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"Le Prince des loups", de Dave Gross

Publié le par Nébal

Le-Prince-des-loups.jpg

 

GROSS (Dave), Le Prince des loups, traduit de l’anglais (Canada) par Aurélie Pesséas, Lyon, Black Book, coll. Pathfinder Romans, 2011, 353 p.

 

Je vous arrête tout de suite, je sais ce que vous pensez : « Quoi ? Encore une licence ? Après la désastreuse expérience de La Cité infernale, Nébal remet le couvert ? Pfff… » C’est pas faux. Mais rappelez-vous : Nébal est un con, un faible, probablement un brin masochiste, etc.

 

Et pis merde, je lis ce que je veux, d’abord ! Et en ce moment, à l’approche des fêtes, j’ai envie de facile, léger, potentiellement stupide, mais distrayant. Alors je tente.

 

 

Et vous plaignez pas, parce que pendant les vacances, ça sera pire encore. Mouhahaha.

 

Mais donc. Dave Gross, Le Prince des loups. Un roman du jeu de rôle Pathfinder, comme vous l’avez très vite remarqué. Ce qui, il est vrai, n’augure en temps normal rien de bon. Mais voilà : j’aime l’univers de Golarion, et j’étais curieux. Et puis je suis assez d’accord, finalement, avec ce blogueur (c’était sur Hugin & Munin, je crois) disant en substance qu’il valait mieux une licence honnête qu’une bouse autonome. Alors j’ai essayé ce premier roman de la gamme, comme ça, pour voir.

 

Ben vous savez quoi ? C’est même pas si mauvais que ça, en fait. C’est même un divertissement tout ce qu’il y a de correct, pile poil ce que je cherchais (sans trop y croire, j’avoue).

 

Le roman prend place en Ustalav, la contrée « gothique » de la mer Intérieure, en Avistan. Ce fut le lieu de batailles épiques contre la terrible liche appelée le Tyran qui murmure, qui dort depuis sous sa forteresse de Gibet, surveillée par les croisés de Dernier-Rempart. Mais si la liche ne s’est pas manifestée depuis bien longtemps, l’Ustalav reste une terre dangereuse, riche de secrets plus ou moins avouables et de mystères à même de ravir les aventuriers les plus inconscients/enthousiastes. Les Éclaireurs, par exemple.

 

Et justement, il se trouve qu’un Éclaireur a disparu en effectuant une mission en Ustalav. Son Capitaine, le comte de Chéliax demi-elfe Varian Jeggare, décide aussitôt de mener l’enquête, accompagné de son fidèle garde du corps aux origines diaboliques, Radovan. Joli duo que celui formé par ces deux personnages, l’aristocrate ex-mage arrogant et condescendant mais subtil, et la brute damnée qui, malgré sa malédiction et son passé tumultueux, se révèle bien loin d’être un mauvais bougre. Les deux font la paire, et nous suivrons leurs aventures en alternant les points de vue, un chapitre sur deux.

 

Procédé classique, mais plutôt bien géré ici, et d’autant plus indiqué que, très tôt, nos deux héros se trouvent séparés, chacun étant persuadé de la mort de l’autre. Varian Jeggare se retrouvera dans un château terriblement gothique et franchement inhospitalier, à enquêter sur la disparition de son Éclaireur ; mais il comprendra bien vite qu’on lui cache pas mal de trucs, et que l’ersatz de la noblesse ustalavienne qui l’héberge a potentiellement bien des choses à se reprocher… Radovan, de son côté, est récupéré et soigné par la guérisseuse revêche et muette Azra ; mais, surtout, il aura maille à partir avec une meute de loups-garous sczarnis… dont il deviendra par la force des choses le chef, lui, l’éternel valet ; et de s’interroger sur ses mystérieux ancêtres en Ustalav, qui pourraient bien ne pas être exactement n’importe qui.

 

Bien évidemment, les deux personnages seront amenés à se retrouver. Mais ce ne sera pas pour autant la fin de leurs ennuis. C’est qu’ils ont soulevé un gros lièvre, fait une découverte fondamentale sur l’histoire de la région, et mis à jour un secret que d’aucuns préfèreraient laisser enterré à jamais…

 

Ben ça marche, en fait. Contrairement à ce qui s’était produit avec Greg Keyes pour La Cité infernale, l’univers est ici pleinement utilisé, et à bon escient. Les personnages sont fort réussis, et, si le style est passablement atroce (mais là je crains que la traduction soit largement en cause) et si le roman souffre de quelques petits défauts de construction (notamment une tendance à user de manière peu convaincante des flash-backs et flash-forwards), le fait est que l’on se prend au jeu (si j’ose dire) et que l’on ne s’ennuie pas.

 

Alors, évidemment, tout cela n’a rien d’exceptionnel, et je ne saurais véritablement en recommander la lecture ; je ne vais certes pas, a fortiori, crier au génie, ou m’ébaubir devant la stupéfiante originalité de la chose, ce qui serait un peu pousser mémé dans le piège FP 14. Non, ce Prince des loups n’a rien de génial, et n’est certainement pas bien original. Mais, en même temps, ce n’est pas ce qu’on lui demande… Et le contrat est rempli, de manière parfaitement honnête. Le résultat s’avère tout à fait distrayant, et meilleur que ce que j’en attendais. Autant dire que ce petit roman de gare s’est révélé être plutôt une bonne surprise, surtout si l’on prend en compte sa multitude d’handicaps au départ.

 

Alors faudra pas s’étonner si, un de ces jours, je remets ça. Parce que la lecture, ma bonne dame, c’est comme la gastronomie : on ne se plaindrait pas si on pouvait manger tous les jours dans un trois étoiles, mais, qu’on l’admette ou non, il est des fois où on se ferait volontiers un petit McDal. Le Prince des loups, c’est un peu ça : un menu maxi best of Big Mac débordant de gras et de sucre, pas vraiment fin et sans doute pas très heureux pour la santé, on s’en fout partout quand on le bouffe, mais on a ce qu’on était venu chercher, et, ma foi, on s’en accommode très bien.

 

Ben moi je vais reprendre des nuggets, tiens.

CITRIQ

Commenter cet article

chris 19/12/2011 11:05

Mais si, il faut aussi blogger les romans de gare, les nanars (quand ils sont bons), les séries B ... ^u^

I have a dream ! Je rêve d'un jour où les bloggers n'auront pas besoin de s'autojustifier (plaisir coupable, etc...) de bigmaciser (j'invente un mot) pour parler d'un livre.

Hop, je le note dans ma liste de trucs à lire.

gromovar 19/12/2011 07:35

"Parce que la lecture, ma bonne dame, c’est comme la gastronomie : on ne se plaindrait pas si on pouvait manger tous les jours dans un trois étoiles, mais, qu’on l’admette ou non, il est des fois
où on se ferait volontiers un petit McDal"
100% d'accord avec cette approche. J'ai même une expression pour ça. Quand je lis une bonne saloperie (que je me garde bien de blogger, on a sa dignité), je dis que je mange un cordon bleu.