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"Sans nouvelles de Gurb", d'Eduardo Mendoza

Publié le par Nébal

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MENDOZA (Eduardo), Sans nouvelles de Gurb, [Sin noticias de Gurb], traduit de l'espagnol par François Maspero, Paris, Seuil, coll. Points, [1990-1992, 1994] 2006, 125 p.

 

Je ne sais pas, peut-être s'est-il agi de publicité subliminale ; toujours est-il que l'autre jour, en déambulant dans MA librairie à moi que j'ai, quand je suis tombé sur Sans nouvelles de Gurb d'Eduardo Mendoza, j'étais persuadé d'en avoir entendu parler, plusieurs fois et en bien – même si je suis bien incapable aujourd'hui de dire quelles étaient les sources de ces éloges. Alors évidemment, la chose étant courte et pas chère, je m'en suis emparé, et l'ai lue aussitôt ou presque.

 

Deux extraterrestres, sous forme d'intelligences pures, atterrissent dans les environs de Barcelone. L'un d'eux, le sous-fifre Gurb, est envoyé en mission de reconnaissance, sous les traits de Madonna. Las, le temps passe, et l'autre extraterrestre, notre narrateur et héros, est sans nouvelles de Gurb. Aussi décide-t-il de partir à sa recherche dans Barcelone, sous une apparence moins voyante (encore que), et note-t-il fidèlement le résultat de ses observations dans son journal.

 

On l'aura compris aisément à ce résumé : nous sommes ici en présence d'une fable satirique sur le mode des Lettres persanes de Montesquieu. Simplement en plus délirant, et contemporain.

 

Il s'agit donc d'un livre qui se veut drôle. Il l'est à l'occasion, je ne saurais le nier : quand l'humour de l'auteur lorgne vers l'absurde ou la satire sociale grinçante, il fait généralement mouche. Hélas, ce n'est pas toujours le cas, et l'on ne compte pas les blagues qui tombent à plat, pour une raison ou pour une autre ; et je dois dire que, bien loin du récit jubilatoire auquel je m'attendais pour je ne sais trop quelles raisons, j'ai trouvé dans l'ensemble Sans nouvelles de Gurb plutôt lourdingue (d'autant qu'il n'hésite pas de temps à autre à verser dans le pipi-caca). Certes, je n'étais pas armé pour apprécier tout le sel de ce très court roman, et j'imagine que seul un Barcelonais en serait vraiment capable. Mais voilà : pour une blague qui fonctionne bien, il y en a au moins une qui ne fonctionne pas. Or l'auteur jouant volontiers du comique de répétition – c'est une formule que l'on voit très tôt se mettre en place –, c'est particulièrement périlleux...

 

Aussi, malgré son postulat délectable et quelques gags vraiment réussis, j'ai été plutôt déçu par Sans nouvelles de Gurb, dont j'attendais il est vrai beaucoup sans trop savoir pourquoi. À l'heure où j'écris ces lignes, le mystère reste entier... Subliminal, moi j'vous l'dis.

CITRIQ

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T
J'ai moi même été déçu par ce livre. J'en attendais probablement trop.
Le coté absurde ne m'a pas fait spécialement sourire non plus.
Et le journal ne m'a pas aidé à entrer dans l'histoire.
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B
Ouf, merci Nebal. Je commençais à me sentir un peu seul face aux critiques qui me donnaient l'impression de ne pas (plus ?) avoir d'humour.
Comme toi, j'en attendais plus et j'ai été plutôt déçu.
Peut être le lire en VO, mais bon je ne pratique pas la langue de Cervantes.
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G
Tu l'as peut-être vu chroniqué sur "sens critique", sur FB par Hugues, ou encore sur mon blog, récemment chroniqué. J'aime bien ce bouquin, mais honnêtement il faut mieux le lire en espagnol; car
la VF gâche énormément d'effets de style.
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A
J'avais lu ce bouquin, j'étais au Collège, et il m'avait presque tué de rire. Les blagues scato y étaient peut-être pour quelque chose...

Sinon je pense en effet que les blagues à double-sens sont plus accessibles si l'on est de Barcelone et si l'on a grandi pendant les 90's. Et que le bouquin doit être plus savoureux si on le lit en
catalan.

A noter que Mendoza est très connu pour son style déjanté, il a produit plusieurs romans pseudo-policiers qui sont eux aussi à crever de rire.
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