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It's been some time

Publié le par Nébal

dali_persistance_of_memory.jpg

 

(Vach’ment original, hein ?)

 

Eh bien oui. A priori, Nébal est reviendu en Nébalie. Bon, c’est un test, hein, on va voir si ça va durer ou pas. Car, pour ne rien vous cacher, et sans faire excessivement dans l’exhibitionnisme bloguesque, niveau confiance en soi, c’est pas encore tout à fait ça…

 

Mais l’essentiel est ailleurs : c’est que l’envie est revenue. Voilà : j’ai de nouveau envie d’élucubrer dans mon coin, d’écrire des conneries, de faire des j’aime/j’aime pas plus ou moins lapidaires, bref, de bloguer, et que ça saute !

 

Dans le fond, il ne devrait pas y avoir trop de changements, même si – et certains de mes, aheum, « adversaires », ne manqueront pas d’y voir une preuve à charge –, pour ce qui est de la littérature, qui est et restera la préoccupation essentielle de ce blog (miteux, oui), la science-fiction et les autres branches de l’imaginaire, tout en restant laaaaaaaaaaaaaaaargement dominantes (parce que faut pas déconner non plus), verront de temps à autre leur place envahie – j’ose à peine le dire – par de sinistres avant-gardes de litt’ gén’, classique comme moderne, mais si possible un peu déviante quand même (parce que faut pas déconner non plus). Tout simplement parce que, des fois, j’ai envie d’aller voir ailleurs ce qui se fait. Ben oui.

 

 Mais de littérature, d’ailleurs, je ne vais pas vous en recauser tout de suite ; j’ai quelques petites choses en cours, quelques détails à régler avant de pouvoir relancer la machine. Je viens de rattraper mon retard sur ce qui s’est fait sur d'autres supports, mais je ne pense pas réattaquer la partie littéraire du blog avant, disons, la fin du mois (et peut-être à un rythme moins soutenu qu’auparavant, parce quand, quand même…).

 

En attendant, musique, maestro !

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"Bifrost", n° 56

Publié le par Nébal

Bifrost 56

 

Bifrost, n° 56, Saint Mammès, Le Bélial’, octobre 2009, 191 p.

 

Bon, ayant participé – même si ce n’est qu’un chouia – à la chose, il ne me paraît pas honnête d’en faire un compte rendu…

 

Donc je vais faire ma feignasse, et me contenter de rappeler que s’y trouve un de mes comptes rendus : La Brigade de l’Œil de Guillaume Guéraud (pp. 85-86).

 

 

 Hop.

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"La Brigade de l'OEil", de Guillaume Guéraud

Publié le par Nébal

La-Brigade-de-l-OEil.jpg

 

GUÉRAUD (Guillaume), La Brigade de l’Œil, Paris, Gallimard, coll. Folio Science-fiction [2007] 2009, 317 p.

 

Ma chronique se trouve dans le Bifrost n° 56 (pp. 85-86).

 

Je vais tâcher de la rapatrier dès que possible… mais ça ne sera pas avant un an.

 

 En attendant, vos remarques, critiques et insultes sont les bienvenues, alors n’hésitez pas à m’en faire part…

  

EDIT : Hop :

  

La Brigade de l'Œil est le premier roman de science-fiction de Guillaume Guéraud, après une dizaine d'autres titres publiés aux éditions du Rouergue. Un roman qui annonce franchement la couleur, dès sa première page : l'auteur joue en effet de la carte dystopique dans ce récit (jeunesse ? malgré l’âge d’un des principaux protagonistes, et, semble-t-il, le passé de l’auteur, on est en droit d’en douter…) qui se présente d'entrée de jeu comme un hommage appuyé au Fahrenheit 451 de Ray Bradbury. Mais pas de pompiers pyromanes pour autant, ici : cette fois, ce ne sont pas les livres qui trinquent, bien au contraire : on lit beaucoup, dans ce roman, et l'on y révère les grands noms de la littérature.

 

Dans l'État de Rush Island, dans un futur proche, ce sont en effet les images que la Loi Bradbury (aha) interdit depuis une vingtaine d'années. Le dessin, la photo, le cinéma, la télévision ont été bannis de l'île par l'Impératrice Harmony, après sa Révolution victorieuse. La propagande l'assène : les images sont néfastes, elles mentent, elles sont l'opium du peuple (refrain connu). Une brigade spéciale a été créée pour appliquer cette loi draconienne ; ses agents, les najas aux yeux grand ouverts par les galiscopes, brûlent les documents interdits, au chalumeau ou au lance-flammes. Quant aux contrevenants – il y en a nécessairement, même après toutes ces années –, ils se voient tous appliquer une même sanction, terrible : ils sont purement et simplement aveuglés. Ils sont ainsi châtiés par où ils ont péché ; mais les écrits du philosophe officiel Kimsoon les consolent... en braille, et en lieux communs.

 

Falk est un capitaine de la Brigade de l'Œil, et un des plus brillants avatars de ces iconoclastes modernes... même s'il a bien entendu lui aussi ses faiblesses. Face à lui, le lycéen Kao, petit-fils d'un projectionniste « résistant », est un « terroriste » : un dealer d'images interdites... Le roman alterne les points de vue du chat et de la souris, jusqu'à leur inévitable confrontation finale, dans un grand incendie inéluctable...

 

Rien que de très classique, on le voit. Si l'objet de la censure change, on se retrouve bien devant un plaidoyer en faveur de la liberté sous toutes ses formes. L'hommage est appuyé, dès le postulat un tantinet absurde lorgnant vers la fable surréalisante. Mais, si le roman vibre en quelques occasions d'un amour frappant du cinéma autorisant quelques jolies scènes, il peine cependant à convaincre, et n'arrive en tout cas pas à la cheville de son illustre modèle, sans surprise. Là où la quatrième de couverture, élogieuse comme il se doit, nous promet « un roman coup de poing » par « l'un des auteurs les plus stimulants et dérangeants de sa génération » (rien que ça !), on n'a en fin de compte qu'une dystopie falote et déjà lue, saturée de clichés, et qui n'apporte rien au genre... L'hommage est un peu trop poussé, en somme. Et sans grande pertinence, ce qui est plus gênant...

 

Hélas, si la narration assez « cinématographique » n'est pas désagréable, le style est par contre à l'avenant : lapidaire, tout en répétitions, et perclus de tics parfois horripilants, il se montre au mieux fade, au pire un brin pénible.

 

Le roman n'a du coup pas grand chose pour lui ; on pourra lui concéder, outre sa brièveté relative, sa violence sèche, et, en contrepoint, quelques séquences cinéphiles plutôt réussies, parfois même émouvantes. C'est peu...

 

 Bien trop peu. On peut s'interroger, dès lors, sur l'intérêt de cette publication anodine, pas nécessairement mauvaise, mais franchement médiocre. Une fois n'est pas coutume : on préférera l'original (les originaux...) au remake...

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Déluge, de Stephen Baxter

Publié le par Nébal

Deluge.jpg

 

BAXTER (Stephen), Déluge, [Flood], traduit de l’anglais par Dominique Haas, Paris, Presses de la Cité, [2008] 2009, 551 p.

 

Ma chronique figurait sur le défunt site du Cafard cosmique... La revoici.

 

 

 

On a souvent dit de la science-fiction britannique qu’elle aimait jouer des thèmes catastrophistes. Stephen Baxter ne fait pas mentir le lieu commun, lui qui entame, avec son nouveau roman, un cycle dans lequel il submerge notre pauvre planète sous les flots furibonds du déluge…

 

2016. Lily, Helen, Gary et Piers, retenus en otages depuis plusieurs années par des fanatiques religieux dans une Espagne rongée par la Guerre Civile – ça crée des liens –, sont enfin libérés par le groupe AxysCorp que détient le milliardaire Nathan Lammockson. Mais le monde a bien changé en leur absence. Le dérèglement climatique suscite violentes tempêtes et pluies diluviennes qui submergent bientôt l’Angleterre, puisque le niveau des eaux est monté de plus d’un mètre… Bientôt, les otages deviennent les témoins impuissants d’une terrible inondation à Londres, mais le pire est encore à venir.

La quatrième de couverture, un brin racoleuse comme il se doit, insiste sur le thème, ô combien actuel, du réchauffement climatique, ce qui placerait Déluge dans la lignée de la désastreuse « trilogie climatique » de Kim Stanley Robinson, publiée chez le même éditeur. Heureusement pour le lecteur, ce n’est pas tout à fait vrai. Entendons-nous bien : le réchauffement climatique est ici une réalité, qui tient sa part dans les événements du roman. Pourtant, le déluge annoncé résulte d’autres causes, que l’on ne dévoilera pas ici, et se révèle pire que prévu, puisqu’il est destiné à submerger l’intégralité de la planète en quelques années à peine.

Nos quatre otages (en premier lieu Lily, la pilote et astronaute frustrée) seront ainsi les témoins privilégiés d’une catastrophe sans précédent, véritablement apocalyptique. Ici, Baxter se place assez clairement dans la lignée de J.G. Ballard (davantage celui du Vent de nulle part – les ressemblances ne manquent pas – que celui du Monde englouti). C’est ainsi que nous assistons avec eux à la montée exponentielle des flots au fil des pages, avec son cortège de morts et de réfugiés, présageant de l’extinction pure et simple de l’humanité à court terme.

Une éventualité pourtant difficile à admettre… La communauté scientifique, obnubilée par ses vieux modèles climatiques, reste longtemps aveugle et sourde devant le phénomène, en dépit des efforts de l’océanologue Thandie Jones. Mais certains se montrent plus visionnaires, ainsi le cynique milliardaire Lammockson, le protecteur des otages, qui se réfugie bien vite dans les hauteurs et entame avec d’autres un projet démiurgique de construction d’arches géantes. Mais il n’y aura pas de place pour tout le monde, évidemment, et la pitié n’est pas au programme…

Déluge ne manque pas d’atouts pour faire un bon roman apocalyptique, et constitue un page turner plus que correct. Si le style de Stephen Baxter est, comme à son habitude, au mieux médiocre et purement fonctionnel, la narration n’en reste pas moins efficace, rythmée par des chapitres brefs et denses, véritable succession de saynètes plutôt bien vue. L’auteur sait par ailleurs nous concocter de superbes images de fin du monde – Londres inondée puis submergée, la Ville en marche, l’absurde Troisième Arche, jusqu’à la disparition de l’Everest… La cruauté et la froideur du ton participent de l’efficacité du roman. Mais, en même temps, les personnages sont assez réussis – pour une fois –, complexes et humains, et résolument non manichéens, qu’il s’agisse des otages, de leur famille, ou de leurs connaissances.

Mais Déluge pèche par d’autres aspects. Comme souvent chez Baxter, le roman est sans doute un peu trop long, et aurait pu bénéficier de quelques coupes salutaires – même si ce défaut récurrent est moins flagrant ici que dans d’autres œuvres de l’auteur, car rien ou presque n’y est véritablement gratuit. En même temps, on pourra regretter que certains aspects de la catastrophe ne soient pas traités, ou trop rapidement évacués (notamment, et de manière un peu paradoxale, la dimension religieuse du phénomène), puisque tout est envisagé du seul point de vue des otages et de leurs proches. Mais il faut y ajouter une foultitude de rebondissements téléphonés et/ou grotesques – dès les premières pages, à vrai dire… –, qui relancent régulièrement l’intrigue, mais n’en restent pas moins à l’occasion un brin pénibles, et pas toujours très crédibles. Le roman se traîne ainsi avec plus ou moins de finesse et de bon goût jusqu’à une conclusion en forme de fin ouverte qui ne manque pas de grandeur, certes, mais qui ne surprendra personne. Et c’est peut-être là le problème, en définitive : si l’origine du phénomène apocalyptique est relativement originale, Déluge souffre pourtant régulièrement d’un fâcheux air de déjà-lu…

 

Au final, on se retrouve donc devant un roman pas désagréable, mais en même temps assez moyen, ou plus exactement un peu frustrant, bien loin du meilleur Stephen Baxter, celui des Vaisseaux du temps, de Temps ou encore d’Évolution. On verra bien ce qu’il en sera de la suite, Arche

 

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