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"L'Etranger", d'Albert Camus

Publié le par Nébal

L-Etranger.jpg

 

CAMUS (Albert), L’Étranger, Paris, Gallimard, coll. Folio, [2009] 2012, [édition numérique]

 

Bah non, je n’avais jamais lu L’Étranger d’Albert Camus. Du même auteur, j’avais lu La Peste, j’avais lu La Chute, je m’étais même risqué à aborder Le Mythe de Sisyphe, et j’ai laissé traîner trop longtemps dans ma volumineuse commode de chevet les Réflexions sur la peine capitale (avec Arthur Koestler), mais je n’avais encore jamais lu le classique d’entre les classiques qu’est L’Étranger. Cela dit, comme vous, j’en connaissais déjà le propos (qui vient en droite ligne des deux essais précités ; par ailleurs, Camus l’incluait dans un « cycle de l’absurde », tétralogie comprenant justement Le Mythe de Sisyphe comme point d’orgue philosophique). N’empêche, il était bien temps que je le lise. Alors hop.

 

 

Musique !

 

 

(Tiens, ça pourrait être mal interprété, ça, en ce moment…)

 

« Aujourd’hui, maman est morte. » C’est sur cette très célèbre sentence que s’ouvre L’Étranger, et que débutent les malheurs du narrateur, Meursault.

 

Nous sommes en Algérie (et l’Algérie, c’est encore la France, ah mais). Meursault est un petit employé, et sa mère vient de mourir, donc. Mais, à vrai dire, ça ne lui fait ni chaud ni froid (ou ça lui en touche une sans remuer l’autre, c’est vous qui voyez), même s’il serait peut-être plus juste de dire qu’il n’a rien à exprimer à ce sujet. Cependant, il en va de même pour ce qui est de ses projets de mariage : reste l’idée prépondérante selon laquelle cela n’a pas vraiment d’importance.

 

Et puis le drame survient, un jour, alors que Meursault et sa « copine » accompagnent un voisin violent à la plage. Celui-ci a des ennuis avec un petit groupe d’Arabes ; il s’est armé en conséquence. Meursault lui a pris son flingue, mais que voulez-vous : un accident est si vite arrivé… Meursault va tomber sur un des Arabes de la bande, et va le tuer : cinq balles dans le buffet. Et, croyez-le ou non, il va être poursuivi en justice et risquer la peine de mort pour ça, pour avoir tué un Arabe (ce qui montre bien qu’on nage en pleine science-fiction).

 

Mais…

 

‘tendez voir : est-ce vraiment pour avoir tué un Arabe qu’on menace Meursault de la guillotine… ou parce qu’il n’a pas pleuré le jour où sa mère est morte ?

 

Que dire, dès lors, qui n’ait pas déjà été dit cent fois (ce qui vient sacrément réduire l’intérêt de ce compte rendu encore plus miteux que d’habitude, mais, voyez-vous, je l’avais écrit à un moment où, bon…) ? L’Étranger fait partie de ces œuvres trop étudiées pour que l’on puisse l’aborder d’un œil totalement innocent. Récit naïf (formellement s’entend) sur l’absurdité du monde (voir Le Mythe de Sisyphe) et, à titre secondaire, sur l’horreur et l’hypocrisie de la peine de mort (Réflexions sur la peine capitale, donc), L’Étranger convainc sans peine, et est effectivement une œuvre forte, qui ne saurait laisser indifférent (oui, je fais particulièrement dans le cliché, aujourd’hui). Mais, à mon sens (sens ?) tout du moins, il ne fait guère plus (cela dit, c’est déjà pas mal). Je l’envisage à vrai dire surtout comme une introduction « light » au Mythe de Sisyphe, qu’il va falloir que je dissèque sérieusement un de ces jours. En attendant, reste un court roman cinglant et efficace, probablement un peu simpliste (en toute conscience) même s’il soulève bien des questions pas si évidentes que ça ; ce qui ne l’empêche pas de se lire sans effort. Je ne peux cependant que difficilement cacher une certaine déception relative face à ce récit qui me paraît un poil surévalué (mais a-t-on le droit de dire que L’Étranger est un poil surévalué ? l’ai-je, en tout cas, moi, petit con de Nébal en petite forme ?). Un sentiment de « tout ça pour ça », quoi. Je ne regrette rien (non, rien de rien), mais voilà.

CITRIQ

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G
Ne pourrait-on pas avoir une notule sur La peste ? S'il vous plait, monsieur Nébal.
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N


Non. Lu y a longtemps. Aimé, mais pas envie de le relire.