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"Douze Cordes"

Publié le par Nébal

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Douze Cordes. 12 nouvelles musicales, [s.l.], aNTIDATA, 2010, 137 p.

 

On a beaucoup fait, autour de moi, de propagande en faveur des éditions aNTIDATA, et notamment de leurs anthologies thématiques. Il était donc bien temps que je m’y mette. Mon choix s’est tout naturellement porté sur Douze Cordes, recueil de douze brèves nouvelles musicales (dépassant rarement les dix pages), parce que la musique, c’est la vie (sauf quand c’est sa fête). Chaque texte se voit attribuer un genre musical plus ou moins précis, ainsi qu’une playlist en guise de présentation de l’auteur (on notera au passage une forte proportion de débutants ou presque, ce qui, j’imagine, peut expliquer bien des choses).

 

Je me sens un tantinet désarmé pour livrer le moindre commentaire intéressant sur cette courte anthologie, et la brièveté des nouvelles n’y est pas pour rien : difficile de ne pas en dire trop dans certains cas, quand, dans d’autres, le récit cède la place à la saynète plus ou moins rétive au compte rendu. C’est d’ailleurs là à mon sens un défaut de cette anthologie, pour laquelle je suppose un appel à textes très restrictif, et peut-être trop, en ce qui concerne la longueur… Mais bon, on va tenter de faire comme si.

 

Commençons par le meilleur. Ça tombe bien, la première nouvelle, « Hamburger chéri » de Cécile Coulon (« punk rock vintage ») en fait partie : joli portrait d’une jeune femme, effectivement aussi naïf qu’une chanson des Ramones, mais mieux écrit, ça se lit bien. Autre franche réussite, « Sixième bleue » d’Olivier Salaün (« variété à pleurer ») est une tendre évocation d’amour pré-pubère sur fond de l’immortelle « Aline » de Christophe ; bien vu. Je retiens également dans cette catégorie « Le Schnark de Levallois » de Malvina Majoux (« indus »), amusant et touchant, quand bien même hermétique, récit de la lutte d’un vieillard contre les travaux qui anéantissent sa ville. Mais c’est hélas à peu près tout…

 

Il y a quand même d’autres nouvelles assez correctes : « Le Seuil (variation sur Free Bird) » de Scarlett Allainguillaume (« blues blanc ») en fait partie, plus du fait de son écriture que de ce qu’elle rapporte. Je note également ici « Sur un air d’Elena » de Ludmila Safyane (« King of pop music »), avec sa lolita obsédée par Michael Jackson. J’ai hésité à faire figurer dans le premier ensemble « Un café et une guitare » de Gilles Marchand (« psyché de bar »), évocation sympathique d’un musicien (?) un peu à l’ouest, mais le style m’a semblé souffrir de quelques petits pains, pas dramatiques, mais tout de même regrettables. Enfin, à la limite, j’accorde le bénéfice du doute à « Tout ce que tu fais est merveilleux » de Charlotte Monégier (« chanson française »), avec du Piaf et de l’imposture.

 

Le reste, hélas, me paraît au mieux sans intérêt (« La Faucheuse n’aimerait pas les aubades ? » de Bertrand Redonnet, « folk old school » ; « Le Trombone en or » de Christophe Ségas, « fanfare » ; « Armor – Andalousie » de François Martinache, « beach flamenco »), au pire mal écrit ou construit (« 35 » d’Amandine Bellet, « musique d’ascenseur ») ; « Un crime parfait (pour Massenet) » de Christophe Despaux, « electro-pop tueuse »), et je ne vois pas vraiment ce que je pourrais en dire de plus…

 

Bilan des plus mitigés, donc, pour ce premier contact avec aNTIDATA… Mais bon, je retenterai l’expérience tout de même.

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