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"Dieu-qui-Parle", de Tony Hillerman

Publié le par Nébal

Dieu-qui-parle.jpg

 

 

HILLERMAN (Tony), Dieu-qui-Parle, [Talking God], traduit de l’anglais (États-Unis) par Danièle et Pierre Bondil, Paris, Rivages, coll. Noir, [1989-1990] 1997, 338 p.

 

Et hop, là, comme ça, un polar navajo de Tony Hillerman de plus. C’est que je commence à en avoir lu un certain nombre, tout de même… Et ça fait toujours plaisir de temps en temps, malgré certains défauts récurrents sur lesquels on aura l’occasion de revenir.

 

Nous retrouvons donc notre duo de policiers navajos préférés, Joe Leaphorn – l’agnostique pas commode – et Jim Chee – le traditionaliste entre deux mondes. Qui vont de nouveau être amenés à bosser ensemble, mais pas tout de suite, pas tout de suite… et sur des affaires qui ne les regardent pas vraiment comme d’habitude.

 

Le chapitre introductif du roman est assez fort, qui nous présente les agissements du dénommé Henry Highhawk, un Blanc qui a un peu de sang navajo dans les veines, et aimerait bien rejoindre le Dineh, du coup. Et un activiste, donc, qui s’insurge contre la détention par diverses institutions américaines de squelettes d’Indiens, à des fins d’études anthropologiques. Aussi décide-t-il de déterrer les grands-parents d’une conservatrice de musée et de les lui envoyer par la poste… Un peu plus tard, Jim Chee est donc chargé d’arrêter Highhawk, à l’occasion d’une cérémonie appelée Yeibichai – celle qui fait intervenir Dieu-qui-Parle. Pas de problème – d’autant que le bougre est finalement plutôt sympathique (même si un peu taré). Sauf qu’il apprend ultérieurement que son amie Janet Pete est l’avocate dudit Belagaana… et qu’elle a l’impression qu’on la suit depuis qu’elle a été chargée de cette affaire. Ni une, ni deux : Jim Chee prend un congé et hop ! direction Washington, D.C.

 

Joe Leaphorn, de son côté, n’est pas parti en retraite. Et il s’intéresse de près – il est bien le seul, ou presque – à un cadavre retrouvé au milieu de nulle part, au bord d’une voie ferrée, cadavre dépouillé de tout signe d’identification, jusqu’à ses fausses dents qui ont été prélevées… L’affaire n’est pas de son ressort, mais, comme d’habitude, c’est plus fort que lui, Leaphorn enquête. Et remonte la trace de la victime jusqu’à…

 

Jusqu’à ?

 

Eh bien, oui, bravo, vous avez gagné : Washington, D.C. Ni une, ni deux : Joe Leaphorn prend un congé et hop ! direction la capitale.

 

Bien entendu, ces deux affaires sont amenées à se croiser – Highhawk et le Yeibichai constituant le lien, le lecteur le sait très tôt – et nos deux Indiens dans la ville vont de nouveau travailler ensemble.

 

Ce changement de cadre – la côte Est urbaine, bien loin des Four Corners – est un peu déstabilisant pour les amateurs de la série. Même maintenant, je suis incapable de déterminer si c’est un point fort ou un point faible du roman…

 

Mais, à côté de ça, j’ai le sentiment que Dieu-qui-Parle est plutôt un bon cru : l’enquête est riche et complexe, Tony Hillerman gère très bien son timing, et les personnages sont très réussis : Leaphorn et Chee, bien sûr, on a l’habitude, mais aussi Highhawk, couillon mais sympathique… et un tueur à la personnalité complexe. Enfin, Dieu-qui-Parle est un roman plus riche que de coutume pour ce qui est du fond, dans la mesure où il introduit avec adresse de passionnants et délicats problèmes éthiques.

 

Mais il y a toujours certains défauts (donc) ; essentiellement, le style est toujours aussi pourrave, et sans doute encore rendu plus pénible par une traduction décidément détestable (un bon dépoussiérage serait de rigueur…). C’est fort dommage, tout de même… Ajoutons que, malgré le changement de cadre, c’est quand même un peu toujours la même chose pour ce qui est des trames parallèles et de l’implication des personnages ; bon, pas trop grave non plus…

 

J’ai néanmoins, comme le plus souvent, passé une fois de plus un très bon moment en compagnie de Joe Leaphorn et Jim Chee. Et j’en redemande ; à suivre, donc.

CITRIQ

Commenter cet article

L
Une série que je relis toujours avec plaisir.
Le Papou
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N
Je l'ai lu en VO et je ne me souviens pas d'un style pourri.
Cela me semblait plutôt poétique. (mouarf pour toi.)
NicK.
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