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"Further Down The Spiral", de Nine Inch Nails

Publié le par Nébal

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NINE INCH NAILS, Further Down The Spiral.

 

Tracklist :

 

01 – Piggy (Nothing Can Stop Me Now)

02 – The Art Of Self Destruction, Part One

03 – Self Destruction, Part Three

04 – Heresy (Version)

05 – The Downward Spiral (The Bottom)

06 – Hurt (Live)

07 – At The Heart Of It All

08 – Ruiner (Version)

09 – Eraser (Denial; Realization)

10 – Self Destruction, Final

 

On connaît maintenant la musique (enfin, on se comprend...), alors inutile de trop nous étendre sur les présentations : Further Down The Spiral est à The Downward Spiral ce que Fixed est à Broken, c’est-à-dire une compilation de remixes et de recréations des compositions originales de Nine Inch Nails, soit par le « groupe » lui-même (et, d’ailleurs, les guillemets sont ici superflus, Reznor n’étant plus le seul à faire mumuse), soit par des invités passablement prestigieux ; en l’occurrence, ici, comme sur Fixed, on retrouve (youpi !) Coil et J.G. Thirlwell aka Fœtus, mais aussi Aphex Twin (ah oui quand même). Un programme plutôt alléchant sur le papier ; reste à voir ce que cela va donner…

 

On entame les hostilités avec « Piggy (Nothing Can Stop Me Now) », relecture du très bon « Piggy » original produite par le fameux Rick Rubin, avec Dave Navarro à la guitare et Kim Bullard aux beats, pour un résultat plus pêchu… mais très décevant et incontestablement inférieur à l’original, malgré deux, trois bonnes idées ici ou là (et deux, trois très mauvaises, il faut bien le dire…). Une entrée en matière plutôt foireuse, qui laisse augurer le pire pour la suite.

 

Passons donc à « The Art Of Self Destruction, Part One », « recréation » en plus calme – pendant un temps, du moins – du furibard « Mr Self Destruct » par Nine Inch Nails (« Chris Vrenna, Robin Finck, Danny Lohner, Charlie Clouser, Trent Reznor »), Sean Beavan et Brian Pollack. Cette fois, il s’agit d’une relecture très intéressante, sachant s’éloigner judicieusement de l’original, et y revenir avec adresse. Pas mal du tout.

 

Le même « Mr Self Destruct » sert de base à « Self Destruction, Part Three », remixé par J.G. Thirlwell aka Fœtus (il y reviendra plus tard), lequel, au début, n’en branle franchement pas une, et se contente de reprendre l’original… Quelques petites modifications quand on calme le jeu, puis re-belote, ou peu s’en faut. Un « remix » (?) totalement dénué d’intérêt, à la limite (?) du foutage de gueule pur et simple… Grosse déception (euphémisme…) ; de la part de quelqu’un comme J.G. Thirlwell, on était quand même en droit d’attendre plus que ça !

 

Suit « Heresy (Version) », remix du déjà pas fameux « Heresy » par Charlie Clouser ; or, je vous le dis tout de go, j’ai toujours eu un problème avec les remixes de Charlie Clouser (que ce soit pour Nine Inch Nails, pour Rob Zombie, ou qui sais-je encore…) : le monsieur en fait toujours beaucoup trop à mon goût, avec des remixes surchargés, saturés d’effets, bourrés jusqu’à la gueule (même s’ils sont généralement bien produits). Celui-ci n’échappe pas à la règle : ça sonne, mais ça déborde ; et au final, c’est de mauvais goût et chiant comme la pluie… comme un remix de Charlie Clouser, quoi.

 

Après quoi l’on passe à « The Downward Spiral (The Bottom) », remix de « The Downward Spiral » par Coil et Danny Hyde. Et là, c’est tout de suite autre chose. C’est que là nous avons affaire à de vrais artistes de génie, qui savent s’approprier intelligemment l’original et l’accommoder à leur sauce, sans trop en faire, tout en prenant leurs distances judicieusement. Le résultat est non seulement meilleur que l’original, mais constitue en soi une vraie réussite.

 

Puis vient « Hurt (Live) ». Je ne m’étends pas là-dessus, d’autant que vous connaissez déjà la vidéo (j’avais oublié qu’elle avait été faite pour Further Down The Spiral quand je vous l’avais donnée en lien pour The Downward Spiral…). C’est juste bôôô.

 

Et c’est alors que vient LA merveille, à mes oreilles LA piste de l’album : « At The Heart Of It All », non pas un remix, mais un nouveau morceau, écrit par Trent Reznor et « créé » par Aphex Twin. Un vrai bijou industriel-ambient, qui sent bon la vapeur et les pistons. Un morceau long et répétitif, hypnotique en somme, mais dont je suis incapable de me lasser. Une merveille, vous dis-je.

 

Après quoi… Charlie Clouser vient nous resservir les plats, avec « Ruiner (Version) », remix du déjà pas terrible « Ruiner ». À la Clouser là encore : ça déborde, ça dégouline, ça part dans toutes les directions à la fois, et on s’emmerde.

 

Heureusement, il y a Coil et Danny Hyde, décidément très inspirés, qui nous offrent à nouveau une petite (enfin, petite, c’est vite dit…) merveille avec « Eraser (Denial; Realization) », remix de l’excellent « Eraser », dont sont essentiellement conservés les aspects les plus bruitistes et violents, pour notre plus grand bonheur déviant. Un morceau très répétitif, mais tellement bon… et beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît à première vue, comme souvent chez Coil. Dieu que ce groupe est bon…

 

Enfin, J.G. Thirlwell se voit offrir une chance de se racheter sur le long « Self Destruction, Final ». Cette fois, au moins, il bosse ! Mais pour un résultat d’un intérêt, mmmh, « variable », dira-t-on. Parfois excellent (les passages au violon), souvent un peu fade tout de même, et sans doute trop long. Bref, on a connu Fœtus plus en forme que sur Further Down The Spiral

 

Au final, et sans véritable surprise, cet album de remixes se montre très inégal, trop inégal sans doute pour être jugé « indispensable ». Il contient néanmoins quelques pistes fort intéressantes (notamment « The Art Of Self Destruction, Part One », les deux remixes de Coil et celle d’Aphex Twin) qui en justifieront l’acquisition pour les fans de Nine Inch Nails ; mais uniquement pour les plus acharnés parmi ces derniers, me semble-t-il : les autres pourront passer leur chemin sans trop de regrets.

 

[PS : désolé pour les interlignes, Over-Blog n'en a pas voulu pour cette fois, je ne sais pas pourquoi, ça lui prend de temps en temps...]

 

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L

Clouser sait créer des trucs efficaces et travaillés, sans se contenter des montées en puissance un peu surfaites - par moments - de l'indus. Tous les self destruction m'ont d'ailleurs gavé. Comme
tu l'a dit, downard spirale est mieux que l'originale et on visualise complètement la spirale. At the heart of it all est de la pure plénitude, ça s'imprime résolument dans la tête, avec les
délicieux échos d'aciers.


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P

Eh bien là, je ne te suis pas. J'aime beaucoup, pour ne pas dire plus, les remixes de Charlie Clouser.


Répondre
N


J'avais cru le comprendre, oui. Mais désolé, camarade : moi, je ne peux vraiment pas...