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"Kraven", de Xavier Mauméjean

Publié le par Nébal

 

MAUMÉJEAN (Xavier), Kraven, Paris, Mnémos, coll. Icares, [2002-2003] 2009, 478 p.

 

Les éditions Mnémos viennent de ressortir en omnibus l’intégrale du « cycle de Kraven » de Xavier Mauméjean. Je ne vais pas revenir ici sur les deux romans composant le cycle, en ayant déjà dit du bien en Nébalie (voyez mes notes sur La Ligue des Héros et L’Ère du dragon). Je vais donc me contenter ici d’évoquer ce qui ne figurait pas dans ces deux précédents volumes.

 

Cet omnibus s’ouvre tout d’abord par une fausse « préface » mais vraie nouvelle, signée Jean-Marc Lofficier, Xavier Mauméjean et Laurent Queyssi, et intitulée « Neveryear » (pp. 5-16). Les trois auteurs nous y entretiennent avec érudition et humour de la complexe histoire éditoriale de la Ligue des Héros, des « penny dreadfuls » à la guerre, puis au revival, ainsi que de l’édition française de la saga. Un texte saturé de références, d’allusions et de gags, parfaitement réjouissant et tout à fait indispensable. C’est un peu moins vrai de ce qui suit, une brève collection de « témoignages » (pp. 17-22) concernant l’influence de la série, et signés André-François Ruaud, Fabrice Colin, Catherine Dufour (qui nous dit tout sur son premier orgasme), Laurent Queyssi, Johan Heliot, Serge Lehman et Hervé Jubert. Du copinage sympathique…

 

Après les deux romans (pp. 23-434), nous trouvons en fin de volume (mais avant les chronologie, publicité et bibliographie, pp. 460-478) deux nouvelles que je n’avais pas encore eu l’occasion de lire, et publiées originellement dans des anthologies de Richard Comballot chez Mnémos, Mission Alice et Les Ombres de Peter Pan.

 

« Il était reveneure… » (pp. 435-446) convoque l’univers (et les procédés d’écriture) de Lewis Carroll dans les tranchées de la Première Guerre mondiale. Une nouvelle tout à fait réussie, là encore saturée de références, et qui saura convaincre tout amateur de Xavier Mauméjean. J’avoue, cependant, ne pas voir véritablement de lien entre cette nouvelle et le « cycle de Kraven »…

 

Il en va différemment pour la nouvelle suivante, la glaçante « Raven K. » (pp. 447-459), dans laquelle les créatures féeriques de James Matthew Barrie sont déportées à Ravensbrück, accompagnées de la narratrice Wendy. Exercice périlleux que de traiter ainsi de la Shoah, mais Xavier Mauméjean a relevé le défi haut la main, pour aboutir à un récit terrible et authentique, et évitant toujours le sinistre écueil de l’ordure et du racolage. Chapeau bas. Une nouvelle grave, bien éloignée de la majeure partie du cycle sous cet angle, mais une réussite indéniable.

En somme, un volume tout à fait recommandable pour qui souhaite découvrir ce pan du corpus mauméjeanien (ça sonne grave, hein ?).

CITRIQ

Commenter cet article

O
Je découvre ce blog avec grand intérêt. Il y a de quoi fouiller durant des millénaires.

Bien cordialement.
Répondre
U
Mille diables !
C'est très alléchant.
Bientôt en librairie ?
Répondre
N

Déjà, je crois.

En même temps, les romans sont disponibles en poche, alors faut voir.