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"Teenager Of The Year", de Frank Black

Publié le par Nébal

Teenager-of-the-Year.jpg

 

FRANK BLACK, Teenager Of The Year.

 

Tracklist :

 

01 – Whatever Happened To Pong?

02 – Thalassocracy

03 – (I Want To Live On An) Abstract Plain

04 – Calistan

05 – The Vanishing Spies

06 – Speedy Marie

07 – Headache

08 – Sir Rockaby

09 – Freedom Rock

10 – Two Reelers

11 – Fiddle Riddle

12 – Olé Mulholland

13 – Fazer Eyes

14 – I Could Stay Here Forever

15 – The Hostess With The Mostest

16 – Superabound

17 – Big Red

18 – Space Is Gonna Do Me Good

19 – White Noise Maker

20 – Pure Denizen Of The Citizens Band

21 – Bad, Wicked World

22 – Pie In The Sky

 

Le monde est trop injuste. C’est la vie, comme disait l’autre, certes. Et il est vrai que Frank Black, pour tout membre fondateur et leader des Pixies qu’il soit, n’a pas exactement le profil d’une rock star… Mais sa carrière solo aurait rencontré pas mal d’écueils, notamment à ses débuts, et l’album dont je vais vous entretenir aujourd’hui, le deuxième du monsieur après le split des petites fées (reformées aujourd’hui, je ne vous apprends rien…), s’il est – à bon droit, ainsi que j’entends bien le montrer – devenu culte avec le temps, fut à sa sortie un cuisant échec commercial. Bien loin en tout cas du succès rencontré par sa consœur Kim Deal avec ses Breeders et l’irrésistible tube que fut « Cannonball ».

 

Comment expliquer cet échec, dès lors ? Peut-être, paradoxalement, par ce qui fait le succès de cet album aujourd’hui, et explique l’attachement tout particulier que lui vouent les amateurs de Frank Black : son incroyable richesse. 22 pistes, généralement très courtes – la plus « longue » fait 4:41 min., comme quoi tout est relatif… –, explorant tous les genres du rock dans un joyeux foutoir, où le punk hardcore côtoie le reggae/ska, tandis que le blues copule avec la pop, pour un résultat toujours étonnant. L’album va à cent à l’heure, et ne laisse aucun répit à l’auditeur, qui va de surprise en surprise d’une piste à l’autre, ne sachant jamais à quoi s’attendre ; en définitive, il ne peut se raccrocher qu’à une seule certitude : il va écouter du Frank Black.

 

Car, quel que soit le genre dans lequel le gros Francis officie, il a un son bien à lui, une manière de voir les choses et de les exprimer immédiatement reconnaissable ; ainsi, au-delà de son apparente hétérogénéité, de son aspect fourre-tout, et donc, autant le dire, casse-gueule, Teenager Of The Year est bel et bien un album cohérent, de la première à la dernière chanson.

 

Et le pire, ma bonne dame, c’est qu’elles sont bonnes, ces chansons… Frank Black avait déjà su le montrer au sein des Pixies et le confirme à nouveau en solo : il est bel et bien un songwriter de génie, un fin mélodiste, aussi à l’aise dans la bourrinade réjouissante que dans les harmonies les plus subtiles, s’éloignant des schémas classiques guitare / basse / batterie (ou alors, les faisant sonner comme personne…).

 

En fait, de ces 22 pistes, aucune à mes yeux n’est à jeter. Pour bien faire, il faudrait sans doute que je décortique l’album point par point ; mais – traitez-moi de flemmard si vous le voulez – cela serait sans doute bien trop long et fastidieux. Aussi ai-je préféré me contenter d’une sélection de morceaux particulièrement brillants à mon goût, et que – magie de l’Internet ! – vous allez pouvoir (au moins pour un temps…) écouter tandis que je les évoque.

 

Déjà, un premier constat : pour ce qui est de l’attaque en force, Frank Black n’a de leçons à recevoir de personne. Teenager Of The Year s’ouvre ainsi sur une trilogie tout simplement parfaite de morceaux très brefs et très efficaces : en guise d’introduction idéale, le punk jubilatoire de « Whatever Happened To Pong? » ; suit immédiatement le tout aussi punk mais plus dissonant « Thalassocracy », furieusement bon ; enfin, histoire de calmer un peu le jeu, « (I Want To Live On An) Abstract Plain » nous introduit avec brio aux aspects les plus pop de l’album. Je sais pas vous, mais moi, rien qu’après ces trois morceaux-là, je dis : « J’achète ! »

 

Sautons quelques pistes pour continuer dans la pop de la plus belle eau avec « Speedy Marie », et son finale aux accents très Pixies (chassez le naturel…) ; suit immédiatement le tubesque et bien nommé « Headache », type idéal du morceau pop qui rentre dans le crâne pour ne plus jamais en sortir…

 

Mais on retourne un peu plus loin au foutoir, dans ce qu’il a de plus jouissif, avec – le à nouveau fort bien nommé – « Freedom Rock », qui s’autorise toutes les lubies, passant d’un genre à l’autre dans une joyeuse partouze musicale où – j’ai honte de le dire – même le reggae et le ska rendent bien (et c’est également vrai en d’autres occasions)…

 

 

Merde, je suis même pas à la moitié de l’album, et j’ai cité six morceaux sur neuf… Bon, faut que je me calme pour la suite, grmbl…

 

Bon, OK, d’accord, je m’en tiens vraiment au meilleur du meilleur pour la deuxième moitié de l’album (aussi bonne que la première, hein), et je passe du coup à « Superabound », une petite perle d’efficacité où la basse et l’orgue rivalisent d’ingéniosité. Suit d’ailleurs un autre joli morceau de bravoure avec un « Big Red » aux accents très bluesy, mais au refrain pop entêtant au possible.

 

 

Bon, allez, un dernier pour la route, à nouveau côté punk, le très réjouissant « Bad, Wicked World » (N.B. : désolé pour les agaçants pains sonores de la vidéo – ce n’est pas ma faute, mais je n’ai pas trouvé mieux, désolé… – ; au passage, le thème des extraterrestres et de la SF colle par contre très bien à Frank Black).

 

Bilan ? Ben, je crois que c’est clair, non ? Teenager Of The Year est un grand album de pop rock, qui mérite bien qu’on y rejette deux oreilles attentives aujourd’hui.

 

...

 

Non, permettez-moi d’être plus explicite.

 

Teenager Of The Year est un IMMENSE album. Il figure sans doute parmi mes préférés dans ma discographie. Il est indéniable à mes yeux que jamais Frank Black ne s’est montré aussi talentueux que sur cet album foisonnant et d’une richesse incomparable.

 

On y va pour la comparaison niaise mais inévitable : Teenager Of The Year vaut en ce qui me concerne amplement toute la discographie des Pixies.

 

Et j’irais même plus loin : c’est juste un des putains de plus grands albums de tous les temps de la mort de la galaxie (bordel).

 

 Alors voilà. Hop.

Commenter cet article

bat_aurele 04/04/2010 21:45


Ué, superbe album, il n'y a pas à dire.
A part ça, Picard, d'après Wikipédia en tout cas : "Si Teenager Of The Year reste aujourd’hui l’un des albums préférés des fans de Frank Black, à cause sans doute de sa largesse, l’album est un
échec commercial." (http://fr.wikipedia.org/wiki/Frank_Black)


rmd 02/04/2010 13:01


J'ai eu la chance de le voir sur la tournée de cet album (ou de cult of ray) et c'était un putain de bon concert, nettement plus rageux que le retour des pixies. Et un pogo très sympathique.
(j'étais jeune et un peu plus vif que maintenant)


Picard 01/04/2010 21:45


Non seulement il est revenu, mais, en plus, il se remet à chroniquer des disques (des vieux disques, certes, mais il chronique).

Dis donc, avec tout ça, tu ne vas pas nous "faire une rechute" et enregistrer un nouveau truc ?

Pour en revenir à Franck Black, je suis étonné que tu parles d'un échec commercial : le single "Headache" passait à la radio et à la télé, il me semble ? J'ai même l'impression que ce sont les
autres disques qui ont été des échecs, y compris auprès de la critique.


Nébal 01/04/2010 21:58



Refaire de la zique, non, 'fin, je ne crois pas (ça fait une éternité que j'ai pas touché à tout ça, moué...).


Quant à l'échec commercial, il me semble bien ; je rapporte en tout cas ce que j'ai lu et entendu ici ou là, et je crois bien que le succès de l'album n'a été que tardif ; maintenant, moi,
j'avais 12 ans à l'époque, et n'écoutais pas encore ce genre de choses (j'ai découvert Frank Black avec The Cult Of Ray, deux ans plus tard), alors je rapporte peut-être des bêtises...