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"Le Système Valentine", de John Varley

Publié le par Nébal

Le-Systeme-Valentine.jpg

 

 

VARLEY (John), Le Système Valentine, [The Golden Globe], traduit de l’américain par Patrick Marcel, Paris, Denoël – Gallimard, coll. Folio Science-fiction, [1998, 2003] 2013, 714 p.

 

Depuis le temps que l’on me disait qu’il fallait que je lise du John Varley ! Les avis autorisés ne tarissaient pas d’éloges quant à l’œuvre du monsieur, et l’on m’en avait recommandé plus d’un titre, dont le volumineux Gens de la Lune, qui prend la poussière dans ma commode de chevet depuis bien trop longtemps. Je pensais commencer par celui-ci, du coup… mais cette réédition en poche, bien tardive (et inattendue), du Système Valentine (également volumineux…), roman situé dans le même univers, a changé la donne, et c’est donc finalement par ce PRIX DU CAFARD COSMIQUE (la gloire) que j’ai abordé l’œuvre science-fictive de John Varley. Choix pertinent ou pas, je n’en sais rien. Mais peu importe.

 

Ce qui est certain, par contre, c’est que, à m’en tenir aux (en gros) cinquante premières pages de ce pavé, j’ai eu peur. Et je me demandais franchement ce qu’on pouvait bien trouver d’intéressant à cet auteur, ou en tout cas à ce roman, qui me paraissait aussi lourdingue que bavard, et franchement pas drôle malgré (ou à cause) des effets comiques hénaurmes. Du coup, j’ai crains de m’être embarqué dans un gros machin navrant, franchement pas à la hauteur de sa réputation (c’est rien de le dire).

 

Mais j’ai persévéré. Et maintenant je peux bien dire que oui, effectivement, Le Système Valentine est certes un excellent roman de science-fiction, et qu’on ne m’avait pas menti sur la valeur de la marchandise. Comme quoi…

 

Adonc. Nous avons Kenneth Valentine. Et Kenneth Valentine est le plus grand acteur de tous les temps et de tout le Système. Le problème, c’est que le Système n’est pas au courant. Ce n’est pas tant que Valentine en rajoute sur son talent (même si sans doute un petit peu), mais voilà : roublard et escroc, doué comme c’est pas permis pour se fourrer dans les pires guépiers, notre héros (et narrateur, même si pas toujours, ou alors, enfin bon, voir plus bas), en fuite perpétuelle depuis ouf, au moins, a dû et doit encore faire usage d’innombrables pseudonymes pour mener sa carrière, alternant productions relativement prestigieuses, immondes navets et saltimbanqueries douteuses pour pouvoir se payer ses hot-dogs, avant de fuir fissa vers une autre planète parce qu’il a des énervés aux basques.

 

Et là, il a énervé quelqu’un qui a contacté la mafia charonaise (ah, tant qu’on y est : ne lisez pas la quatrième de couverture…), ce qui était de toute évidence une très mauvaise idée. Car les Charonais sont des fils de putes de psychopathes, qui donnent un nouveau sens au mot « sadisme ». Alors Kenneth Valentine doit à nouveau fuir, en l’occurrence quitter Pluton au plus tôt. Mais cette fois, il a une destination toute choisie : Polichinelli, l’immense Polichinelli, monte en effet Le Roi Lear sur Luna, et Valentine compte bien interpréter ledit roi guedin du bon William S., ce qui pourrait bien représenter le couronnement de sa carrière.

 

Mais c’est loin, Luna. Et le voyage s’annonce dangereux, car Valentine a bel et bien un tueur à ses trousses, l’horrible Isambard Soulage. Mais ça ne l’empêchera pas de profiter de ce long trajet pour nous conter son histoire.

 

À la troisième personne, Kenneth Valentine (re)devient donc Sparky. Et Sparky, c’était une star de la télé, le héros préféré des gamins, qui a accumulé les millions avec sa série (dont tout le monde est nécessairement fan). Mais Sparky, anciennement (in)connu sous le nom de l’Esquive, a un gros problème : son père, le grand comédien (et escroc) John Valentine…

 

Le récit alterne donc première et troisième personne (avec en prime de nombreuses et réjouissantes adresses au lecteur) pour nous narrer la vie, qui est loin d’être de tout repos, de Kenneth « Sparky » Valentine. Et c’est jubilatoire, passé un début que j’ai donc trouvé un tantinet laborieux.

 

Et, bien évidemment, ça ne peut que se terminer sur un coup de théâtre. Un GROS coup de théâtre. Voire plusieurs.

 

(Et accessoirement un petit amalgame qui, ai-je trouvé, pue un peu du kiki, mais bon, ça n’enlève rien à la valeur du roman.)

 

Valentine est un personnage d’un très grand charisme, aussi agaçant que sympathique (enfin… la plupart du temps), et il en a, des choses à raconter. Le Système Valentine est un pavé, oui, mais il ne comprend pas une ligne de trop (même le pénible début a son importance, rétrospectivement). Et, finalement, oui, il se révèle très drôle. Mais aussi très inventif (malgré une tendance à s’arrêter au répertoire classique, Shakespeare en tête – d’ailleurs, ça m’a donné sacrément envie de lire les pièces du Barde), avec plein d’idées science-fictives intéressantes. Et puis, tout de même, chose pas si fréquente que ça en science-fictionnie, c’est fort bien écrit (et traduit par Patrick Marcel).

 

Roman passionnant sur les arts du spectacle (que je ne goûte que fort peu, pourtant, quand ils sont « vivants »…) comme sur la relation père-fils, hommage réussi à des auteurs aussi divers que Shakespeare (donc) ou Robert A. Heinlein, bijou d’humour et de divertissement intelligent, Le Système Valentine est bel et bien un grand roman de SF, qui mérite tous ses éloges. Et, de toute évidence, il faudra que je lise d’autres œuvres de John Varley ; Gens de la Lune, par exemple…

CITRIQ

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Bidibulle 16/05/2013 22:40

>Nébal

Bon, maintenant, tu sais ce qui te reste à faire.

TU VAS TE PRECIPITER POUR ACQUERIR CHAMPAGNE BLEU et DANS LE PALAIS DES ROIS MARTIENS, BORDEL DE MERDE!!!

Nébal 19/05/2013 08:00



Ca va viendre, du calme.



jacques 06/05/2013 17:26

Hello

Je viens de découvrir votre blog que je trouve très sympa. je suis moi-même très post-cata et je viens d'ouvrir un site (destination-armageddon.fr) ou j'analyse plein , plein, plein de bouquins SF
dans le genre. Allez-y voir et laissez-moi un commentaire , ça me motivera encore plus.
Amicalement,
Jacques.