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Les jeux vidéo préférés du Nébal (1/2)

Publié le par Nébal

Il y a peu, j’ai vu passer sur Facebook une annonce à propos de la réédition prochaine de Heroes of Might & Magic III : The Restoration of Erathia, qui est probablement un de mes jeux vidéos préférés de tous les temps, et un de ceux auxquels j’ai le plus joué. Du coup, même si je ne compte probablement pas m’y remettre (mais sait-on jamais…), j’ai transmis l’information à mon tour, et on s’est retrouvé à causer sur mon mur, avec quelques gens, de nos jeux vidéo fétiches. Plein de titres phares sont ressurgis dans cette discussion d’archéologie vidéoludique. Du coup, j’ai eu envie d’approfondir la question, et de consacrer un article (en deux parties, vu comme c'est long...) à mes jeux vidéo préférés de tous les temps, tous supports confondus. Les miens, hein : il ne s’agit pas de dresser une liste des meilleurs jeux vidéo de tous les temps dans l’absolu, seulement de ceux auxquels j’ai joué, et qui m’ont vraiment passionné. J’en avais déjà évoqué quelques-uns dans ce questionnaire du Traqueur stellaire, mais il me paraissait opportun d’aller bien au-delà. Allez, c’est parti (par ordre alphabétique, hein, je serais infoutu de faire un classement).

 

Age of EmpiresAge of Empires

À l’époque où c’était à fond la mode (notamment avec Warcraft 2, puis Alerte Rouge, j’y reviens), j’ai comme tout le monde beaucoup joué aux jeux de stratégie en temps réel, même si je m’en suis assez vite lassé (faut dire, je n’aime pas être mis sous pression comme ça, et j’avais l’impression que les jeux du genre, y compris ceux que l’on a considérés comme essentiels par la suite – Starcraft ou Total Annihilation par exemple – jouaient de plus en plus la carte de la vitesse, et je ne pouvais tout simplement pas m’adapter : mon bonheur, j’aurai amplement l’occasion d’y revenir, ça a toujours été le tour par tour). Mais je ne peux qu’accorder une place de choix à Age of Empires, le jeu de Microsoft, qui fut assez révolutionnaire en son temps (je n’ai pas vraiment joué à sa suite Age of Empires II : Age of Kings, par contre, j’étais déjà passé à autre chose, et il y avait donc ce problème de vitesse…). Le truc, c’est qu’on retrouvait dans ce jeu l’excitation des Command & Conquer et autres Warcraft, mais aussi la profondeur et l’ambition des Civilization… J’y ai assez peu joué en campagne – parce que je n’ai jamais été très doué… –, mais énormément en scénarios, d’autant qu’il y avait un très bon éditeur de cartes qui permettait somme toute assez facilement de concevoir ses propres parties, avec de très nombreux paramètres. Et j’adorais le cadre historique ; à l’époque, je m’étais ainsi pris de passion pour certaines civilisations de l’Antiquité, notamment mésopotamienne… Par contre, je n’y ai jamais joué en réseau (à aucun de ces jeux, d’ailleurs). Quoi qu’il en soit, c’était un jeu très riche et parfaitement conçu, très joli aussi pour l’époque (surtout pour ce qui était de l’animation), une des plus grandes réussites du genre, et de très, très loin.

 

Aliens-Versus-Predator.jpgAliens-Versus-Predator-2.jpgAliens Versus Predator

Aliens Versus Predator 2

J’ai beaucoup joué pendant un temps à ce qu’on a appelé successivement Doom-like, Quake-like, ou FPS ; il y en a donc un certain nombre dans cette liste. Et puis je suis passé à autre chose… avec cependant deux exceptions sur lesquelles j’ai passé beaucoup de temps, Return to Castle Wolfenstein, et dans un genre totalement différent les deux Aliens Versus Predator. Je ne les ai jamais possédés, c’était un camarade qui me les avait prêtés. Mais d’abord, on y avait joué chez lui, beaucoup. Et je me souviens surtout de deux choses de ces parties chez lui : mon premier contact, dans le rôle du predator (je crois que c’étais avec le deuxième opus), où j’ai pu faire avec joie le sniper et le tueur discret comme je ne l’avais jamais fait auparavant, ce qui a toujours été mon kif ; et puis une autre partie, cette fois dans le rôle du marine… avec Aliens en fond sonore, et comme le bruit du détecteur de mouvement du film était reproduit à la perfection dans le jeu, on flippait encore plus comme des malades. Car voilà ce qui fait tout l’intérêt de ces jeux : un univers absolument génial (la conjonction des deux séries de films – j’adore les trois premiers « Alien », ainsi que le premier Predator – était remarquablement bien pensée, à la différence des navetons qui ont ultérieurement porté ce titre) ; de la flippe comme rarement (je ne vois que Doom 3, les Quake et bien sûr les Silent Hill pour rivaliser) ; et, cerise sur le gâteau, le fait qu’il y ait chaque fois trois jeux en un : car on pouvait jouer l’alien, le predator et le marine, et c’était complètement différent comme approche. Le scénario (dans le second en tout cas) jouait en outre intelligemment de ces trois modes de jeu parallèles. Et, du coup, je me suis vraiment régalé, d’abord avec Aliens Versus Predator 2, ensuite avec Aliens Versus Predator. Cette série n’est sans doute pas autant révérée que les plus grand classiques du genre, les Wolfenstein, Doom, Duke Nukem, Quake, etc. (je ne peux pas citer les plus récents, même les plus essentiels, je n’y ai pas joué) ; mais pour moi, elle a bien sa place au sein du panthéon des FPS.

 

Command---Conquer-Alerte-Rouge.jpgCommand & Conquer : Alerte Rouge

Parmi les STR essentiels, il y eut Dune 2 (jamais joué), et ensuite les Command & Conquer, que je n’ai que peu pratiqués… à une exception près, essentielle : l’immense Alerte Rouge, excellente uchronie où la guerre froide devient chaude sous Staline. Le gameplay était irréprochable, et en faisait déjà un très bon jeu du genre. Mais ce qui en faisait un vrai chef-d’œuvre, c’était sans doute son humour grinçant, qui passait notamment par d’excellentes cinématiques, parfois à se pisser dessus. Quelle joie, franchement, de massacrer des innocents en incarnant un camarade de l’armée rouge ; joie équivalente, dans le camp d’en face, celui du bon droit et de la liberté… C’est ce qui en fait un des meilleurs STR de tous les temps : au-delà du jeu en lui-même, irréprochable, un cadre parfaitement conçu, à mourir de rire, qui conférait au tout une ambiance jamais égalée à mon sens. Plus tard, on m’a dit que Alerte Rouge 2 était encore meilleur, mais j’avais déjà laissé tomber le genre depuis un moment pour les raisons évoquées plus haut, et n’ai jamais trouvé vraiment à m’y mettre…

 


DisgaeaDisgaea-2.jpgDisgaea : Afternoon of Darkness

Disgaea 2 : Dark Hero Days

Les tactical RPG : un genre beaucoup trop peu pratiqué par chez nous (alors que visiblement très répandu au Japon), et que je prise particulièrement. J’ai découvert ce type de jeux avec les Shining Force (j’y reviens), mais me suis régalé avec bien d’autres titres depuis. Les plus drôles – ce qui rajoutait une dimension imprévue mais fort bienvenue – étaient évidemment les Disgaea. Je n’y ai joué que sur PSP, d’abord à Disgaea 2 : Dark Hero Days, et ensuite seulement à Disgaea : Afternoon of Darkness. Mais je me suis rarement autant bidonné avec des jeux vidéo…

 

  

 

 

 


Dissidia Final FantasyDissidia-012.jpgDissidia Final Fantasy

Dissidia 012 [duodecim] Final Fantasy

Je n’ai jamais été vraiment fan de jeux de baston. Bon, bien sûr, à l’époque, j’ai fait comme tout le monde, et beaucoup joué à Street Fighter 2 et Mortal Kombat… mais c’est à peu près tout. Et puis, des années plus tard, il y a eu sur PSP Dissidia Final Fantasy ; je l’ai acheté par curiosité, devant les bonnes critiques, et désireux en outre d’approfondir la découverte des Final Fantasy (dont je ne connaissais guère à l’époque que Final Fantasy Tactics : The War of the Lions – j’y reviens – et Crisis Core : Final Fantasy VII, jeu d’action pour sa part, tous deux sur PSP). Et je me suis pris une énorme baffe, poursuivie avec son prolongement « redux », Dissidia 012 [duodecim] Final Fantasy. Ce sont les seuls jeux de baston qui m’ont vraiment marqué, mais je me suis amusé avec comme un petit fou.

 



Doom.jpgDoom 3Doom

Doom 3

J’ai fait comme tout le monde, enfin presque tout le monde, et j’ai découvert les FPS avec Doom (pour la concurrence, on parlait même de Doom-like, à l’époque, ce qui en dit long ; je ne me suis amusé avec le vieux Wolfenstein 3D qu’ultérieurement) ; je n’avais pas de PC à l’époque, et y ai donc joué sur Megadrive 32X. Une énorme baffe, là aussi. Inutile de revenir sur mon intérêt pour le genre, déjà évoqué. Mais il y avait la flippe et le gore, qui constituaient vraiment des particularités de ce titre séminal. C’était sans doute la première fois que je jouais à un jeu vidéo aussi violent ; la première, aussi, que j’avais autant les boules derrière une manette… J’ai beaucoup joué à Doom. Je suis passé à côté de Doom 2, qui lui ressemblait trop… Mais, bien des années plus tard, il y eut Doom 3. Un jeu tellement attendu que l’on craignait assez unanimement d’être déçus. D’ailleurs, les premières fois que j’y ai joué, c’était chez un ami, et je n’avais pas apprécié du tout, je trouvais que le jeu se traînait et je renâclais devant la jouabilité (j’ai notamment mis du temps à gérer cette putain de lampe… un truc pas crédible pour un sou, d’ailleurs, mais finalement chouette pour l’ambiance). Pourtant, ID, sans révolutionner le genre, a bel et bien su produire un excellent titre. Ce qui faisait vraiment la force de ce jeu, à mon sens, c’était son ambiance absolument parfaite ; outre que c’était peu ou prou la première fois que j’avais l’impression d’avoir un vrai scénario dans un FPS, il y avait, développé comme rarement, un admirable sens de l’horreur et plus largement de la peur. Et j’ai en effet eu très peur en jouant à Doom 3. Seuls les Aliens Versus Predator (voir plus haut) et Silent Hill : Origins (voir plus bas) peuvent rivaliser dans mon expérience personnelle. J’en tremble encore…

 

Duke-Nukem-3D.jpgDuke Nukem 3D

Ah ben tiens, puisqu’on parlait de FPS mythiques, celui-ci est probablement celui auquel j’ai le plus joué (et le premier auquel j’ai joué sur PC). Une vraie révolution à sa sortie, un classique instantané. L’atout de Duke Nukem 3D, c’était probablement d’associer à ce qui faisait les bons Doom-like (réalisation irréprochable, gameplay parfait, innovations bienvenues, gore réjouissant) un humour souvent parfaitement affligeant, d’un mauvais goût consternant. Miam. Ici, on ne joue donc pas la carte de la peur, mais celle du fun outrancier et régressif. Pas grand-chose à en dire de plus, mais ça reste à n’en pas douter un titre phare du genre, sur lequel j’ai passé des heures et des heures à m’éclater au milieu des gerbes de sang, des flics cochons et des strip-teaseuses.

 

 

 

 

 


Dune-Mega-CD.jpgDune

Ce truc bizarre de Cryo est probablement un des plus gros chocs esthétiques que j’ai jamais eu avec un jeu vidéo. Je n’ai plus vraiment de souvenirs du gameplay, tout ça, mais ne serait-ce que les ballades en ornithoptère, quand bien même répétitives, c’était un grand moment de zen, de contemplation ébahie. L’immersion dans l’univers était vraiment bien foutue, de manière générale. J’y ai joué sur Mega CD, et c’était, je pense, un des titres qui utilisaient le mieux les capacités de la bête.

 

 

 

 

 

 

Dungeon-Keeper.jpgDungeon Keeper

J’ai hésité pendant un temps à faire figurer ce jeu dans cette liste... mais il faut bien dire ce qui est : ce mélange de stratégie/gestion et de STR, en dépit d’une réalisation un peu moyenne sur le plan technique (les graphismes, notamment, mais bon, ce n’est pas l’essentiel pour ce type de jeux), m’a procuré des heures de plaisir. Quelle joie que de retourner le schéma classique, et de péter la gueule aux insupportables héros niaiseux en gérant les forces souterraines du mal ! MOUHAHAHA !!! Cette satire de Donj’ était en outre bourrée d’idées remarquablement originales (la psychologie des sous-fifres, tout de même !). Un titre vraiment à part, très drôle et très malin.

 

 

 

 

 


Daggerfall.jpgMorrowind.jpgOblivion.jpgSkyrimThe Elder Scrolls II : Daggerfall

The Elder Scrolls III : Morrowind

The Elder Scrolls IV : Oblivion

The Elder Scrolls V : Skyrim

Il y a deux séries de jeux de rôle sur PC : les Elder Scrolls et les Fallout. Point. Na. (Bon, d’accord, je caricature, il y a eu plein de titres séminaux avant, et quelques jeux plus récents qui ont su tirer parti des innovations innombrables apportées par ces deux séries, c’est vrai…) Si je ne m’abuse, The Elder Scrolls : Arena doit être le premier jeu que j’ai acheté sur PC (mais j’en avais déjà quelques-uns qui avaient été livrés avec ma première machine, et pas des moindres, puisqu’il y avait dans le tas, notamment, Duke Nukem 3D – voir plus haut – et Sid Meier’s Civnet – voir plus bas). Je n’en avais jamais entendu parler, et l’avais acheté un peu au pif, parce que ça avait l’air cool ; mais mon PC était déjà trop puissant pour faire tourner la chose, si bien que je n’ai jamais pu y jouer… Ce n’est qu’ultérieurement que j’ai saisi l’importance de ce titre. À la sortie de sa suite, en fait, Daggerfall ; là encore, je n’en avais pas vraiment entendu parler nulle part… mais j’ai décidé de tenter le coup pour prendre ma revanche. Et j’ai été stupéfait. Jamais on n’avait fait de jeu de rôle PC qui se rapprochait autant du jeu de rôle sur table. Jamais on n’avait fait de jeu de rôle PC aussi vaste (plus de 12 000 sites, si je me souviens bien). Et c’était d’une richesse incroyable. Bon sang. La possibilité de jouer ce qu’on voulait, ou presque. La possibilité de se foutre totalement de la trame principale (plutôt linéaire, par ailleurs) pour aller en gros où on voulait, et faire ce qu’on voulait. LIBERTÉ !!! Alors certes, c’était plutôt moche, et surtout atrocement bourré de bugs (longtemps une spécialité de Bethesda). Mais c’était phénoménalement innovant, et j’y ai passé des heures et des heures, à tordre le jeu dans tous les sens pour en tâter de toutes les possibilités (ce qui était bien évidemment impossible). Je ne l’ai « fini » qu’en trichant, honte sur moi – la difficulté était assez élevée –, mais peu importe. C’est sans doute le jeu PC sur lequel j’ai passé le plus de temps, avec dans des genres très différents Heroes of Might & Magic III : The Restoration of Erathia et Sid Meier’s Civilization II. Je suis tombé littéralement amoureux de cette série, à tel point que je me suis précipité sur chacun des opus suivants… ce qui a systématiquement impliqué, si je ne m’abuse, de m’équiper d’une machine plus puissante. Mais quand on aime… La suite, donc, c’était Morrowind. Qui est pour moi de très loin le meilleur titre de la série ; on y retrouvait toutes les qualités de Daggerfall, mais dans un univers moins vaste ; ce qui ne constituait pas un défaut, contrairement aux apparences, car jamais l’univers d’un Elder Scrolls n’a été aussi bien pensé : là où Daggerfall et, il faut bien le dire, Oblivion et Skyrim par la suite, livraient un monde assez « neutre » d’heroic fantasy ultra-classique, Morrowind avait su infuser dans son univers juste ce qu’il fallait d’originalité pour lui conférer une vraie personnalité. L’ambiance, du coup, était extraordinaire. C’est par ailleurs, à mon sens, le seul des Elder Scrolls où la quête principale vaut vraiment le coup : elle est longue, elle est dure (ce qui était déjà le cas dans Daggerfall), mais constitue une vraie histoire, intéressante et inventive, vaguement ambiguë aussi. Alors voilà : quand je farfouille sur le ouèbe, zyeutant les classements des meilleurs jeux de rôle PC de tous les temps, je tombe souvent, en première place, sur d’autres titres, et notamment Fallout 2 ; c’est un excellent jeu, ce n’est certainement pas moi qui prétendrais le contraire ; mais le premier, le meilleur des meilleurs, pour moi c’est Morrowind. Sans hésitation. Et avec une avance sur son temps considérable, en plus : quand j’ai tenté par la suite de me mettre notamment à Might & Magic VI, pourtant très bien accueilli à sa sortie, j’ai été littéralement écœuré : non, on ne pouvait plus décemment jouer à ce genre de produits prétendument rôlistiques après Daggerfall et Morrowind… L’orientation de la série a cependant été assez radicalement différente avec les deux titres suivants, Oblivion et Skyrim (ce qui a pas mal fait jaser, et souvent de manière très bête : des imbéciles se sont mis à critiquer Bethesda pour tout et n’importe quoi à partir de là, cherchant la petite bête, oubliant tout ce que l’éditeur avait apporté avec les précédents Elder Scrolls, et refusant de voir tout ce qu’il y avait de bon et même d’excellent dans ces nouveaux titres ; le pire, ça a été quand on a appris que c’était Bethesda qui allait faire Fallout 3, je me souviens encore du tissu de conneries que j’avais pu lire alors, et qui m’a plus d’une fois fait sortir de mes gonds, moi le petit fan…). Adieu les bugs, place à la réalisation technique stupéfiante. Oblivion et Skyrim, c’est rien de le dire, sont des jeux qui ont vraiment de la gueule ; et se promener dans l’univers n’a jamais été aussi agréable. Je refuse d’en dire du mal : je me suis régalé sur ces deux titres (surtout Oblivion, cela dit, même si j’ai bien pris mon pied à casser du dragon dans Skyrim, dont j’adore par ailleurs la bande originale). Mais il faut bien reconnaître qu’après les expérimentations folles de Daggerfall et Morrowind, jeux grandioses, mais probablement réservés à un public d’amateurs éclairés, Bethesda a dès lors joué la carte de l’accessibilité ; en livrant un produit plus agréable à l’œil, donc, mais aussi plus facile à prendre en main (notamment parce que moins riche…), et plus tourné vers l’action. Ce qui, sur le moment, m’a paru décevant, je suis bien forcé de le reconnaître. Mais bon : dans la mesure où, en dehors des Fallout, il n’y avait tout simplement pas de concurrence dans le genre sur PC, je n’ai certainement pas craché dans la soupe… d’autant que cela reste de très, très bons jeux. Alors voilà : j’aime, j’adore les Elder Scrolls. Et je le répète, Morrowind n’est pas seulement le meilleur opus de la saga, c’est aussi le meilleur jeu de rôle PC de tous les temps. Mais passons tout de suite aux seuls jeux qui ont pu rivaliser, en jouant sur un terrain très différent…

 

Fallout.jpgFallout-2.jpgFallout

Fallout 2

Les jeux vidéo PC sont très largement dominés par l’heroic fantasy, souvent très classique. Mais il y a quelques exceptions, et la plus belle, c’est incontestablement la série des Fallout, qui a développé un magnifique univers post-apocalyptique, ce qui est déjà cool, mais sous une forme d’uchronie rétro-futuriste, ce qui est carrément très cool. Cela nous donne un univers absolument génial, à très forte personnalité. L’ambiance est remarquable, notamment du fait d’une superbe bande originale, oscillant entre vieux jazz très connoté et belles pistes d’ambient. Mais on notera aussi les excellents dialogues, évolutifs en fonction des caractéristiques du personnage, et qui sonnent beaucoup plus « adulte » que dans les autres jeux du genre. On appréciera, enfin, l’humour noir qui imprègne l’ensemble, parfaitement réjouissant, et qui s’accompagne d’une bonne dose de gore. Fallout et Fallout 2, à l’instar des Elder Scrolls, lorgnent vraiment du côté du jeu de rôle sur table, mais d’une manière bien différente, et plus radicale, finalement, pour ce qui est du système, dans les Fallout : la fiche de personnage, en effet, emprunte à GURPS, si je ne m’abuse, et de manière très bien pensée. Un autre grand atout des deux premiers Fallout, et qui là encore rapproche ces titres des jeux de rôle traditionnels, c’est son système de combat au tour par tour, parfaitement réjouissant (même si on peut lui reprocher, peut-être, une indéniable lenteur), qui lui confère une importante dimension tactique (notons d’ailleurs qu’il a existé un Fallout Tactics, mais je n’y ai que peu joué, étrangement, sans doute du fait d’une difficulté très élevée). Fallout a ainsi constitué une véritable révolution, et je me suis énormément amusé avec. Si nombre de gens jugent Fallout 2 encore meilleur, j’avoue y avoir moins joué : il n’y avait plus d’effet de surprise, cette suite était vraiment dans la lignée du premier ; c’est néanmoins un excellent titre, bien sûr, que beaucoup considèrent comme le meilleur jeu de rôle PC de tous les temps (mais moi, donc, je préfère encore Morrowind). La suite est très différente : Bethesda a récupéré la licence, et mêlé les atouts des Fallout à ceux des Elder Scrolls, ce qui a néanmoins enlevé du coup un peu de personnalité à Fallout 3, jeu diversement accueilli (voir plus haut). J’ai hésité à le faire figurer dans cette liste – c’est un excellent jeu –, mais me suis finalement abstenu, n’y ayant pas assez joué. On m’a dit énormément de bien de sa suite Fallout New Vegas, bien mieux accueillie ; je viens tout juste de me la procurer (enfin !), on en recausera peut-être un de ces jours…

 

Final-Fantasy-Tactics.jpgFinal Fantasy Tactics : The War of the Lions

Si, en matière de tactical RPG, j’accorde une place de choix aux Shining Force, avec lesquels j’ai découvert le genre, et aux Disgaea, les plus drôles et inventifs, je crois cependant que le meilleur, objectivement, c’est ce très impressionnant Final Fantasy Tactics : The War of the Lions, auquel j’ai joué sur PSP (il était d’abord sorti, quelques années plus tôt, sur Playstation) : c’est un des premiers jeux que j’ai achetés pour la portable de Sony, et reste convaincu encore aujourd’hui que c’est un des meilleurs, et peut-être même le meilleur. Le système très riche et complexe est parfaitement conçu, et finalement aisé à prendre en main. L’ambiance est également remarquable, qui joue, à l’opposé des Disgaea, la carte de la mélancolie. Le jeu, enfin, est immense, très long, et, reconnaissons-le, assez dur : je plaide coupable, je n’ai jamais réussi à le finir, malgré bien des tentatives et des heures de jeu… Cela ne m’empêche pas, donc, de lui conférer la première place : ce jeu est époustouflant, et c’est de très loin le jeu PSP auquel j’ai le plus joué.

 

 

 


Flashback.jpgFlashback

Another World, en son temps, fut une vraie révolution. De loin, on aurait dit un avatar de Prince of Persia (que j’ai hésité à faire figurer dans cette liste, ce fut tout de même un jeu culte…), mais dans un univers de science-fiction autrement plus original ; et il a bluffé la Terre entière avec sa réalisation pour l’époque très impressionnante, de la phénoménale cinématique d’intro (un vrai classique du genre) au jeu en lui-même. C’est sans doute un des rares jeux à mériter pleinement le qualificatif de « jeu d’auteur », et un des premiers dans ce cas, ayant été réalisé par le tout jeune (si je me souviens bien) Éric Chahi tout seul dans son coin. Cependant, je n’ai jamais aimé ce titre culte, en raison de sa difficulté beaucoup trop élevée : je n’arrêtais pas de crever, et ça m’a vite gavé… Mais quelque années plus tard, le studio Delphine a su tirer les leçons d’Another World, et a livré l’époustouflant Flashback. Là encore, de loin, on dirait de la plate-forme façon Prince of Persia, mais dans un très bel univers de science-fiction ; la réalisation, des cinématiques au jeu en lui-même, était là encore très impressionnante, et clairement en avance sur son temps. Mais on avait cette fois, à la différence d’Another World, un vrai jeu, et pas une succession de tableaux. Un jeu d’aventure, qui plus est, avec un très beau scénario. Flashback m’a vraiment marqué… À l’époque, il a même décidé de la console sur laquelle j’avais jeté mon dévolu : tout le monde disait que la récente Super Nintendo était plus performante que la plus vieille Megadrive, mais j’ai préféré qu’on m’offre cette dernière ; en effet, les jeux disponibles sur la console de Sega me paraissaient beaucoup plus intéressants dans l’ensemble, et notamment je n’avais d’yeux que pour ce Flashback qui venait tout juste de sortir (et qui ne serait disponible sur la 16-bit de Nintendo que quelques mois plus tard). Va pour la Sega, donc, avec d’emblée ce titre françouais. Un choix que je n’ai jamais regretté.

 

God-of-War-Chains-of-Olympus.jpgGod of War : Chains of Olympus

God of War : Ghost of Sparta 

Je suis vraiment pas fan du genre, mais j’avoue : de temps en temps, une bonne bourrinade, ça fait quand même du bien. D’où la présence de ces titres PSP dans cette liste ; parce que je me suis rarement autant défoulé sur un jeu… Deux gros atouts aux God of War (je dis ça en général par supposition, je n’ai joué qu’aux deux versions PSP, God of War : Chains of Olympus, puis God of War : Ghost of Sparta, dans sa lignée) : une jouabilité littéralement exceptionnelle, et, ce qui saute immédiatement aux yeux, une réalisation stupéfiante. Bon sang, qu’est-ce que ça en jette ! J’étais – et je suis toujours – stupéfait de voir un titre aussi extraordinairement beau sur la portable de Sony, qui plus est sans temps de chargement (mais comment ont-ils fait ?! Le contraste est grand avec tous les autres jeux que j’ai pu pratiquer sur cette console…). Alors certes, c’est atrocement con, et surtout – c’est vraiment le gros défaut du jeu – atrocement court (je crois les avoir expédiés en une journée seulement chacun…), mais tant pis : j’ai pris mon pied comme jamais. Joie de se retrouver à l’intérieur d’un grand spectacle hollywoodien…

 

 


Grand-Theft-Auto-San-Andreas.jpgGrand Theft Auto : San Andreas

J’ai peu joué aux GTA. Oh, je n’avais rien contre, c’était un pur hasard. Mes camarades jouaient aux précédents GTA et s’éclataient bien dessus, mais je n’ai jamais eu l’occasion de m’y mettre… Et puis est arrivé San Andreas, et j’ai décidé unilatéralement qu’il était bien de temps d’essayer la chose. Le premier contact, en dépit de la chouette réalisation, a été un peu rude, notamment en raison de la jouabilité que j’ai toujours trouvé exécrable. Mais une fois que j’ai à peu près réussi à le prendre en main, j’ai pu découvrir vraiment le jeu. Et j’ai pris ma baffe. Parce que c’était la première fois après les Elder Scrolls que je retrouvais une telle sensation de liberté dans un jeu vidéo (plus tard, j’ai trouvé encore plus impressionnant dans le genre, à savoir X3 ; mais là c’était trop pour ma pomme, et c’est pourquoi ce jeu stupéfiant ne figure pas dans cette liste, je n’ai jamais réussi à y faire quoi que ce soit, à part tripper sur l’espace…). L’immensité du cadre, la variété des situations et des possibilités, auraient suffi à faire de San Andreas un bon, et même un très bon jeu. Mais ce qui en fait un chef-d’œuvre, c’est son humour inimitable. Laissez tomber les blaireaux qui sont tombés sur les GTA en raison de leur immoralisme supposé, ces tocards ne savent pas rire… Car il est impossible de prendre San Andreas au sérieux. On y joue un crétin entouré de guignols, et c’est parfaitement jouissif. L’ascension qui sent la chute, rise and fall à la Scarface (forcément, même si San Andreas joue la carte gangsta et non latino – et la carte gangsta m’amuse bien davantage), offre énormément de possibilités de s’amuser comme un petit fou, parsemée qu’elle est de références fort sympathiques. J’ai passé beaucoup de temps sur San Andreas, et c’est sans doute un des jeux les plus drôles auxquels j’ai joué avec les Disgaea (et un cran en dessous les Fallout). Pas vraiment eu l’occasion de jouer aux autres titres de la série (un peu sur PSP avec Vice City Stories, je crois, et c’est tout), mais il ne faut rien en déduire quant à mon appréciation d’icelle : là encore, c’est purement le hasard qui a fait que…

 

Heroes-of-Might---Magic-II.jpgHeroes-of-Might---Magic-III.jpgHeroes-of-Might-and-Magic-V.jpgHeroes of Might & Magic II

Heroes of Might & Magic III : The Restoration of Erathia

Heroes of Might & Magic V

La série des HOMM a constitué sans aucun doute un de mes plus grands chocs vidéoludiques, avec auparavant les Shining Force et les Civilization, et plus tard les Elder Scrolls. Je l’ai découverte avec le deuxième (je ne sais plus comment je me l’étais procuré ; bizarrement, je crois que c’était dans un magazine ; en tout cas, c’était largement le fait du hasard, je n’en avais jamais entendu parler avant). Ce mélange de stratégie/gestion au tour par tour et de combat tactique également au tour par tour, merci, avec une pointe de jeu de rôle en sus, m’a immédiatement convaincu, et j’ai passé des heures dessus. D’autant que le jeu, déjà très bon comme ça, bénéficiait de deux atouts supplémentaires de taille (qu’on retrouvera dans le reste de la série, joie) : un excellent éditeur de cartes sur lequel j’ai là aussi passé des plombes pour fignoler mes propres scénarios, et la putain de gigantesque cerise sur le gâteau qu’est le « hot seat », c’est-à-dire la possibilité de jouer à plusieurs sur un même ordinateur, grâce au tour par tour, loué soit le tour par tour. Du coup, les HOMM réussissent ce tour de force d’être dans un sens à la frontière entre jeu vidéo et jeu de plateau, dont on retrouve la convivialité… Mes camarades et moi avons passé des nuits blanches à bâtir nos empires de fantasy et à nous fritter la gueule dans l’allégresse. Ce qui est à ma connaissance unique. Après avoir jeté un coup d’œil au premier (qui avait trop vieilli pour être encore vraiment jouable à mon sens, et c’est pourquoi il ne figure pas dans cette liste), je suis donc fort logiquement passé au troisième opus, The Restoration of Erathia, qui est à mon sens le meilleur de la série (et c’est donc celui qui va être prochainement réédité…). C’est bien un des jeux sur lesquels j’ai passé le plus de temps, avec Daggerfall (voir plus haut) et Civilization II (voir plus bas). On y retrouvait tous les atouts de Heroes of Might & Magic II, mais avec plein d’innovations bienvenues, une richesse décuplée et une réalisation assez agréable. Un chef-d’œuvre… Fort logiquement à nouveau, après une telle réussite, je me suis jeté sur Heroes of Might & Magic IV dès sa sortie… et ce fut probablement la plus terrible déception vidéoludique que j’aie jamais subie. Ce jeu est à mon sens un ratage complet, qui réussit – c’est dingue, tout de même – à être mille fois moins riche que ses glorieux prédécesseurs, et à bousiller tout l’intérêt tactique des batailles en accordant une place beaucoup trop importante aux héros. Un ratage complet, oui… Ils s’en sont sans doute rendus compte, dans la mesure où Heroes of Might & Magic V est revenu aux principes du deuxième et du troisième ; sans beaucoup d’innovations, du coup, ils ont peut-être été un peu frileux… Reste une très jolie réalisation. Bon… Allez, je l’y mets quand même, j’y ai après tout beaucoup joué (même si considérablement moins qu’aux deux et trois). Une note en passant : à partir du troisième si je ne m’abuse, les producteurs ont accordé une place très importante à la musique, vraiment très réussie, épique et tout. Probablement les meilleures bandes originales de jeu vidéo que je connaisse, avec celles des Elder Scrolls, de Quake et des Silent Hill (et peut-être des Fallout ? Les GTA sont hors-concours).

 

(Suite au prochain épisode...) 

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