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"HPL bloc d'éternité", de Christophe Lartas

Publié le par Nébal

HPL-bloc-d-eternite.jpg

 

 

LARTAS (Christophe), HPL bloc d’éternité, Aiglepierre, La Clef d’Argent, coll. NoKhThys, 2012, 43 p.

 

Cette fois, on va vraiment faire bref, avec ce tout petit bouquin (encore) lovecraftien (encore) paru à La Clef d’Argent (encore) et franchement dispensable (encore ?). Un ouvrage passablement différent cependant de ceux que j’ai pu chroniquer ces derniers jours, puisqu’il s’agit d’un recueil de polésie lovecraftienne.

 

Diantre.  L’étrange idée que voilà.

 

Petit récapitulatif à l’usage des gens distraits.

 

Nébal aime Lovecraft (sans déconner ?).

 

Nébal n’aime pas la polésie et les pouètes (comme j’ai pu vous le montrer récemment encore en traitant (mal) de L’Ombilic des Limbes d’Antonin Artaud).

 

Nébal n’aime pas les polésies de Lovecraft (faut dire, Fungi de Yuggoth et compagnie en français, bon, ben, ça rend pas grand-chose ; aucune idée de ce que ça vaut en anglais).

 

Mais Nébal est un fanboy décérébré dès qu’il s’agit de Lovecraft, malgré tout, et est donc prêt à se risquer à la lecture de l’opuscule de Christophe Lartas.

 

(Au passage, en ce moment, j’arrête pas de me faire agresser par des pouètes dans le métro, ce qui ne m’était jamais arrivé jusqu’à présent ; tout cela sent le complot éminemment lovecraftien ; je suis sûr, désormais, qu’il existe un culte secret des pouètes qui a décidé de me faire suer jusqu’à ce que folie ou mort s’ensuive. Gargl.)

 

HPL bloc d’éternité est le troisième bouquin publié par Christophe Lartas à La Clef d’Argent (aucune idée de ce que valent les deux autres, dont je ne crois pas, mais peut-être me goure-je, qu’ils entretiennent véritablement de rapport avec Lovecraft). C’est un recueil de sept poèmes en prose, les cinq premiers étant consacrés aux Grands Anciens les plus célèbres (Cthulhu, Azathoth, Nyarlathotep, Yog-Sothoth et Shub-Niggurath), le sixième étant censément un fragment de l’Al Azif (plus connu sous le nom de Necronomicon), et le dernier, qui donne son titre au livre, étant consacré à l’inventeur de toutes ces choses.

 

Sept poèmes en prose, donc, de longueur à peu près équivalente, et reposant largement sur les mêmes procédés. Tout cela est vaguement surréaliste, comme de juste ; cela sent, surtout, le rituel et l’invocation, notamment dans son fréquent usage de leitmotivs. Et c’est évidemment – surprise ! – très mauvais.

 

Enfin, « très mauvais », j’exagère peut-être un peu. Tout n’est pas forcément à jeter dans HPL bloc d’éternité ; certains passages – rares, mais il y en a – fonctionnent plutôt pas mal, et donnent effectivement l’impression d’invocations plus ou moins guedin et vaguement séduisantes ; à la limite, on pourrait presque voir dans ces quelques passages une aide de jeu correcte pour L’Appel de Cthulhu ou Cthulhu (j’ai dit : à la limite, hein).

 

Las, ça ne fonctionne pas sur la durée, pour tout un tas de raisons. L’usage d’un vocabulaire parfois trop « moderne » en est une ; un anthropomorphisme maladroit accolé aux préoccupations de l’auteur en est une autre (à titre d’exemple : franchement, qualifier le Grand Cthulhu de « spleenétique », ça me paraît pour le moins, euh…) ; sans oublier, tant qu’on en est aux maladresses, l’usage malvenu de références lovecraftiennes venant parfois brouiller la litanie (surtout dans « L’Incohérent messager Nyarlathotep ») ; il y a même, de temps à autre, mais cela n’a rien d’étonnant, quelques incongruités ou trouvailles personnelles qui ont sans doute de quoi faire jaser les puristes (même si je n’en suis pas tout à fait un).

 

Bref : s’il est quelques passages vaguement intéressants (vaguement, hein), l’ensemble oscille néanmoins entre le tout juste correct et le franchement ridicule. Faut dire, l’idée, à la base, n’était pas forcément des meilleures… Je m’y suis risqué malgré tout par fanatisme décérébré, mais ne saurais conseiller à personne d’en faire autant (avec cet élément à charge supplémentaire, récurrent chez La Clef d’Argent que, bon, 7 € pour une quarantaine de pages, hein, bon…).

 

En étant bon prince (ou pas), on reconnaîtra éventuellement à HPL bloc d’éternité d’être rigolo, mais ce n’était probablement pas son intention première… Vous pouvez donc allègrement vous en passer, que vous aimiez la polésie ou non (je crains, d’ailleurs, que les pouètes ne soient beaucoup plus sévères que je ne le suis face à ce truc).

 

Dans les prochains jours, je vais continuer dans les lovecrafteries, encore – surtout – à La Clef d’Argent, et espère que cela sera plus intéressant, tout de même. Mais a priori, oui : là, je suis dans Lovecraft : le dernier puritain de Cédric Monget, et pour le moment je trouve ça plutôt pas mal. À très bientôt, donc.

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L
Si tu as encore quelque appétence pour les Lovecrafteries, je te conseille "La pierre philosophale" de Colin Wilson. Même si les grands anciens n'y sont exactement au centre du récit, l'auteur en a
une approche assez originale.
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N


Noté, merci.



J
Lis Contre les poètes de Gombrowic (éditions Complexe, sans doute épuisé, mais on doit encore pouvoir le trouver). Contre les poètes du métro, le taser est efficace, il paraît.
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N


Tout ça peut effectivement être fort utile. Merci.