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Sin semillas, de Abe Kazushige

Publié le par Nébal

Sin semillas, de Abe Kazushige

ABE Kazushige, Sin semillas, [Shinsemia], traduit du japonais par Jacques Lévy, postface du traducteur, Arles, Philippe Picquier, coll. Picquier Poche, [2003, 2013] 2016, 1022 p.

 

Se faire une culture littéraire nippone : y a du boulot. Plein de classiques à disséquer, que ce soit au sens le plus strict, ou en appliquant le qualificatif aux plus fameux auteurs d’après Meiji. On peut voir ça sous un versant plus positif : tant de choses encore à découvrir ! Mais l’idée serait aussi, tout de même, de ne pas écraser sous le poids d’un intimidant passé la littérature japonaise de maintenant. Quelques noms, sans doute, sont d’ores et déjà incontournables, peut-être les classiques de demain – et, même dans cette catégorie, j’ai du boulot : bon sang, même si j’en ai qui patiente dans la section nippone de ma bibliothèque, et depuis longtemps, je n’ai toujours rien lu de Murakami Haruki…

 

Le bonhomme n’est pas le seul, d’ailleurs – et bien des auteurs intéressants ne bénéficient pas de son aura médiatique. Peut-être est-ce le cas d’Abe Kazushige ? (Aucun lien.) Mais peut-être est-ce seulement ignorance crasse de ma part… J’ai appris depuis que cet auteur avait été « remarqué » avant le roman qui nous intéresse aujourd’hui, et qu’il a au fil des publications engrangé une sympathique collection de prix littéraires (le fameux Akutagawa inclus). Mais je n’en avais jamais entendu parler jusqu’à ce que je tombe, par le plus grand des hasards, sur cet impressionnant pavé qu’est Sin semillas (dans cette édition de poche, il pèse tout de même ses mille pages), mis en avant dans une librairie bordelaise où je zonais curieux. La quatrième de couv’ m’a intrigué (ça arrive), les louanges librairiennes aussi, je me suis emparé de la chose et l’ai lue à mon rythme (c’est que j’ai du mal à m’enquiller les pavés, aussi bons soient-ils, d’un seul bloc – mais ici, à vrai dire, j’aurais probablement pu, tant ça coulait tout seul). Et c’est bien une chouette découverte – un excellent roman remarquable dans sa conception, d’une extrême efficacité mais qui ne s’impose pas au détriment du sens ou de la forme. Et, disons-le d’emblée même si ce n’est pas forcément le point que les critiques ont le plus mis en avant, c’est horriblement drôle…

 

LA VILLE DE DIEU... ET SES AMBIGUÏTÉS

 

Sin semillas est, sur moins d’un an, la chronique d’une ville, Jinmachi – littéralement « la ville de Dieu », rien que ça –, une bourgade paumée du nord-est du Japon ; on n’est pas vraiment dans la Megalopolis, plutôt dans un arrière-pays qui n’a pas grand-chose à offrir, à part ses pittoresques vergers, seule attraction touristique du bled, et ça gave pas mal un certain nombre de ses habitants, ce triste cliché de carte postale.

 

Bien sûr, le fait que Abe Kazushige soit né à Jinmachi n’est peut-être pas innocent au regard du propos du livre… ou pas : il nous précise d’emblée que cette Jinmachi-là est parfaitement fictive. On peut le croire… ou pas, là encore : après tout, l’auteur lui-même apparaît à la troisième personne dans le roman. Ou pas ? Question à se poser au moins à trois reprises… et pour toujours plus de perplexité dans la réponse, à moins de décider de déclarer forfait, et de faire avec.

 

Le traducteur Jacques Lévy, dans son utile postface, a développé tout un discours subtil à base de diégèse et de narrateur faussement omniscient, etc. – je vous y renvoie, ce sont des choses sur lesquelles je serais sans doute bien incapable de disserter…

 

Mais bon : Jinmachi. C’est, typiquement, au-delà de son nom ronflant, un endroit où il ne se passe rien. À supposer qu’il y ait bel et bien des endroits où rien ne se passe… Une illusion vite mise à mal, au travers de personnages qui, typiquement, ne devraient rien avoir à raconter, et pourtant si.

 

Une question de point de vue, sans doute – et qui justifie des approches diverses, qui se marient heureusement. Passé l’exergue biblique (en résonance avec le titre, fumette mise à part… ou pas), un premier prologue joue de la carte économique, en dressant un complexe tableau de la consommation de blé (américain) dans le Japon de l’après-guerre. Cette focale objective à la manière d’un cours connaît une première déviation dans un second prologue, qui, tirant parti des considérants économiques qui précèdent, montre comme la ville banale de Jinmachi, durant l’occupation américaine, a radicalement évolué – notamment du fait de la prostitution endémique. Toujours est-il qu’un sournois duo, associant Asô Shigezô, un « entrepreneur » si l’on veut, un « yakuza » si l’on préfère, et Tamiya Jin, un boulanger (oui) malin, a bientôt mis la ville en coupe réglée – et l’association fructueuse a perduré, même si le passage du temps et les héritages divers ont pu changer la donne au fur et à mesure… au point peut-être où la machine s’encrasse toute seule, présageant d’un anéantissement aux proportions apocalyptiques.

 

IL SE PASSE DES CHOSES…

 

La malédiction chinoise dit – ou on lui fait dire : « Puissiez-vous vivre des temps intéressants. » Les temps qui s’annoncent, en cet an 2000 placé sous le sceau des nouvelles technologies, et de l’anomie qu’en déduisent les quidams, même dans un patelin pareil, seront à n’en pas douter très intéressants… La morne Jinmachi, en effet, va, suite à trois faits-divers que rien ne relie a priori, connaître une agitation inopinée.

 

Il y a tout d’abord Hirosaki Masatoshi, ce professeur qui s’est suicidé en se couchant sur les rails du chemin de fer ; mais est-ce bien un suicide ? Il est vrai que le défunt était un ardent opposant à ce projet d’implantation d’une usine de traitement des déchets industriels que les élites pourries de la ville entendent bien à mener à terme pour en retirer de juteux bénéfices… C’est évident : on l’a tué, pour le faire taire !

 

Il y a ensuite Aizawa Kôichi, ce jeune homme, fou de voitures, et bon conducteur du coup, qui n’en périt pas moins dans un accident de la route, emboutissant son véhicule contre la pile d’un pont… Accident ? À voir ! Ce pont, notoirement, est hanté par un fantôme… à moins que la lueur inquiétante ne soit plutôt le fait de ces ovnis qui semblent tout particulièrement nombreux dans la région ? On ne compte pas les témoignages édifiants à ce propos…

 

Et d’ailleurs, le troisième fait-divers : Matsuo Kôta, le vieux bonhomme qui « disparaît » subitement, là, comme ça ? Il y a forcément une raison ; oui, ce pourrait être, prosaïquement, qu’il est parti sans mot dire rejoindre une maîtresse – on le disait chaud lapin, et il avait plusieurs fois disparu ainsi dans ses vertes années… Ou bien les ovnis ? Il en a photographié un paquet, après tout !

 

Tout ça, ça fait beaucoup pour la morne Jinmachi… On en parle même dans les journaux de la capitale, le temps d’un entrefilet ! Et fantômes et ovnis sont du pain bénit pour Hoshiya Kageo – le distributeur de journaux ne le répètera jamais assez : c’est lui qui protège la ville ! On ne l’en remerciera jamais assez… En tout cas, lui, il SAIT.

 

LA BANALITÉ DU VICE

 

Mais il s’y passe bien d’autres choses. Parce que Jinmachi n’est pas peuplée que de revenants et d’extraterrestres… On y trouve une population lambda, qui, en tant que telle, n’a pas rien à raconter, mais, bien au contraire, est percluse de ces petits secrets qui font le sel de la vie quand ils ne la rendent pas insupportable.

 

Cela dépasse la seule pourriture des élites – certes, pourries, elles le sont, jusqu’à l’os, mais le jeune flic Nakayama Tadashi, par exemple, vaut-il mieux, lui qui a un goût immodéré pour les nymphettes et qui profite de son statut de représentant de la loi pour l’assouvir dans les meilleures conditions ?

 

Et encore, ceci a quelque chose d’un brin fantasque qui le fait sortir de l’ordinaire – de même pour la déchéance des dynasties pourries des Asô et des Kasaya.

 

Mais la timide et docile Tamiya Wakako peut avoir elle aussi des choses plus banales à cacher à son naïf boulanger d’époux Hironori – lequel aura bien l’occasion de la voir user d’une poudre blanche guère appropriée à la fabrication du pain…

 

Cela touche jusqu’aux collégiennes et aux lycéens – les premières peu farouches, les seconds parfaitement crétins, qu’importe, ils ont tous des choses à cacher. Et bien d’autres encore : tous, absolument tous.

 

Mais c’est bien la banalité de tout ceci qui fait le prix du tableau, au fond. Car Sin semillas relève autant de la fresque que de la chronique. Et dans sa méthode – on pourrait dire son montage, pour ce romancier qui avait fait des études de cinéma à l’origine –, le roman fleuve tient de la série télé exhaustive, quelque part entre Les Soprano (franches canailles, humour tordu et violence sèche au programme) et, disons, le soap opera que vous voudrez – avec un net accent sur le sordide (toujours plus intéressant que l’amour, ouf).

 

DE VIDÉO-GAG AU SNUFF MOVIE

 

Ce qui fait toutefois basculer la fresque, le fil rouge qui, partant du statisme du tableau à l’instant T, génère le mouvement et la trame jusqu’à un inévitable dénouement – avec un effet boule de neige tout particulièrement savoureux –, c’est sans doute le petit jeu idiot que la prétendue Association de la Jeunesse de Jinmachi (qui n’est pas forcément très jeune de toute façon, et encore moins portée sur le bénévolat et les actions charitables au profit de vrais jeunes qui ne cherchent de toute façon qu’à se barrer au plus vite de cet enfer rural pour ne jamais y revenir) va initier pour passer le temps – avec à sa tête le propriétaire du vidéo-club Orange, Matsuo Takeshi, un vrai beau morceau de gros connard.

 

Le cercle s’ennuie – normal. Puis il découvre, au travers d’un de ses membres à l’enthousiasme déconcertant, les merveilles de la vidéo amateur. Pris de fascination pour les équivalents nippons de Vidéo-Gag – DES HEURES DE RIRE EN BARRE AH AH AH –, les réalisateurs autoproclamés gaspillent de la bande à filmer des animaux, des vieux ou des mioches qui font n’importe quoi ah ah ah et oh oh oh c’est rigolo. Mouais…

 

Il y a sans doute plus intéressant à filmer – du cul, bien sûr ! Pas besoin d’aller jusqu’au fist-fucking qui obsède tant un des associés : placer une caméra dans les douches des filles au lycée, ou dans les toilettes de telle boutique, procure une satisfaction puérile aux couillons du « cercle » ; épier les couples qui vont baiser sur le parking ou au love hotel a d’autres avantages : on peut les faire chanter…

 

L’image, c’est bien – mais si on pouvait aussi avoir le son ? De fil en aiguille, les vidéastes du « cercle » deviennent tous autant de Big Brother à l’échelle de leur bled pourri – et leurs activités perdent bientôt de la simple bêtise initiale pour devenir résolument criminelles, sous des formes allant de l’extorsion au harcèlement… voire au snuff movie.

 

LA STRUCTURE DU ROMAN

 

L’activité du « cercle » fournit un deuxième liant au roman – le premier étant le contexte économique et social développé dans les prologues. Mais on ne saurait pour autant faire de Sin semillas un roman à la trame resserrée et linéaire, avançant à son rythme du point A du départ au point B de l’arrivée. Entre les deux, et sans exclure les flashbacks et flashforwards, la ville de Dieu vit, et l’on savoure son quotidien.

 

Il ne s’agit en rien de digressions, il n’y a pas à digresser : on est au cœur du livre. Que celui-ci alterne rapidement de brèves séquences au montage serré ou choisisse tout compte fait de suivre une même sous-trame avec un même protagoniste sur trois ou quatre chapitres d’affilée (le passage le plus marquant à cet égard est probablement le voyage à Tokyo de Wakako et Hironori – passage qui s’avère étonnamment douloureux au point où c’en est presque insoutenable ; c’est par ailleurs la seule véritable rupture avec le théâtre unique de Jinmachi dans le roman) importe peu, si cela ne doit pour autant rien au hasard : tout sert une histoire, ou plutôt les histoires qu’elle ne dissimule finalement guère – ce serait presque à se demander si l’histoire est prétexte aux histoires ou si c’est l’inverse… à moins que la question ne soit vide de sens, et finalement j’ai plutôt tendance à le croire.

 

LA QUESTION DE L’EMPATHIE

 

Or les portraits sont fins et la psychologie subtile – bien plus qu’on pourrait le croire. Cette « comédie humaine » dépasse les archétypes apparents pour creuser d’authentiques personnalités, dont le quotidien, aussi bateau soit-il, nous devient subitement fascinant ; alors, bien sûr, quand les choses dérapent, ce n’en est que plus vrai…

 

Au milieu des louanges, on a parfois adressé des critiques à l’auteur à cet égard : d’aucuns ont trouvé qu’il manquait d’ « empathie »… et il n’a pas forcément cherché à répondre à l’accusation. Pour ma part, elle ne tient pas vraiment : s’il n’en fallait qu’un exemple, ce serait à nouveau cette longue séquence du séjour de Wakako et Hironori à Tokyo – mais tout autant les scènes qui la préparent (essentiellement les ruminations de Wakako qui redécouvre la cocaïne), et celles qui suivent (et surtout, bien sûr, l’étonnant plan-séquence que l’auteur leur accorde en pleine scène de déluge…).

 

Mais sans doute cela tient-il en fait aux connotations que l’on entend associer au terme d’ « empathie ». Ce qui, semble-t-il, a parfois déconcerté, ce serait la volonté de l’auteur d’appuyer sur les travers de ses personnages, au mépris de leurs éventuelles qualités. Tous, à leur manière, sont pourris.

 

AU CINÉMA

 

Une critique faisait pour cette raison allusion au film d’Ettore Scola Affreux, sales et méchants, et il y a effectivement de cela – à voir si cette abjection des personnages suffit à anéantir le sentiment d’identification du lecteur…

 

Toutefois, quitte à chercher des références cinématographiques, j’en aurais de plus récentes – entre un Quentin Tarantino première manière (ouf), et surtout les frères Coen quand ils sont tout particulièrement en forme, à la Fargo, etc.

 

Car la mesquinerie et la bêtise si communes à Jinmachi ont quelque chose de délicieusement loufoque, et l’on a souvent le sourire aux lèvres à la lecture de toutes ces turpitudes – quand on n’éclate pas tout bonnement de rire au spectacle d’une scène qui aurait absolument tout pour être dramatique, n’était l’astuce de l’auteur, son brio de narrateur, et son humour à froid, éventuellement jaune, éventuellement noir.

 

Abe Kazushige parvient ainsi à mêler les registres avec une fascinante habileté – qui conserve au pavé Sin semillas l’unicité d’un roman cohérent et parfaitement maîtrisé : c’est un roman choral, mais certainement pas un patchwork.

 

L’accumulation des déboires et des fiascos de tout un chacun, quoi qu’il en soit, se savoure à chaque instant ; on pourrait trouver ça tordu, mais je doute que cette farce cynique, outrancière et en même temps d’un joli naturel (jusque dans les artifices réjouissants de sa conclusion en forme d’explication systématique), puisse laisser indifférent.

 

LA MORALE DANS TOUT ÇA

 

J’ai dit « cynique », je suppose que c’est à débattre. Après tout, la farce de Sin semillas, aussi improbable que cela puisse paraître, n’est pas dénuée d’une vague téléologie éventuellement morale – avec un jeu de massacre à base de karma salement blagueur.

 

Les excès sidérants de l’apothéose vers laquelle se précipite toujours un peu plus Jinmachi au fil des pages n’en sont probablement que plus drôles encore – alors même que l’on y patauge dans le sang et la merde omniprésents, et que les cadavres s’empilent les uns sur les autres !

 

Pourtant, d’autres séquences se montrent quant à elles horriblement éprouvantes – notamment celle, terrible, qui semble remonter aux sources du mal affectant le patelin, « expliquant » tant la tournure de la ville que la légende du fantôme du pont – comme un rappel permanent de l’abjection à laquelle les hommes sont volontiers enclins, a fortiori si l’anomie est de la partie (celle de l’immédiat après-guerre valant bien les fantasmes des phobiques de l’ère numérique). En soi, que la ville de Dieu soit soudain frappée par une forme de justice cosmique façon Sodome et Gomorrhe à l’ère du conspirationnisme va sans doute de soi.

 

Abe Kazushige serait-il en dernier recours un moraliste ? J’aurais tendance à croire que ça n’est pas exclu – d’autant plus, peut-être, qu’on a très justement pu dire qu’un Sade était lui aussi un moraliste…

 

LA FLUIDITÉ

 

Mais la force du roman réside aussi dans son étonnante fluidité. Intimidant au premier abord par son seul volume, encore un peu plus à mesure que les personnages, par dizaines, s’y croisent, et ce très vite (on s’y perd tout d’abord ; répertoire en fin de volume au cas où, mais plus ou moins utile, en fait – car focalisé sur les liens familiaux en priorité, plutôt que sur les occupations), Sin semillas s’avère pourtant d’une très appréciable aisance formelle.

 

La plume est certes volontiers ample, peut-être trop parfois (pas si sûr), mais, et quand bien même on a pu dire de l’auteur qu’il était un « formaliste », ce n’est jamais au prix de l’esbroufe stylistique : Abe Kazushige s’en tient à la majesté tranquille d’une plume qui s’efface, et entraîne le lecteur sans lui imposer de superflues démonstrations de virtuosité – laquelle est pourtant bien là, mais sans doute avant tout dans le registre narratif (le traducteur me paraît aller un peu loin dans sa postface, mais voir plus haut…).

 

Le style est pourtant ludique en maintes occasions, et sait s’adapter au propos pour le rendre le plus justement possible en fonction des circonstances comme des intentions.

 

Ce n’est pas tous les jours que je m’enfile un pavé de 1000 pages sans soupirer un seul instant…

 

Globalement, la traduction de Jacques Lévy est à l’avenant, et je suppose qu’elle fait honneur au texte initial. Oserais-je cependant avancer l’ombre d’un bémol ? Le roman joue beaucoup de l’argot et de la familiarité – mais, sur ces registres, j’ai l’impression que Jacques Lévy ne fait pas toujours mouche… En fait, son expression est parfois « ringarde », j’ai l’impression – et, oui, je sais, quoi de plus « ringard » que le qualificatif « ringard » ? Mais c’est tout le problème, justement : les gamins du coin qui s’amusent avec des « jeux électroniques » ? En 2000 ? Ce n’est qu’un exemple : plusieurs termes souffrent un peu de cet anachronisme relatif. Les insultes, de même, sonnent plus ou moins « vraies », parfois… Avec le décalage sans doute inhabituel dû au seul cadre japonais, cela en rajoute parfois dans le déconcertant, et peut-être à plus ou moins bon droit ? Mais c’est l’ombre d’un bémol : globalement, ça se lit très bien ainsi, et sans doute même mieux que ça.

 

AFFAIRE À SUIVRE

 

Une heureuse découverte, donc, que ce Sin semillas. Il va falloir que je poursuive avec Abe Kazushige… La postface indique qu’après Sin semillas, il est revenu à Jinmachi dans d’autres œuvres ; mais, parmi ses textes antérieurs, il y a semble-t-il d’autres choses tout à fait intéressantes, et très diverses à tous points de vue (format inclus, l’auteur ne fait pas que dans le pavé, loin de là) – bon, faut dire, quand Jacques Lévy parle d’un roman intitulé initialement La Nuit des morts-vivants (mais édité sous le titre La Nuit américaine…) et impliquant le Philip K. Dick de SIVA, je suis forcément tenté, hein… Sauf erreur, en français, on ne trouve pour l’heure que Projection privée et Nipponia Nippon ; me faudra lire ça !

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Zorglub 15/09/2016 22:42

Chronique remarquablement fouillée, qui donne envie de se précipiter sur un livre dont j'ignorais tout.