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"Eclipse Phase : Alpha+Phase #2. Cogito ego sum"

Publié le par Nébal

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Eclipse Phase : Alpha+Phase #2. Cogito ego sum

 

Deuxième livraison pour Alpha+Phase, le fanzine français consacré à Eclipse Phase, encore plus volumineuse que le premier numéro, et on ne va certainement pas s’en plaindre. Après nous être intéressé au premier morphe, il s’agit maintenant de se pencher sur la question de l’ego, et notamment sur l’ego « démultiplié » par la pratique, controversée et pas forcément évidente à saisir, des forks.

 

Cette thématique apparaît en fait dès la nouvelle d’introduction, avant même la partie « In Vivo », à savoir « Rédemption » de J3R0M3. Quand j’avais chroniqué le premier numéro, j’avais choisi d’évacuer la question des nouvelles, trop mal écrites et pas assez intéressantes pour mériter qu’on en parle, à mes yeux en tout cas. Eh bien, figurez-vous que celle-ci n’est pas mal du tout ; et si la fin est hautement prévisible et le style parfois bancal, les idées, elles, sont très bonnes.

 

« In Vivo » s’ouvre sur une autre nouvelle, « Question de point de vue » de Denis « Quincey Forder » De Plaen, reprenant dans un sens le principe de télé-réalité de la précédente, sous la forme d’un débat concernant les forks. C’est moins bien fait, mais pas inintéressant. « La Rép », de Thex, par contre, m’a paru trop mécanique et laconique… Suit un scénario du même Thex, « L’Ombre de sa main », censé poursuivre éventuellement le scénario marseillais du premier numéro, mais en fait parfaitement indépendant. Il s’agit d’une enquête policière plutôt bien ficelée, prenant pour cadre Extropia (et ça, c’est chouette) ; mais le manque d’enjeu, surtout, me paraît critiquable, et je ne pense pas le faire jouer, même si j’y piocherai peut-être quelques idées (à noter que le scénario est suivi par des fiches « PNJ easy » réalisées par J3R0M3 et Slevin ; j’avais un peu hâtivement, pour ne pas dire bêtement, douté de l’intérêt de la chose en chroniquant le premier numéro, mais je suis cette fois pleinement convaincu, et va peut-être falloir que je m’y mette…). Suit une autre brève nouvelle, « Ce que nos pères sont devenus », toujours de Thex ; il y a une certaine tension, mais ça ne suffit probablement pas pour en faire un bon texte… La partie se conclut enfin sur « Lieux d’intérêt sur Extropia » de Slevin, Quincey Forder et Syrus ; aimant beaucoup ce cadre (donc), j’en attendais pas mal, et ai été plutôt déçu… Le retour de l’idée de « transcréation » du premier numéro m’a même un peu fait grincer des dents ; par contre, l’idée d’Extrade, la boîte de prédiction, me paraît très intéressante, en dépit du fouillis de la rédaction, et il y a sans doute quelque chose à creuser ici.

 

On passe alors à « Ex Vivo »… et ça commence mal, avec « Affaire interne (partie 2) » de Romain « CorsairePR » ; cette « nouvelle » est parfaitement illisible, on jette. Et on passe à quelque chose d’autrement plus intéressant avec la seconde partie de « Projet Hyperconscience » de Stéphane « Algeroth » Idczak. Mais avec un gros bémol quand même… Lors de mon compte rendu du premier numéro, je m’étais plaint du caractère de « prologue » de la première partie de ce scénario ; hélas, ce défaut se retrouve étrangement ici… tandis que le scénario « à proprement parler » constitue un « bac à sable » dans lequel on se retrouve précipité très brutalement. J’ai eu un peu l’impression, en considérant ce scénario dans sa globalité, d’avoir été pris par la main avec une grande douceur pendant très (trop) longtemps… puis de m’être pris un bon coup de pied au cul en arrivant au bord de la falaise. En l’état, ça me paraît donc quasiment injouable, et nécessiter pas mal d’adaptations ; c’est d’autant plus regrettable que ce « gros morceau » des deux numéros d’Alpha+Phase à ce jour fourmille littéralement de bonnes, de très bonnes et même d’excellentes idées, dans lesquelles je vais très certainement piocher. Suit une très intéressante aide de jeu de Slevin et Syrus sur « La Nanofabrication », qui rend un peu plus concrète cette notion déroutante, et est complétée par un nouveau morphe, le vapeuroïde. Le sieur Groduick livre ensuite un « Support musical » témoignant de son bon goût pour ce que j’en connais (beaucoup de bonnes choses, notamment en indus au sens large) ; mais, et là c’est vraiment très personnel, je n’ai pas la même approche de la sonorisation des parties, et pense surtout pour ma part faire usage d’ambient à la Biosphere, de dark ambient à la Lustmord et de drone à la Sunn O))). On passe ensuite à la rubrique « Trans//Média » de Denis « Quincey Forder » De Plaen, et j’ai le même problème (à nouveau éminement personnel) que dans le premier numéro : je ne doute pas que l’étude de ces sources d’inspiration soit très bien faite – on appréciera notamment la manière dont l’auteur établit toujours concrètement le lien avec Eclipse Phase –, mais moi, je, me, myself, I, ne m’intéresse guère aux jeux vidéo et aux animes qui occupent le gros de cette partie critique. Je ne doute pas qu’il s’en trouvera pour l’apprécier bien davantage. On trouve enfin une « banque de PJ »…

 

Au final, malgré des aspects très critiquables, nous avons donc un deuxième numéro plus gros et à mon sens plus riche que le premier, un peu mieux rédigé aussi (même s’il y a encore du boulot, fouyayaye…), qui nécessite probablement du travail pour être utilisable, mais semble confirmer que les initiateurs de cette belle entreprise sont sur la bonne voie. J’attends donc avec impatience un troisième numéro que j’espère encore meilleur.

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