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"Eclipse Phase : Sunward"

Publié le par Nébal

Eclipse-Phase---Sunward.jpg

 

 

Eclipse Phase : Sunward : The Inner System

 

Il était bien temps de commencer à chroniquer les « vrais gros » suppléments pour Eclipse Phase (en VO, donc, même si la traduction de celui-ci ne devrait plus trop tarder… en principe…). Mais c’est que ça prend du temps, la lecture de ces choses-là… En effet, ce livre d’un peu moins de 200 pages est bourré jusqu’à la gueule de trucs passionnants, bien vus, mais parfois complexes à intégrer. J’emploie souvent ce mot à l’heure actuelle, j’ai l’impression, mais oui : Sunward est dense, très dense ; à la mesure, en somme, du livre de base. Toujours aussi fascinant, mais toujours aussi exigeant.

 

Sunward, donc, traite du système intérieur, c’est-à-dire de l’espace compris entre le soleil et Mars (incluse ; il est complété par Rimward pour ce qui est du système extérieur, je vous en cause dès que). Ce qui offre déjà un superbe terrain de jeu, propice à des dizaines d’aventures (et plus puisque affinités). Pourtant, j’avouerai sans l’ombre d’un doute que le système extérieur déchaîne nettement plus mon enthousiasme, du fait de l’Alliance autonomiste, et de son transhumanisme réjouissant. Ici, dans cette zone essentiellement sous le contrôle du Consortium planétaire (le reste étant dans l’ensemble partagé entre la toute jeune Constellation de l’étoile du matin et l’Alliance Lune-Lagrange), le dépaysement, s’il est réel, n’est pas aussi prononcé ; c’est que l’hypercapitalisme du Consortium nous est finalement familier, de même que sa cyber-démocratie, dans un sens. Disons que ce futur-là est moins réjouissant, donc, que les entreprises libertaires du système extérieur. Mais il est néanmoins passionnant.

 

Et riche en images fortes, ainsi que la couverture le laisse déjà supposer, avec ses majestueux suryas nageant dans la couronne solaire… C’est ici que commence notre périple, et il y a déjà pas mal de choses à dire sur la zone allant du soleil à Mercure, malgré son caractère foncièrement inhospitalier. On enchaîne sur Vénus, récemment émancipée du Consortium planétaire, et qui offre deux visages, entre ses luxueux aérostats et sa surface infernale.Puis, la Terre… abandonnée ? Pas totalement ! Il y a sans doute des survivants, peut-être des millions d’entre eux… et, bien sûr, nombre de reliques des TITANs, et des exsurgents en pagaille. Un cadre post-apocalyptique très fort et brillamment décrit, mais encore faut-il pouvoir s’y rendre… et en repartir, tant qu’à faire ; pas facile, mais… L’orbite terrestre, quant à elle, nous offre le premier aperçu de la très conservatrice Alliance Lune-Lagrange. Le tableau est encore pire sur la Lune, avec son « biochauvinisme ». Mais la Lune, c’est aussi la richesse écoeurante des banques… et la beauté des morphes volants.  Mars, sans surprise, est un gros morceau ; mais le chapitre consacré à ce « nouveau berceau de l’humanité » est peut-être le meilleur de cet excellent supplément, avec ses points de vue multiples qui permettent de saisir au mieux la complexité politique, économique et sociale de la planète rouge. Restent encore des astéroïdes et autres habitats isolés dans cette zone (ce qui inclut les Troyens martiens). Et puis un autre chapitre remarquable est consacré au Consortium planétaire, sous tous ses aspects ; la complexité, là encore, est un maître mot. Le dernier chapitre, enfin, traite des informations de jeu les plus techniques (dangers environnementaux, nouveaux morphes, traits et équipement), avant de laisser la place à des informations réservées au meneur de jeu (secrets, un peu frustrants ai-je trouvé, et amorces de scénarios).

 

Bon, je me rends bien compte, au fur et à mesure de la rédaction de ce compte rendu, à quel point j’ai du mal et ne suis pas à la hauteur ; en ce moment, mes articles sont plus navrants qu’autre chose, j’en ai bien conscience et le regrette… Peut-être reprendrai-je un jour celui-ci afin d’en faire quelque chose de correct. Mais je voulais néanmoins en donner ici un aperçu ; car il ne faut pas s’y tromper : si mon compte rendu est naze, le supplément, lui, est excellent, parmi les meilleurs qu’il m’ait été donné de lire tous jeux confondus. Un travail admirable de bout en bout, pertinent, lucide, enthousiasmant, terrifiant, qui plus est remarquablement écrit, et doté d’illustrations souvent superbes. Confirmation de l’excellence d’Eclipse Phase, de son exigence aussi, certes, Sunward me donne une furieuse envie de jouer… et de me jeter sans plus attendre dans la suite ; je vous donne donc rendez-vous, en espérant être plus compétent, pour traiter de Rimward (je m’en régale d’avance).

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Albumine Tagada 21/05/2014 14:31

Idem. D'autant plus que je sais que je ne pourrai pas y jouer de sitôt, faute de... joueurs. Mais l'univers, les références, l'objet lui-même que je soupèse longuement chez mon crémier à chaque
visite depuis ta première chronique font que je vais bientôt sauter le pas et le dévorer comme un naufragé boulotte une mouette de passage. Bref, tout ça pour dire de ne pas te décourager : pour
moi et bien d'autres, tu restes l'un des rares blogs de chroniqueur/critique à la fois drôle, pertinent et lisible dans ce recoin de la toile. Malgré que tu sois un con, rappelons-le. Lâche rien !

Laurent Kloetzer 21/05/2014 09:43

Tes comptes rendus sont très bien, à cause de toi Eclipse Phase commence à s'installer en haut de la pile de mes prochains jeux.