Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

"Le Festin chinois", de Tsui Hark

Publié le par Nébal

Le-Festin-chinois.jpg

 

 

Titre original : Jin yu man tang.

Réalisateur : Tsui Hark.

Année : 1995.

Pays : Hong Kong.

Genre : Comédie.

Durée : 100 min.

Acteurs principaux : Leslie Cheung, Anita Yuen, Chiu Man Cheuk, Kenny Bee, Xiong Xin Xin …

 

Tsui Hark encore, mais avec un film bien différent de Time and Tide. Dans Le Festin chinois, on troque en effet les flingues (sauf pour une scène ou deux, notamment dans la version « internationale »…) contre des ustensiles de cuisine. Kung food ! Entendez par là que nous sommes en présence d’une pure comédie, au thème culinaire, dans laquelle la préparation de plats tous plus saugrenus les uns que les autres est filmée à la manière d’affrontements martiaux typiques d’un certain cinéma de Hong Kong. Une comédie, oui ; on pourrait même dire « familiale », sans doute (et je crois même me souvenir qu’il s’agit d’un film appartenant au genre bien spécifique de la « comédie de Noël », ou quelque chose de ce type). Or on sait, pour l’avoir constaté dans bien d’autres métrages, que Tsui Hark est assurément capable de nous faire rire…

 

Sun (Leslie Cheung, très bon dans le genre cabotin, comme le reste de la distribution d’ailleurs) est une petite frappe qui rêve de devenir cuisinier (ça arrive). Et, tant qu’à faire, il aimerait bien partir pour le Canada, où se trouve sa petite amie… Les hasards de la vie (un peu forcés…) vont cependant l’amener à travailler pour un restaurant de Hong Kong, où il va rencontrer la fille du patron, complètement cinglée, Au Ka-Wai (Anita Yuen, parfaite et, disons-le, absolument craquante) ; c’est bien évidemment le début d’une belle histoire d’amour (d’autant plus belle qu’elle se montre loufoque).

 

Mais un salopard fini de grand cuisinier, Wong, vient lancer un défi au patron du restaurant : il s’agit d’exécuter le Festin chinois, une préparation dantesque de plats dépassant l’imagination, sur trois jours ; le vainqueur… empochera le restaurant. Le patron n’est guère en mesure de rivaliser, et sa fille comme Sun ne sont pas vraiment capables de lui venir en aide… Ils se mettent donc en quête d’un grand maître de la cuisine chinoise, à même de foutre une branlée à l’infect Wong.

 

Étrange projet, donc, que celui de ce Festin chinois. Une comédie sur la bouffe, où la cuisine est filmée comme du kung fu ? Cela a sans doute de quoi laisser perplexe dans un premier temps. Et, parfois, dans un second aussi : disons-le, le caractère « familial » de ce film ne passe pas toujours très bien et, surtout, le spectateur occidental se retrouve parfois avec un gros choc culturel dans la face, l’humour chinois pouvant être quelque peu déstabilisant, ou consister ici en gags un peu gras ou grivois (j’ai du mal avec la scène du poisson énorme…). Mais que cela ne constitue pas un frein : si un spectateur adulte et européen ne rit probablement pas toujours autant que le film le voudrait, on rit tout de même énormément, et Tsui Hark remporte bel et bien son pari.

 

Oui, Le Festin chinois est une comédie culinaire ; c’est aussi un film très bien interprété (dans le genre cabotin, répétons-le), superbement filmé (eh : c’est Tsui Hark), et qui donne sacrément faim… Les scènes de cuisine sont à chaque fois un régal, délires martiaux aussi virevoltants et surréalistes qu’appétissants. Tsui Hark serait capable de vous donner envie de bouffer une patte d’ours polaire cuisinée à l’azote…

 

Et puis Le Festin chinois est aussi un film qui donne le sourire. On se prend très tôt d’affection pour les personnages principaux, notamment ce loser gaffeur de Leslie Cheung, et l’excentrique japonisante Anita Yuen ; mention spéciale, d’ailleurs, à l’hilarante « séquence japonaise », que j’avais complètement oubliée…

 

Le film, que j’ai revu pour la énième fois avec beaucoup de plaisir, accumule ainsi les morceaux de bravoure, dans les registres culinaire, burlesque, martial, surréaliste, parodique, etc. Les gags s’enchaînent à toute vitesse et, si tous ne font donc pas mouche pour un spectateur occidental, le résultat global est quand même des plus savoureux.

 

D’ailleurs, j’ai faim. Voilà. Merci monsieur Tsui Hark !

Commenter cet article

Efelle 30/12/2013 17:38

Bien aimé la séquence de la cervelle de singe, de bon goût malgré l'atrocité du concept... ;)