on l’avouera, est souvent tout bonnement hilarant en plus d’être passionnant. Une vraie réussite pour un bouquin d’histoire pas comme les autres. Chapeau (enfin, bicorne) bas, citoyen Pêtre.

 

On passe à tout autre chose avec le dernier Terry Pratchett, Monnayé, qui vient donc prolonger le très sympathique Timbré. Hélas, ce n’est pas avec la même réussite… Décidément, les derniers Pratchett ne m’ont pas convaincu ; je crois bien que je commence à saturer… Argh.

 

Bon. On re-passe à tout autre chose avec Thomas Pynchon et Vente à la criée du lot 49. Mazette ! Un Pynchon court ! Ça mérite bien des applaudissements : CLAPCLAPCLAPCLAP. Merci. Et maintenant, que voulez-vous que je vous dise ? Bien sûr que c’était excellent. Même si je crois, dans le fond, que V. m’a fait une plus forte impression sur le moment. Celui-ci, c’est avec le recul que ça s’est mis à marcher vraiment bien. Mais alors vraiment très très bien…

 

Pour la peine, on peut bien s’accorder un peu de sous-littérature de genre avec Kristine Kathryn Rusch et son Extrêmes (« Les Experts-récupérateurs », 2… et le dernier à être traduit de par chez nous, hélas, puisque la série a fait un four…). Polar-SF, comme le premier, mais là où ce dernier séduisait par son côté ethno-SF à la Le Guin, celui-ci joue davantage la carte du thriller. Perso, ça me parle beaucoup moins, mais faut avouer que c’est efficace. Une bonne littérature de divertissement.

 

Tout le contraire, par exemple, de La Nef des fous de Richard Paul Russo, roman dont j’avais entendu dire le plus grand bien, que j’avais entendu qualifier d’excellentissime space opera, et qui s’est révélé à la lecture être une vilaine baudruche écrite avec les pieds. Chiant comme la pluie et totalement dénué du moindre intérêt. Passez votre chemin, braves gens.

 

Par contre, dans un genre qui n’a absolument, mais alors absolument rien à voir, vous pouvez vous attarder sur Firmin. Autobiographie d’un grignoteur de livres de Sam Savage, ou l’histoire à la première personne d’un rat plus bibliophile que bibliophage. Très mignon. J’ai été appâté par les pubs dans le métro parisien (rhaaaaaa, la pub, c’est le maaaaaaaaaal), mais pour une fois je ne le regrette pas. Une jolie découverte.

 

Tiens, en passant, une petite babiole d’une vingtaine de pages, un cadeau de libraire, qui se lit dans le métro, justement : la nouvelle de John Scalzi La Diplomatie en trois rounds. Ça se passe bien évidemment dans le même univers que Le Vieil Homme et la guerre, et c’est une fois de plus très rigolo. Moi, j’aime bien, décidément. Par contre, il va falloir se décider, là, pour l’illustrateur : ça peut pas durer…

 

On reste dans la littérature populaire, mais alors ‘ach’ment populaire, avec Kurt Steiner, et Angoisses, t. 1, un recueil de trois romans parus initialement dans les années 1950 dans la collection « Angoisse » du Fleuve Noir. Trois romans qui jouent pas mal, même si le cadre est souvent contemporain, la carte de l’horreur gothique, type Hammer ou peut-être plus encore Mario Bava en grande forme, avec pas mal de réussite je trouve. Bon, c’est du roman de gare, hein. Mais du bon. Enfin, moi, j’aime bien. Du coup, je me suis lancé dans le tome 2, et je vous en causerai prochainement.

 

Avec Jennifer Morgue, on retrouve l’univers délirant mis en place par Charles Stross dans Le Bureau des atrocités, versant carrément James Bond, cette fois. C’est sympa, mais j’ai quand même beaucoup moins aimé, personnellement…

 

Une autre déception « relative », Il est difficile d’être un dieu, d’Arkadi et Boris Strougatski. J’attendais beaucoup des deux auteurs russes, dont je n’avais rien lu jusqu’alors, et j’avoue avoir été un peu déconcerté par le ton de cet ouvrage et son style étrangement baroque. Ce n’était pas mal, mais pas tout à fait non plus ce à quoi je m’attendais, et… bref. J’ai été un peu déçu. On verra bien ce qu’il en sera très bientôt pour les prochaines sorties en Lunes d’encre, et notamment Stalker.

 

Un autre cadeau de libraire, maintenant, Les Trésors de la Rivière Blanche, petit recueil de nouvelles écrites par des auteurs de la maison ; j’en avais déjà lu quelques-unes (parmi les meilleures, d’ailleurs – celles de Thomas Geha, de Sylvie Miller & Philippe Ward, celle, véritablement excellente, de Bruno B. Bordier), j’en ai lu d’autres avec joie ; en fait, il n’y a que pour les papys de la SF que j’ai fait un blocage : non, là, décidément, je peux pas… Mais sinon, c’était une initiative tout ce qu’il y a de sympathique, et, si l’on excepte trois ou quatre brontosaures, ça se lit avec beaucoup de plaisir.

 

Tiens, en parlant de « SF à papy », un peu, mais de très très bonne, j’ai lu Planète géante. L’intégrale de Jack Vance. Ben, mine de rien, c’est du très très bon Vance, ça ! Les histoires sont même moins nulles que d’habitude, les personnages moins falots, le style moins fade, et l’univers toujours aussi merveilleusement riche : que demande le peuple ? J’ai même été surpris par la tonalité tragique du premier volet… et ai été très bon public devant le burlesque du deuxième. À ranger illico parmi les meilleures pièces de Maître Jack, aucun doute à cet égard.

 

On reste dans la littérature populaire – ouep, j’en ai lu pas mal aussi, je voulais pas trop me flinguer le cerveau ces derniers mois – avec Julia Verlanger et le troisième tome de son intégrale, intitulé Dans les mondes barbares. Quatre romans, quatre planet operas, situés sur des mondes relativement archaïques, et qui, ma foi, se lisent plutôt bien. J’accorderais pour ma part une mention spéciale au dernier, D’un lieu lointain nommé Soltrois, qui se lit vraiment très bien. Ce troisième tome, sans égaler le premier – le très bon post-apocalyptique La Terre sauvage – me paraît bien supérieur au deuxième – le space op’ Récits de la grande explosion. Et, une fois de plus, on est là devant de la littérature populaire dans ce que cette expression a de plus noble.

 

Passons à Utopiales 09, l’anthologie du festival, dirigée par Jérôme Vincent. Une antho relativement correcte avec du bon et du moins bon, du très bon (la préface d’Ugo Bellagamba) et du très mauvais (l’insipide, euh, « nouvelle » ? de Bordage). Ça se lit, sans laisser un bien grand souvenir.

 

Toujours chez ActuSF, c’est un peu la même chose, hélas, pour 69, l’anthologie de SF érotique (dans un nouveau format, tiens ?) dirigée par Charlotte Volper. Pour ce qui est des textes vraiment réussis, je ne retiens – sans surprise… – que Mélanie Fazi et Sylvie Lainé (là, rien à redire, c’est du haut vol). On trouve après des choses correctes (Beauverger, Bétruger, Wintrebert), d’autres au mieux douteuses (Berthelot, Gudule), le reste étant sans intérêt, voire carrément nul. Dommage…

 

Retour aux petits bouquins – et aux classiques – avec H.G. Wells et Un rêve d’Armageddon, précédé de La Porte dans le mur. « La Porte dans le mur » est une assez jolie, encore qu’un peu lourde, allégorie sur le bonheur, qui passe plutôt bien. « Un rêve d’Armageddon » joue dans un registre similaire, et c'est une fable sur la responsabilité ; je l’ai trouvée pour ma part moins percutante. Je ne dirais pas qu’il s’agit là de très grand Wells…

 

J’achève enfin (ouf) sur Joëlle Wintrebert et Le Créateur chimérique. Et là… énooooooooooooorme déception. Ce bouquin, pourtant récompensé en son temps et dont je n’avais entendu dire que du bien, s’est révélé chiant comme la pluie. À mourir d’ennui. Heureusement que j’ai connu la dame par d’autres textes ; qui commencerait par celui-ci risquerait de s’en faire une bien piètre image…

 

 Sur ce, chers amis, je vous laisse pour quelque temps : je dois chroniquer des choses pour ailleurs qu’ici. Mais je reviens dès que possible. Salut et fraternité.

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A
Salut,

Je connais le site, oui, et j'ai vu que la suite était disponible ... mais malheureusement, j'ai un petit côté psycho-rigide, la lecture de BD sur écran ne m'attire pas du tout, et j'ai toujours
reporté ma lecture aux calendes grecques. Je me disait que l'auteur allait finir par arriver à faire (ré)éditer Marbot ailleurs ... apparemment, comme le temps passe vite, cela fait donc déjà
quelques années qu'il rame. C'est vraiment, vraiment dommage !

Rien à voir avec ceci, sinon, mais comme c'est le billet qui m'a amené là : le Temps incertain est vraiment excellent, également ...
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N


Lu il y a quelques jours à peine, et adoré : hop.



A
Tombant sur cette vieille note, à partir du lien vers "Soleil Chaud ..."

... es-tu déjà tombé, en BD, sur les mémoires du général baron Marbot, de Stéphane Pêtre ?

Je ne suis pas un spécialiste de la période, mais ça m'a beaucoup plu. C'était publié aux défuntes éditions Théloma. Seulement deux tomes sont parus, je crois, sur les 6 ou 7 prévus.
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N


Ah mais la suite existe ! Voir ici.


 


Par contre, si je connais le site, j'avoue que je n'ai pas lu la chose. Va falloir que je m'y mette. Merci de le rappeler à mon bon souvenir, donc.



P

La Nef des fous, chiant ? Mais t'es vraiment nul. C'est génial, la Nef, c'est mystérieux. Mais tous les goûts sont dans la nature, même les goûts de chiottes.


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C

Ca, c'est un billet à peu près impossible à commenter, je me suis dit que j'allais mettre à profit mon dimanche "au calme" (je ne boulotte pas aujourd'hui! Non mais...) pour le faire.

Tout d'abord, la poésie, c'est BIEN (si si). Et puis, Wilde, il a fait tout plein de poèmes (je suis d'ailleurs la très fière détentrice d'un recueil de tous ses poèmes en anglais dans une très
belle édition de 1916 toute sobre et british dans l'âme que j'ai payée le tiers de son prix sur le marché)(j'ai de très étranges sujets de satisfaction). Voilà. Tu as déjà essayé Apollinaire? Mes
élèves adorent quand je leur récite mon insulte préférée tirée d'un de ses poèmes, "La réponse des Cosaques Zaporogues au Sultan de Constantinople": "Ta mère fit un pet foireux et tu naquis de sa
colique" (avoue, quand même, c'est beau comme insulte!).

Ah!, "Peter Pan", quel beau souvenir. En effet, très cruel, mais comme beaucoup de contes. Je m'étais penchée sur la question à un moment, et avais découvert avec ravissement que les contes,
originellement, sont cruels, ce n'est que depuis quelques temps qu'on a tendance à vouloir protéger les gosses en leur montrant un monde mielleux. Heureusement que certains font perdurer cette
tradition du conte plus noir.

Oh, le p'tit recueil de Burton, je l'aime beaucoup. C'est l'essence même de l'esprit torturé et poétique (ah, des poèmes!!!) du réalisateur, ce même esprit qu'il semble avoir perdu en cours de
route ("Alice" est tout gentillet comme film).

"Adolphe", je l'ai beaucoup aimé aussi, un bel exemple du romantisme, courant dont le lyrisme me plaît beaucoup. Rien à faire, je préfèrerai toujours les symbolistes, surréalistes et romantiques au
réalisme.

J'ai "Les mille et une vies de Billy Mulligan" qui m'attend dans ma bibli mais, j'ai beau avoir aimé "Des fleurs pour Algernon" (comme tout le monde je suppose), je ne sais pas, je n'arrive pas à
me décider à le lire.

Rââââh, Mishima. J'en ai lu ado, j'ai adoré. J'ai relu récemment "Le tumulte des flots". Il serait 'âchement temps que je m'y remette, merci de me remettre le nom dans l'oreille ("Martyre", tu l'as
lu? En Folio 2€, donc il n'y a pas d'excuses ^_^).

Amélie Nothomb... Bon, je ne vais pas me faire l'avocat du diable, je ne l'aime plus (oui, je l'ai aimée, ado). Mais j'ai ma petite théorie à son sujet. Comme Werber, Nothomb est pour moi un auteur
pour "ados" (sans que cela ne soit péjoratif, attention). Elle a le style et les idées qui sont à même de plaire à des lecteurs qui n'ont pas forcément rencontré ce genre d'idées avant et qui vont
être emportés par les théories qu'elle avance (comme Werber). Puis le lecteur grandit, se rend compte des répétitions et passe à quelque chose de plus élaboré. Nothomb a énormément de succès auprès
des 15-17 ans, et je dois dire donner parfois "Stupeur et tremblements" à lire aux plus jeunes de mes élèves, parce que je sais qu'ils vont aimer. Par contre, ceux que tu as lus... Bon, pour "Le
journal d'hirondelle", je ne sais pas, mais "Cosmétique de l'ennemi", ça doit être le pire à mes yeux. "Stupeur et tremblements" et "Ni d'Eve ni d'Adam" (donc ceux dans la vague "auto-fiction, que
je n'apprécie pas beaucoup pourtant) passent encore bien.

Bon, tu m'as définitivement découragé pour "La nef des fous" qui attend depuis des mois dans ma bibli (comme beaucoup d'autres, mais bon, j'aimais bien le principe de base)...

Pfiou, voilà, fini. J'espère que tu auras eu le courage de lire jusqu'au bout ^_^. Je ne parle pas des autres livres que j'ai lus ("Le tour d'écrou" m'avait bien marquée) mais je note quelques
références en passant...


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N


Mmmh, désolé, hein, mais, très franchement, la poésie, j'ai du mal. Sinon, j'avoue, jolie, l'insulte. Mais moi, mes préférées, c'est le Grand Flaubert parlant de Thiers : "croutard
abject" et "bourgeois étroniforme", c'est pas mal non plus, non ?


Sur Peter Pan, certes, certes, mais comme dit plus haut, ça ne m'a jamais paru aussi flagrant.


Sur le recueil de Burton, bah oui. Mais son Alice, je ne peux pas aller le voir, j'ai trop peur du résultat ; je suis trop fan de Lewis Carroll pour tenter l'expérience...


Adolphe, c'est quand même un romantisme un peu spécial, non ? Quant au réalisme, ça dépend : si c'est celui de Flaubert, y'a pas : c'est lui le meilleur, il les écrase tous...


Les 1001 Vies de Billy Milligan, j'ai trouvé ça vraiment très bon (je l'avais chroniqué, en son temps) ; je te le recommande chaudement.


Martyre, ce sont des extraits de Pèlerinage aux trois montagnes, que j'ai lu y'a de ça un bail ; donc, oui.


Pour Nothomb, je crois que je ne retenterai pas l'expérience. Il y a tant de livres à lire...


Pour La Nef des fous, c'est mon avis. Maintenant, plein de gens ont aimé. Moi pas comprendre... Si ça se trouve, ça te plairait, hein...



C

wouah, t'en as lu des choses... Et puisque tu t'es lancé dans la poésie, je dois faire un aveu : je ne suis qu'une lectrice occasionnelle de SF (oui, honte à moi qui te lis, j'ai l'impression de
faire mon coming out...) mais une grande consommatrice de plein d'autres choses, dont la poésie.. Et ma "bible" en la matière, c'est "Le Fou d'Elsa", d'Aragon, un poème fleuve, une oeuvre
monumentale de richesse et de variété, d'une musicalité et d'une sensualité incroyable... Bref, je pourrais en parler des heures, mais fais mieux : lis-le !
Et en l'occurrence, ne t'approches pas de l'édition de poche, parfaitement illisible, mais empruntes si tu peux l'édition de la nrf, qui met bien plus le(s) texte(s) en valeur.


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N


Hou-là, attention ! sache-le, pauvre innocente : Nébal exècre les pouètes, Nébal méprise la polésie. Nébal n'y pige rien surtout, et ne ressent pas grand chose. Il n'y a que de rares exceptions,
la principale étant Rimbaud. Parce que Rimbaud a écrit Une saison en enfer, et parce qu'il a cessé d'écrire. Nébal aime Rimbaud.


...


Bon, je note quand même, mais c'est bien pour te faire plaisir.



T

Bonjour !
Bcp de bons bouquins là-dedans...
Aurais-tu une édition en particulier à me conseiller pour lire le conte de Peter Pan ?


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N


Ben, moi je l'ai lu en Librio, mais je ne sais pas si cette édition est meilleure ou pire qu'une autre... Tout ce que je sais, c'est qu'elle ne coûte que 2 €...



U

Yep !
Si j'en juge par ton étagère (grotte ?) de chevet.


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N


N'est-ce pas ? Misère...



U

Tu devrais essayer quand même de lire "Chevalier de spectres et d'ombres"(in "Chevalier de l'Empire terrien"). C'est un Flandry beaucoup moins laborieux,a"vec un ton désabusé. Du Anderson,
mid1970's dénotant l'adaptation assez étonnante du bonhomme à son époque.


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N


Je note, mais tu comprendras que je n'en fasse pas une priorité...



A

Waouh... Que de lectures !
Finalement, des livres cités, je n'ai lu que "La Triste Fin du petit Enfant Huître et autres histoires" de BURTON. Je partage ton avis, la VO est encore mieux. De mon côté, nous avons lu tour à
tour avec mon chéri les "histoires" à haute voix, cela s'y prête très bien :)

Pour "Petits Arrangements avec l’éternité" de HOLSTEIN, je suis moins convaincue que toi. Léger c'est sûr, sans doute un peu trop : un peu plus de point d'ancrage pour l'histoire aurait été
bienvenu. Et je n'ai pas du tout apprécié ce trop plein d'argot.


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N


Oui, le Holstein est léger. Un peu plus d'ambition ne lui aurait peut-être pas fait de mal... Mais l'argot m'a paru bien dosé (contrairement, par exemple, à la merde de Marignac chez ActuSF...et
à ses messages d'insulte aussi, d'ailleurs ).