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"EVOL", de Sonic Youth

Publié le par Nébal

Evol.jpg

 

SONIC YOUTH, EVOL

 

Tracklist :

 

01 – Tom Violence

02 – Shadow Of A Doubt

03 – Star Power

04 – In The Kingdom #19

05 – Green Light

06 – Death To Our Friends

07 – Secret Girl

08 – Marilyn Moore

09 – Madonna, Sean And Me

10 – Bubblegum

 

EVOL est donc le troisième « véritable » album studio de Sonic Youth, après Confusion Is Sex et Bad Moon Rising. C’est aussi le premier sur lequel joue Steve Shelley à la batterie, et donc où le groupe se présente sous son line-up définitif. La photographie de couverture est empruntée à Richard Kern (encore lui). On notera enfin que Sonic Youth y poursuit son évolution entamée avec Bad Moon Rising, de la No Wave de Confusion Is Sex vers une noisy pop plus aboutie techniquement, et qui deviendra caractéristique du groupe. Sous cet angle, EVOL est même à marquer d’une pierre blanche, quand bien même on peut considérer que la chrysalide ne sera totalement devenue papillon qu’avec l’album suivant, Sister.

 

Ah, si, un dernier détail : Sonic Youth, à l’époque, a gardé la mauvaise habitude d’indiquer les titres n’importe comment sur la pochette… La bonne tracklist est donc celle que j’ai indiquée plus haut.

 

L’album commence donc par « Tom Violence » (et non par « Green Light »), un morceau emblématique des nouveaux horizons du groupe, mêlant pop et bruit avec adresse. Une réussite.

 

On passe ensuite à « Shadow Of A Doubt », hommage à Hitchcock qui débute très calmement avant de laisser s’exprimer le bruit. On voit là combien le groupe a gagné en maturité en l’espace de deux albums seulement.

 

Mais « Star Power » témoigne peut-être encore plus du chemin parcouru, en sonnant beaucoup plus comme du Sonic Youth ultérieur, avec son riff pourtant très simple, laissant s’exprimer la dissonance sous contrôle. Le concept de noisy pop prend ici tout son sens.

 

Suit « In The Kingdom #19 », bien plus expérimental et bruitiste, saturé de bruitages par-dessus lesquels parle Lee Ranaldo. Le morceau évoque plus que jamais une sorte de Velvet Underground (façon « The Gift ») moderne, ce qu’est bien destiné à devenir Sonic Youth.

 

Après quoi l’on passe à « Green Light », bien autrement pop, même si la dissonance a bien évidemment (et heureusement) toujours son mot à dire, passés les premiers moments. Là encore, une vraie réussite, parfaitement écrite.

 

« Death To Our Friends » est ensuite un chouette instrumental bien typique de la future manière du groupe, qui est décidément en train de construire son son (ton t... bon d’accord) sur EVOL. Doux bruit ! Un excellent morceau.

 

Suit le très beau « Secret Girl » (désolé, la vidéo coupe un peu tôt, mais je n’ai pas trouvé mieux…), qui commence de manière très expérimentale (et industrielle, une fois n’est pas coutume, et ce n’est certainement pas moi qui vais m’en plaindre) avant de finir en beauté sur la voix de Kim Gordon. Tripant.

 

On passe ensuite à « Marilyn Moore », un morceau co-écrit avec Lydia Lunch de Teenage Jesus & The Jerks (encore elle). Tempo très lent et dissonance permanente en fond pour cette pièce de la plus belle eau, qui peut évoquer un tantinet Joy Division, trouvé-je.

 

Puis vient « Madonna, Sean And Me » (morceau également connu sous les titres de « The Crucifixion Of Sean Penn » et « Expressway To Yr. Skull »), la plus longue piste de l’album, et probablement la plus marquante. Un excellent morceau de pure noisy pop, alternant d’abord douceur et furie avec une maestria dont le groupe n’était pas encore coutumier à l’époque, avant de se conclure sur un finale ambient de toute beauté : sur le vinyle original de l’album, la durée du morceau, qui concluait alors l’album, était indiquée ∞…

 

Le CD se conclut quant à lui sur une piste bonus, une reprise de Kim Fowley, « Bubblegum ». On n’a jamais entendu Sonic Youth sonner aussi pop-rock, mais ça leur va plutôt bien ; le résultat est tout à fait convaincant, et laisse augurer de quelques pistes ultérieures.

 

 EVOL est ainsi un album bien plus abouti que Bad Moon Rising, et en tous points plus satisfaisant, même s’il ne contient pas de tube de l’ampleur de « Death Valley ‘69 ». Il témoigne en tout cas d’une remarquable évolution de la part du groupe, évolution qui se poursuivra et atteindra son point culminant (probablement ?) sur l’album suivant, Sister.

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U

Il est bien ce Nébal.
Après la lecture, il nous fournit du son de qualité.
(Je flagorne si je veux)


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C

Oups... (imagine un smiley qui rougit... ^_^)


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C

Tu vas parler de ces trois?


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N


...


Ben j'en parle déjà. Je voulais dire "les trois chanteurs" : Thurston Moore, Kim Gordon, Lee Ranaldo.



C

Ah ben zut... Comme je n'avais pas accroché aux autres, j'ai failli ne pas l'écouter celui-ci... C'eût été dommage, j'adore! Je n'ai plus cette impression de dissonance dans le chant (sauf pour
"Bubble Gum" je dois dire, la seule chanson que je n'ai pas aimée). Ben du coup, je vais faire attention à la suite!


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N


Bah, vu que "Bubblegum" est une reprise, ça n'engage à rien... Et le chant ne fait que s'améliorer par la suite, pour les trois d'ailleurs.