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RIP James Gandolfini

Publié le par Nébal

James-Gandolfini.jpg

 

Tony Soprano n'est plus... RIP, comme on dit chez les croyants...

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Bat_aurele 04/07/2013 18:55

Hé oui, c'est un très grand acteur que nous avons perdu là. Adieu James, adieu Tony, et merci pour ces grands moments de télévision !

Soit dit en passant, pour ce qu'a écrit la copine de John Warsen et cette phrase : "à quoi sert-il de nous montrer ce que nous voyons tous les jours, des gens qui affichent leur soi-disant bien
être et qui sont sous prozac ?", j'ai envie de répondre que personnellement je ne cherche pas forcément dans un personnage de fiction un "modèle à suivre" et que moi ça me fait du bien de voir des
gens qui sont sous prozac et pour qui la vie n'est pas facile, ça me rassure et me fait relativiser :-). Puis quelque part je suis content d'être conforté dans l'idée que la société ne sait plus où
elle en est, je n'aimerai pas être le seul à penser ça. Dans mon cas, c'est plutôt de voir des gens à qui tout réussi qui m'agace. C'est une des nombreuses raisons pour lesquelles je suis aussi un
grand admirateur de la série "Louie" par exemple :-).

Nébal 06/07/2013 13:03



Voui, en ce qui me concerne, l'amie de John Warsen dit bien des bêtises, pour le coup.


 


Je répondrais bien par une (double) citation, moi aussi, mais je la ressors toujours en cas d'urgence : la préface au Portrait de Dorian Gray...



john warsen 24/06/2013 08:36

lol
j'adore le passage dans "le berceau du chat" de kurt vonnegut où le narrateur prète son appartement à un ami nihiliste pendant 15 jours. Quand il rentre chez lui l'appartement est entièrement
détruit et son chat est crucifié au dessus de son lit avec une pancarte attachée au cou sur laquelle on peut lire "miaou", et le héros remercie du fond du coeur son ami de l'avoir ainsi détourné du
nihilisme.

John Warsen 20/06/2013 21:43

Le tour de force des scénaristes, et de Gandolfini, c'est de nous avoir presque fait sympathiser avec son personnage de pervers troublé. Faut dire qu'on est restés scotchés 8 ans, pris en otage par
ce prédateur sans morale, à l'intelligence reptilienne... victimes du syndrome de Stockholm, qu'on était ! Loin de moi l'idée de cracher dans la soupe, mais voici ce qu'en écrivait une copine à
l'époque, et je ne peux qu'opiner :
"Ce qui est impressionnant dans Les Sopranos, c’est le mensonge. Chez les mafieux, encore, on peut le comprendre, ces gens c’est de la racaille, mais le problème, c’est que tout le monde se
comporte comme eux. D’une certaine manière, ça les justifie. Tony Soprano gagne son argent d’une manière pour le moins craignos, mais quand sa psy accepte cet argent, quel message fait-elle passer
? Elle pourra toujours lui dire que ce qu’il fait n’est pas correct, en prenant son argent elle l’encourage de fait à continuer. J’ai particulièrement apprécié l’épisode où Carmela (la femme de
Tony) va voir un vieux psy qui lui dit qu’elle doit divorcer sous peine de se sentir mal toute sa vie, et qui lui dit qu’il ne veut pas de son argent. En effet, il ne peut pas prendre cet argent et
lui dire d’un autre côté qu’elle ne doit pas le prendre. C’est le seul type qui y voit clair de toute la série. Tous les autres sont complètement dans le coltar, dans des compromissions
permanentes. Carmela pense à divorcer, mais quand Tony lui offre un bracelet en diamant, finalement, elle trouve que sa situation n’est pas si mauvaise.
On pourrait d’ailleurs se demander si cette série donne une idée particulièrement négative des femmes, ou si la plupart des femmes sont vraiment comme ça. Un manteau en vison, un diamant 15 carats,
une grande baraque, et ça y est, elles sont folles « amoureuses » du type qu’elles détestaient dix secondes plus tôt. Certes, elles ne sont pas toutes comme ça, puisqu’il y a la femme d’Artie, qui
refuse de voir son mari se compromettre, ou la psy, qui a d’autres valeurs que l’argent, mais même ces deux-là, on ne peut pas dire qu’elles soient très saines d’esprit.
Quoi qu’il en soit, je me demande ce que cette série veut prouver (de manière consciente ou inconsciente). C’est d’ailleurs un point commun de pas mal de séries ou films actuels. On ne voit pas où
ils veulent en venir. On dirait que la société ne sait plus où elle en est (si l’on considère que le cinéma et les séries sont un reflet de la société).
Si l’on prend les films des années 50 par exemple, il y avait toujours un argument. C’était certes moins réaliste, mais au moins, il y avait un modèle à suivre. Maintenant, quand on voit les
Sopranos, on pourrait presque se dire que la mafia, c’est sympa. Les gars sont là avec leurs femmes, leurs enfants, leurs amis, leurs baraques, c’est une grande communauté, une grande famille…
enfin, ça c’est la façade, car en-dessous, tout est pourri. Mais ce fait n’est pas propre à la mafia. La vie de la psy est pourrie, ainsi que celle de la vendeuse de Mercedes, du restaurateur, des
gamines à l’université etc… Toutes les vies sont pourries, dans cette série. C’est un assez bon reflet du samsara, mais à quoi sert-il de nous montrer ce que nous voyons tous les jours, des gens
qui affichent leur soi-disant bien-être et qui sont sous prozac ? Le samsara, on l’a tous les jours sous les yeux, et personne ne le voit. Pourquoi le verrait-on mieux à la télé ?
De fait, je ne conseille nullement cette série parce qu’elle n’a rien d’édifiant, et que je commence à penser que les bonnes choses sont celles qui nous inspirent. Babylon 5 est bien parce qu’il y
a des personnages exceptionnels, qui ont l’esprit clair, mais de nos jours, ça se fait rare. Tout devient très confus. Tony Soprano est un personnage « très complexe » d’après le scénariste. Il
nage surtout dans une incroyable confusion, et ce n’est pas de le voir se débattre dans sa merde qui va aider qui que ce soit à sortir de la sienne. Alors que dans Babylon 5, de nombreux
personnages nous montrent la bonne direction. Un ami m’a d’ailleurs raconté qu’après avoir vu le Dr Franklin s’expliquer avec son père, il est lui-même allé s’expliquer avec son père. Cette série
me semble apte à inspirer de nombreux gestes positifs.
J’entends par positif ce qui conduit à pratiquer, et par négatif ce qui en éloigne. Les Sopranos conduisent à une vision nihiliste."

On aurait aimé voir James Gandolfini retrouver des rôles aussi puissants que celui-là, mais je ne pouvais m'empêcher, à chacune de ses apparitions au cinéma, de le trouver un peu en-dessous du
personnage qu'il incarna dans les Soprano et qui l'avait un peu dévoré vivant. Aaah, l'année où il avait demandé une augmentation de son salaire X2 , ce qui avait provoqué l'arrêt du tournage de la
série avant que HBO ne cède ! C'était grand !

Nébal 24/06/2013 07:01



Bah c'est bien le nihilisme.



john warsen 20/06/2013 08:13

C'était un peu sous-entendu à la fin en queue de poisson du dernier épisode de la saison 6... il n'a fait qu'épouser le destin de son personnage de fiction... il est fort, ce Gandolfini !