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"Public Outburst", de Laurent Garnier, Bugge Wesseltoft, Philippe Nadaud, Benjamin Rippert

Publié le par Nébal

Laurent-Garnier--etc.---Public-Outburst.jpg

 
LAURENT GARNIER, BUGGE WESSELTOFT, PHILIPPE NADAUD, BENJAMIN RIPPERT, Public Outburst.
 
Tracklist :

CD 01 (audio)
01 – 63
02 – Butterfly
03 – MBass
04 – Controlling The House
05 – The Battle
06 – First Reactions
07 – Barbiturik Blues

CD 02 (Live Videos)
01 – Man With The Red Face
02 – MBass
 
 
Laurent Garnier : un nom qui ne laisse guère indifférent. Nombreux sont ceux qui lui vouent un véritable culte, et j'en suis. Mais, depuis sa Victoire de la musique et l’engouement pour la soi-disant « French Touch » (avec laquelle il avait pour seul point commun la nationalité…), le bonhomme n’a pas toujours bonne presse auprès de certains cercles bobos (pas tous, heureusement) qui en font une sorte d’icône commerciale. Pour ma part, j’ai jamais compris pourquoi… Le fondateur du label F Com, pionnier de la techno et de la house en France, m’a toujours semblé être au contraire un modèle d’intégrité, d’humilité et de bon goût, qui aurait à vrai dire tout pour se poser en donneur de leçons, et a cependant la délicatesse de s’en abstenir. Et il a du parcours, le type, de ses débuts dans une Madchester découvrant dans la fièvre les joies de la musique électronique à aujourd’hui, en passant par l’âge d’or des raves et leur triste décadence ; il fait partie de ceux qui ont traversé l’histoire de la techno, et qui ont contribué à la faire (au passage, il la raconte fort bien : je vous recommande chaudement la lecture d’Electrochocs).
 
Et il a su évoluer sans se compromettre, contrairement à une étrange idée reçue. Ainsi, s’il n’a pas renié, loin s’en faut, son passé d’artisan du dancefloor (… souvenir ému de ce qui a constitué ma seule véritable expérience en club, avec Garnier « chez lui », derrière les platines du Rex Club…), il a cependant, ces dernières années, fait état d’une indéniable volonté de se livrer à d’autres expériences : dès sa Victoire de la musique, à vrai dire, puis à l’Olympia, il n’hésite pas, désireux de conférer à la techno une crédibilité qui lui faisait défaut jusqu’alors, à faire péter le grand orchestre. De même, quand, pour une compilation avec Carl Craig (The Kings Of Techno), il sélectionne une History Of Detroit, bien loin de se limiter aux légendes électroniques des « pères fondateurs » ou à Underground Resistance, il cite tout à fait légitimement les Stooges, Aretha Franklin ou les Temptations. Lors de ses sets, ce DJ de légende entrecoupe les tubes d'électronique pure de remixs audacieux de The Cure ou de Pulp, et lorgne du côté du hip hop ou du dub avec une passion et une envie d'initier son public à d'autres horizons musicaux qui sont pour beaucoup dans sa réputation et son talent. Mais ce sont surtout le jazz et la musique de film qui l’attirent, et il ne s’en cache pas. A plusieurs reprises, ainsi, ses productions se voient agrémentées de sonorités jazz du plus bel effet, comme avec le célèbre saxophone possédé de « The Man With The Red Face », sur Unreasonable Behaviour ; on le voit régulièrement aux côtés du pianiste acid jazz Bugge Wesseltoft, ce qui a pu donner lieu à de mémorables sessions, dont quelques échos ont pu être conservés (ainsi, dans Retrospective, les versions particulièrement dantesques de « The Man With The Red Face », justement, mais aussi « d’Acid Eiffel », morceau composé il y a de cela un certain nombre d’années avec son compère Shazz au sein du projet Choice, sur lequel officiait également un certain Ludovic Navarre aka Saint-Germain…). Et son dernier album studio, l’excellent The Cloud Making Machine, à mille lieux des hits clubesques d’antan, nous régale d’atmosphère ambient jazz du plus bel effet.
 
Et puis Garnier a une perception de la performance live qui n’est pas forcément très répandue au sein de la scène techno ; DJ de profession, il n’a guère envie de se contenter alors de faire un set agrémenté de vidéos, mais fait régulièrement appel à des musiciens qui humanisent et enrichissent l’électronique originelle. Et c’est ainsi qu’on a pu voir Garnier en concert avec Bugge Wesseltoft, donc, mais aussi avec le saxophoniste Philippe Nadaud ou le pianiste Benjamin Rippert. Et ce sont ces moments uniques qu’entend retransmettre ce Public Outburst cosigné, véritable régal pour les oreilles.
 
La sélection commence calmement avec un « 63 » agrémenté de basses profondes qui travaillent l’auditeur ; la tension monte un peu plus sur « Butterfly », puis les sonorités drum’n’bass du teigneux « MBass » achèvent d’instaurer un climat de dance intelligente, complexe et jazzy, véritablement irrésistible. « Controlling The House », à mon sens le morceau le moins convaincant de The Cloud Making Machine (peut-être parce que le seul éventuellement dansable ?), est ici transfiguré et d’une efficacité remarquable, de même que les frénétiques « The Battle » et « First Reactions », aux lyrics enfiévrées. « Barbiturik Blues », en fin d’album, vient calmer le jeu, mais on ne s’en plaindra pas, tant cette composition downtempo est efficace et planante.
 
Vous en voulez encore ? Moi aussi. Ah ben ça tombe bien, cette édition limitée se voit augmentée d’un deuxième CD contenant deux vidéos. Tout d’abord, une version de « The Man With The Red Face », hélas anodine sur le plan de la réalisation et péchant un peu pour ce qui est de la puissance sonore, mais sur laquelle Philippe Nadaud est particulièrement en forme. Et puis une sublime et hargneuse version de « MBass », pour un concert exceptionnel dans un site qui ne l’est pas moins : le pont du Gard, rien que ça…
 
Allez, on répète tous ensemble : Laurent Garnier est grand. Cet album ravira ses amateurs, et pourra probablement lui en gagner de nouveau, les inévitables réfractaires à la techno qui auront ici l’occasion de saisir enfin que, non, ça n’a rien à voir avec ce qu’ils croyaient…

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La nécro du jour

Publié le par Nébal

BLAM, comme ça, au réveil, j'apprends la mort de Michel Serrault, puis celle d'Ingmar Bergman.

Monde de merde...

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"La Horde du Contrevent", d'Alain Damasio

Publié le par Nébal

La-Horde-du-Contrevent.jpg

DAMASIO (Alain), La Horde du Contrevent, [s.l.], La Volte, 2004, 521 p.
 
O_o Néb le Benêt peinait sur l’âpre pente de l’Acritique. Succombant à la morphlemme, il avait chu de son char à beaufs, et était désormais seul, pouleillant de peur dans la triste solennité de la Colline Insurmontable. Le vent violent virulait à ses oreilles transies, porteur des menaces iconoclastes et des itératives malédictions proférées jadis par les primitives hordes de lectueurs. Les dangers abondaient en ces terres pourtant si souvent parcourues. Parce que si souvent parcourues. Les Herméticianistes, ces terribles pirates à la communication défaillante montés sur de fringants canassons hauts sur pattes et carapaçonnés de papiers imprimés, avaient bien failli terrasser Néb, qui n’avait dû son salut qu’à la providentielle apparition d’un terrier de lapin où se calfeutrer et laisser faire. Les nomades filèrent bien vite, mais ce fut bientôt tempête. Exorbité, suant, le Peigne-cul labourait son triste gîte de spasmes incontrôlables, confronté qu’il était à de vigoureuses résurgences incongrues du Premier Œil : « Fouchtra ! La pagination inversée ! » Et : « Tudju ! Les dédicaces similipoétiques et l’exergue plateaunicienne ! » Et bien vite, nouvel assaut : « Assaaaaaaaaaaaah ! Les ch’tits glyphes ! »
 
Et puis il y eut un répons :
 
- Pouacre, un Peigne-cul…
 
A l’orée du terrier, face à Néb, deux bottes tressées de cuir. Le Benêt redressa la tête. C’était un lectueur, le regard fier, le sourire narquois. A son brassard, Néb reconnut un membre éminent de la 3207e ; un Caritique, à en juger par les épais volumes qui parsemaient sa ceinture cloutée. Derrière, il y avait la Horde entière, rigolarde et l’air mauvais ; le Peigne-cul, terré dans sa lapinaderie, offrait à ces Damasiens une distraction fort bien venue.
 
Le Caritique hissa Néb d’un geste brusque ; puis s’avança un de ses comparses, l’air tout aussi noble, le Styloscribe à la plume alerte, plus débonnaire d’aspect :
 
- Salut à toi, quidam ! Et bénis ce jour : tu as devant toi la 3207e Horde des Lectueurs, celle qui aura l’audace d’atteindre le sommet de l’Insurmontable !
 
Et les autres de répondre en chœur :
 
- AHOU !
 
Avant d’entonner, testostéronisants :
 
Les Nous-autres, c’est pas des pédés !
Moi j’te dis qu’on va y arriver !
AHOU !
 
Ils saluèrent la cime du poing droit, et restèrent en contemplation extatique le temps d’une Citation. Au loin, portée par le vent, on discernait une hideuse et ridicule musique ; Néb en trembla de tous ses membres. Mais le Styloscribe le prit par l’épaule :
 
- Laisse, bouseux. Ca n’est jamais qu’un écho raggaïsant de l’odieux « Cappizzano » alyvanesque. A cette distance, ça n’est pas bien méchant… Mais ceux qui ont emprunté la Onzième Piste n’y ont pas survécu.
 
Tous, ils semblèrent se recueillir. « Kaïïï ! Kaïïï ! », hurla le Caritique, chevauchant les contre-temps. Puis ils se tournèrent à nouveau vers Néb, avec un sourire à la chaleur calculée.
 
- Qui es-tu, Peigne-cul ?
 
- Oh, ben, j’étions l’Néb le Benêt, humble bouseux de la campôgne, là, en bôs. Vouaye, tout en bas, là-bôs… Et j’avions monté la butte avec mes bestiaux, mais je m’a tombé…
 
Ils éclatèrent d’un rire sardonique. Puis le Styloscribe reprit :
 
- Tu t’as tombé. C’tions pô d’chance, hein… Ou plutôt, si ! Car tu vas avoir l’honneur d’assister à une Présentation !
 
Ils sautillèrent sur place en battant des mains. Cela faisait bien longtemps qu’ils n’avaient pu se livrer à ce petit jeu. Le Caritique s’avança, c’était à lui de procéder :
 
- Vois, la Fiente ! Et admire ! Nous sommes la Horde, la seule, la vraie ! Pour ma part, je suis Ex-Huber, Caritique de son état et trouvère à ses heures gagnées ; ou plutôt devrais-je dire §² !
 
Néb, interloqué : « §² ? »
 
Ex-Huber rit à s’en briser les côtes : « Mais oui ! Comme tu es O_o ! »
 
- O_o J’étions O_o. Ah. Bon.
 
Néb se sentit quelque peu dépossédé, mais s’abstint de protester. Le Styloscribe lui adressa un sourire amical :
 
- C’est facile, l’ami. Il suffit de se reporter à la Liste, et cela coule de source !
 
- O_o Ben voui, mais ça servions à quoi ?
 
- §² C’est plus joli, voilà. Une différence qui ne coûte pas grand chose, et peut bien occuper la conversation pour une quinzaine de lignes. Il va falloir t’y faire… Mais reprenons : le brave homme qui te prend si sympathiquement sous son aile protectrice » – il ricana à pleine dents – « c’est notre Styloscribe, notre guide et maître, le puissant et incomparable Hagar, c’est-à-dire >&&<.
 
Le grand homme s’inclina, et fit la révérence. Puis il pointa le doigt en l’air, face à la cime, et claqua de la langue, avant de noter sur son cahier :
 
                                                            _________~~é~_____________                  >&&<
 
                                                                                                                _____
            ________                    __
____                            __
 
Il montra alors à la Horde ce qu’il venait de griffonner et salua de la dextre. Tous l’applaudirent. Néb suivit – il ne voulait pas commettre d’impair – mais demanda néanmoins :
 
- O_o Heu… C’étions quoi ?
 
- §² Ce que je venais de dire. Ne trouvez-vous pas que c’est, hey ! joli ?
 
- >&&< Hey !
 
- Bof…
 
Celui qui venait de s’exprimer était un petit homme trapu, tout de noir vêtu, et couvert de breloques argentées d’un goût douteux. Ex-Huber cracha à ses pieds.
 
- §² Je n’en attendais pas moins de notre Pousse-moderne… Mais la tradition exige pourtant qu’un de ces ersatz de sous-Caritique sans âme accompagne toute horde ; nous avons hérité du pire, le bouffi, l’arrogant, le vilain Bobobov ! » Il se tourna vers Néb : « Traduis. »
 
- O_o Heu… Heu… *$ !) ?
 
- §² Tu vois quand tu veux ? C’est presque ça : *$ !)°, voilà. Oui, c’est moche. Mais cela sied à merveille à ce grotesque randonneur du dimanche…
 
Bobobov rota. Et Ex-huber poursuivit dans un soupir :
 
- §² Bon, on achève, parce que ça commence à me saouler.
 
- >&&< Caritique ! Tu as une tâche à accomplir !
 
- §² Certes, Maître. Veuillez pardonner cet écart. Je disais donc : le temps presse, et l’art me coûte ; l’hydromel me monte à la tête, et ma raison chavire ; allons, à l’inévitable, la Fin qui se dresse là-bas au loin, ultime refuge, salutaire hospice ! Vois-tu ce nain signifiant ? Il s’agit de Jo Moder, notre Inentendu. Et il ne sert à rien. Alors, Néb, Jo Moder, aka… ?
 
- O_o Eh bien, je dirions ¤.
 
- §² Voilà.
 
- ¤ Salut…
 
- O_o Et les autres, là derrière ? » Ils étaient bien encore une vingtaine.
 
- §² C’est des figurants, on s’en fout. Pardon : ces tristes hères sont quantité négligeable, et il n’est guère nécessaire que l’on s’y attarde. Leur unique tâche, c’est, hey ! de m’applaudir.
 
Et ils applaudirent.
 
Hagar se tourna vers Néb.
 
- >&&< A toi, maintenant. Dis-nous tout. Qu’en penses-tu, si tu penses ?
 
- O_o Oh, ben, moué, j’trouvions ça plutôt chouette, hein, et pis…
 
- §² AAAAAAAAAAAAAAARGH ! Halte ! C’en est trop ! Suffit ! Kaïïï ! Kaïïï !
 
- *$ !)° Cela m’est fort pénible, mais je suis bien obligé d’appuyer le pédant. L’élocution du bouseux est blasphématoire, et nous n’y survivrons pas… Qu’il avale donc ceci !
 
Il tendit au Peigne-cul une petite flasque d’Edithe. La boisson était renommée pour ses qualités syntaxiques. Néb avala, et s’en trouva bientôt transfiguré.
 
- *$ !)° Ce qu’il dira ne sera pas plus intelligent, mais nous pourrons au moins le suivre, avec un petit effort. Reprends, petit.
 
- O_o Merci, Pousse-moderne. Et veuillez m’excuser, Caritique. Je disais donc : dans l’ensemble, j’ai vraiment aimé. Il y a de la recherche, les personnages sont attachants, et quelques passages sont particulièrement réussis, avec une atmosphère riche et une action trépidante. Le style, s’il n’est pas parfait – j’y reviendrai – est quand même le plus souvent intéressant, très sonore, et j’ai toujours aimé ce genre de textes qui donnent envie d’être lus à voix haute… Une lecture très agréable, que je ne regrette en rien ; à vrai dire, je jetterais même volontiers un œil sur les autres productions du damasial. Ceci dit je ne crierai pas au chef-d’œuvre, comme beaucoup l’ont fait : il y a quand même de nombreuses lourdeurs et autres maladresses qui viennent gâcher la lecture, et sont même parfois franchement agaçantes ; faut reconnaître que c’est effectivement très prétentieux, et que ça n’a pas toujours les moyens de ses ambitions ; on se serait allègrement passés des assez nombreuses gratuités qui parsèment ce roman à mon sens trop long, par exemple les divers « exercices de style », totalement injustifiés, et, qui pis est, souvent guère convaincants, qui cassent le rythme du récit et donnent un peu l’impression d’un auteur qui apprécie par-dessus tout se regarder écrire. Le damasial ne se prend pas pour de la merde, et, à bien des égards, il a raison ; mais, pour parler crûment, un coup de pied au cul lui aurait probablement fait le plus grand bien, en l’incitant à gommer ces travers. Là, on aurait pu parler d’un excellent roman, et même d’un chef-d’œuvre ; en l’état, c’est « seulement » très bien. Pour ce qui est de la « profondeur » attribuée à l’œuvre, par contre, j’avoue rester assez sceptique. Et je ne comprend vraiment pas pourquoi on s’est autant pris la tête dessus. Je n’en vois pas l’intérêt, si ce n’est de jouter stérilement contre d’autres lectueurs, pour déterminer qui c’est qu’a la plus grosse, d’intelligence (ou de culture…). C’est pourquoi j’ai entamé l’ascension de la Colline Insurmontable : je ne sais pas, et voudrais savoir. Heu… voilà.
 
Ils le regardèrent un instant, l’air perplexe. L’inentendu oscilla de la tête. Puis ils explosèrent de rire ; Ex-Huber, qui avait l’hilarité franche, en vint à se rouler par terre ; on eut dit qu’il allait succomber d’un instant à l’autre, tant son teint rougissait. Puis il se calma, s’assit sur la pente herbeuse, aspira à grande goulées, et :
 
- §² Le rustique Néb ne saurait éristiquer…
 
- *$ !)° Certes. Ce que tu dis, bouseux, n’a aucun intérêt.
 
- >&&< Il est vrai… Allons, Néb, tiens ta place : candidise, Peigne-cul, et laisse l’exégèse aux Panglossateurs !
 
- §² Prenons le style, par exemple. Tu dis des bêtises… Damasio, c’est bien, Damasio, c’est beau. Je suis Caritique, alors je sais de quoi je parle.
 
- *$ !)° Tu avoueras que ça boursoufle, quand même…
 
- §² Oui-da, et pour le mieux. C’est qu’il s’agit de poésie, vois-tu. Et, de toutes façons, il n’y a pas que cela. C’est un texte puissant, mâle. C’est un texte adroit.
 
- *$ !)° Oui, c’est plein de mâle adresse.
 
- §² Ah. Je te vois venir : les ruptures de ton, les anglicismes incongrus, les niveaux de langage qui voltigent, les jeux de mots laids… Sache que ces attentats musicaux sont le fruit d’une volonté inébranlable. Sache que c’est de l’arythmie.
 
- *$ !)° C’est arthritique…
 
- O_o C’est l’art qui trique ?
 
- *$ !)° Ou qui trinque…
 
- >&&< Ah. Après les jeux de mots, déboulent les jeux de veaux…
 
- O_o Les jeux de mots démoulent les je te vaux ?
 
- *$ !)° C’est caca ! C’est cacaaaaaaaaaaa !
 
- §² C’est divin ! C’est diviiiiiiiiiiiiiiin !
 
- *$ !)° Je dis vain.
 
- ¤ Je dis fin ! Paix, paix !
 
- *$ !)° Pet !
 
- §² Fi des vœux de Jo ! La Damasionnaise est bonne !
 
- *$ !)° Au début, elle est froide… Et sur le tard, elle est périmée.
 
- §² Je te pède à la gueule ! Mange ce smash, charogne !
 
- *$ !)° Evité ! Evité ! Nananananère-euh !
 
- ¤ Mes frères ! Je vous en prie ! Ce n’est qu’exercisage à l’appréhension de la technicité, putain !
 
- >&&< Et si nous abordions le sens, peut-être le débat sera-t-il moins rance ?
 
- O_o Ben, moi, j’aimerais bien, vu que c’est surtout pour ça que…
 
- *$ !)° Le sens, au direct comme au figuré, c’est celui de la poubelle…
 
- §² Ah, non ! Je ne saurais permettre que l’inkulture de Bobobov souille de ses doigts graisseux et probablement perryrhodaniens ce tétanisant artefact inégalé et lable ! C’est que cela ne se contente pas de boursoufler, voyez-vous, bande de mécréants antikhagneux : cela deleuze ! Cela gattarise !
 
- O_o Cela présocratise ? Il y a ici un peu de grec, me semble-t-il…
 
- *$ !)° Dans un sens, jeune présomptueux, cela socratise bien profond les drosophiles.
 
- §² Honte sur toi, le crapaud perclus d’ignorisme ! L’important, ici, c’est le Devenir !
 
- O_o C’est quoi ?
 
- §² Lis, le gland, et laisse faire les grands. En d’autres termes : Deviens !
 
- ¤ Oui, deux « viens » valent mieux qu’un « dégage »…
 
- §² Serait-ce persiflage ?
 
- *$ !)° J’en revendique le monopole ! Moi je souffle, et toi tu cuistres. La distribution des rôles est inamovible.
 
- O_o La distri quoi ?
 
- *$ !)° Pardon : le casting.
 
- ¤ Assurément. D’ailleurs, je…
 
Mais ils ne purent prolonger l’interminable débat. Surgit en effet un puissant vortex aux effets stylistiques virevoltants, qui balaya la pente sur toute sa largeur, et duquel émergea bientôt un Cône.
 
- §² Là, voyez, je vous le disais ! Je vous le disais ! » Ex-Huber sautillait, une joie juvénile déformait ses nobles traits. « Le Cône ! Il finit par nous accorder sa grâce ! Voyez, mes frères ! C’est là l’instrument du Devenir ! »
 
Ils s’avancèrent tous vers le vortex. Seul Néb, terrorisé, n’osa approcher l’étrange phénomène, et préféra retrouver l’abri de son terrier. Il regarda cependant.
 
- §² Le Cône ! Le Devenir !
 
Et ils devinrent. Après le passage du Cône ne resta que du foin. Le vortex disparut comme il était arrivé, et Néb surgit de son antre, ahuri ; il se trouvait désormais au milieu d’un agréable champ, qui, se dit-il, serait probablement du plus grand intérêt pour ses bœufs.
 
Puis il y eut un mini-vortex. Néb sursauta devant cet écho inattendu, mais il n’avait semble-t-il rien à craindre : le tourbillon ne demeura qu’un bref instant, se contentant de métamorphoser une souche en… un téléphone ? Celui-ci se mit à sonner. Néb, d’un geste hésitant, finit par décrocher :
 
- O_o Heu… Allô ?
 
- @ Allô, Monsieur Néb ? Bonjour ! Je suis la fin du roman, et j’ai l’honneur de vous…
 
- O_o Je crois que vous avez fait un faux numéro.
 
Il raccrocha, et s’assit un instant, dos à la pente. L’effet de l’Edithe s’amenuisait, et le Peigne-cul coupa un brin de paille, qu’il se mit à mâchonner. « Tout ça pour ça », se dit-il. « Et finalement j’en savions point plus qu’avant. »
 

Il se releva et fixa le sommet au loin. Puis il se retourna, haussa les épaules, prit son élan, et entama la descente à tape-cul de la colline, conscient qu’en aval l’attendaient d’innombrables lectures, non moins fascinantes, et dont on ne parlait pas.

CITRIQ

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"The DFA Remixes, Chapter Two"

Publié le par Nébal

The-DFA-Remixes--Chapter-Two.jpg

 
VARIOUS ARTISTS, The DFA Remixes, Chapter Two.
 
Tracklist :
01 – TIGA – Far From Home.
02 – JUNIOR SENIOR – Shake Your Coconuts.
03 – HOT CHIP – Colours.
04 – N.E.R.D. – She Wants To Move.
05 – NINE INCH NAILS – The Hand That Feeds.
06 – GOLDFRAPP – Slide In.
07 – CHROMEO – Destination Overdrive.
08 – UNKLE – In A State.
 
C’est dangereux, un remix. Ca peut donner des très jolies choses, parfois. Ca peut même donner des petites perles qui enfoncent les originaux, avec un peu de chance. Mais ça peut, aussi, hélas, n’être qu’un incontournable marketing, fait à la va-vite et par-dessus la jambe…
 
Ici, les artistes remixés sont plus ou moins alléchants : il y a du très bon (N.E.R.D., Nine Inch Nails, UNKLE), du correct (Hot Chip, Goldfrapp)… et du douteux (Tiga, Chromeo). Mais les remixeurs sont ce qui se fait de mieux à l’heure actuelle, la crème de la crème. The DFA, pour ceux qui ne connaîtraient pas, c’est James Murphy (aka « le type de LCD Soundsystem ») et Tim Goldsworthy ; DFA, c’est aussi leur chouette label new yorkais, abritant ou ayant abrité quelques pépites disco punk (ou mutant disco, comme on voudra), parmi lesquelles, outre LCD Soundsystem, on comptera notamment The Rapture, Radio 4, Playground, Metro Area, The Juan MacLean, Fisherspooner et bien d’autres encore. DFA, du coup, ça peut être les deux à la fois, production et remix, au travers de compilations très recommandables, comme par exemple Muzik Presents – Disco Punk – Dance To The Underground, où l’on pouvait notamment se régaler avec le très chouette remix de Le Tigre « Deceptacon », le premier réalisé par les deux zoziaux, ou encore ceux des tubes de The Rapture « House Of Jealous Lovers » et de Radio 4 « Dance To The Underground » ; autre exemple, plus directement représentatif des jolies choses que l’on peut trouver dans la maison, DFA Compilation #2 (j’essayerai d’y revenir à l’occasion).
 
Mais le disque qui nous intéresse est un peu différent, puisqu’il s’agit d’artistes extérieurs au catalogue DFA qui ont demandé un remix à Murphy et Goldsworthy pour égayer leurs maxis et autres éditions limitées, etc. D’où mon introduction ; et la possibilité que ça soit franchement pas top, quelle que soit l’estime que l’on porte aux deux remixeurs (et pour ma part ça tient presque du culte…).
 
Heureusement, James et Tim sont des gens sérieux. Quel que soit le matériau original, ils entendent en faire quelque chose de chouette, quitte à se réapproprier totalement le morceau comme cela arrive souvent ici. Ils n’hésitent pas non plus à faire durer le plaisir, avec plusieurs remixs avoisinant ou dépassant les 10 minutes. C’est le cas, par exemple, du « Far From Home » de Tiga, sympathique morceau electro-pop, mais aussi du « She Wants To Move », de N.E.R.D., dont le remix, s’il est beaucoup moins sensuel et funky que l’original, n’en est pas moins une franche réussite. De même pour ce qui reste à mon sens (et pour cause, diront les mauvaises langues…) un des meilleurs du lot, le remix du « The Hand That Feeds » de Nine Inch Nails, morceau à l’origine assez moyen issu du très moyen With Teeth : The DFA ont choisi de n’en conserver que la voix de Trent Reznor ; pour le reste, c’est du LCD Soundsystem de la plus belle eau… Alors les puristes house critiqueront les envolées plus ou moins criardes de Reznor ; et les puristes indus seront interloqués devant cette basse terriblement ronde et ces claviers limpides… Moi, j’adore ce mélange inattendu, et les puristes, je les empapaoute ! Na ! On pourrait continuer ainsi pour chacun des morceaux de la compil, par exemple le très disco « Slide In » de Goldfrapp, mais mon stock de superlatifs n’est pas inépuisable…
 
Bien sûr, il y a quelques (rares) passages moins enthousiasmants : le remix d’Hot Chip, par exemple, n’a rien d’exceptionnel, et les voix filtrées de Chromeo agacent (avant d’être subermergées par une basse saturée du meilleur effet…) ; de même, le dernier morceau, qui est aussi le plus long (13:34), le remix d'UNKLE, commence pas terrible, avec un aspect éthéré tout doux tout gentil guère convaincant, et puis la basse s’installe, les petits blips saturés s’accumulent, ça se répète, ça hypnotise au fur et à mesure que les nappes se font plus envahissantes, et ça monte, ça monte, ça monte… pour devenir tout bonnement orgasmique.
 

Une très bonne compilation, qui satisfera sans aucun doute les amateurs de DFA. Il n’est pas garanti, par contre, que les fans des artistes remixés y trouveront leur compte ; mais peut-être cela leur ouvrira-t-il d’autres horizons musicaux ?

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"Plane Of The Dead", de Scott Thomas

Publié le par Nébal

Plane-Of-The-Dead.jpg

Titre original : Flight Of The Living Dead: Outbreak On A Plane.
Titres alternatifs : Flight Of The Living Dead, Plane Dead.
Réalisateur : Scott Thomas.
Année : 2007.
Pays : Etats-Unis.
Genre : Fantastique / Horreur / Zombies / Catastrophe / Action.
Durée : 1h30.
Acteurs principaux : Raymond Barry, Derek Webster, David Chisum, Kristen Kerr, Kevin J. O’Connor, Rychard Tyson, Erick Avari…
 
Depuis quelque temps, dans la foulée des 28 jours plus tard, L’armée des morts, Land Of The Dead et autres Shaun Of The Dead, le film de zombies connaît un indéniable regain d’intérêt, pour le meilleur (ces quatre-là, entre autres)… et pour le pire (les Resident Evil et compagnie). Ce n’est pas moi qui vais m’en plaindre. Problème : tout le monde n’est pas Romero, loin de là ; et nombreux sont ceux qui manquent de la passion, de la sincérité et éventuellement de l’humour et / ou des moyens nécessaires pour aboutir à quelque chose de potable…
 
Du coup, ce Plane Of The Dead, sorti directement en DVD, et œuvre du quasi-inconnu Scott Thomas, a de quoi laisser sceptique. Difficile de dire ce que l’on est en droit d’en attendre, dans un premier temps. Bon, une série B, ça, ça ne fait aucun doute : mais un bon film ? Un affligeant navet ? Un réjouissant nanar, comme les Italiens en produisaient à tout va il y a de ça un quart de siècle ? Le pitch, a priori, n’est pas sans rappeler le consternant Avion de l’apocalypse d’Umberto Lenzi, même si l’on s’en éloigne bien vite… Et le générique du film fait craindre le pire, avec son odieuse chansonnette hard FM et ses CGI pourris… Les acteurs, plutôt pas top dans l’ensemble, ne rassurent guère (on croise cependant, avec un sourire, quelques têtes connues de ce genre de productions, abonnées aux seconds rôles poussifs et au cabotinage effréné, notamment Erick Avari et Kevin J. O’Connor…). Quant aux personnages, ils forment un beau ramassis de clichés pour le moins éprouvant : on retiendra notamment ces quatre djeuns ricains caricaturaux au possible, les deux surfers branchouille et leurs biatches de copines qui semblent se livrer à une compétition pour déterminer laquelle sera la plus vulgaire et écervelée ; ceux-là, on en vient à souhaiter très vite leur mort dans d’atroces souffrances…
 
Voilà pour la première impression. Abordons maintenant le scénario, pour le moins limité. Un Boeing 747 (de la compagnie « Concord »…) fait la liaison Los Angeles – Paris. A son bord, le ramassis habituel de glandus que l’on trouve nécessairement dans un avion : outre les quatre ahuris précédemment évoqués, une bonne sœur tout droit sortie de Y’a-t-il un pilote dans l’avion ?, un flic cynique et bourru accompagnant un criminel blagueur, un agent de la sécurité paranoïaque et pas crédible deux secondes, un champion de golf (le black de service) et sa femme, un grand patron cynique et deux savants fous, et enfin un peu de figuration pour nourrir nos chers amis les zombies ; pour ce qui est de l’équipage, le pilote, très logiquement, doit prendre sa retraite après ce dernier vol, le copilote est un jeune couillon, et les hôtesses sont chaudes comme la braise… Mais voilà. Il y a dans la soute de l’avion une cargaison inhabituelle, gardée par un type en tenue de lutte anti-bactériologique et armé d’un gros flingue (a priori, tout ça monte dans l’avion – civil – sans souci…). Et cette cargaison, c’est quoi donc ? Bah bien sûr : un zombie… Enfin, le cadavre ressuscité de la femme d’un des savants fous, qui, très logiquement, s’échappe de son sarcophage quand l’avion traverse une zone de turbulences, et est subitement pris d’une petite fringale… La contamination se répand bien vite – on notera au passage que les zombies, dans ce film, tiennent plus de la version sous amphétamines à la Boyle et Snyder (ou Mattei, ou Lenzi…), que de la version sous tranxène propre à Romero et Fulci –, et c’est bientôt le chaos dans l’avion… Les autorités américaines, au sol, prennent finalement conscience du danger potentiel de l’atterrissage du Boeing, et envisagent de l’abattre en vol. Rien que de très banal, donc ; seule petite originalité par rapport aux grands classiques du genre : le cadre de l’avion, qui, depuis le 11-Septembre, prend une résonance particulière peut-être pas innocente ici… Mais faut voir comment c’est traité, ensuite.
 

Eh bien, on peut cracher le morceau maintenant : c’est extrêmement réjouissant ! On a là une série B assumée, très rythmée, généreuse et bourrée d’humour, qui sait ne pas trop se prendre au sérieux et faire contre mauvaise fortune (ah ah, blague, ah ah…) bon cœur ; il y a beaucoup d’action, quelques scènes très inventives, de sympathiques passages gores (les maquillages sont assez réussis, même si on peut être assez perplexe pour ce qui est des lentilles jaunes à la Evil Dead), les blagues, bonnes et volontairement mauvaises, abondent, et l’on ne s’ennuie pas un seul instant. Alors oui, les acteurs ne sont pas terribles et les effets spéciaux numériques – assez rares – particulièrement ratés, mais ça n’est guère rédhibitoire : on a ce que l’on pouvait espérer de mieux dans ce contexte précis, une chouette série B respectueuse de son thème et divertissante, qu’on savourera probablement d’autant mieux entouré de potes, avec un peu de bières et des chips.

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"Superman, 1959", de Bill Finger, Otto Binder, Wayne Boring et Curt Swan

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FINGER (Bill), BINDER (Otto), BORING (Wayne) et SWAN (Curt), Superman, 1959, [s.l.], Panini Comics / DC, coll. Archives DC, série Superman, [1959] 2007, 236 p.
 
 
Ce deuxième volume des « Archives DC » consacrées au Superman de « l’âge d’argent » constitue à bien des égards une invitation au voyage dans le temps. On est très loin, ici, des comics contemporains, et a fortiori de la période « sombre et dure » qui a suivi le génialissime Watchmen d’Alan Moore et l’excellent Dark Knight de Frank Miller. Ici, nulle violence, le réalisme se voit gentiment congédier, et les questionnements existentiels de même. Superman vit dans un monde coloré et innocent, et ses aventures visent clairement un public enfantin ; on comprend d’autant mieux l’importance, quelques années plus tard, de la création de l’univers Marvel par Stan Lee et Jack Kirby (sans oublier Steve Ditko, John Buscema, etc.). En 1959, on n’en est pas encore là. Et, autant le dire de suite, c’est franchement niais ; c’en est même souvent consternant. Et le lecteur, à maintes reprises, ne pourra que difficilement se retenir d’éclater de rire, ou de murmurer avec un sourire, la main devant les yeux, un « Oh la la » un rien moqueur…
 
Est-ce inintéressant, alors ? Est-ce illisible aujourd’hui, surtout pour un lecteur adulte ? Sûrement pas. C’est même franchement divertissant. Il y a une contrepartie agréable à la naïveté enfantine de ces épisodes antédiluviens, et c’est que tout y est permis. L’imagination ne saurait rencontrer de limites ; la vraisemblance, la cohérence et le bon goût sont relégués aux oubliettes, et tout devient possible (avec Superman, c’est de suite plus convaincant qu’avec le nabot arriviste, non ? Mais je m’égare…). Le point de départ des aventures laisse souvent pantois, les retournements de situations sont tous plus ahurissants les uns que les autres, et la résolution du mystère fait souvent appel à des trésors d’inventivité. Oui, dans ces pages, l’imagination prend le pouvoir. Et toc. Du coup, c’est extrêmement rafraîchissant et très drôle, pour peu que l’on accepte, le temps d’une BD, de retrouver son âme d’enfant (enfin, ce qu’elle a de mieux à nous proposer, faut pas déconner non plus…) et de se laisser emporter dans un monde fantaisiste et coloré oublieux des soucis de la vie quotidienne, les grands comme les petits (enfin, pour peu que le lecteur consente à débourser 26,00 € quand même ; ouch…).
 
Superman est de toutes façons un personnage qui m’a toujours semblé particulièrement inintéressant dans ses aventures sérieuses. L’est parfait, le bonhomme. Il sait tout faire. En plus il est beau, intelligent et Américain (enfin, sauf dans l’excellent Red Son de Mark Millar, à lire tout prix…). Autant dire que ce surhomme par excellence est vite lassant… Seulement voilà : il suffit qu’il enfile des lunettes, et il devient le journaleux maladroit Clark Kent ; et personne ne reconnaît en lui Superman ; et c’est déjà pas crédible pour un sou… Pour peu que l’on accepte ça, dès lors, on pourra s’amuser en feuilletant le présent volume, dont ce n’est que la moindre des invraisemblances. Et c’est avec plaisir, finalement, que l’on retrouvera ici "l'homme de demain" et ses vieux potes, Lois Lane, bien sûr (particulièrement perfide et prête à tout pour percer le secret de l’identité de Superman, elle en mériterait des baffes, franchement ; l’est bien gentil, le Clark Kent ! Ah, l’amour…), Perry White, et enfin Jimmy Olsen, qui en vient ici à péter un plomb et à déclarer la guerre à Superman ! Autre moment intéressant, et qui vient un peu contredire ce que je disais jusque-là, mais pas complètement non plus, l’histoire plus sérieuse (relativement) et surtout un tantinet tristounette qui vient rappeler au bon souvenir de Kal-El une de ses premières amourettes, et probablement la plus touchante, avec la sirène Lori Lemaris… Plus anecdotique, on croisera à l’occasion la « super-famille » de Superman, avec l’inénarrable Krypto le super-chien… Du côté des vilains, il y a aussi du beau monde : Lex Luthor, bien sûr, plus intelligent et machiavélique que jamais, qui devient le temps d’un épisode le terrible (et puéril…) Kryptonite Man ! On notera aussi l’arrivée de Bizarro dans les aventures de Superman (il avait déjà rencontré Superboy auparavant ; et qui c’est qui le ramène ? Ben oui, Luthor, bien sûr…) : un personnage finalement plus touchant (si l’on est bon prince) que méchant, et qui vit avec Lois une romance à la King Kong… Et puis Titano, Metallo, ou encore le gueudin Mr. Mxyzptlk… Rien de trop méchant, on le voit (en-dehors du nazillon du premier épisode, responsable d’un « projet X » particulièrement original…). Mais de quoi connaître un certain nombre d’aventures amusantes.
 
Car l’humour est au final le maître mot de ces vieux comics. C’est souvent très drôle, et les auteurs n’hésitent d’ailleurs pas à ridiculiser leur héros de temps à autre, par exemple en en faisant le doyen arthritique de Métropolis, ou en suivant le temps d’une aventure Clark Kent en pompier, qui use et abuse de son légendaire et ridicule super-souffle… pour, comme de bien entendu, en arriver à l’éloge de ces authentiques héros de tous les jours (ben oui, on est ici dans une BD morale, Môssieur…). Des fois, on a même franchement le sentiment que les auteurs s’amusent beaucoup, jusqu’à glisser des blagounettes douteuses : pour ma part, le costume de plomb de Superman m’a comme qui dirait un peu surpris ; enfin, surtout l’emplacement de la caméra, quoi…
 

Bilan : si vous voulez lire un truc très couillon mais divertissant, c’est fait pour vous ; et si vous voulez faire de l’archéologie des comics, c’est fait pour vous aussi. Régalez-vous… puis relisez Suprême d’Alan Moore, eh eh eh…

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"Ex Machina", t. 2 : "Tag", de Brian K. Vaughan et Tony Harris

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VAUGHAN (Brian K.) et HARRIS (Tony), Ex Machina, 2. Tag, introduction des Frères Wachowski, [s.l.], Panini, coll. Panini Comics – Wildstorm, 2007, [n.p.].

 
La série Ex Machina a été créée par le brillant scénariste Brian K. Vaughan (plus connu pour l'excellente série thriller / SF / Fantastique Y le dernier homme – bientôt adaptée en film, semblerait-il ? – et le troublant graphic novel Pride Of Baghdad), auréolé d'Eisner Awards, et le dessinateur Tony Harris (qui en a également quelques-uns à son actif) ; elle est publiée aux Etats-Unis chez Wildstorm, et en France chez Panini.
 
Le principe est simple, original et pertinent. La série se déroule dans un monde uchronique dans lequel il existe un super-héros. Un seul. « L'Illustre machine », de son vrai nom Mitchell Hundred, a acquis dans d'étranges circonstances un pouvoir de contrôle sur les machines, qui lui confère une puissance assez remarquable. Difficile, cependant, de devenir un super-héros : Mitchell se rend bien vite compte que la « vraie vie » diffère de celle des comics, et qu’il n’a rien du Superman dont les aventures le réjouissaient enfant. C'est un peu un loser, en fait, comme le Yorick Brown d'Y... Son costume, ses pouvoirs, son identité secrète... Finalement, tout cela ne l'aide guère à combattre le crime. Le vrai. Alors il décide de se présenter aux élections à la mairie de New York comme candidat indépendant. Et il gagne, contre toute attente. Il faut dire que, le 11 Septembre, ses pouvoirs lui ont été bien utiles, même s'il n’a pu sauver qu'une seule tour...
 
Brian K. Vaughan nous entraîne ainsi dans une réjouissante uchronie mélangeant brillament SF, thriller et politique, dans une Amérique post 11 Septembre plus vraie que nature (les frères Wachowski, dans leur très dispensable et racoleuse préface à ce tome 2, ont bien raison d'évoquer à cet égard la Californie de Governator, entre autres...) A part Watchmen, et dans une certaine mesure les Ultimates de Mark Millar, je ne connais pas de comics « de super-héros » (faut l'dire vite…) qui aient autant joué la carte du réalisme, à tous les niveaux. Le résultat est passionnant, intelligent et remarquablement bien ficelé, les séquences d'action (parfois passablement gores) s'intégrant parfaitement dans les embrouilles mesquines des couloirs de la mairie de New York et les questionnements du héros, des plus élevés aux plus sordides. Comme dans Y, on a un peu l'impression de regarder une des ces séries télé dont il est impossible de décrocher (la narration y emprunte beaucoup ; chaque épisode contient généralement au moins un cliffhanger ou une image forte en guise de conclusion, à même de séduire le plus blasé des lecteurs). Cela me semble franchement être une des séries les plus originales, intrigantes et enthousiasmantes de ces dernières années. Bon, a priori, je ne suis pas le seul à le penser, loin de là... Et il faut vraiment que je me calme sur les superlatifs.
 
Difficile, par contre, d’en dire beaucoup sur ce tome 2 plus particulièrement, sous peine de spoiler considérablement… Alors on va faire simple : de quoi nous parle-t-on, ici ? En vrac, de meurtres gores, de manipulations, de mariage gay, de mutilations, d’espionnage, de fondamentalistes chrétiens, d’opportunisme, de suicide, du 11 Septembre, d’hypocrisie, de la NSA, de glyphes bizarres, des pompiers, du système éducatif, d’amour, de machines, d’architecture, de tags… De beaucoup de choses. Les thèmes, nombreux et riches, s’imbriquent à merveille et, si l’action à proprement parler est rare, il est néanmoins impossible de s’ennuyer.

N’hésitez pas à vous jeter sur cette excellente série
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"Tom Strong", t. 3, d'Alan Moore & Chris Sprouse

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MOORE (Alan) & SPROUSE (Chris), Tom Strong, t. 3, [s.l.], Panini, coll. Panini Comics / America's Best Comics, 2007, [n.p.]

Le 3e tome de Tom Strong est – enfin – sorti en français il y a quelques semaines chez Panini/ABC, et il est vraiment excellent.

Petite présentation du personnage à tout hasard ? Tom Strong est un des héros créés par le génial Alan Moore quand il a lancé son propre label de comics, modestement dénommé America's Best Comics (ou ABC pour les intimes ; et le pire, c'est qu'il a raison, le bougre). C'est un héros « archétypal », fort, beau, honnête et intelligent, qui traverse tout le XXe siècle. Fruit d'une expérience « scientifique » menée sur lui par ses parents qui voulaient en faire un surhomme, il a effectivement acquis des capacités phénoménales ainsi qu'une longévité impressionnante en consommant de la racine de goloka. Il est le plus souvent accompagné dans ses aventures par sa femme Dhalua, leur fille Tesla, le robot majordome so british Pneuman et le gorille parlant Samson, so british de même. La BD se veut un hommage à la littéature « pulp » et aux comics de « l'âge d'or » (un peu à la manière de ce que Moore avait déjà fait avec l'excellent Suprême). Il n'y a pas vraiment de trame narrative à long terme : un épisode situé en 2000 peut très bien être suivi d'un épisode en 1945, etc. Les histoires sont généralement assez courtes.


C'est particulièrement vrai pour ce volume, très différent des deux précédent (lesquels m'avaient à vrai dire moins convaincu que Suprême, sauf pour ce qui est du dessin limpide de Chris Sprouse, qui apporte une homogénéité manquant parfois à la série Awesome). Ici, les petites histoires s'enchaînent, et sont souvent passablement débiles, et parfois même franchement hilarantes. Du coup, bien plus qu'aux précédents Tom Strong, ou même aux Tom Strong's Terrific Tales, cela fait davantage penser aux géniales Tomorrow Stories (dont seul Jack B. Quick, enfant prodige a été traduit jusqu'à présent ; à quand la suite ?). La famille Strong se retrouve en effet entraînée dans des histoires toutes plus improbables que les autres, à base, entre autres, de paradoxes temporels (très joliment employés) ou d'univers parallèles : ainsi dans l'hilarant Funnyland, où le « héros de la science » se retrouve projeté dans un monde cartoonesque où les lois de la comédie l'emportent sur celles de la physique ; la rencontre avec son alter ego Warren Strong vaut son pesant de carottes.

Seule véritable exception, mais tout sauf désagréable, la saga en deux épisodes (11 et 12) qui prépare le sympathique spin-off Terra Obscura (plus ou moins une histoire d'univers parallèle, mais en fait non...). A quand une traduction, là aussi ?

En conclusion, une excellente lecture, qui contient tout ce que l'on aime dans les productions les plus récentes d'Alan Moore : beaucoup d'humour, d'inventivité et d'érudition, qui servent une narration fluide, pour avoir au final une BD à la fois intelligente et divertissante. Gloire à Lui.
Et à suivre.

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"L'arche des aïeux", de K.-H. Scheer et Clark Darlton

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SCHEER (K.-H.) et DARLTON (Clark), L’arche des aïeux, traduit et adapté de l’allemand par Ferdinand Piesen, [Paris], Fleuve noir, coll. Space, série Perry Rhodan (n° 42), [1977] 1996, 185 p.
 
Où l’on retrouve « la plus grande saga de science-fiction du monde », avec ce 42ème volume de « Perry Rhodan ». Je ne m’étendrai pas sur la présentation de la saga, déjà effectuée dans l’article sur Les métamorphes de Moluk. C’est du roman de gare, voui, de la SF couillonne et un tantinet gamine, et ça ne prétend pas être autre chose.
 
Alors, c’est quoi donc, cette Arche des aïeux ? Comme le titre le laisse entendre, c’est une histoire de « vaisseau-monde » qui va nous être ici contée. Depuis des millénaires, une gigantesque sphère traverse lentement l’espace. Sa destination comme son origine sont inconnues, y compris des hommes qui l’habitent. Ceux-ci, dénués de toute identité (on les désigne par leur fonction, suivie d’un numéro), sont contraints à une vie brève et dure, toute entière vouée au travail. Quand vient le moment, ou plus tôt si l’on pose trop de questions, chacun disparaît dans le convertisseur, du plus misérable ouvrier au commandant lui-même. Les robots gardiens y veillent. Mais ces hommes, qui n’ont jamais vu le ciel, qui n’ont jamais foulé le sol d’une planète, en viennent à se poser des questions troublantes : pourquoi sont-ils là ? Quel est au juste le sens de cet énigmatique voyage ? Pourquoi ne laisse-t-on pas faire la nature, et expédie-t-on des hommes en pleine forme dans le convertisseur parce que « c’est le moment » ? Pourquoi ne peut-on même pas se poser des questions métaphysiques ?
 
On le voit, l’atmosphère du roman, si elle est loin d’être inintéressante, n’est guère originale. La base est la même que celle de bons nombres d’histoires de « vaisseaux-mondes », et, pour ma part, je n’ai pu m’empêcher de penser notamment aux Orphelins du ciel de Robert A. Heinlein, en beaucoup moins pénétrant et inventif comme de bien entendu.
 
Mais cela ne s’arrête pas là, bien sûr. La révolution est inévitable. Et le mystère s’épaissit quand un mécanicien découvre, par hasard, une zone auparavant inaccessible du vaisseau, gardée par de nombreux robots, et abritant les corps cryogénisés de centaines d’individus. Seraient-ce leurs ancêtres ? Pourquoi sont-ils là ? Les occupants actuels du vaisseau ne seraient-ils que des pions manipulés par leurs aïeux endormis ?
 
Histoire d’en rajouter un peu, la sphère croise bientôt la route d’un vaisseau terrien. Et son équipage également se pose des questions : que fait ici ce gigantesque croiseur arkonide ? Et pourquoi avance-t-il, et depuis fort longtemps semble-t-il, à cette vitesse d’escargot, alors qu’il dispose a priori de propulseurs hyperspatiaux en parfait état de marche ? C’est l’occasion de rencontrer un personnage très attachant, l’Emir, un mulot mutant, parlant, télépathe, télékinésiste, téléporteur et très farceur, qui compte bien percer ce mystère.
 
Je n’en dirai pas plus, si ce n’est que le deuxième épisode se situe là encore dans la continuité immédiate du premier, et que, si Perry Rhodan et même Atlan y font leur apparition, c’est encore le mulot que l’on prend le plus plaisir à suivre.
 
Pour un roman de gare, c’est plutôt le haut de gamme, même si l’on y préférera bien sûr les originaux (Les orphelins du ciel, dernier volet de « l’Histoire du futur » d’Heinlein déjà évoqué précédemment, est à ce titre une lecture indispensable). Un sympathique Perry Rhodan, assez entraînant. On regrettera juste une idéologie qui pue vraiment du zboub, mais sur laquelle je ne peux rien dire de plus, histoire de ne pas dévoiler le fin mot de l’histoire. Dommage…

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"Les métamorphes de Moluk", de K.-H. Scheer et Clark Darlton

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SCHEER (K.-H.) et DARLTON (Clark), Les métamorphes de Moluk
, traduit et adapté de l’allemand par Ferdinand Piesen, [Paris], Fleuve noir, coll. Space, série Perry Rhodan (n° 41), [1977] 1996, 188 p.

 
Aaaaaaaaaah, Perry Rhodan. « La plus grande saga de science-fiction du monde », comme ils disent. Plus de 1000 fascicules chez nos amis teutons, créateurs de la chose, et au moins 250 chez nous, publiés au Fleuve noir, sans compter les spin off (par exemple « Atlan », toujours au Fleuve noir). C’est du lourd, quoi. Une véritable institution du roman de gare, à la « OSS 117 » ou à la « SAS », le cul en moins (en fait, c’est même assez gamin). Une tradition de la littérature pulp qui laisse encore des traces. Des romans brefs et, autant le dire d’ores et déjà, mal écrits, mais divertissants ; du space opera con con qui fait passer le temps dans le métro ou le TER, ou, et c’est encore mieux, sur la plage. Avec ces « belles » couvertures bariolées dont on a longtemps et bêtement fait le symbole du pire.
 
J’étais étrangement passé à côté jusque-là. Pourtant, fut un temps – les heures maudites de l’adolescence – où je bouffais volontiers de cette mauvaise cuisine, surtout en fantasy il est vrai. Un retard important à combler. Avant de prendre la direction de la Catalogne, et conscient que Thomas Pynchon n’était probablement pas une bonne lecture de plage, j’ai donc fait mes provisions à base de Moorcock et de Perry Rhodan. Trouver le n° 1 n’est pas si facile, par contre… Pas grave, ce sont des romans indépendants, même s’ils se situent dans un même univers et si l’on retrouve de temps à autre quelques personnages. Allez hop, les plus vieux dans le rayonnage sont le 41 (Les métamorphes de Moluk, donc) et le 42 (L’arche des aïeux), je prends.
 
Perry Rhodan est beau. Perry Rhodan est grand. Perry Rhodan est fort. Perry Rhodan est Américain (ce qui, pour une fois, ne coule pas de source, donc). Membre de la première expédition lunaire (nous sommes en 1961…), il fait la découverte d’étranges civilisations extra-terrestres (d’abord meuchantes, cela va de soi), auxquelles il pète la fiole. Balaise, le bonhomme finit par se créer un véritable empire galactique.
 
C’est tout ce qu’on a besoin de savoir (et encore) pour entamer la lecture des Métamorphes de Moluk (ce titre est déjà tout un programme, non ?), dans la mesure où le big boss n’y apparaît quasiment pas. Tout commence avec une équipe d’exploration humaine, qui enquête sur le niveau de civilisation (très faible) de la planète Eppan, en se faisant discrète : enfin, en essayant ; ils rencontrent en effet le gladiateur Mataal, fort et intelligent, lequel, après avoir recueilli le mutant Goldstein, tombé malade, a percé le secret des espions terraniens. Le colonel Everson juge impossible de laisser sur Eppan un bonhomme pareil, et décide de l’enlever. Tout ce beau monde rejoint le « têtard », le vaisseau terranien, et entame bientôt la série de bonds hyperspatiaux qui doit les ramener dans le système solaire. Mais, bientôt, Goldstein devient à moitié fou, et des membres de l’équipage sont victimes d’assauts qui les laissent paralysés et catatoniques… Prière de ne pas spoiler, je vous laisse découvrir la clé de l’énigme. C’est assez prenant, avec une atmosphère oppressante et claustrophobe qui n’est pas sans évoquer Alien, avec un peu d’avance et sans les giclées d’hémoglobine.
 
Et Les métamorphes de Moluk, ils sont où, dans tout ça ? Sur Moluk, oui, bonne réponse. La recherche de ces étranges personnages occupe le deuxième épisode, dans la continuité directe du premier. Impossible d’en révéler trop ; disons que l’atmosphère paranoïaque du premier épisode se trouve prolongée d’une manière différente, quelque peu dickienne, mais sans subtilité aucune, comme on pouvait s’y attendre.

Ca se lit agréablement, malgré quelques haussements d'épaules sarcastiques, et c'est divertissant. On n'en demandait pas davantage...

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